Les avis des autres lecteurs : Unchocolatdansmonroman, Myiuki22, Natiora, XL, Cacahuète, Rose, Elysabeth, Le cottage de Myrtille, Fleur du soleil, Stefiebo, Olnapac, Tetedelitote, StupidGRIN, Piplo.
Je rechignais à l'ouvrir car il ne m'inspirait pas, surtout en raison de la couverture (il y en a plusieurs et aucune ne me paraît bien choisie, ce qui - en aparté - me semble une constante pour ses romans) mais aussi à cause de la quatrième. Pourtant, après l'avoir entamé, je l'ai lu en deux soirs !Ulysse des temps modernes, qui fuit son point de départ à travers la Méditerranée et l'Europe plutôt que de chercher à retrouver son port d'attache comme son modèle mythologique, la route de Saad Saad est semée de références inversées à l'Odyssée : le docteur Circé la fonctionnaire qui le reçoit pour le dépôt de son dossier de réfugié, n'a rien à voir avec une enchanteresse qui voudrait le retenir, elle le renvoie vers ses foyers...
Avec un nom qui veut dire Triste en anglais mais Espoir dans sa langue maternelle, Saad semble placé sous le signe d'un destin contraire. A vingt ans, fuyant l'Irak de Saddam Hussein troublée par l'occupation des troupes américaines et l'embargo, anéanti par un triple décès : sa fiancée Leïla, son père et une nièce adorée, il suit l'ordre d'exil de sa mère.
Parvenu en Egypte avec une cargaison de biens culturels de contrebande, il fait la rencontre de Boubacar, un africain qui connaît Le Caire comme sa poche et lui vient en aide, mais au lieu de s'installer dans une relative sérénité, il est obnubilé par la destination finale qu'il s'est donnée : SA terre promise, l'Angleterre à cause de ses lectures d'enfant. Ayant entraîné Boubacar dans un rêve qui n'était pas le sien et accueilli en Sicile à la suite du naufrage dont il est un des rares rescapés, il passe quelques mois avec la jolie Vittoria mais ne peut se résoudre à se fixer et poursuit sa chimère.
Son errance le porte aux rives de la Manche, où l'attend une surprise de taille, qui laisse entrevoir un "Espoir" pour lui, un possible redémarrage vers une vie meilleure. Mais dès les premiers chapitres, on sait qu'il n'y aura pas d'Eldorado pour Saad. En dépit de moments plus légers, le roman suinte l'aigreur et l'insatisfaction. Si je n'ai pas réussi à apprécier le personnage principal, j'ai beaucoup aimé la sagesse de la figure paternelle, lettré philosophe, bienveillant fantôme attaché aux pas de son fils unique (après une demi-cohorte de filles), aussi peu contrariant dans la mort que de son vivant.
L'auteur a l'art de camper en quelques chapitres des personnages secondaires attachants, qu'on quitte à regrets comme Boubacar, Vittoria ou l'africain disco du port de Palerme.
1 commentaire:
J'ai beaucoup aimé cette lecture, la réflexion à laquelle amène toute la trame de fond, cependant je ne me suis pas non plus attaché à ce personnage principal que j'ai trouvé trop passif... poussé dans une quête dont il de détient manifestement pas la clef...
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