Une lecture dans le cadre de ma participation au challenge Réglons nos contes
Le texte :
Barbe-Bleue a été publié en 1697 dans le recueil Histoires ou Contes du temps passé, ou Contes de ma mère l’Oye, dédicacé à Mademoiselle, nièce de Louis XIV.
Issue de la tradition orale française, on dit la célèbre histoire inspirée de faits historiques (cf. la biographie de Gilles de Rais et Henri VIII). Signé par Pierre Darmancour, troisième fils de Charles Perrault auquel on en attribue plus volontiers la paternité, le texte est retravaillé dans le goût de Versailles. On note en conclusion à cette fable, deux moralités en vers à l'exemple de Jean La Fontaine : Moralité (de la curiosité et de ce qu'il en coûte) et Autre moralité (du mariage, du temps révolu et de la question de qui des deux porte la culotte dans un couple).
L'illustration :
L'histoire de Barbe-Bleue rencontre depuis une quinzaine d’années l’engouement d’illustrateurs contemporains pour la jeunesse.
Eric Battut s'appuie sur la version intégrale d'origine de Charles Perrault. Le texte sans surprise - la re-dite plus que le suspense fait partie de l'univers du conte - résonne encore à mes oreilles par la voix des conteuses de mon enfance :
"Anne, ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?
- Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie. "
L'album d'une trentaine de pages, paru chez Bilboquet est de présentation classique, texte à gauche et parfois une petite vignette et illustration pleine page à droite, en quadrichromie : bleu, blanc, rouge et noir.
La technique picturale utilisée est le grattage : un aplat de peinture rouge recouvert de bandes de couleurs, noire, bleue et blanche, qui laisse transparaître une partie du fond en rappel des traînées sanglantes du cabinet interdit. Le château d'un noir massif rayé de lignes de construction blanches accentue la pesanteur du récit, dont l'issue fatale est connue. Le bleu roi du ciel, ni diurne, ni nocturne, ajoute à l'irréalité des scènes et fait écho au bleu de la barbe. Une petite note rouge vif dans chaque tableau pointe le détail qui donne sens à la page : un rouge-gorge, une rose, un étendard, une porte, la clef ensorcelée ! en rouge également, les frères salvateurs (mousquetaire et dragon du roi) interviennent pour tuer le méchant qui s'enfuit dans son habit de dévot austère.
Lu le 24 février 2011
Lu le 24 février 2011
Des explications :
* * *
L'illustration :
Avec P'tit Glénat, des Auteurs avec un grand « A » redonnent des couleurs à la littérature jeunesse ! Bien loin de l'enfance de l'art, bienvenue dans l'art pour l'enfance... Le grand classique de Perrault revisité avec élégance et respect. Un pur frisson de terreur... et de beauté picturale !
L'histoire :
Lorsqu'un jour un drôle de bonhomme avec une drôle de barbe bleue descendit de sa grande voiture, le petit village ne s'inquiéta pas. Lorsque le drôle de bonhomme décida de s'installer dans le Haut-Château, une bâtisse de sinistre mémoire où l'on avait assassiné beaucoup de monde, personne ne trouva rien à redire. Mais lorsque l'on vit Barbe-Bleue emménager au château avec une belle blonde aux yeux couleur de ciel, puis une rousse flamboyante, puis encore une splendide brunette, les langues commencèrent à se délier. Il faut dire que lorsqu'elles rentraient dans la grande demeure, aucune de ces jeunes femmes n'en ressortait jamais... Et la vie continua ainsi... jusqu'à ce que Barbe-Bleue demande à épouser une fille du village ! Et là, tout le monde fut soudain très inquiet...
Lu le 27 juin 2011
* * *
L'imagerie d'Epinal
Les références : LA BARBE BLEUE, Imagerie Pellerin, images d’Epinal n° 700 (apparemment, il existe plusieurs versions)
Les illustrations
Le procédé d'impression de l'imagerie populaire d'Epinal produit des gravures sommairement colorées de bleu, de rouge et de jaune, en taches disposées essentiellement pour souligner les vêtements. Le personnage de Barbe Bleue et les femmes semblent habillées à la mode contemporaine. Son épée ressemble quant à elle plutôt à un sabre d'abordage ou à un cimetère.
Le procédé d'impression de l'imagerie populaire d'Epinal produit des gravures sommairement colorées de bleu, de rouge et de jaune, en taches disposées essentiellement pour souligner les vêtements. Le personnage de Barbe Bleue et les femmes semblent habillées à la mode contemporaine. Son épée ressemble quant à elle plutôt à un sabre d'abordage ou à un cimetère.
Pour les besoins de la mise en page, le texte est un peu raccourci par rapport à l'original de Charles Perrault, à raison de 16 vignettes par planche, assorties de courtes légendes qui respecte la trame de l'histoire._
Le texte des légendes :
1. Il y avait une fois un puissant seigneur appelé Barbe Bleue qui était si laid et si terrible qu’il était craint de toutes les femmes.
2. Il finit cependant par se faire agréer d’une de ses voisines qui était fort jolie.
3. A bout d’un mois de mariage, Barbe Bleue partit en voyage et en remettant ses clefs à sa femme, il lui défendit de visiter certain petit cabinet.
4. Pendant son absence, sa femme invita plusieurs de ses amies et leur montra ses richesses et ses beaux appartements.
5. Poussée par la curiosité, elle ouvrit la porte du petit cabinet et vit les corps de sept femmes que son mari avait épousées.
6. Ayant laissé tomber la clef dans le sang, elle essaya en vain d’en faire disparaître les taches.
7. De retour de son voyage, la Barbe Bleue voyant la clef tâchée de sang menaça sa femme de la mettre à mort.
8. La pauvre femme courut prévenir sa sœur Anne de monter sur la haute tour pour faire signe à ses frères qu’elle attendait.
9. La sœur Anne monta sur le tour, regarda au loin, mais n’aperçut qu’un nuage de poussièe formé par un troupeau de moutons.
10. Pendant de temps, la barbe bleue tenant un grand coutelas, criait à sa femme : descends vite ou je monterai là-haut !
11. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir, disait la pauvre femme ? Je vois deux cavaliers, mais ils sont encore loin répondit-elle.
12. La Barbe Bleue se mit à crier si fort cette fois que toute la maison en trembla.
13. La pauvre femme descendit et fut se jeter à ses pieds tout éplorée et tout échevelée.
14. Il faut mourir lui dit-il : puis la prenant par les cheveux, il leva le bras pour lui trancher la tête.
15. Tout à coup la porte vola en éclats, et les deux frères se précipitant sur la Barbe Bleue lui passèrent leurs épées au travers du corps.
16. La Barbe Bleue n’ayant pas d’héritiers, se femme hérita de ses biens, et en profita pour marier sa sœur Anne à un jeune homme qui l’aimait depuis longtemps.
2. Il finit cependant par se faire agréer d’une de ses voisines qui était fort jolie.
3. A bout d’un mois de mariage, Barbe Bleue partit en voyage et en remettant ses clefs à sa femme, il lui défendit de visiter certain petit cabinet.
4. Pendant son absence, sa femme invita plusieurs de ses amies et leur montra ses richesses et ses beaux appartements.
5. Poussée par la curiosité, elle ouvrit la porte du petit cabinet et vit les corps de sept femmes que son mari avait épousées.
6. Ayant laissé tomber la clef dans le sang, elle essaya en vain d’en faire disparaître les taches.
7. De retour de son voyage, la Barbe Bleue voyant la clef tâchée de sang menaça sa femme de la mettre à mort.
8. La pauvre femme courut prévenir sa sœur Anne de monter sur la haute tour pour faire signe à ses frères qu’elle attendait.
9. La sœur Anne monta sur le tour, regarda au loin, mais n’aperçut qu’un nuage de poussièe formé par un troupeau de moutons.
10. Pendant de temps, la barbe bleue tenant un grand coutelas, criait à sa femme : descends vite ou je monterai là-haut !
11. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir, disait la pauvre femme ? Je vois deux cavaliers, mais ils sont encore loin répondit-elle.
12. La Barbe Bleue se mit à crier si fort cette fois que toute la maison en trembla.
13. La pauvre femme descendit et fut se jeter à ses pieds tout éplorée et tout échevelée.
14. Il faut mourir lui dit-il : puis la prenant par les cheveux, il leva le bras pour lui trancher la tête.
15. Tout à coup la porte vola en éclats, et les deux frères se précipitant sur la Barbe Bleue lui passèrent leurs épées au travers du corps.
16. La Barbe Bleue n’ayant pas d’héritiers, se femme hérita de ses biens, et en profita pour marier sa sœur Anne à un jeune homme qui l’aimait depuis longtemps.

1 commentaire:
Rien à voir mais ma fille se régale avec ses Sorcières. Tu remercieras ta fille pour son bon goût.
Enregistrer un commentaire