samedi 19 décembre 2020

Dyschroniques : réédition de nouvelles SF

Le passager clandestin a entrepris en 2013 de rééditer des textes courts ayant marqué l'évolution de la SF internationale. Disponibles dans la collection Dyschroniques, les 21 petits cartonnés soignés sont très agréables en main. Quand les futurs d'hier rencontrent notre présent !


+++ Avec Un logique nommé Joe, Murray Leinster imagine en 1946 les dérives d’un réseau informatique mondial. Joe, une IA défaillante, croit servir au mieux l'humanité en programmant la réponse à toutes les questions possibles et imaginables. C'est sûrement fortuit, mais la couverture m'évoque feu le minitel. Lu le 1er novembre 2017

++ Dans la vague montante, Marion Zimmer Bradley imagine en 1955 une société d’abondance frugale soustraite à l’empire de la technologie. Une expédition interstellaire découvre les descendants d'une expérimentation sans être en mesure de les comprendre. Sa couverture m'évoque une DeLorean (Retour vers le futur) déglinguée.  Lu le 19 novembre 2017
+ Dans Les retombées, Jean Pierre Andrevon imagine en 1979 un coin de France, le jour d’Après. L'ambiance hallucinée du début, quand les rescapés fuient dos à la catastrophe s'estompe avec l'internement de la population rescapée dans des camps militaires. Les questions demeurent...

+ Audience captive, daté de 1953 et unique texte d'Ann Warren Griffith, anticipe sur les conséquences d'un monde aux mains des publicitaires.  Lu le 5 janvier 2019

++ Où cours-tu mon adversaire ? Ben Bova imagine en 1969 une expédition pionnière confrontée à une espèce primitive dans un monde sans technologie. Le choc des civilisations survient d'une cause totalement inattendue. Lu le 2 mars 2019

 

+++ Avec Pigeon, canard et patinette, Fred Guichen entraîne le lecteur dans une drôle de société post-apo. En 2016, il imagine que des impasses de la toute puissance naîtra le pouvoir de la fragilité.

++ Dans 37° centigrades, Lino Aldani imagine en 1963 une société encadrée par la consommation de masse et le risque de la maladie.

++ Avec Frank Merriwell à la Maison blanche, Ward Moore imagine en 1973 la machine politique ultime. Création/créature d'un savant fou, Frank Merriwell affirme comme slogan électoral " Je suis contre le progrès ".  Après avoir gravi tous les échelons de la législature, il est parvenu à ses fins et peut se tourner vers le sport de haut niveau pour lequel il a été initialement conçu. Lu le 1 Décembre 2019

+ Dans Le testament d'un enfant mort,  Philippe Curval imagine en 1978 le regard d'un nouveau-né sur un monde sans avenir. Pour comprendre les décès massifs de nouveaux-nés, un homme crée une machine qui permet de transcrire les pensées d'un de ces " hyper-maturés " qui brûle la chandelle par les deux bouts.  Lu le 5 Décembre 2019

+ Traverser la ville de Robert Silverberg rend mieux sous son titre anglais Cross over, car dans ses quelques jours d'errance, le héros effectue une petite traversée topographique mais un bond psychologique.  Lu le 10 Décembre 2019



+ Dans La montagne sans nom, Robert Sheckley imagine en 1955, le dernier des grands projets inutiles. Une entreprise de terra formation ne tient pas compte des avertissements de la population autochtone. La nature se rebelle au-delà de toute mesure pour faire valoir son désaccord face à l'invasion venue de la Terre. Lu le 27 janvier 2020

+ Avec l'examen, Richard Matheson imagine en 1954 une société qui régule le vieillissement de la population. Tom a 80 ans. La veille de son examen, son fils Leslie lui fait réviser les tests d'aptitude physique et psychologique qui vont décider de son maintien en vie. Lu le 21 mars 2020

++ Par faute de temps, John Brunner en 1963 imagine un monde hanté par le ressentiment des générations futures. Une sorte de spasme temporel précipite le docteur Max Harrow, dont le jeune fils est décédé d'une maladie génétique rarissime dans un monde de cauchemar plus vrai que nature. Lu le 22 mars 2020

++ Dans Continent perdu, Norman Spinrad imagine en 1970 un voyage dans les abîmes de la civilisation américaine défunte. Dans NY dévastée, Ryan pilote d'hélicoptère sert de guide indigène aux riches Africains en mal de supériorité raciale, de connaissances ou de sensations. Lu le 22 avril 2020
 
 ++ Avec Vent d'Est, vent d'Ouest, Frank M. Robinson imagine en 1972 un monde où la passion automobile l’emporte sur le besoin de respirer. L'air irrespirable, pollué et toxique ne se renouvelle faiblement que grâce aux courants circumterrestres. Démunie face aux puissants lobbies industriels, l'agence de la Qualité de l'Air préfère traquer les quelques particuliers qui ont désobéi à l'acte de Restitution pour conserver un véhicule équipé d'un moteur à combustion. Un banal enquêteur admire à égalité son patron qui se meurt d'une maladie pulmonaire et le chef des " renifleurs ". Lu le 7 mai 2020
 

+ Avec La main tendue, Poul Anderson imagine en 1950 l'anéantissement de la diversité culturelle par un impérialisme intergalactique. Le plan Marshall transposé dans les colonies intergalactiques fait disparaître la brillante civilisation de Cuanalao. La courageuse bévue du négociateur de Skangar oblige son peuple à se relever de la guerre contre sa voisine, avec ses propres moyens et à trouver d'autres voies de développement que celle imposée avec les subsides de la Confédération de Sol. 
Lu le 17 mai 2020
 
+ Avec A voté, Isaac Asimov imagine en 1955 le nec plus ultra de la démocratie sondagière. Un seul électeur, parmi la population mâle de moins de 60 ans, est désigné chaque année pour répondre à des questions d'opinion, en fonction desquelles un ordinateur-compilateur de sondages choisit le candidat idéal aux élections. La nouvelle questionne à la fois le niveau le plus élevé de la démocratie représentative et la valeur des statistiques.
Lu le 1er juillet 2020

++ Dans Le royaume de Dieu, Damon Knight imagine en 1954 un monde de violence et de peur délivré par l’empathie. Aza-Kra est l'ambassadeur venu porter aux hommes le message des peuples anciens de l'univers : à brève échéance, tous les carnivores sont appelés à disparaître. Enrôlé malgré lui par la créature extraterrestre, un journaliste trop perspicace contribue à disséminer son pouvoir de persuasion.
Lu le 3 juillet 2020
 
++ Avec Les gaspilleurs, Mack Reynolds imagine en 1967, l’émergence d’un complot contre le progrès économique. Paul Kosloff est habité d'un motif personnel qui fait de lui l'un des meilleurs agents secrets au service des États-Unis. Mais la perception de la guerre froide change et il faut lui  trouver un nouveau cheval de bataille pour canaliser sa soif d’en découdre... comme un groupe de pensée un peu radical. Lu le 19 février 2020
+++ Avec Le mercenaire, Mack Reynolds imagine en 1962 un monde où la guerre est conduite par les multinationales. Joe Mauser 
Lu le 26 décembre 2020 
 
 

Dans La tour des damnés, Brian Aldiss imagine en 1968 une expérience aux proportions babyloniennes pour mesurer les effets de la surpopulation. 

Second coffret

En 1969, Blish imagine un basculement géologique causé par l’espèce humaine.
En 1962, Fritz Leiber imagine l’Humanité Assistée par Ordinateur.
En 1954, Damon Knight imagine un monde où l'humain s'émancipe de la machine pour vivre en symbiose avec la nature     
 
COUP DE COEUR
Pigeon, canard et patinette
Ce livre est le résultat du concours d’écriture lancé par Le passager clandestin sur les thèmes de la terreur nucléaire, du complexe militaro-industriel, du mensonge d’État et du contrôle politique. Jean-Pierre Andrevon, l'auteur de la nouvelle qui a servi de point de départ aux candidats, faisait partie du comité de lecture.

Une centaine d'années après Les retombées, toujours dans le même petit coin de Bretagne, rebaptisé le Secteur, les descendants des survivants occupent trois hameaux distincts, mais ils se regroupent pour les "corvées", sous l'autorité d'un contremaître, notamment l'entretien de la centrale nucléaire remise en service après la catastrophe.
Le lecteur découvre peu à peu les particularités de Patinette, son ami Canard, sa soeur Hermeline et leur étrange Petit frère, ainsi que Pigeon, le maire du village qui préside aux destinées collectives...
Si j'avais trouvé le texte d'Andrevon très froid, dans la narration des conséquences d'une catastrophe nucléaire dont on ignore si elle est civile ou militaire, puis de l'isolement et du confinement des victimes de l'accident, Fred Guichen, tout en allant plus loin, livre une nouvelle pleinement humaine et chargée d'émotion. Le gouvernement extérieur a décidé de la relégation des survivants, de leur observation à des fins d'abord scientifiques, puis de leur exploitation pure et simple. Mais l'espoir n'est pas absent de cette histoire de mutants qu'il faut apprendre à connaître pour cesser de voir les monstres en eux et découvrir derrière les apparences des êtres extraordinaires, pétris de bonté, qui portent sans doute tous les espoirs de l'humanité.
Improbable
Lu le 4 février 2018

vendredi 18 décembre 2020

Aux anges de Francis Dannemark (2014)

Drapeau Belgique challenge belge 
Bingo : confort / physique avec en couverture un fauteuil et une lampe pour lire / bien être mental avec un texte léger et insidieusement positif.
 
Je finis ce challenge en beauté avec un petit roman mais de grands esprits... qui selon l'adage sont faits pour se rencontrer.
Pierre et Florian se sont perdus de vue après l'adolescence ; ils se recroisent trente ans plus tard et Pierre propose spontanément à son ami de l'accompagner dans son voyage d'affaires. Bien planifié en amont, mais perturbé dès la première heure par des aléas de voiture, le périple normand se tisse bientôt de rencontres inattendues. Leurs retrouvailles s'enrichissent d'émotions partagées. L'histoire se déroule sur cinq chapitres : entre le lundi 14 et le samedi 19 avril, au cours desquels ils parviennent à lâcher prise, grâce à l'intervention providentielle d'une comtesse anticonformiste. Son château ancestral transformé en arche de Noé pour toutes sortes d'animaux, est un havre accueillant pour les humains qu'elle touche de sa baguette enthousiaste et empathique.
Le texte de Francis Dannemark ouvre une parenthèse dans la grisaille quotidienne et apprend à voir les petits bonheurs qui nous entourent.


mercredi 16 décembre 2020

Bookineurs en couleurs #4.11

Le challenge est proposé sur Lunazione. La dernière couleur de l'année sera le blanc du 21.11.2020 au 21.01.2021, suivie d'une session multicolore. Pour rappel des règles, il s'agit de lire des livres dont la couverture est de couleur dominante blanche et de donner son avis chez Luna, Livraddict ou Babelio (sur le topic associé dans la partie forum des sites).

Désolée, Luna, en ce qui concerne la session #4.10 = MARRON & BEIGE = qui courait depuis le 11.09 et s'achève aujourd'hui le 11.11.2020, je n'ai pas trouvé de couverture qui corresponde véritablement.






 

samedi 12 décembre 2020

Bingo de l'automne avec Piwi

Saelind reprend le désormais célèbre BINGO saisonnier
Inscriptions jusqu'au 31 Octobre / Début du challenge au 21 Septembre / Fin au 21 Décembre 2020
3 graphiques maximum sur l'ensemble de la grille et 100 pages minimum, par livre. 25 points en lisant des livres correspondant aux consignes de la grille : chaque case validée rapporte 1 point !    Grille de Piwi : une consigne différente de la principale validée rapporte 3 points.

  
COMPLET
1. Une histoire qui se passe aux US  K comme Killer
2. Un livre avec des monstres  Glacé
3. Un titre gourmand  13 à table !
4. Lire un livre avec des créatures surnaturelles  La fenêtre jaune+
5. Trouver le mot ‘Septembre’, ‘Octobre’, ou ‘Novembre’   Tu tueras le père
6. Quelqu’un meurt au cours de l’histoire   Helstrid
7. Un livre en lien avec les pays celtiques  Dans l'ombre de Paris
8. Une couverture aux couleurs de la nuit   La nuit de feu
9. Un livre avec une couverture superbe qui vous a déçu  Deep blue 
10. Un titre honorifique dans le titre  La modiste de la reine
11. Un livre avec une enquête   Le nez dans la luzerne
12. Quelque chose qui évoque le confort sur la couverture  Aux anges
13. JOKER  Demain les chiens
14. Un livre appartenant au genre Policier, Thriller ou Horreur   Juste une ombre
15. Un livre où la nature occupe une place importante  L'odyssée du temps
16. Un chiffre sur la couverture OU dans le titre  Le temps fut
17. Une couverture orangée, mordorée, brun lumineux  Néfertiti dans un champ de canne à sucre
18. Un livre qui a obtenu un prix  Misericorde+
19. Un livre qui se passe dans une petite ville  Une fille facile
20. Au moins deux S dans le titre  Un yakuza chez le psy & autres patients du Dr Irabu
21. Lire un auteur décédé  Le Beaujolais nouveau est arrivé+
22. L’illustration de couverture est un dessin  Les adieux à la Reine+
23. Un édifice en pierre sur la couverture  La cité de l'indicible peur
24. De la papeterie ou du matériel d’écriture, de dessin sur la couverture  La double vie de Vermeer
25. Une scène d’amour dans l’histoire   Tenebra Roma+

mardi 8 décembre 2020

Néfertiti dans un champ de canne à sucre

offert il y a fort longtemps par Cécile du blogue Quoide9 que je remercie vivement pour la découverte de Philippe Jaenada
à suivre : Le cosmonaute
J'ai aimé sans réserve mais avertissement aux lecteurs : le style est loin d'être prude.
 
Olive Sohn est une héroïne de fiction tellement improbable que je crois bien que son modèle ait pu exister dans la réalité... L'auteur évoque des éléments d'inspiration autobiographique dans ses romans : si c'est le cas, Titus Colas, le protagoniste et narrateur, ne le montre pas sous son meilleur jour, puisqu'il finit par fuir lâchement  - le " grand amour ", fusionnel et passionnel - alors que la situation dérape puis lui échappe, promettant une fin dramatique qui est heureusement escamotée pour le lecteur. Roman de la démesure où le risque est absolu à chaque page, Néfertiti oscille entre urgence permanente et catastrophe imminente.
J'ai aimé retrouver une ambiance romantique en équilibre sur le fil du rasoir comme celle interprétée par le duo Béatrice Dall / Jean Hugues Anglade dans le film 37°2 le matin.

dimanche 6 décembre 2020

Tu tueras le père / Uccidi il padre

   Drapeau Italie  Italie
ABC Polar : D

Je suis fan de polar avec personnages récurrents et je dois dire que l'équipe formée par Colomba Caselli, flic déchue et l'adulte qu'est devenu Dante Torre, ex-enfant martyr détenu dans un silo aveugle, m'a particulièrement accrochée. Par ailleurs, le scénario et ses ramifications très complexes, les doutes qui courent sur l'ensemble des personnages et les contre-emplois parfois inattendus ont contribué à enrichir la lecture de cet excellent suspense : plus de 700 pages, ce qui n'est habituellement pas ma tasse de thé, sans voir mon rythme de lecture faiblir ! Je mets de suite dans ma WL, le tome 2 de la série : Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri (en plus le premier chapitre était offert en fin de tome).

mercredi 25 novembre 2020

Une fille facile

Les chapitres introductifs, à la première personne, sont un peu difficiles à suivre et j'ai eu l'impression que plusieurs personnes prenaient la parole avant de parvenir à différencier les protagonistes. Ensuite - en fait, après l'événement déclencheur en suspens, annoncé et attendu sur la corde raide - les choses deviennent plus claires et le rôle de chacune plus intelligible. Emma de conseillère prudente, devient protagoniste à part entière. Le roman se déroule dans la communauté étroite d'une petite ville d'Irlande, ce qui rend peut être les images de son inconséquence encore plus dures à vivre que dans l'anonymat d'une grande ville. Au delà du " fait divers ", Louise O'Neill aborde des questions qui dérangent : machisme ambiant dans le sport, image de la femme, culture du viol, cyberharcèlement, pression sociale envers les victimes  (on s'en doute avec le résumé, j'imagine que je ne spoile pas vraiment).


Le Monde - Les petits polars SNCF 2012 - 2013

Les indiens de Marcus Malte (2012) Lila est le cerveau d'un braquage soi disant facile. José et Damien, ses complices délinquants, sont prêts à tout, même la suivre chez les Indiens d'Amazonie pour sauver la forêt... Lu le 8 Décembre 2019

Roman de gare de Pierre Pelot (2012) me laisse un (dé)goût d'inachevé et pourtant, la nouvelle est mon genre préféré. Le style est une effroyable logorrhée. Quant au sens du texte, je penche par bienveillance pour du second degré... Lu le 25 Février 2020

Plein le dos de Jean-Bernard Pouy et Florence Cestac (2013) Accablé par un lumbago tenace, un journaliste a tout essayé, sauf l'imposition des mains... Quand la conviction naïve fait des miracles, les escrocs devraient s'en méfier. Lu le 16 Octobre 2020

++ Ava et Marilyn de Alexandra Schwartzbrod et Miles Hyman (2013) est ma préférée pour l'instant. Deux soeurs ombre et lumière. Axelle, reporter-photographe désoeuvrée, se morfond sans sa dose d'adrénaline...  qu'à cela ne tienne, les dangers se précipitent soudain sous ses pas. Lu le 16 Octobre 2020

La cavale de Lina de Marc Villard et Chauzy (2013) Contre l'avis de sa hiérarchie, un journaliste s'intéresse de prêt au meurtre de Lina, égorgée dans un théâtre pendant le festival d'Avignon. Le fait divers de trop dans une carrière à rebours... Lu le 15 Octobre 2020

Chérie noire de Caryl Férey et Charles Berbérian (2013) Avec ses lunettes noires, son rouge à lèvres cerise et son fourreau noir très près du corps, Miléna fait forte impression. Tous les auteurs de polar invités pour un week-end de signatures engageraient bien la conversation avec cette romancière prometteuse. Ils devraient se méfier. Car la jeune Roumaine au passé sulfureux a d’autres projets, et ces écrivains n’en font pas partie. Lu le 22 Octobre 2020

Hostiles de Franck Thilliez et Dominique Corbasson (2013) Quand Léa tourne la tête vers le conducteur de la voiture, sa ceinture de sécurité semble incrustée dans sa chair. Tous les deux sont coincés dans l'habitacle, au fond d'un ravin, depuis ce mystérieux accident qui leur a fait dévaler la pente. sans téléphone, sans personne pour les entendre appeler à l'aide. Ils ne savent pas qu'ils sont là pour longtemps. Très longtemps... Lu le 24 Octobre 2020

Le machiniste de Anne Secret et Jean Philippe Peyraud (2013) Juin 1982. Une nuit, avec des amis, Victor dépose une bombe devant un magasin du Forum des Halles. En s'enfuyant, le jeune homme bouscule un vigile dont la tête heurte violemment un poteau. Le voilà obligé de se cacher, tandis que Léa le cherche dans la ville. Leur histoire commençait à peine, et soudain, ils ont si peu de temps... Lu le 30 octobre 2020

Dernier été de Patrick Pécherot et Joe Pinelli (2013) Entrez dans le tableau, voyez les personnages : le père, la mère et la femme assise au premier plan. Tous regardent quelqu'un en dehors de la toile. Le drame s'est joué là, autour de cette "Réunion de famille", le tableau de Frédéric Bazille (1841-1870). Quel rôle y joue la bague retrouvée par un étrange visiteur ? Qui est son énigmatique interlocuteur ? Un témoin peut renouer les fils de cette curieuse histoire, et Patrick Pécherot a retrouvé sa trace...

Voiles de mort de Didier Daeninckx et Loustal (2013) Bungalow les pieds dans l'eau, bouteille de kava, thon mi-cuit... La vie pourrait ressembler au paradis, dans ce comptoir d'Océanie où Michel a trouvé refuge après quelques soucis du côté de Paris. mais, pour les beaux yeux de Louise et son corps de rêve, le voilà prêt à larguer les amarres. Une fois de trop.  

Monsieur Meurtre de Jean Vautrin et Baru (2013)  « Le procureur, les flics, les médecins ont assez dit que j'ai tué ma mère. Dans un accès de folie furieuse. A moins que ce soit de sang- froid... » Fou, assassin menteur ou schizophrène, le doute persiste ? Après dix-huit ans de bonne conduite, la porte de la centrale s'ouvre pour la libération du prisonnier.

Hématomes de Romain Slocombe et Jean Claude Denis (20013) En Lorraine, Anne Chamberland, jeune sculptrice venue présenter une œuvre éphémère en résidence artistique, se pétrifie lorsqu’elle reconnaît, derrière les kilos accumulés, le visage de l’aubergiste qui la sert à table. 

samedi 14 novembre 2020

Week-end à 1000

Petit rappel sur le challenge :
Le week-end à 1000 est un challenge littéraire organisé sur le blog de Lili bouquine depuis Février 2013. Il a sa page FB dédiée
Le but : essayer de lire 1000 pages (romans, bd, mangas...) en l'espace d'un week-end. Tout savoir pour participer, c'est ici.

Objectif : les BD de la PàL récente !

vendredi :  L'odyssée du temps, tome 1 : L'oeil du temps de Arthur C. Clarke et Stephen Baxter (2009) 92/480 pages + 1 BD
samedi matin : 0 ligne
samedi après-midi : 2 BD
samedi soir : 1 BD + 210 pages du roman
500 pages à lire dimanche... c'est pas gagné !
dimanche matin : 3 BD
dimanche après-midi : 0 ligne
dimanche soir : 3 BD (je ferai le décompte des pages demain) et la fin de mon roman de 480 pages
 
Résultat
 
Leo
Sergio Garcia
Dexter London, tome 1 : Aventurier professionnel 48
Christian Lejalé
Philipe Caza
Mémoire des écumes 46
Stephen Desberg Le Sang noir, Tome 4 : L'ombre du parjure 56
André Chéret
Michel Rodrigue
Ly-Noock, Tome 1 : Félines 50
Didier Quella-Guyot
Sébastien Morice
L'île aux remords 76
Paul Gillon Jehanne la sève et le sang 60
Hubert Reeves
Nelly Boutinot
Claire Champion
Daniel Casanave
Hubert Reeves nous explique, tome 1 : La biodiversité 64
Richard Marazano
Jean-Michel Ponzio
Le complexe du chimpanzé, Tome 1 : Paradoxe 56

Le complexe du chimpanzé Tome 2 : Les fils d'Arès 56

Le complexe du chimpanzé, Tome 3 : Civilisation 60


572
480 pages (roman) + 572 pages (BD)
challenge doublement réussi car j'ai bien fait baissé ma PàL de BD
je pense recommencer le we prochain !

vendredi 13 novembre 2020

13 à table ! depuis 2013

Je n'ai pas l'édition 2016 mais j'ai passé de nouveau un vendredi 13 avec un recueil de nouvelles contemporaines rassemblées pour les Restos du Coeur autour du thème de l’anniversaire. 2017
 
Françoise Bourdin, Un joyeux non-anniversaire (dans l'attente du fils prodigue)
Maxime Chattam, Le chemin du diable (pierres tombales profanées)
François d’Epenoux, Cent ans et toutes ses dents (telle mère, tel fils, l'héritage d'une centenaire)
Caryl Férey, " Le voilà, ton cadeau " (un bébé passe de main en main)
Karine Giébel, J'ai appris le silence (erreur judiciaire, vengeance, repentir, accident)
Alexandra Lapierre, Tu mens, ma fille ! (vengeance posthume d'une vraie fausse centenaire)
Agnès Ledig, Le soleil devrait être au rendez-vous dimanche (10ème anniversaire, garde partagée)
Marc Levy, Accords nus (rencontre.s sur concerto)
Agnès Martin-Lugand, Merci la maîtresse (goûter d'anniversaire à l'école)
Bernard Minier, L'échange ou les horreurs de la guerre (combat aérien, fantastique)
Romain Puértolas, Les 40 ans d'un fakir (hâbleur original ou chute déconcertante)
Yann Quéffelec, Fuchsia (7ème anniversaire, garde divisée)
Franck Thilliez, Lasthénie (sang rare rhésus null, altruisme extrême, trouble obsessionnel)
 
  • Ma lecture du vendredi 13 : 13 auteurs pour 13 nouvelles centrées autour d’un thème commun : un repas puisque l'opération coordonnée par Pocket vise à offrir des repas aux Resto du coeur, 2015
Françoise Bourdin, Olympe et Tatan (Noël en famille, hypocrisie sur canapés)
Maxime Chattam, Maligne (obésité morbide, une tumeur affamée)
Alexandra Lapierre, Nulle, nullissime en cuisine ! (confrontation d'une menteuse)
Agnès Ledig, Un petit morceau de pain (éducation à principes Vs bonheur)
Gilles Legardinier, Mange le dessert d'abord (repas sans lendemain)
Pierre Lemaitre, Une initiative (invitation irréfléchie d'un grand oncle âgé)
Marc Levy, Dissemblance (discussion post mortem et conflit israélo-palestinien)
Guillaume Musso, Fantôme (phase terminale, la policière et l'ange de la mort)
Jean-Marie Perier, Jules et Jim (accident mortel suite à une réunion d'anciens)
Tatiana de Rosna, Le parfait (belle-mère acariâtre, un mariage, un enterrement)
Eric-Emmanuel Schmitt  La part de Reine (dévotion animale d'un labrador)
Franck Thilliez, Gabrielle (étude des grizzlis en Alaska et Alzheimer)
Bernard Werber, Langouste blues (plaidoyer pour ne pas passer à la casserole) 
Lu le 13 décembre 2019

mardi 3 novembre 2020

Le Japon n'existe pas

ESPAGNE
Alberto Torres Blandina a reçu le prix Las Dos Orillas qui vaut publication simultanée en Italie, Grèce, Espagne, Portugal et France.
 
J'ai eu du mal au début avec les histoires (extra)ordinaires de ce balayeur affable, perspicace et un peu envahissant qui partage des moments avec les passagers en transit dans le terminal d'aéroport où il est employé. Je l'ai abandonné puis repris à l'occasion et finalement j'y ai pris goût car, sous un titre qui ne le laisse pas supposer, ce livre feel good, d'humour léger, est psychologiquement efficace et incroyablement positif.
La construction narrative, autour de personnages sortis de leur banalité par le conteur prolixe, est ingénieuse et donne envie de poursuivre : le narrateur ne termine jamais une histoire, mais il la laisse en suspense, face à un auditeur enfin captivé, puis la reprend et la termine avec un interlocuteur ultérieur... 
Le titre résume à lui seul l'originalité du personnage, philosophe saugrenu, dont une des théories favorites, qu'il réserve plus particulièrement aux voyageurs en partance pour Tokyo, est que " le Japon n'est qu'une façade. Une opération marketing comme une autre. On l'a inventé pour vendre de la technologie et ça a marché. Made in Japan est aujourd'hui le meilleur label pour vendre une voiture ou un téléviseur. "

dimanche 1 novembre 2020

Une enquête de l'inspecteur Humprey Basket

Challenge des auteurs belges
Autour d'une saison G3-5 : roman d'horreur
Bingo : un édifice en pierre
 
Cette très belle collection, agréable à la vue et au toucher, réédite les romans de Jean Ray.
1. La cité de l'indicible peur
Le climat d'angoisse collective est installé par le titre et le chapitre liminaire, qui reprend la chronologie de l'apparition des Ils indéfinis semant la terreur dans la contrée. Distillé dans les chapitres centrés tour à tour sur les habitations qui entourent la place de l'Hôtel de ville, il est entretenu par les interventions intermédiaires d'Ebenezer Doove, secrétaire de mairie et grand conteur d'histoires lugubres.
À la fois faux roman policier et roman d'épouvante, mais vraie parodie, La cité de l'indicible peur paru en 1963 fait l'objet l'année suivante d'une adaptation cinématographique de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil dans le rôle principal. Je peux sans peine m'imaginer l'acteur perpétuellement ahuri jouer sur la naïveté de gentil garçon de Sydney (Sigma Tau) Triggs. Sans véritable talent policier, le constable possède toutefois un excellent don de physionomiste. Face à son aura involontaire, mais usurpée du statut d'inspecteur londonien, les âmes coupables vont alors se sentir poussées à la faute. Mais il faudra l'arrivée de son ancien chef et mentor, promu à Scotland Yard, pour lui expliciter son rôle inconscient dans la résolution des différentes affaires impliquant les braves citoyens d'Ingersham et leur premier magistrat.

samedi 31 octobre 2020

challenge Autour d’une saison AUTOMNE


 Saison automne : premiers frimas et grands frissons du 21 septembre au 20 décembre 2020. 

Groupe 1 : niveau facile. (1 point par consigne réalisée)
1 - Un livre d’un auteur français / Catherine Guennec, La modiste de la reine
2 - Un aliment sur la couverture / René Fallet, Le Beaujolais nouveau est arrivé
3 - Le prénom de l’auteur commence par "C" / Clifford D. Simak, Demain les chiens
4 - Un livre dont le personnage principal est magique / Jennifer Donnelly, Deep blue (saga Waterfire 1)
5 - Une couverture rouge / Sue Grafton, K comme killer

Groupe 2 : niveau moyen. (3 points par consigne réalisée)
1 - Un roman dont l’histoire se déroule pendant une guerre / Ian McDonald, Le temps fut
2 - Un roman de plus de 700 pages / Sandrone Dazieri, Tu tueras le père
3 - Un titre avec le nom d’une fleur ou d’un arbre / Charles Exbrayat, Le nez dans la luzerne
4 - Un polar ou thriller / Serge Brussolo, La fenêtre jaune
5 - Le titre en rouge / Hideo Okuda, Un yakuza chez le psy

Groupe 3 : niveau difficile. (5 points par consigne réalisée)
1 - Un roman faisant au moins 500 pages / Jussi Adler Olsen, Misericorde
2 - Un paysage sur la couverture / Eric E. Schmitt, La nuit de feu
3 - Un auteur espagnol / Alberto Torres Blandina, Le Japon n'existe pas
4 - Une couverture que vous trouvez très belle / Donato Carrisi, Tenebra Roma
5 - Un roman d’horreur / Jean Ray, La cité de l'indicible peur

vendredi 30 octobre 2020

Une enquête de la détective privée Kinsey Millhone

G1-5 : une couverture rouge
Bingo : 1. Nouveau Mexique  
" K " is for killer de Sue Grafton
Il me semble avoir déjà lu un des romans policiers de cette série alphabétique, mais il ne m'a pas laissé le souvenir d'un scénario aussi bien combiné. 
La mère de Lorna Kepler n'admet pas les résultats inconsistants de l'enquête de police après la découverte du cadavre décomposé de sa fille. Elle fait appel à une détective privée de Santa Teresa pour prouver le meurtre et de trouver le.s coupable.s. Au fur et à mesure de la reconstitution de ses derniers jours, la double, voire triple vie que menait la victime, décomplexée et imperméable au jugement d'autrui, apparaît par étapes et connaître le fin mot de l'histoire de sa mort devient rapidement très intéressant pour le lecteur.
J'ai le J en attente.





mardi 27 octobre 2020

Histoires de bistrots

Bingo de l'automne : un auteur décédé à 55 ans / Piwi : un titre gourmand
Autour d'une saison : un aliment en couverture / Pain, fromage, charcuterie et ballon de rouge
 
Il y a de multiples manières de célébrer les petits bistros bien français. Le traditionnel Beaujolais nouveau en est une occasion. René Fallet y campe une bande hétéroclite : quatre copains de zinc sympathiques, mais à la tête parfois prêt du bonnet ! Leur quartier général est le "Café du Pauvre", un bistrot vieillot tenu par un couple désassorti, qui sert aussi des repas ouvriers. En banlieue parisienne, Villeneuve Saint Georges (et le dragon d'où les farfelus à vélo - note personnelle) est en pleine mutation, avec la construction de nouveaux immeubles de rapport. Camadule et Beaujol tiennent fermement à leur bord de Marne et leurs habitudes dilettantes. Ils s'adjoignent Poulouc, un jeune de la cité voisine qui partage leur refus du labeur et rallient à leurs convictions Debedeux, cadre désabusé et ancien camarade de classe qui vit une crise identitaire. Au monde tel qu'il devient, le quatuor haut en couleurs oppose une résistance passive et lucide ; il réfute l'avenir social qui se profile en 1975. Leurs projections peignent à l'horizon 2000 un siècle nouveau peu engageant mais crédible. 
Derrière la fable sociale, sous l'éloge de l'amitié et de l'art de profiter du temps qui passe, se dissimule une analyse politique et économique plus fine qu'il n'y paraît. Le style, proche de Raymond Queneau mais en plus abordable à mon avis, est gouailleur mais les réparties souvent frappées au coin du bon sens. Je voulais lire René Fallet depuis le sortie de La soupe aux choux au cinéma (!!) et je ne suis pas déçue. Un connaisseur me conseille de poursuivre avec Ersatz. Lu le 9 octobre 2020

Le café de l'Excelsior de Camille Claudel
Mon opinion vient confirmer celle que je m'étais faite à partir d'une autre découverte pleine de nostalgie, de tendresse, de philosophie populaire. J'ai souhaité le lire parce qu'il m'évoquait le bel établissement Art nouveau de la place de la gare à Nancy. Il n'en est rien puisque le café de l'Excelsior de Philippe Claudel est un modeste bistrot de village. Pourtant il prend toute son importance au cours de l'histoire. D'abord à cause de la personnalité de son patron, puis pour la place qu'il occupe dans la vie (la misère) des gens qui viennent y chercher un verre et une parole de réconfort, enfin pour la belle relation qui se construit entre un grand-père et son petit fils. Tout cela sera irrémédiablement gâché. Le roman effleure avec délicatesse le sujet de la perte et pourtant il reste incroyablement générateur d'optimisme car si d'aussi belles personnes existent, tout n'est pas si moche dans le monde.
Lu le 31 mars 2014

 
Dans le café de la jeunesse perdue se déroule en quelques chapitres qui présentent différents points de vue sur un même évènement, disséqué et ressassé à la manière si personnelle de Patrick Modiano : le passage fulgurant d'une dénommée Louki, de son vrai nom Jacqueline Choureau, née Delanque. Parmi les habitués d'un café du quartier de l'Odéon, le Condé, aujourd'hui remplacé par un magasin de luxe, chacun y va de son anecdote ou de son hypothèse. Les protagonistes qui prennent tour à tour la parole pour dévoiler un pan de la vie de Jacqueline sont le narrateur, ici un étudiant de l'Ecole des Mines, Caisley sans doute un détective privé engagé par le mari pour élucider sa disparition du domicile conjugal, Jacqueline elle-même qui évoque son adolescence et Roland, son dernier amant, connu sous son seul nom d'emprunt. L'identité des gens qui se croisent dans les nuits de Modiano (plus rarement de jour) est souvent floue, imprécise, tronquée en dépit des velléités de l'auteur d'en expliquer les moindres aspects, à travers les traces fugaces et éphémères des souvenirs.

lundi 26 octobre 2020

Karine Giebel [9]

ATTENTION cette dame n'hésite pas à faire mourir ses personnages, y compris les principaux.
Elle excelle à dépeindre la noirceur de l'âme où elle rejoint à mon avis le meilleur de Stéphanie Benson (A teatro). Un autre conseil : ne commencez jamais un roman de Karine Giébel le soir, non pas qu'il puisse vous faire trop peur (même si je devrais m'inquiéter de certaines réalités qui l'ont inspirée) mais parce que vous serez incapables de le refermer sans connaître le mot de la fin.

Juste une ombre (2012) 

Comme très souvent dans les romans de cet auteur, préférer les victimes aux bourreaux, c'est choisir entre la peste et le choléra. De même, je ne reconnaîtrais pas Karine Giébel si elle ne jonchait pas ses pages de victimes : je ne me remets pas d'un dommage collatéral en particulier, qui m'a semblé tellement injuste ; les autres morts n'étaient somme toute pas si innocents que ça. Au début, je n'ai eu aucune envie de plaindre Cloé Beauchamps, voire plutôt de songer " bien fait ! " pour ce qui lui arrive. En effet, avant de se transformer en proie, elle a eu largement le temps de se montrer sous son mauvais jour de femme arriviste et sans pitié, qui écrase les autres et/ou s'en sert comme faire valoir, à commencer par sa seule amie... Bien sûr, comme certains lecteurs, j'ai eu des doutes sur l'identité de l'ombre dès qu'elle est entrée dans la lumière, mais cela n'enlève rien au suspense ; au contraire, j'avoue que dans le jeu du chat et de la souris, le spectateur se met rarement dans la peau de la souris. Pourtant, j'ai attendu un retournement de perspective, un éclair de lucidité ou pourquoi pas un repentir, mais non, une fois campé dans son caractère, chaque personnage va au bout de lui même, quitte à se jeter droit dans la gueule du loup. La fin est horrible, trop horrible pour que je ne l'occulte pas dans mes souvenirs.

Lu le 26/10/20

Toutes blessent, la dernière tue
Une intermédiaire se fait confier des fillettes au Maroc pour les envoyer étudier à Paris. En fait, elle se livre au dressage d'esclaves domestiques. Son fils Izri est à peine plus âgé que ses victimes. Personnage aussi fort que Marianne de Meurtres pour rédemption, Tama trouve la force de survivre. Pas plus qu'au lecteur, alors qu'aucune souffrance, ni humiliation ne lui sont épargnées.
En parallèle, le roman évoque une jeune femme blessée et amnésique. Sa rencontre avec Gabriel, un homme sombre qui se cache dans un hameau perdu, laisse beaucoup de parts d'ombre. De ce côté aussi, la violence, tant physique que psychologique, est au rendez-vous.
Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.
Lu le 1er juillet 2020

De force
Je l'ai trouvé un peu moins dense que d'autres écrits, sur un sujet qui tient de nouveau à la vengeance.
Un homme meurtri vient juste d'accompagner sa mère jusqu'à sa dernière demeure. Elle ne lui a rien laissé, si ce n'est une lettre où elle laisse enfin éclater toute la haine qu'il a subie sans comprendre depuis l'enfance. " Moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. "
Un jogger sauve de justesse une jeune femme d'un viol imminent. Son père, un chirurgien de renom, lui propose  un contrat en apprenant son geste de bravoure et son métier de garde du corps. Il s'installe à demeure dans les communs de la somptueuse villa, disponible 24 heures sur 24, sans jour de repos.
Trop chevaleresque et fortuit pour être honnête : la pensée ne me quitte pas, elle me suit tout au long des pages, tout en me demandant d'où le prochain coup va partir. La menace grandit, envers le chirurgien et sa famille : sa fille, sa nouvelle épouse sont l'objet d'attaques ciblées, éprouvantes mais non fatales. La haine du persécuteur, corbeau énigmatique qui semble au courant de leurs moindres faits et gestes, semble se cristalliser sur des dates spécifiques.
La fin en huis clos, avec un personnage extérieur qui pourrait tirer les ficelles, est palpitante mais néanmoins tristement décevante. Je ne peux pas m'avancer à en dire plus.
Lu le 23 février 2020



COUC DE POING / COUP DE COEUR
Certains n'ont pas aimé/compris, personne n'est resté sans réaction
Lu le 1er février 2020

Ce que tu as fait de moi  (2019)
La passion - dévastatrice - selon Karine Giebel, conduit forcément à l'irréparable. Je viens de lire Ce que tu as fait de moi, je suis muette, sous le choc, mais très ambivalente sur mes sentiments de lecture. Pourtant c'est un de mes préférés, je le sais déjà...
Bien sûr tout est suffisamment dissimulé dans les premiers chapitres pour que le lecteur pense à une histoire de pourri ; au stups, la dérive serait presque banale. Néanmoins, Karine Giebel fait rarement dans la facilité. Ses personnages sont toujours dérangeants, parce qu'ils ne sont jamais noirs ou blancs. Elle excelle à montrer la part d'ombre qui rend soupçonneux envers la victime ou peut donner des excuses au pire salaud. Comme pour contrebalancer l'effet du terme addiction, il y a le coup de foudre et si l'ambiguïté du premier est levée par le second, les connotations négative ou positive s'annulent...

Personne n'est assez fort pour la vivre.
Personne n'est préparé à l'affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie...
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

Le face à face entre le commandant Richard Ménainville, patron des Stups et Laëtitia Graminsky, son lieutenant, sortie major de l'école de police, est construit dans un compte à rebours dont l'auteur laisse d'emblée paraître l'issue tragique, tout en réussissant le tour de force de faire monter encore la pression au fil des pages. Le suspense est ailleurs : qui sont finalement la ou les victimes ? Les probabilités ne manquent pas, d'abord les deux protagonistes, ensuite leur entourage familial ou professionnel,  les " dommages collatéraux " selon un euphémisme usuel. Une seule certitude émerge des premières pages, défaits mais vivants tous les deux, Ménainville et Graminsky sont interrogés séparément par une équipe interne qui montre elle-même certaines fêlures.
 

Retour chronologique sur ma découverte de l'auteur

PetiteFleur m'avait conseillé Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel (abandonné) pour le premier circle challenge ABC auquel j'ai participé.

En septembre 2013, le mois de... Karine Giebel lui a permis d'échanger questions/réponses avec des blogueurs : tous les détails de l'opération sur Bookenstock que je remercie pour ce partenariat avec les éditions Fleuve noir.

Le purgatoire des innocents
Le casse raté d'une bijouterie place Vendôme tourne au bain de sang : le frère du cerveau de la bande est touché de deux balles. Les quatre cambrioleurs trouvent refuge dans une ferme isolée de la campagne française, après avoir pris en otage sa propriétaire, une jeune vétérinaire apparemment seule et sans défense qu'ils obligent à opérer le blessé.
Bourreaux aussi torturés que leurs victimes, l'auteur imagine des situations tordues où vrais et faux méchants sont difficiles à départager et nous laisse en équilibre sur un fil où la compassion le dispute au dégoût. Il est impossible de s'identifier aux personnages mais on s'y intéresse, intensément.
Après le suspense un peu mou que je reprochais il y a quelques jour à Patricia McDonald, c'est avec une morbide délectation que je me suis immergée dans ma lecture. Purgatoire des innocents rejoint dans l'horreur de la séquestration Les morsures de l'aube découvert cet été ; il porte bien son titre.
En comparaison, Terminus Elicius, le premier roman de Karine Giébel, était presque angélique.
L'avis de Dup que je partage pleinement

Ci-dessous, un extrait des échanges

Karine :
Bonjour XL,
Merci de m'avoir donné via ce blog [Book en Stock] votre sentiment de lecture. D'après ce que je constate, vous aimez certains de mes romans et pas d'autres. Et visiblement, vous aimez les plus noirs et ceux qui ont un côté plus "thriller".
Si je peux me permettre - et vu que vous avez aimé Purgatoire des Innocents - je vous conseille de poursuivre avec Meurtres pour rédemption.
A bientôt
Commentaire :
J'ai lu le résumé de Meurtres pour rédemption et les commentaires de ceux qui l'ont lu : je ne vais pas m'y mettre tout de suite... il se passe en milieu carcéral et il a l'air vraiment noir !

Son premier roman, Terminus Elicius (2004) a reçu le Prix marseillais du Polar en 2005.
Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence : un regard, enfin, du capitaine Esposito ? La résolution, peut-être, de cette affaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne ? «Vous êtes si belle, Jeanne. Si touchante et si belle.» Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…  
Lu le 22 avril 2013

Ensuite Meurtres pour rédemption (la Vie du rail, 2006) qui a été sélectionné pour le Prix Polar Cognac.
COUP DE POING / COUP DE COEUR
Vingt ans. Le bel âge ? Pas pour Marianne. En prison. Pour perpète. Pour meurtres.  " Ils ne m’ont laissé aucune chance " Alors, nourrir la haine, l’instinct de survie, même si l’on ne désire qu’aimer, être aimée ; pour lutter malgré tout, contre les coups, les brimades, l’ignoble. La liberté. Inaccessible. Sauf à se laisser bercer par le chant des trains, pas si loin, là, derrière les barreaux, à se laisser emporter dans leur sillage. Jusqu’au jour où … En taule, même l’inimaginable peut surgir. Une porte s’ouvre… "  La liberté, Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? » Mais le prix à payer pour transformer ce rêve en réalité est terrifiant.
Lu le 16 août 2014

Les Morsures de l’ombre a reçu le Prix Intramuros du Festival de Cognac 2008 ainsi que le Prix Polar SNCF 2009
COUP DE COEUR et pourtant je n'ai pas écrit mon billet depuis le 8 février 2014
Une femme rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir.Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie? Une seule certitude: un compte à rebours terrifiant s’est déclenché.


Maîtres du jeu 
Deux époustouflantes nouvelles de Karine Giebel sur ce jeu dangereux : le pouvoir de vie et de mort. Il s'agit à chaque fois d'inverser les rôles, de se mettre dans la peau de l'autre : l'auteur maîtrise parfaitement l'art du revirement inattendu. Dans la première, elle joue avec maestria de la séduction et de la répulsion. Une star du cinéma a inconsciemment détruit d'un refus les promesses de carrière d'un jeune comédien ; il n'a pourtant cessé de lui consacrer ses pensées, jour et nuit, pour la tenir enfin dans ses bras. Dans la seconde, moins noire, il subsiste un espoir final. Un dangereux psychopathe s'évade de l'asile dans un autocar plein d'enfants attardés. Il défie le policier qui a réussi à l'incarcérer pour le tenir enfin à sa merci. La nouvelle est parue dans le recueil Empreinte sanglante que je cherche à me procurer.  
Lu le 5 janvier 2017

C'est sur Book en Stock et dans ma BàL

Reçu le 5 juillet 2013, Le purgatoire des innocents
Merci à Book en stock et aux éditions Fleuve noir pour l'organisation de ce partenariat
Comme Achille49 a participé pour l'autre titre, il me propose déjà l'échange après lecture, donc nous pourrons lire les deux !
Juste une ombre a reçu le Prix Cognac du polar francophone 2012

Septembre sera le mois de Karine Giebel et si je participe, c'est l'occasion de :
1/ gagner un livre (et vous aussi) parmi deux aussi alléchants l'un que l'autre
2/ rédiger les billets de deux romans déjà lus mais en attente donc je vais m'y mettre
Terminus Elicius - Les morsures de l'ombre
3/ échanger avec l'auteur sur des intrigues déconcertantes et particulièrement tordues

mercredi 21 octobre 2020

Chacun son époque : la Révolution française

La modiste de la Reine

Rose Bertin, la jeune couturière native d'Abbeville en Picardie, est déjà assez en vogue lorsque l'épouse du Dauphin, Marie Antoinette la choisit comme faiseuse de modes attitrée. Les créations de sa boutique Le Grand Mogol sont bientôt diffusées ou copiées dans toutes les cours d'Europe. 
A elles deux, la couturière inventive en diable et la Reine croqueuse de parures, révolutionnent l'art de la toilette et de la coiffure. Mais tant " Madame Déficit " que son " ministre des modes ", aveuglées de frivolités, ne mesurent pas l'ampleur de la misère et du mécontentement qui ravagent le peuple de Paris. 
A travers la forme autobiographique et la narration à la première personne, Catherine Guennec sait retracer efficacement le faste éblouissant de Versailles et les derniers instants insouciants d'une page de l'histoire qui s'achève ! Pourtant, le style trop familier de la conteuse ne réussit pas à me faire entrer dans ses mémoires. 
 
Le roman croise, en moins tragique puisque Rose Bertin quoique ruinée meurt de vieillesse, le destin de La Bourbonnaise (Catherine Hermary-Vieille). Issue du peuple comme Jeanne Bertin et un temps couturière, Jeanne Bécu, Comtesse du Barry et dernière favorite de Louis XV, détestée de Marie Antoinette, finit ses jours à l'échafaud.

Les adieux à la Reine

Chantal Thomas (L'échange des princesses) restitue les jours fatidiques de la mi-juillet 1789 à travers les souvenirs hantés d'une proche de Marie-Antoinette, sa seconde lectrice, enfuie le 16 juillet avec la gouvernante des enfants royaux et réfugiée à la cour de Vienne. En ces jours pourtant exceptionnels, le quotidien et les dessous moins festifs de Versailles sont rendus avec beaucoup de réalisme.

Au sujet de la mère de Marie Antoinette, il faut lire Elisabeth Badinter : Le pouvoir au féminin, Marie Thérèse d'Autriche, l'Impératrice-reine.

 
Autour d'une saison : 
G1-1 - Un auteur français Catherine Guennec, La modiste de la reine 
G2-1 - L’histoire se déroule pendant une guerre (du 14 au 16 juillet 1789)  Les adieux à la reine
 
Bingo de l'automne :
10. Un titre honorifique dans le titre  
22. L’illustration de couverture est un dessin 
Piwi : Un titre honorifique dans le titre

lundi 19 octobre 2020

J'ai vu

Cinéma danois

Drunk (2020)

Quatre amis, enseignants de lycée, décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle. 

La chasse (2012)

Novembre : Après un divorce difficile, Lucas s'applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent. Mais quelque chose tourne mal. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit. 
Décembre : Le mensonge se répand comme un virus invisible. Stupeur puis méfiance plongent la petite communauté dans l'hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité. 
Un an après : Marcus est intronisé dans la communauté de chasseurs...

Festen (1998)

Le patriarche Helge Klingenfelt organise une grande fête dans son relais-château pour ses 60 ans. Parmi les convives sont présents ses enfants, sauf Linda, morte un an plus tôt : Christian, le fils aîné, Hélène et Mickael le benjamin. Christian est chargé par Helge de dire quelques mots au cours du dîner sur sa soeur jumelle. Personne ne se doute qu'il va profiter de ce petit discours pour révéler de terribles secrets... Le socialement correct vole en éclats au cours de la fête de famille ! Thomas Vinterberg, comme beaucoup de réalisateurs, s'empare du sujet, filmé sans artifice de mise en scène selon les principes du Dogme 95

La communauté (2017)

It is all about love

Royal Affair (2012)