vendredi 24 avril 2020

Et vous, quelle est votre Madeleine de Proust ?

Une gourmandise
de Muriel Barbery
J'ai acheté ce petit roman dans la foulée de ma lecture enthousiaste de L'élégance du hérisson, je l'ai entamé jusqu'à la moitié et puis... je l'ai relégué derrière d'autres priorités. Pourtant c'est un petit bijou d'observation. Les chapitres tracent en filigrane la vie relationnelle compliquée d'un critique culinaire incontesté, professionnel méprisant aussi bien que tyran domestique. Le vieil homme est à l'article de la mort : autour de lui se pressent les proches plus ou moins contrits, hypocrites ou soulagés... Lui n'entretient qu'une idée fixe, faire remonter à sa mémoire une Madeleine de Proust qui se refuse. L'originalité du roman est de dérouler le film d'une vie où les souvenirs gustatifs et olfactifs sont l'occasion d'un voyage à travers les souvenirs marquants, qui offrent peu de place au repentir ou aux regrets. Le personnage est antipathique au possible, je pense que cela m'a retenue de le lire d'une traite, mais l'écriture est de nouveau remarquable, acérée, limpide, impressionniste : il est somme toute moins difficile de rendre un effet visuel que de s'attaquer aux autres sens, mais ça fonctionne.


L'élégance du hérisson
Dans le cadre du Blog-ô-trésors initié par Grominou outre-atlantique, j'entame mon défi lectures par L'élégance du hérisson de Muriel Barbery.
Le roman prend la forme de pages d'un journal intime à deux voix : propos intérieurs tenus par une femme dans la cinquantaine et une adolescente qui vivent dans le même immeuble cossu. Au-delà de la différence fondamentale qui les sépare, l'une est concierge et l'autre la fille d'un ministre, les deux protagonistes sont d'une intelligence supérieure à la moyenne et ont décidé de le cacher. Au tiers du roman, elles se sont croisées souvent mais pas encore rencontrées. L'arrivée d'un nouvel occupant dans l'immeuble, M. Kakura Ozu, un riche japonais cultivé, va les démasquer et les mener vers l'amitié. Au début du roman, Paloma, l'adolescente a décidé de se suicider pour ses treize ans si elle ne trouve pas un sens à la vie. La fin est tragiquement inattendue.
Lu le 13 novembre 2009

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