samedi 15 octobre 2011

Challenge Un mot, des titres...

Tous les mois et demi, nous sommes de plus en plus nombreux à répondre à l'appel (une trentaine maintenant) et à partager des lectures autour d'un mot commun. Les thèmes se suivent et ne se ressemblent pas toujours : au mois de septembre, après le soleil de juillet, c'est la nuit, suggéré par Félina, qui est sorti du chapeau de Calypso. Une quatrième session démarre qui nous mènera jusqu'au 1er décembre et je vous invite à découvrir le mot secret sur le site d'Aperto Libro.

Nuit noire, une BD (trilogie) de Chauvel et Lereculey
Douce nuit, un polar de Mary Higgins Clark
en cours : Bleues nuits, des nouvelles
complétées de mes anciennes lectures :
David BENIOFF : 24 heures avant la nuit
John BERENDT : Minuit dans le jardin du bien et du mal
Marc HADDON : Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Alain NUEIL : La mille et deuxième nuit
Daniel VAXELAIRE : Bleu nuit ou les sept vies du moine

Quelques BD lues ou à lire :

mercredi 12 octobre 2011

Histoires de mots

Etymologies européennes dont la racine -logos, du grec legein (rassembler, dire), de même
que sa voisine latine legere (cueillir, choisir, lire), provient de l'indo-européen *leg qui signifie à la fois cueillir, rassembler et choisir. Elles ont donné une nombreuse descendance => lexique et horloge, leçon, légende ou sortilège et cueillir, élire, intelligent, légion, élégant, négligent ou sacrilège... avec leurs équivalents dans toutes les langues romanes, mais aussi dans celles issues du gothique, par exemple en anglais ou en allemand.
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L'indo européen est une langue construite en laboratoire d'après les règles de la linguistique dont l'influence se retrouve, à travers le latin, le grec, le gothique et le sanscrit, dans la plupart des langues européennes.
Louis Jean Calvet convie le lecteur à des fouilles généalogiques dans neuf des langues officielles de l'Union européenne : français, italien, portugais, espagnol, grec, allemand, anglais, danois, néerlandais.
Avec plus de 3000 entrées (regroupées en fin de volume dans un lexique pour chaque langue), sa promenade étymologique se déroule en dix chapitres regroupant de proche en proche les notions relatives à l'être humain, les parties du corps, les animaux, la nourriture, les éléments, les sentiments, la vie sociale, la nature, la pensée et peut être le plus étonnant sur les chiffres.

lundi 10 octobre 2011

Douce nuit

Mary Higgins Clark, en ce suspense construit spécialement autour de Noël, produit un conte émouvant où un enfant de sept ans armé de la force de son amour et de son courage affronte les pires épreuves d'une nuit de cauchemar à la veille de la fête de la Nativité.
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Une bouffée l'espoir et de rêve s'accroche à une médaille miraculeuse qui a sauvé son grand-père pendant la guerre et doit protéger son père des suites d'une opération vitale. Plus prosaïquement, le petit médaillon de Saint Christophe a permis à une serveuse de fast food de le repérer et donc de mettre la police sur les traces du preneur d'otage, car en effet, par un concours de circonstances malheureux, le petit garçon a croisé la route d'un criminel sans coeur prêt à tout pour ne pas retourner en prison.
Il n'y a plus guère de surprise avec Mary Higgins Clark : une écriture efficace au service d'un récit prenant et tragique, mais voilà, c'est tellement attendu que cela ne marche plus, je me suis sentie détachée de cette histoire qui tombe dans le piège de la facilité avec la mise en scène des angoisses enfouies d'une jeune mère : craindre la nuit de Noël pour la vie de son mari et de son fils... et apprendre au cours de la messe de minuit que la police vient de le retrouver ! Décevant et un dénouement peu crédible.









50 états, 50 billets 8/50
NEW YORK

dimanche 9 octobre 2011

Tag des illustrateurs

L'homme de papier
Un cow boy romantique, qui veut rejoindre sa dulcinée mais divague en chemin sur sa monture qui ne sait pas prendre le galop, des soldats yankee assez laxistes pour laisser leurs captifs se rendre eux même à la prison, un pasteur doux comme un agneau qui se déchaîne (au sens propre) avec la pluie, un soldat de sa très gracieuse majesté britannique qui rêve d'en découdre avec l'armée confédérée, des sioux prêts à négocier leurs prises de scalp et une très jolie indienne Oglala à moitié nue (Lapin blanc pour ses frères rouges mais Fesses-au-vent pour le cow boy), un fort militaire ouvert à toutes les directions et un paysage de sierra à couper le souffle : du grand Milo Manara qui s'amuse ici à mettre en scène une compagnie hétéroclite issue des clichés du western, personnages dénaturés qui tirent chacun l'histoire dans leur sens. Disjoncté, primesautier, mais ça fonctionne. Habituellement excellent !

jeudi 6 octobre 2011

La vie d'une autre

Lors du swap Fais moi Plaisir (de Liyah) Nane m'avait fait parvenir ce roman de Frédérique Deghelt.
La vie d'une autre me rappelait a priori le pitch de J'aurais préféré vivre, mais elle s'en démarque fort heureusement et au lieu d'un roman gentil, divertissant, sans réelle profondeur, elle pose un texte fort, perturbateur, qui pose de vraies questions sans réponse sur la vie conjugale, l'amour maternel, l'amitié, le vieillissement et le temps qui passe, la réalisation de soi...
Jeudi 12 mai 1988. Marie a vingt-cinq ans : elle vient de décrocher un emploi comme développeur de concept dans une TV locale et lors de la soirée où elle fête son tout nouveau job avec ses amis, elle rencontre Pablo, mi-argentin, mi-russe mais total séducteur.
Elle se réveille le lendemain à ses côtés, mais elle est désormais Mme La Fuentes, mère de trois enfants Youri, Lola et Zoé, sans aucun souvenir des douze années qui se sont écoulées.
Elle ressent que son amnésie cache un lourd passif, mais également la joie profonde d'un amour tout neuf pour son mari et ses enfants. Elle ne se résout pas immédiatement à partager son secret avec Pablo et au fil du temps, l'aveu lui semble de plus en plus difficile et malvenu. Sur la corde raide pour ne pas se faire démasquer, elle traque les traces de l'autre pour comprendre.
Oublier c'est pardonner. En fouillant son passé, elle fait remonter des preuves de mécontentement, des sujets de discorde possible, des reproches latents qui sont en désaccord avec les sentiments qu'elle éprouve et l'attitude de Pablo. Elle soupçonne avec lucidité que la vérité ne peut venir ni de son mari, ni de ses proches, mais son ancien elle-même n'a-t-elle pas laissé des écrits qui l'éclairerait ? Tout en continuant à donner le change, ouverte et généreuse comme à 25 ans, elle cherche dans l'abolition de ses griefs de femme les raisons du sabotage de sa mémoire de couple.

Ses interrogations sonnent juste : par le biais d'une l'amnésie totale, elle prend un recul radical sur sa vie, interroge la réalisation de ses attentes de jeune femme encore libre et célibataire, comparée à sa situation de femme établie, mère et épouse apparemment comblée.
Au terme de ses investigations et de son introspection psychanalytique (avec l'aide de Raphaël, médecin et néanmoins ami auquel elle se confie) le personnage acquiert une consistance réelle, crédible, tout en restant intimiste. Cette femme à la recherche d'elle-même pourrait être l'auteur : elle joue d'ailleurs à une mise en abyme dans le roman lorsqu'elle contacte Henri, un amnésique pour l'interroger sur son expérience dont elle souhaite tirer le sujet d'un livre, sans lui dire qu'elle est le personnage principal qu'elle lui décrit.
L'ensemble est assez lourd, tendu et lorsqu'avec la scène finale survient un grand éclat de rire qui réconcilie Marie 25 à Marie 37, je peux dire que je me suis sentie soulagée.
J'ai beaucoup apprécié l'écriture, des passages m'ont profondément touchée, éveillant une résonance presque dérangeante en moi.
Lecture proche : André BRINK,  La porte bleue

mercredi 5 octobre 2011

13m28

2010, un siècle après les grandes inondations de la Seine, une brutale montée des eaux submerge Paris : en une nuit, les eaux ont atteint le quatrième étage des immeubles hausmaniens. Victor et ses ami(e)s, réunis pour fêter son retour et la soutenance de sa thèse sur les phénomènes quantiques se retrouvent entraînés dans d'étranges aventures peuplées de monstres marins et antédiluviens. Manolosanctis est une maison d'édition participative spécialisée dans la bande dessinée. Le principe est l'utilisation du Web pour la conception de BD, expérimentale, interactive et collaborative, et la diffusion en ligne, avec publication papier éventuelle au choix des lecteurs.
Pour 13m28, une trame générale (le lieu et l'élément déclencheur) et des fiches de personnages étaient proposées : à partir de quelques planches mises en ligne par Manolosanctis, un concours invitait des auteurs-internautes à créer une histoire en lien avec le thème principal.
Le choix des meilleures perspectives scénaristiques est revenu à RaphaëlB, l'auteur du synopsis et coordonnateur du projet qui pouvait également intervenir pour garantir une cohérence à l'ensemble. Voir ses premières planches.

Le résultat, un récit fantastique co-écrit par vingt jeunes auteurs de la scène BD française, est assez inattendu, une sorte de " cadavres exquis " où chacun apporte sa manière et son imaginaire mais où l'histoire réussit à suivre son cours puisque les personnages (Victor, Andrès, Marc, Clémence, Pierre, Jeannette, Boris, Eiko...) se retrouvent à divers moments de leur vie et évoluent face une situation de stress avec leur caractère et leurs priorités.
Parmi toutes les participations,  j'ai particulièrement remarqué l'originalité ou la qualité prometteuse de certains épisodes : Mary Pumpkins, Akalikoushin (remarquable technique au lavis) ou Mhat.
Ensuite, il faut accepter dans un tel projet de moins apprécier, voire de ne pas du tout accrocher avec quelques séries (mais 8 pages, même si cela interrompt le cours du récit, ce n'est pas beaucoup - alors qu'au contraire c'est parfois trop peu !)

lundi 3 octobre 2011

rubrique rattrapage de chronique

Petit éloge des voisins réussirait à nous faire croire que Jean Baptiste Gendarme connaît les nôtres ! Drôle mais jamais méchant, il dresse une galerie de portraits dans une succession de notes d'humour organisées par rubriques plutôt qu'en véritable roman. Du rire à petit prix avec la collection Folio 2 €

dimanche 2 octobre 2011

Le cahier bleu

Le roman vrai de la prostitution enfantine en Inde

Batuk Ramasdeen, la fille au sari rose à la bordure arc-en-ciel, est originaire du petit village de Dreepah-Jil dans le Madhya Pradesh. Elle a appris à lire et à écrire à sept ans durant son hospitalisation pour tuberculose. Dotée d'une imagination débordante, elle aime la lecture et la poésie, notament le Namdev.
Vendue à "oncle" Gahil à 9 ans par son père, elle vit et travaille dans une toute petite pièce sur Common Street à Bombay, sous la surveillance de Mamaki "Hippo" Briila, avec 3 autres filles et un garçon Puneet. Entre deux clients, elle s'évade dans sa tête et note tout de ses pensées et de ses souvenirs au crayon dans son cahier bleu, ses deux inestimables trésors.
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A quinze ans, mélange de femme revenue de tout et de petite fille charmante, avide d'aimer et de vivre, Batuk exerce depuis six ans un métier vieux comme le monde. Tout commence comme dans un palais de princesse de conte de fée, quand elle croise la route d'Iftikhar, dont elle est le cadeau d'anniversaire. Le fils de Purah "Bubba" Singh le millionnaire de Dehli, a 18 ans. Malheureusement, il ne se contrôle pas et devient violent.

James A Levine parvient à parler de la traite des enfants en évitant les écueils des bons sentiments et du voyeurisme. Le roman de la vie de Batuk est tout le contraire d'une histoire à raconter au coin du feu, pourtant de nombreux passages sont d'inspiration poétique, comme les contes qu'elle s'invente sur le modèle de la léoparde aux yeux d'argent que lui racontait son père, ou empreints de sagesse philosophique.
Distribué en trois parties inégales, il retrace l'enfance, le trajet du village à Bombay, l'apprentissage et les six années dans le bordel de Mamaki (cahier bleu) puis les trois journées à l'hôtel royal impérial de Bombay et la soirée d'anniversaire (feuilles de papier à lettres numérotées à l'entête de l'hôtel) enfin la chute en quelques pages (papier blanc ordinaire).
Batuk reprend connaissance dans un lit d'hôpital. Au cours de l'enquête policière, elle ne se souvient de rien (qu'elle souhaite raconter) sur les troublants évènements qu'elle a vécu dernièrement. Elle se tait sur un merveilleux secret : elle soutient que le grand tigre l'a sauvée et peut être d'une certaine façon est-ce vrai. Mais on peut s'interroger alors que dans ses écrits, elle n'a rien caché de la dure loi de la rue, qui lui a appris la survie et aussi la loi du silence...

samedi 1 octobre 2011

Bilan du challenge BD PàL sèche

ou une année de lectures-partages dans les univers BD

J'ai pris le challenge de Mo' [le bilan] en cours de route, au départ à Petite vitesse puis j'ai accéléré rapidement jusqu'à devenir Grand aventurier, Les cheveux dans le vent. Cela signifiait que je pensais lire 36 BD dans l'année (de septembre 2010 à septembre 2011) et croiser au moins 10 nationalités (scénaristes et/ou illustrateurs).
Je suis passée à côté d'une nuance importante, mais il est désormais trop tard pour rectifier : les BD du challenge devaient être conseillées par des tiers ! Par ailleurs, la stimulation de ce challenge a été tellement forte, que j'ai surtout lu des BD empruntées et que j'ai à peine entamé ma PàL d'achats personnels.

Grâce à ce challenge, je me suis mise à commenter mes lectures BD, au rythme moyen de 10 par mois, avec des pointes à 20 (mars, mai). Cela m'a permis de confirmer que j'en lis vraiment énormément, car c'est résolument un de mes genres préférés. Ce travail de mémoire est intéressant sur une année mais je n'ai pas l'intention de continuer sauf peut être sous la forme d'un récapitulatif hebdomadaire. J'ai déjà un peu de mal à tenir à jour ma liste des entrées/sorties dans ma bédéthèque et les achats projetés/réalisés.

J'ai aimé partager avec d'autres lecteurs/publiblogueurs encore plus assidus que moi et je continuerai à visiter leurs pages. Pour cela, je remercie Mo', mais aussi Jérôme, Fildediane, Mr Zombi... Comme le Blog-ô-trésors pour les romans, le challenge du Bar restera pour longtemps une de mes principales sources d'approvisionnement BDtesque en tous genres !
Cela m'a également aidée à évoluer dans mes goûts, élargir mon horizon et découvrir d'autres types de BD ou bien à enrichir mon approche en me projetant dans le commentaire que j'allais en faire pour partager une bonne découverte. Je me suis aperçue qu'il faut écrire assez rapidement au risque de ne garder qu'un souvenir imprécis et d'avoir des difficultés à expliquer les raisons pour lesquelles on a apprécié un style.

Ma plus grosse déception du challenge est Un peu de tout par Geluck : en effet, il débute l'album par sa biographie et j'ai cru que j'allais pouvoir épingler la nationalité bulgare... pourquoi n'aurait-il pas acquis une autre nationalité comme Bilal ? mais j'ai dû déchanter, il est belge pur frite !
En tout cas, son encyclopédie fantaisiste est à recommander à tous les amoureux de la langue franco-belge (vous savourerez une langue enseignée nulle part ailleurs) aux fans d'art grec (vous connaîtrez les nombreuses filiations de la Vénus de Milo) aux parents qui se posent la question de l'orientation de leur(s) enfant(s) (vous découvrirez une foule de petits métiers peu courus)...

vendredi 30 septembre 2011

Parties d'échecs

Le Huit en lecture commune avec Sofynet (un jour peut être !!)
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New York décembre, 1972
En dépit du handicap d'être une femme dans un cercle presque exclusivement masculin, Lily Rad, une jeune joueuse d'échecs très douée, rêve d'affronter les grands maîtres mondiaux. Alexander Solarin, un russe qui n'a pas participé à un tournoi depuis un ancien scandale en Espagne, est de la partie. Il croise Catherine Vélis, l'amie de Lily, et la met en garde contre un danger qui l'attend en Algérie. Consultante en informatique, elle y est bientôt "mise au placard" sous prétexte d'une mission pour le compte de l'OPEP naissant. Elle est également chargée par un antiquaire new-yorkais de ramener des pièces d'un jeu très ancien, disparu depuis la révolution française.
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Abbaye de Montglane, 1790
Mireille et Valentine, deux jeunes novices, sont obligées de fuir leur couvent du Sud de la France. Face à la menace révolutionnaire, les lieux ne sont plus assez sûrs pour protéger le secret le plus terrible et le mieux gardé de la chrétienté, dont l'origine légendaire remonterait à Charlemagne : l'accès au pouvoir absolu. La mère supérieure a décidé de disperser les pièces d'un jeu d'échecs prestigieux mais dangereux, qui était caché dans les murs du monastère. Les pierreries et métaux précieux qui le composent attirent les convoitises. Le danger guette les religieuses sur les routes de France et même à la cour impériale de Russie où l'abbesse s'est réfugiée auprès de la grande Catherine, son amie d'enfance.
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Katherine Neville base habilement son scénario sur les règles du jeu, les stratégies offensive ou défensive, le rôle et les déplacements des différentes pièces sur un plateau d'échecs. La partie s'achève quand le roi adverse est mat (ou pat quand tout est bloqué).
Le huit (couché, il symbolise également l'infini) trace les destins parallèles de Mireille et de Catherine. Seront-elles le jouet ou le maître du jeu ? Dans ce thriller historique, des personnages réels prennent peu à peu place sur l'échiquier du monde : Richelieu, Robespierre, Talleyrand, Marat, Rousseau, Voltaire, Napoléon...
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Le tableau du maître flamand
Comme dans toute bonne intrigue policière, il est assez difficile de parler du Tableau du Maître flamand sans risquer d'en démystifier l'histoire. La construction choisie par Arturo Pérez-Reverte est classique, un enquêteur accumule les indices et les preuves jusqu'au dénouement qui permet de confondre le coupable et de mettre fin à ses agissements.
Arturo Perez-Reverte propose un suspense magistral, qui se distingue par l'originalité de son univers : la peinture flamande, l'histoire et la logique du jeu d'échec se trouvent mises au service de deux intrigues, séparées par cinq siècles, qui s'entremêlent et se relient étrangement.
Lu en mai 2011 pour le circle challenge ABC

jeudi 29 septembre 2011

Nuit noire

triptyque de David Chauvel et Jérôme Lereculey paru dans la collection Sang froid chez Delcourt (1996-1997)

Marc et (Joel) Joey sont deux amis unis depuis l'enfance. Sans être véritablement malheureuse, ils ont eu tous les deux une adolescence difficile. Les continuelles disputes des parents de Marc ont fini par aboutir à un divorce. Le beau-père de Joey est un homme violent et Joey a préféré quitter la maison après lui avoir rendu coup pour coup. Marc fait de petits boulots, sans continuité. Joey a toujours de l'argent plein les mains. Un jour, il se fait prendre par la police et purge une peine de prison. A sa sortie, il n'a qu'une idée : ne pas y retourner. Marc l'héberge. Il travaille aux Jonquières, un centre d'hébergement pour jeunes handicapés moteur. Joey l'accompagne lors d'une soirée. Le lendemain, deux policiers débarquent pour les interroger. Dans un accès de colère, Joey fait feu sur eux. Il convainct Marc de fuir avec lui en Espagne.
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L'histoire débute... au rythme de leur longue nuit de cavale, avec une alternance de retours en arrière sur des moments de leur enfance : 9 ans... 10 ans... 15 ans... 22 ans et des projections dans la préparation du procès d'assises. Un découpage très très classique, des encrages marqués, de larges zones d'ombre... j'aime le traitement de la couleur, des tonalités tranchées, sans dégradés et le texte qui apparaît hors cadre, en dessous de la zone de vignettes comme en voix off, les minutes de l'interrogatoire de Marc par l'avocat de la défense commis d'office qui cherche à comprendre et à trouver ces fameuses circonstances atténuantes qui parsèment les souvenirs de Marc dévoilés tout au long de l'intrigue. En dépit du caractère criminel de l'affaire, la fin ne manque pas d'être bouleversante et d'interpeler tout juré potentiel de cour d'assises.

mercredi 28 septembre 2011

Un chapeau, une modiste

A l'occasion de la sortie du roman La Modiste d'Andrea Vitali, les éditions Buchet Chastel organisaient sur Babelio un petit concours très sympathique du  3 au 17 juin
et j'ai eu la chance de voir le roman rejoindre ma PàL.

Pour information, un autre lot était mis en jeu grâce au partenariat de l’atelier La Cerise sur le Chapeau : un chapeau de modiste à personnaliser (choix de la couleur et de la matière paille/papier).

C'est tout d'abord l'illustration de couverture, due à René Gruau pour la Compagnie maritime des chargeurs réunis (1950) qui m'a attirée...
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Septembre 1948, Bellano, sur les bords du lac de Côme.
Alors que le veilleur de nuit municipal fête son anniversaire de manière beaucoup trop arrosée, une tentative d'effraction a lieu à l'Hôtel de Ville. Le maire, mais aussi le préfet, sont en émoi, car il s'agit d'une première dans l'histoire de la criminalité de la petite ville de Bellano. Ils diligentent une enquête auprès du nouveau chef des carabiniers Carmine Accadi. Considéré par ses subalternes comme un fat doublé d'un incompétent, il ne manque pas cette occasion pour faire la preuve de son incapacité, tandis que son second remonte la piste des indices laissés derrière eux les trois piètres cambrioleurs.
Pendant ce temps, Anna Montani, la belle modiste du village supposée veuve, fait tout ce qu'elle peut pour en obtenir la confirmation : son mari, parti soldat sur le front russe, est porté disparu. Elle a fait appel à Coppi, le précédent chef carabinier mais curieusement, les recherches ont subitement cessé.

Andrea Vitali offre un bon divertissement avec cette histoire grand guignolesque à l'italienne : un chef des carabiniers imbu de sa personne, un gardien peu vigilant et un trio de cambrioleurs à la manque sont les ingrédients d'une farce à laquelle il ne manque qu'un élément perturbateur pour être totale : la modiste du village, trop belle pour être totalement honnête, fait tourner les têtes tout en esayant de tirer son épingle (à chapeau) du jeu !

dimanche 25 septembre 2011

Pommes d'amour

7 love stories
 L'amour vu par sept dessinatrices de BD de nationalité différente

L'amour, vaste sujet traité de long, en large et en travers, ne lasse ni les scénaristes, ni les lecteurs !
Amour vache, amour tendre, les histoires de Paz Boïra, Verena Braun, Elodie Durand, Claire Lenkova, Ulli Lust, Laureline Michon et Barbara Yelin racontent chacune une vision de l'amour : elles n'ont pour la plupart pas de langue commune mais un langage commun : l'image qui se passe parfois/souvent de commentaire.
Ce collectif propose un semainier d'histoires courtes, en un tour d'horizon de la BD européenne féminine : du rapprochement des styles graphiques et des sensibilités pourtant si différents naît une impression d'ensemble et de cohérence étonnante.

vendredi 23 septembre 2011

Panique organique


Connue pour le blog Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) Marion Montaigne confronte idées préconçues et théories scientifiques réelles.
Alliant avec talent ses deux passions : la BD et la biologie, elle trouve les mots et les dessins pour expliquer avec humour et simplicité le fonctionnement complexe des cellules, globules, bactéries, virus... La BD tirée de ce principe est parue chez Sarbacane.
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Branle-bas de combat dans le corps humain : Stiveune, 13 ans, est à la veille de son premier jour de puberté. Chaque cellule, chaque organe s'active à la préparation de cette mini révolution, en marge du travail quotidien. Pendant ce temps, Pistou et Chimou, deux enzymes gastriques, qui s'ennuient à dissocier les aliments pour les envoyer dans le sang, ne songent qu'à se divertir de leur rôle ingrat et à partir à l'aventure. Leur escapade les entraîne de bêtise en bêtise dans une exploration palpitante, qui les mènent du rein au cerveau, les font rencontrer des globules, des hormones et même un virus, avant d'être expulsées par la bouche... dans le bol du petit déjeuner de Stiveune.
Après le récit proprement dit, quatre planches précisent les choses de manière plus documentaire et donnent quelques conseils de base aux lecteurs.
Instructive et drôle, intelligemment pédagogique pour les enfants et adolescents, humoristique et agréable à lire pour les adultes qui pourront apprécier le passage à l'adolescence avec un oeil sarcastique et amusé, Panique organique propose une hilarante visite à l’intérieur du corps. A la suite de ces joyeux trublions de Pistou et Chimou, le lecteur fait, mine de rien, une jolie inspection des mécanismes principaux de son corps. Un album à recommander à tout le monde ! 

L'info en plus : Voyage fantastique (1966) de Richard Fleischer. Le film est devenu culte, a remporté un Oscar des meilleurs effets spéciaux, a donné lieu à des novélisations dont une d'Isaac Asimov. Son remake, L’aventure intérieure (1987) de Joe Dante, a été récompensé également pour ses effets spéciaux.
Une équipe de scientifiques américains décide d’utiliser le procédé de miniaturisation mis au point par un chercheur célèbre gravement atteint au cerveau afin de tenter de le sauver : réduits et injectés dans le corps du malade, pour intervenir en direct, ils particiment à un fabuleux voyage à l’intérieur du corps humain, dans un décor magnifique et impressionnant !

jeudi 22 septembre 2011

Bilan du Summer star wars

Je suis restée larguée à des années-lumières des croiseurs les plus rapides du Summer Star Wars épisode V de M. Lishbei.
Inscrite dans la catégorie BD, mon objectif de croisière personnel était de rendre un hommage que j'estime mérité à la diz-douzaine de BD appartenant au genre Planet ou Space-opera que je connaissais déjà.
Récapitulatif :
  1.  6666 (3 albums) François Froideval et Franck Tacito
  2.  Les guerriers du silence d'après Pierre Bordage (4/4 albums) Algésiras et Philippe Ogaki
  3.  Lucky Starr, les océans de Vénus d'après Isaac Asimov (1/1 album) Fernando Fernandez
  4.  Exterminateur 17 (4 albums) Enki Bilal et Dionnet
  5.  La guerre éternelle d'après Joe Haldeman (3/3 albums) Marvano
  6.  Orbital (3 albums)
  7.  Le dernier troyen d'après Virgile (3 albums) Valérie Mangin et Thierry Démarez
  8.  Nävis (1 album) Jean-David Morvan et Philippe Buchet
  9.  Le vagabond des limbes (1 album) Christian Godard et Julio Ribera
  10.  La caste des méta-barons (4 albums) Alexandro Jodorowsky et Juan Gimenez
En supplément, la découvertes de 2 romans :
  1.  Les voiliers du soleil de Gérard Klein
  2.  La planète des singes de Pierre Boulle
Retour en images sur quelques séries ou albums que j'apprécie suffisamment pour qu'ils fassent partie de ma bédéthèque et que je souhaitais partager, mais que je n'ai hélas pas trouvé le temps de relire :
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mercredi 21 septembre 2011

La planète des singes

Je re-découvre grâce au challenge Livraddict SF 2011, un des succès internationaux de la science fiction française, que je croyais connaître (mal) grâce à ses multiples adaptations cinématographiques, que ce soit le récent Tim Burton ou des versions plus anciennes ! J'étais donc assez prévenue contre le roman de Pierre Boulle, rendu célèbre en 1952 par un autre classique : Le pont de la rivière Kwai, mais la controverse avec Gérard Klein à propos de la primauté dans " l'invention " littéraire des voiliers solaires a fini de me convaincre. La Planète des singes, paru en 1963, est mon unique contribution au SSWV dans la catégorie Planet opera, dont je recommande chaleureusement la découverte à travers le texte original. 

Jinn et Phillis voyagent mollement à travers l'espace, à bord de leur vaisseau solaire, quand leur route croise la trajectoire d'une bouteille de verre dérivante qui, comme dans les romans du siècle précédent, contient le manuscrit d'un incroyable récit. Son auteur, Ulysse Mérou, a tenu à témoigner de son aventure en sa qualité de journaliste mais surtout il a souhaité mettre en garde les possibles générations futures.
En l’an 2500, il a embarqué avec le professeur Antelle, un grand scientifique concepteur du projet et son disciple Arthur Levain, ainsi qu'un chimpanzé du nom d'Hector, quelques plantes et autres animaux, dans un vaisseau à vitesse infraluminique à destination du système de Bételgeuse. A l'issue d'un voyage de deux années - mais plusieurs siècles à l'échelle de la Terre, ce qui exclut toute notion de "retour" - ils distinguent, à proximité de la supergéante, quatre planètes, dont une ressemble étrangement à la Terre. Le survol leur fait entrevoir un réseau de routes, de villes... et ils décident alors de la baptiser Soror et d'en tenter l’exploration.
Je n'enlève pas aux rares qui comme moi les ignoreraient encore, le charme de découvrir par eux mêmes la suite et la chute.
L'info en plus : de 1977 à 1978, les éditions Lug/Semic ont publié 19 numéros de bande dessinée en reprenant les planches noir et blanc publiées par Marvel Comics Group aux États-Unis.

mardi 20 septembre 2011

La caste des méta-barons

Dans la catégorie space-opera, La caste des méta-barons par Alexandro Jodorowsky et Juan Gimenez est sans conteste une des séries que je relis avec le même plaisir tant au niveau du scénario que du graphisme. Je viens de m'acheter Oda la bisaïeule, donc je n'ai pas pu m'empêcher de reprendre Othon le trisaïeul et Honorata la trisaïeule ; par la même occasion, j'ai découvert Les armes des méta-barons qui poursuit les aventures de Sans-Nom le dernier héritier, avec un changement au niveau du dessinateur.
Tonto et son compère, des robots domestiques chargés de l'entretien et du service dans la maison de Sans-Nom le dernier méta-baron, " s'ennuient " entre deux tâches et rêvent des sentiments qu'éprouvent les Bios. Au service de la famille Castaka depuis la première génération, Tonto connaît tout de leurs aventures et fait partager ses souvenirs nostalgiques des exploits perpétrés par les fondateurs de la dynastie.
Ancien pirate, guerrier hors-pair, Othon a été estropié dans un combat : il s'est fait reconstruire avec des pièces artificielles. Il trouve son égale féminine en la personne d'Honorata. Un fils naît "miraculeusement" de leur union. Au cours d'une attaque, une violente dispute oppose Othon à son fils.

mercredi 14 septembre 2011

Chic ! La poste m'a apporté des livres

Petitebelge66 a pris goût à l'organisation de swaps.
Sur le thème  Les livres font leur valise !  elle proposait un échange accessible à tous ceux qui, ayant apprécié certains livres, se désolent qu'ils dorment dans leur bibliothèque.
Mini-budget par principe, le contenu du colis devait tenir dans une enveloppe à bulle :
- un (ou deux) livres
- un marque-page fait main ou promotionnel
Les dates retenues pour l'échange étaient :
* Inscriptions => 31.07
* Questionnaires => 15.08 - Attributions => 17.08
* Envoi des colis => entre le 01.09 et le 15.09

Achille49 est mon swappé. Nous nous sommes découverts de nombreux points communs, ce qui ne m'a pas empêchée de longuement hésiter pour la composition de son colis (en espérant ne pas m'être trop trompée) ! J'ai un a priori très favorable sur ses choix : deux écrivains cosmopolites (un russe parisien et une vénitienne américaine), deux lectures en lien avec des lieux mythiques... (un thème de challenge là-dessous !) avec Mort à La Fenice et Le roman de l'Orient-Express (à ne pas confondre avec Agatha Christie Le crime de l'Orient Express) ce qui  fait trois avec celui que j'ai échangé à Tchippy : Panique à la Scala. Ils ont pris le chemin de ma PàL.
Grand merci Achille


Voilà le colis qu'a envoyé ma miss à Eze3kiel ; le sien est toujours entre ciel et mer, elle patiente...




dimanche 11 septembre 2011

Les citrons ne sont pas rouges

Sous un titre qui m'a interpelée, les huiles de Laura Vaccaro Seeger illustrent une série d'oppositions pour l'apprentissage pour les tout-petits.

Le vagabond des limbes

Tome 1, Axle Munshine Retour aux sources : l'occasion de me replonger, pour le compte du Summer Star Wars, dans le premier tome d'une de mes lectures de jeunesse, dont certains passages avaient dû me rester obscurs... Née en 1975, la série créée par Christian Godard et Julio Ribera raconte l'errance d'Axle Munshine, Le vagabond des limbes.
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Ex grand conciliateur de la Guilde, dénoncé par un envieux, il est devenu un rénégat pour avoir transgressé la règle du treizième commandement : il est interdit sur Xylos d'interroger ses rêves.
Embarqué à bord de son Dauphin d'argent, un vaisseau invicible aux ressources inépuisables, avec l'androgyne Musky prince des Eternautes alias Muskie, jeune femme amoureuse piégée dans un corps d'éternelle pré-adolescente, il vogue à travers le cosmos à la poursuite d'une belle jeune femme blonde qui le hante.
Ses fantasmes alimentent son odyssée, mais il préfère souvent le refuge de son monde intérieur. Grâce à sa machine à rêves, il cherche désespérément à apercevoir l'objet de son amour, la dame de ses pensées, l'idéale Chimeer.
Loin d'avoir mal vieilli la série continue depuis plus de vingt ans à fasciner et à séduire avec sa trame simple, ses personnages attachants, ses situations pleines d'invention et d'inattendu, ses décors seventies et son imaginaire basé sur des références scientifiques sérieuses et sujette à des réflexions pertinentes.
A l'opposé d'Alix l'intrépide et du pragmatisme réaliste de ses aventures, j'appréciais également un héros fantasque comme Axle Munshine, son univers onirique et les créatures de rencontre nées de son imaginaire fertile.

jeudi 8 septembre 2011

Electrico W

Un des nets avantages de NewsBook, c'est la rapidité de leurs attributions. J'ai reçu Eléctrico W par Hervé Le Tellier chez Lattès en LC avec Canel.

Lisbonne, durant le mois de septembre 1985, celui de la mort d'Italo Calvino et du tremblement de terre à Mexico (de magnitude 8,2)
Vincent Balmer, un ancien reporter de guerre d’une quarantaine d’années, et Antonio Flores, un photographe de dix ans son cadet, se sont connus à Paris. Relations de travail plutôt qu’amis, ils ont collaboré à un ouvrage dont l’un a écrit les textes accompagnant les images de l’autre et ils ont de l’estime pour leur travail respectif.
Fuyant une histoire d’amour à sens unique, Vincent s’est installé à Lisbonne depuis quelques mois comme correspondant de presse. D’origine portugaise, Antonio, qui a vécu son adolescence dans la capitale portugaise, n’y est pas revenu depuis dix ans. Ils se retrouvent pour couvrir le procès à sensation d’un tueur en série, un jugement en assises qui tarde à débuter.

Au cours de la première soirée, Antonio confie à Vincent le souvenir de « Canard », une jeune fille qu’il a aimée à quinze ans et dont il a été séparé. S’étant connus enfants sur le trajet de la ligne de tramway Eléctrico W, ils étaient vite devenus indispensables l’un à l’autre.
Aux dernières nouvelles, Canard était enceinte… Vincent, amoureux éconduit et insatisfait, écrivain et traducteur velléitaire, incapable de finir une histoire et sans doute désireux de prendre une revanche sur la médiocrité de son existence, entreprend d’accomplir le destin inachevé d’Antonio.
En même temps qu’il reconstitue et raconte l’histoire de Canard, il se révèle au lecteur : gentil mais inconsistant, souvent démuni et maladroit, compliqué, alors qu’Antonio, plus combattif, plus séduisant, apparaît comme son contrepoint. Pourtant, la fin les renvoie un peu dos à dos : secret pour dissimulation, malhonnêteté pour hypocrisie, l’attitude de l’un comme de l’autre ne me paraît pas mieux défendable.

Durant les neuf jours de leur cohabitation, Vincent le narrateur, a pris des notes dans un petit cahier : leurs rencontres avec une série de personnages secondaires qui se révèlent des archétypes féminins, leurs promenades dans Lisbonne, ses ruelles, ses maisons, ses vieux docks, de petits détails qui donnent du crédit à l’histoire.
Après les avoir laissées dormir pendant plus de vingt ans, il les livre en un roman à peine retouché : neuf chapitres au long desquels des intrigues s’ébauchent, se nouent, se déroulent. La confidence d’Antonio est le point de départ d’un enchaînement d’errements et de tergiversations, d’initiatives malvenues, d’événements qu’il se croit capable de maîtriser, de décalages successifs et inattendus. Un bref épilogue achève de lever le voile, refermant les portes sur toutes les histoires entr’ouvertes.

Un rythme lent qui confère au récit nonchalance et sérénité, une construction romanesque sophistiquée, un livre sur les affinités et les sentiments tout en nuances, des histoires multiples qui se chevauchent et s’imbriquent en un univers humain complexe, un travail sur la mémoire et la mise en abyme, j’ai reposé le roman avec l’envie de recommencer la lecture du début, pour en goûter toute la richesse. Mieux encore, le narrateur qui tout en partageant des réflexions sur l’écriture - l’écrivain s’écrivant en train d’écrire – glisse dans le cours du récit, ses traductions d’un auteur portugais méconnu qu’il veut révéler et des pistes de recherche sur la biographie qu’il projette d’écrire, m’a donné le goût de lire les contes, tour à tour fantastiques ou absurdes, de Jaime Montestrela.

http://www.evene.fr/celebre/biographie/herve-le-tellier-12106.php

dimanche 4 septembre 2011

Garce attack !

Péchés mignons
Dans le tome 3, Arthur de Pins, le créateur de la série, s’est associé pour les textes à la journaliste Maïa Mazaurette. Du coup, son héros habituel se fait voler la vedette par Clara Vanel, une insatiable rouquine limite nymphomane, célibataire et charmeuse qui, comme l'indique la quatrième de couverture, « change de mec comme de culotte ».
En lingerie fine ou en executive woman, partout et en toute occasion, elle se livre à tous ses fantasmes en une course au sexe débridée et obsessionnelle. La chasse à l’homme, celui d’une nuit, pas le prince charmant d’une vie, est son unique programme d’attraction.
Clara, Vanessa et Joanna : le choix des prénoms de ce trio de copines est annonciateur du niveau délibérément trivial et en dessous de la ceinture des aventures qui composent l’album Garce Attack !
Pour ces nymphettes délurées et girondes, qui fixent les nouvelles règles du jeu amoureux, se conduisent comme des mecs et aboutissent comme eux à des résultats très inégaux, voire désastreux, cela ne va pas sans contrepartie : elles connaissent aussi les lendemains qui déchantent, les affres de la solitude, la déception relationnelle ou la frustration de tendresse.

Le trait doux, faussement enfantin, les couleurs lumineuses du dessin à l’ordinateur, le côté attirant des bouquins coquins, ne doivent pas faire oublier qu’il s’agit d'une BD adulte, qui fait constamment le grand écart entre l'absence de tabous et la vulgarité. Heureusement, le mélange de fraîcheur candide et de grivoiserie impudique du dessin rattrape la légèreté décadente de ces demoiselles dont les écarts de conduite, les amusements et le plaisir sont le seul credo.
Des moments souriants, quand les situations sont franchement rigolotes, mais aussi une légère déception car l’originalité n’est pas la qualité première de cet album. Les gags sont même un peu répétitifs et à force de surexploitation, j’ai frôlé l’overdose de concentré sexuel, le principal reproche étant, qu'en dépit des rondeurs de ces tentatrices aux yeux de biches, façon Betty Boop, le sexe tel qu'il est présenté est singulièrement dépourvu d’érotisme.

Le tome 1 est commenté chez Canel et Sofynet

vendredi 2 septembre 2011

Nävis - Sillage

Sillage, la série conçue par Jean-David Morvan et Philippe Buchet retrace les aventures de Nävis, une jeune humaine, unique survivante de l'espèce, recueillie au sein du convoi multiracial de vaisseaux spatiaux qui parcourt l'univers en quête de planètes à coloniser. Dans cette transhumance sans fin, Nävis est à la recherche de la « vérité » ou du moins de « sa » vérité sur ses origines. La gamine un peu capricieuse des débuts devient au fil des albums une jeune femme aguerrie, pleine de ressources, préoccupée de morale et de justice, inattendue et attachante.
Chaque aventure raconte une histoire complète, placée dans un univers dont les éléments s'emboîtent les uns aux autres et intègre la suite logique des précédentes.
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Au contraire, Les chroniques de Sillage, dessinées par des auteurs invités par les créateurs de la série, viennent apporter des indices supplémentaires sur la vie de Nävis et des autres protagonistes. En complément, la série Nävis raconte l'enfance de l'héroïne avant sa découverte et son intégration au convoi de Sillage.

tome 5 Princesse Nävis
Nävis découvre une console de jeux video et bien vite fascinée, comme tous les enfants de son âge, elle s'y plonge à corps perdu. Mais son robot-nounou veille à sa bonne éducation et elle doit jouer en cachette pour assouvir son goût immodéré et soudain pour le monde virtuel dont elle se croit la souveraine bien aimée, convaincue qu'entre deux parties, ses sujets l'attendent et dépérissent, livrés à eux même. Mais en se connectant sur une partie engagée depuis des lustres, elle réactive un avatar déterminé à la vaincre et à régner sur son monde. Persuadée que l'univers du jeu est bien réel, Nävis se jette dans la bataille avec toute l'énergie qui est un de ses traits de caractère.

jeudi 1 septembre 2011

Challenge Un mot, des titres...

Le challenge ludique de Calypso se poursuit.
Jusqu'à la mi-juillet, les participant(e)s ont eu la possibilité de suggérer un nouveau mot, sélectionné par tirage au sort parmi toutes les propositions. Le temps dédié à la recherche et à la lecture reste fixé à un mois et demi ; les billets sont à rendre le 1er septembre et un nouveau mot sera choisi le 31 août.
Le mot en or est  SOLEIL.

Les résultats :
Joëlle ECORMIER, La petite fleur et le soleil (jeunesse)
Gérard KLEIN, Les voiliers du soleil (SF)
Andrea CAMILLERI, La couleur du soleil (commentaire à venir)

Des envies de lecture non réalisées :
Haruki MURAKAMI, Au Sud de la frontière, à l'Ouest du soleil
Laurent GAUDE, Le soleil des Scorta
Françoise SAGAN, Un peu de soleil dans l'eau froide

Du côté des BD déjà lues :