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dimanche 1 septembre 2013

Petite soeur, Petit frère

C’est la proposition de Mypianocanta qui a été tirée au sort pour le 15 octobre. Les règles ne changent pas : un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprend le mot « reine » et publication des billets le 15 octobre. Le prochain mot sera annoncé le 14 octobre. (clic sur le logo pour plus d'infos)

Pour le 1er septembre nous devions collectivement choisir une lecture SOEUR : j'ai eu quelque mal à en trouver une qui m'inspire et j'avoue que Petite soeur de Patricia McDonald n'a pas vraiment été à la hauteur de la réputation de son auteur.
La fin de la présentation souligne " le suspense implacable et l'insoutenable angoisse qui s'instaurent... " Je ne me suis pas sentie ravagée par l'attente du dénouement.

Beth vit maintenant à Philadelphie, avec Mike un jeune médecin, mais elle hésite à s'engager davantage. Elle revient dans le Maine pour l'enterrement de son père mort d'un infarctus. Son retour dans la ville qu'elle a fui huit ans plus tôt à la mort de sa mère, ravive des souvenirs déplaisants et elle n'a aucune envie de s'attarder. Pourtant, il faut régler la question de la maison, délabrée, et de sa jeune soeur, âgée de 14 ans, qu'elle compte laisser à la garde de sa tante May mariée au pasteur.
Mais bien vite, Beth se sent le devoir d'éloigner Francie. En manque de repères, elle est devenue la petite amie d'un jeune homme à problèmes. A 21 ans, Andrew vit sous l'emprise de sa mère, exigeante et castratrice, qui le tient grâce au décès accidentel de son père. L'accident de voiture qui coûta la vie à la mère de Francie les a rapprochés.
Tout est un peu mou, attendu, sans guère de rebondissement, ni d'énigme : à peine si on s'interroge sur le passé d'Andrew ; je me suis plus posé de questions sur la cause réelle du décès du père
de Francie mais rien n'est dit.

Par un curieux paralléllisme des mots, j'ai récemment extrait de la bibliothèque de mes enfants : Petit frère de Christophe Lambert (SF Jeunesse).
Sur fond de thématique d'anticipation relative au clonage humain, il aborde de manière intéressante la récupération de la détresse humaine, ici celle des parents face à la mort d'un enfant, par les sectes.
Eprouvant, émouvant, consternant mais somme toute crédible si les moyens techniques existaient.

Lorsque leur fils David, 10 ans, meurt accidentellement, Andrew et Geena Martin, fous de douleur, acceptent que leur enfant soit cloné. Mais comme cette pratique est interdite, ils sont contraints d'emménager dans l'appartement mis à leur disposition par la " Nouvelle-Arkham ", un étrange village autonome et fortifié perdu en plein désert. Neuf mois plus tard, au cours d'une cérémonie protocolaire, on leur remet un nouveau David. Mais David-2, bien vivant et apparemment semblable à l'original n'est-il qu'une simple copie en tout point identique ? Entre sa soeur Kimberley, également éprouvée par le décès, mais refusant d'accepter le nouveau venu comme son "petit frère" et d'entrer dans le jeu des dirigeants de la Nouvelle Arkham, et ses parents, le fossé se creuse.

samedi 31 août 2013

Les belles-soeurs

challenge Tour du monde : Canada  
J'ai plusieurs titres de Michel Tremblay dans ma PàL et Les Belles-soeurs, une pièce de théâtre, n'en fait pas partie. Je l'ai lue dans le cadre du challenge Un mot-des titres de Calypso.

Germaine Lauzon a gagné à un concours un million de timbres échangeables dans un catalogue d'articles pour la maison mais le challenge est de coller l'ensemble des vignettes dans les carnets de commande avant le lendemain. Elle a donc fait appel à ses parentes et voisines pour l'aider.
L'écriture est déroutante car elle est très "parlée". L'auteur transcrit l'accent si particulier des protagonistes (étrange pour moi mais peut être familier outre-atlantique) par toè et des moè, des -e à la place des -a et inversement, ce qui donne quelques belles surprises comme je perle !
Il me faut imaginer une lecture à voix haute pour en savourer toutes les sonorités et en apprécier la différence. Habituée au parler créole, je découvre une autre forme de français, qui me déroute pourtant moins que le berrichon de George Sand dont je garde un souvenir difficile de La mare au diable.
Le texte est très fécond et ne tarde pas à faire disparaître son prétexte, l'argument de la scène en deux actes qui compose la pièce, derrière son véritable objet, une mise en lumière de la nature des discussions interminables qui peuvent naître entre des protagonistes féminines, proches et néanmoins rivales.
Entassées dans la cuisine de Germaine, les femmes ne tardent pas à se dénigrer, se faire valoir, se chamailler, voire pire. Entre convoitise et acrimonie, les rapports de bon voisinage volent en éclats sous l'effet de la jalousie et des propos acidulés. Tandis que les bavardages, ragots et apartés vont bon train, les groupes de solidarité se forment et se défont. Chacune est tour à tour la dupe des autres.
Grandeur et misère de ces femmes d'expérience, traversées par des éclairs de lucidité sur leur condition ménagère sans issue, mais incapables d'échapper à leurs préjugés, Les Belles-soeurs m'ont fait penser à un avatar à la puissance 10 du duo d'humoristes Les vamps (pour les connaisseurs). On peut y voir également une approche anthropologique un peu biaisée de nos "cousines" québécoises.

mercredi 10 juillet 2013

Jumelles

Jumelles de Saskia Sarginson
Merci à Livraddict et aux éditions Marabout

Ce roman n'est pas une banale histoire de gémellité, le sens du drame qu'il développe tient même à la confrontation de deux personnalités que les évènements font diverger peu à peu jusqu'à les rendre assez éloignées et étrangères l'une à l'autre. Il n'y a rien d'extravagant non plus dans l'histoire de cette famille monoparentale, même si la mère est une originale, et les évènements sont tout à fait plausibles, c'est leur enchaînement qui crée la tension, devenue insoutenable pour le plus faible des jumeaux.
A l'origine, elles étaient étroitement mais faussement semblables - presque - car issues d'un oeuf monozygote. De subtiles différences de caractère vont aller s'accentuant avec les aléas de la vie : loin d'être tendre pour elles la vie. Pourtant, il faut se construire, en dépit des déchirures, des incompréhensions et des désirs refoulés. 
On arrive dans ce roman par la vision de Viola dont on comprend assez rapidement qu'elle va mal : elle souffre de problèmes psychologiques graves et s'autodétruit. Ensuite on découvre la vie de sa soeur jumelle Isolte qui semble avoir mieux réussi. Elle travaille dans le monde sans pitié de la mode, elle vit avec Ben, un photographe et semble aller bien et mener agréablement une vie qui lui convient.

Ce sont deux jeunes adultes maintenant, mais le secret de leur état présent et de leur éloignement, même si Isolte prend grand soin de la santé de Viola, remonte à leur enfance, plus exactement à l'été de leurs douze ans, lorsqu'elles emménagent avec leur mère dans un village du Suffolk près d'Ipswich. Elles y rencontrent une autre paire de vrais jumeaux, un peu plus âgés : Michael et John. Dans le même temps, leur mère fait la connaissance de Franck qu'elle envisage comme compagnon. Il est veuf et père d'une petite Polly de sept ans. Des secrets petits et grands s'installent qui vont perturber leur vie future.
La narration passe allégrement de l'une à l'autre jumelle mais c'est parfaitement maîtrisé par l'auteur et à aucun moment je ne me suis sentie perdue. Au contraire, le procédé enrichit la perception du drame qui prend comme une mayonnaise. La pesanteur des évènements augmente au fil des pages et on conçoit que les filles ont dû beaucoup souffrir pour en arriver là. De temps en temps, la figure bienveillante et maternelle de leur tante Hettie qui les a recueillie à la mort de leur mère vient alléger la tension.

J'avais très hâte de découvrir le secret de Viola, de leur enfance heureuse dans la forêt et de ce qui les en avait éloignées pour les retrouver jeunes adultes dans la grande ville de Londres, avec leur problèmes, les cauchemars terribles d'Isolte, la claustration de Viola, mais à aucun moment je n'ai adhéré au drame qui se jouait, j'y suis restée insensible, sans doute parce qu'il y a beaucoup de recul dans les propos alors que les tragédies qui se succèdent sont parmi les pires à endurer.
Au final, je partage assez la conclusion de Mabiblio1988 :
Cette chronique a été compliquée à écrire car j’ai apprécié ma lecture mais j’ai du mal à exprimer ce que j’ai ressenti du fait de ne pas avoir réussir à m’identifier aux personnages.