jeudi 19 mars 2020

Peau de marbre - Mramorna Koza

challenge Tour du monde  Drapeau Croatie CROATIE

En cinq chapitres, Slavenka Drakuli dresse avec une lucidité cruelle le portrait d'une relation filiale mort-née. Le premier parle aux sens, avec beaucoup d'impressions physiques, tactiles, fortes, à propos de sculpture, de matérialité, d'exigence créatrice, de réponses des matériaux, dur ou malléable, à l'ambition du sculpteur : j'ai beaucoup aimé, il permet de connaître intimement l'héroïne et d'anticiper ses motivations pour la suite, sa blessure profonde, un complexe d'Electre jamais surmonté et une certaine incapacité à communiquer que l'art lui permet de transcender. La suite est une longue plongée introspective sur le thème de la résilience... L'écriture et le travail de traduction sont parfaitement fluide, j'ai découvert une très belle plume. Avec des intentions diamétralement opposées, le roman m'a fait penser au travail de la plasticienne Louise Bourgeois et notamment sa série hommage Maman. Je les sais utiles, mais j'ai bien du mal à voir l'araignée comme une image tutélaire bienveillante.


Résumé éditeur :
Une jeune femme sculpteur a traduit dans une statue de marbre les sentiments contradictoires et douloureux que lui inspire sa mère. Celle-ci, après en avoir vu une photo, tente de se suicider. Alors qu'elle veille la femme réchappée de justesse de la mort, la narratrice revoit son enfance auprès de cette mère belle et lointaine, qui n'a jamais su établir le dialogue et a toujours voué aux choses du corps une répulsion farouche. La jeune fille n'a eu d'autres recours que de s'identifier à elle, allant jusqu'à séduire son beau-père. Devant la détresse et la solitude de celle dont elle avait souhaité la mort, la jeune femme trouve la voie de l'oubli et du pardon - mais non sans avoir commis l'irréparable.
Lu le 19 mars 2020

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