" C'est moi sur la photo, j'ai quatre ans. J'étais très fière de ma
nouvelle robe mais je ne pouvais pas sourire. Je me cache le visage
parce que je suis terrifiée. Près de moi se tient un monstre, mon
beau-père. L'homme qui m'a volé mon innocence et mon enfance. C'est à
l'époque où cette photo a été prise qu'il a commencé à mal agir, juste
avant que débutent les coups et que commence vraiment mon cauchemar..." Ce récit autobiographique fait partie de ceux que, sans me voiler la face, je voudrais ne jamais lire... parce que leur témoignage n'aurait plus de raison d'être. Des parents biologiques trop jeunes et immatures, une mère avide d'amour qui fait entrer le loup dans la bergerie et la courte vie de Sharon bascule dans l'indicible. Pourtant, l'auteur raconte... D'un ton qui sonne juste et vrai et en n'épargnant aucun des sévices au lecteur, elle montre que dans l'abus sur enfants, en famille, la pression psychologique reste supérieure à la force physique.
Mais parmi tant d'autres, elle, a su survivre et se reconstruire, surtout elle a admirablement su garder cet espoir qu'elle partage autour d'elle. Après une enfance et une adolescence gâchées, il n'y a pas de fatalité au malheur et à la reproduction des schémas familiaux. Sharon McGovern travaille aujourd'hui avec des victimes de sévices
sexuels et donne des conférences dans des centres de liberté surveillée,
auprès de groupes de femmes ou des spécialistes en psychiatrie.
Elle vit dans l'Essex avec sa famille.
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