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| idéogramme La femme |
J'avais lu Pearl Buck avec émotion mais jamais rien qui égale la manière dont Xinran parle des femmes chinoises. Journaliste radio durant huit années, elle a su écouter sans tabou la femme d'affaires comme la paysanne la plus reculée et défendre une infime part de liberté d'expression pour des êtres jusqu'alors privés de parole dans toutes les strates de la société. Au moment venu d'écrire, elle a su mettre en valeur les centaines de témoignages recueillis, comme autant de nouvelles qui traitent autant de ses souvenirs personnels que des confessions faites par d'autres femmes ayant traversé les révolutions culturelle, puis économique. De ces récits véridiques, forts, bruts, relatés sans décapant ni poli, le cliché et le pathos sont absents, car du fond de l'horreur, elle a su faire émerger et recueillir les preuves d'amour, d'espoir, voire de bonheur. Pourtant, l'impression générale dégagée par ces textes reste la "non" condition sociale des femmes, comme si être femme et chinoise revenait à purger une double peine.
Info en +
Dans les années 1980, les autorités chinoises ayant besoin de personnes
pour développer la télévision et la radio font appel à des militaires
formés pour être journalistes capables de diriger des émissions de
débats tout en évitant les sujets « interdits ». Xinran, qui occupait
alors un poste civil à l’université de l’armée
depuis douze ans, se présente pour l’un de ces postes. Elle devient
animatrice de Mots sur la brise nocturne, une émission de radio
quotidienne consacrée aux femmes qui connait un véritable succès de 1989
à 1995. En 1997, elle quitte la Chine pour l’Angleterre. En 2002, elle
publie son premier livre, Chinoises, véritable best-seller
international.
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