challenge des nationalités : URUGUAY
Horacio Quiroga - Éditions Métailié /Unesco.
Grâce
à la WL de Mypianocanta, je viens de découvrir un nouvel auteur pour
l'Amérique du Sud, qui plus est dans le domaine d'écriture que je
préfère : les nouvelles d'inspiration fantastique dont Maupassant a été
pour moi le premier représentant, inégalé pendant de longues années
(depuis je me suis diversifiée...).
Horacio Quiroga fait se côtoyer réalité
et terreur avec une maîtrise fascinante et il n'est pas rare que le
texte débute sous toutes les apparences du simple témoignage - par
ailleurs très intéressant dans un contexte étranger et exotique
totalement dépaysant - puis échappe à toute solution rationnelle, soit
qu'il s'agisse des mystères de l'esprit, soit que les événements
inexplicables aboutissent à l'inconnu le plus effrayant. Comme chez Poe,
ils portent le nom de Contes et mêlent fortement des composants
extrêmes comme l'amour, la folie et la mort. Sur les quinze nouvelles du
recueil (choisies par l'auteur) onze se terminent par une mort.
Intéressante préface où le traducteur s'explique sur ses partis pris destinés à ne pas trahir les intentions de l'auteur.
La poule égorgée : une fratrie d'attardés mentaux et une petite soeur choyée par un couple désuni
Les bateaux suicides : une explication presque rationnelle pour les vaisseaux fantômes
Le solitaire : un bijoutier mal marié et l'envie de son épouse pour les joyaux qu'il réalise
L'oreiller de plumes (horrible) : l'agonie d'une jeune mariée
La mort d'Isolde (schéma d'écriture perturbant) : la vie en raccourci de la passion à la désillusion pour un amour perdu de vue
A la dérive (sens propre et figuré) : une morsure de serpent venimeux
L'insolation (narrateur un jeune chiot) : allégorie de la mort
Les barbelés (narrateur un cheval, personnages des vaches et un taureau) : le bonheur est dans le pré voisin
Les tâcherons : les ouvriers forestiers et les grands exploitants, un drame social qui m'a fait penser aux orpailleurs
Yaguaï (narrateur un fox terrier) : terrible attachement d'un chien à son maître
Les pêcheurs de grumes (ma préférée) : équitable ? un vieux gramophone contre des meubles en bois de rose
Le miel sylvestre (horrible 2) : les dangers cachés de la nature sauvage, mais comme A la dérive, la mort est montrée comme un douce délivrance plutôt qu'un combat
Une saison d'amour (drame en quatre actes) : amour juvénile et retrouvailles à l'âge adulte
La méningite et son ombre : fièvre délirante ou aveu subtil
Lecture solitaire : épilogue et éclairage sur l'auteur par Victor Fuenmayor

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