mardi 4 octobre 2016

Impertinentes

flag Tour du monde : INDONESIE

Nouvelles, version bilingue, traduites par Jacqueline Camus
Dans ce petit fascicule, la traductrice a choisi de donner un aperçu représentatif de l'auteur à travers des morceaux choisis de sa vaste production à différentes périodes d'écriture. De beaux textes qui répondent à un désir autant esthétique que didactique, auxquels s’ajoutent deux extraits autobiographiques. Par ordre chronologique :
Une rebelle, une fille maudite ! / Pendurhaka (1953, 17 ans)
Où poussent les nouilles? / Pabrik
Le temps d’un courrier. / Perjalanan
Ngadirah a décidé. / Ngadirah
Si la fin justifie les moyens. / Langit dan bumi sahabat kami
Adolescence. / Kuncup berseri
Mère Jum et le « vivre ensemble ». / Pirukunan (avril 2013, 77 ans)
Chaque personnage principal est une femme de caractère, dont la forte personnalité caractéristique se maifeste par une étonnante indépendance d'esprit, quelles que soient leur époque, âge ou situation.
 Pour s’opposer aux traditions ou lutter contre les injustices, certaines se rebellent, d’autres résistent à leur manière, par des chemins détournés, souvent par leur regard caustique ou insolent. Ces modestes Mère Courage rappellent les deux personnages de femmes que l’on trouve dans une des trop rares traductions de romans indonésiens publiés en France.
Selon les nouvelles, le lecteur se place du point de vue du narrateur ou du point de vue de la personnage principale, et cela lui permet de s’ancrer dans l’histoire. Quel que soit le sujet abordé (traditions, prostitution, polygamie, modernisation etc), la femme est toujours en position d’infériorité face à l’homme, qui jouit de tous les droits. C’est également la femme qui, au sein d’une famille, dans le rôle de la mère ou dans le rôle de l’enfant, ou au sein de la société, est exposée aux injustices de la vie, comme le devoir de se conformer aux coutumes familiales plutôt que de suivre une nouvelle voie vers l’épanouissement, le fait qu’aucun homme, même les membres de sa propre famille, ne souhaite respecter le désir maternel, ou encore le fait d’être réduite à un objet de collection et de satisfaction de l’homme. 
Au delà de la difficulté (voire l’impossibilité) de mêler tradition et modernité à la satisfaction générale, Nh Dini a toujours défendu la rébellion des femmes contre leur situation économique et sociale convenue et le carcan de la tradition familiale qui en fait des mineures à vie.
Lu le 4 octobre 2016

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