lundi 14 décembre 2015

Alessandro Barrico [2]

Je partage l'article de Noukette comme j'ai partagé la joie de découvrir Soie et Novecento en ayant l'impression d'un auteur rare à lire en prenant son temps.

COUP DE COEUR
Ma première visite du challenge des 5 continents sera pour l'Asie, avec Soie d'Alessandro Barrico. Le Japon de la seconde moitié du XIXème siècle y est à l'honneur, alors qu'après des siècles d'isolement féroce, la marine américaine vient de contraindre l'empereur à ouvrir deux de ses ports aux étrangers.
Hervé Joncour, que son père et maire de Lavilledieu, destine aux métiers des armes, a peu de chance de faire carrière dans la soie. Mais le méridional Baldabiou l'ayant repéré, en décide autrement et convainc le jeune homme de travailler pour lui. Il l'envoie d'abord au Moyen Orient, un voyage qui dure plusieurs mois, puis jusqu'au Japon chercher des oeufs de vers à soie exempts de la terrible maladie qui ravage les élevages européens.
Trois années durant, Hervé Joncour répond fidèlement à sa mission, faisant la fortune de l'industrie soyeuse de sa ville et s'assurant un patrimoine personnel considérable. Heureux en ménage avec Hélène, à laquelle ne manque que l'accomplissement de la maternité, il ne peut cependant se retenir d'une irrésistible attirance pour la concubine de son fournisseur, le puissant seigneur Hara Kei. La quatrième et dernière année, une terrible guerre civile ravage le Japon et Hervé Joncour, qui a pris des risques insensés pour revoir - de loin - la jeune femme, est sommé de ne jamais revenir. Des années plus tard, il reçoit une longue lettre en japonais.
illustration Rebecca Dautremer
J'ai vraiment apprécié ce livre qui vogue sur l'histoire et la géographie, fait des détours contemplatifs vers la philosophie et concilie avec le romantisme deux merveilleuses histoires d'amour. Le couple formé par Hervé et Hélène Joncour est magnifique, tout comme le personnage de Baldabiou, leur bon génie. Homme de coeur et d'affaires, même si cela semble inconciliable, il n'hésite pas à prendre des risques et joue sa vie avec nonchalance sur un coup du sort.
J'ai particulièrement aimé, dans le rythme narratif, la reprise d'un paragraphe entier, de loin en loin, pour marquer, comme dans les contes, la répétitivité et la longueur monotone du voyage, année après année, ou bien les éléments descriptifs de la jeune femme dont la forme des yeux n'est pas orientale et dont tant le nom que la voix resteront à jamais un mystère.
Un roman précieux comme la soie grège et minutieux comme des idéogrammes sur du papier de riz 
des commentaires plus étoffés et mieux développés chez Emmanuelle ou Jacques
Lu le 12 avril 2014

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