Le projet de Conor Woodman, un Irlandais qui n'a pas froid aux yeux, est triple- boucler un tour du monde en cinq mois (avec un billet d'avion open international)
- générer des bénéfices de façon à quadrupler son capital initial (reliquat issu de la vente de son appartement londonien 25 000 € autres frais déduits)
- se confronter aux plus anciens marchés du monde et aux méthodes d'échange traditionnelles (du marchand de tapis berbère en Afrique du Nord, au commerce de chameaux en Afrique et de chevaux en Asie centrale, en passant par le négoce du café en Afrique, du thé en Asie, du bois exotique en Amérique du Sud et des produits plus récents comme importer du vin d'Afrique du Sud en Chine ou des planches de surf gonflables au Mexique)
Le résultat est un documentaire très vivant qui se lit comme un roman. Le propos est original, émaillé de comptes et de chiffres, objectif commercial oblige, (comptabilité et retour sur investissement tenus étape par étape) mais aussi d'anecdotes et d'analyses réflexives sur ses réussites, ses déconvenues et ses erreurs. J'ai aimé l'esprit d'entreprise, également le côté équitable des négociations car il propose de mettre en contact direct les producteurs et les revendeurs des produits qu'il a choisi de tester au cours de son périple. La confiance réciproque qui s'installe entre lui (pour la prise de risque et la mise de fond) et des inconnus qui acceptent souvent de négocier leurs produits à prix coûtant (partageant le risque dans le but de faire se faire connaître sur un nouveau marché) apparaît comme un ingrédient indispensable dans ses tractations, elle esquisse parfois les prémisses de très belles rencontres humaines, pourtant vouées à l'éphémère car Conor Woodman s'est fixé un timing assez serré.
3 commentaires:
Est ce que ce n'est pas trop technique dans les terminologies ?
Par ce que l'idée de base est intéressante, mais je crains la comparaison professionnelle des pratiques commerciales, dont je ne saisirai pas forcément les finesses.
Je préfère le côté rencontre...à lire ton billet, il semble y avoir dans ce livre un esprit un peu à contre-courant de la tendance commerciale actuelle (un peu anti-mondialisation non ?)
Tu as tout à fait raison, c'est un ouvrage plutôt décalé, mais sans discours éthique, c'est une sorte de carnet de bord, je n'ai pas remarqué de jargon technico-commercial, l'auteur vient du monde du commerce mais ce qu'il raconte tient plus de l'aventure humaine, une petite déception : il n'y a pas d'épilogue et on se sait pas s'il a changé de vie complètement, s'il est retourné voir les gens avec lesquels il avait sympathisé, etc
Un titre bizarre!
Merci pour cette nouvelle participation à mon challenge et bonne semaine.
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