Edit du 18 décembre 2013 : si tout va bien, je devrais
recevoir pour Noël, Les déserteurs héroïques de Guillaume Carreau, aux éditions Vide cocagne (j'aime déjà leur nom !!) d'abord paru dans la collection
de fanzines Sous le manteau.
Le résumé (bref mais néanmoins éloquent) :
A la veille de la guerre de Sécession un homme trouve le moyen ultime
d’échapper à cette guerre. Il entraînera dans sa folie douce toute sa
famille et la ville. Un trait simple et expressif au service d’un
western barré, bourré d’humour.
L'histoire se passe chez les pionniers du grand ouest
à cette époque étrange où l'on construit les machines invariablement en
bois cerclé de fer.
Edit du 11 janvier 2014 : j'ai reçu l'album, un moyen
format cartonné au toucher agréable. Ce que j'avais pris pour des
"pinceaux" sur la couverture sont en fait des silhouettes féminines avec
leur ombre portée ! J'ai lu le premier chapitre et j'aime beaucoup, un
graphisme au trait, édulcoré mais efficace et un humour de tous les
instants : il me plaît ce JOHN inventif à l'esprit loufoque.
Cette étrange histoire se situe dans un minuscule village et évoque trois évènements marquants de l'Histoire de l'Ouest : la guerre de Sécession, l'arrivée du chemin de fer et la question indienne. Le fil de l'histoire évolue en trois chapitres d'une narration plutôt réaliste à une conclusion plus proche du conte fantastique : le déserteur héroïque, le réveil du héros, le cimetière de Blueberry Gulch (ravin aux myrtilles).
1/ Le shérif vient prévenir John de sa prochaine mobilisation, il lui reste quatre jours pour échafauder un plan et le réaliser dans le secret de sa grange. Le jour J il rassemble le village pour montrer son invention et procéder à un essai : le tonneau-canon à bord duquel John a embarqué détruit le village, mettant fin du même coup à la guerre, car les belligérants sont épouvantés par la puissance de feu de la nouvelle arme. Las, John, héros malgré lui, a pris un sérieux 'pet au casque", en dépit de son rembourrage.
2/ La femme de John chante au cabaret et son fils aide à la menuiserie, en échange de planches pour son père. Un marchand d'armes et son homme de main Pognes-de-fonte sont arrivés avec la ligne de chemin de fer. Ils ont été attirés par la rumeur d'une arme fabuleuse et veulent mettre la main sur le village qui s'est reconstruit et prospère. Resté prostré depuis l'épilogue précédent, John sort finalement de sa léthargie au bout de cinq ans (la durée prévisible de la guerre selon ses calculs), pour aider sa famille et sauver le village.
3/ Dans le dernier épisode, des indiens zombies menacent le village qui refuse d'évacuer. La solution viendra de nouveau de façon inattendue. La banalité est définitivement absente de cette BD.
La technique picturale tient plutôt du carnet de croquis,
de l'esquisse : il semble que l'auteur jette des idées sur le papier et
procède avec une grande vélocité. Avec une grande économie de moyens,
presque mutique comme John, il va à l'essentiel des impressions
délivrées par la succession des images, fortement contrastées en noir et
blanc. Les zones de texte sont parfois tassées, comme si elles
n'avaient pas été calibrées à l'avance et les caractères s'amenuisent,
cela m'a parfois gênée. Pour le reste, le procédé narratif à la fois
synthétique et très expressif, m'a beaucoup impressionnée. Il y a
beaucoup a en dire. Sous des abords qui frôlent la naïveté, le message
n'est pas aussi simpliste que les petites figures au trait pourraient le
faire croire. C'est guignolesque mais avec un côté Don Quichotte qui
m'a interpelée.
Il faut parfois savoir couper les amarres, voilà ce que m'inspire cette pièce en 3 actes. Je remercie Babelio et Vide Cocagne pour la découverte ; nul doute que j'irai y faire un tour à mon prochain passage à Nantes.
Focus sur l'opération recevez une BD pour Noël en l’échange d’une critique
Rappel sur le déroulement des Masses critiques Babelio :
il s’agit d’un programme gratuit qui associe Babelio, les éditeurs et tous
les lecteurs intéressés. L'opération est ouverte à tous les internautes ayant
déjà rédigé des chroniques sur Babelio.
Le dernier RDV, consacré à la Bande
dessinée, aux comics et aux mangas, RDV sur le site (clic sur l'image), a eu lieu lundi 16 décembre 2013 à partir de 7h.
Déjà prévus dans mes achats, parce que j'adore le style - pourtant radicalement différent - de Patrick Prugne : Pawnee et Frenchman autant que celui d'Annie Goetzinger : Jeune fille en Dior

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