Sous-titre : Dieu a mal au crâne
Présentation de l'éditeur :Et si Dieu n’était pas ce vieux sage barbu que tout le monde imagine ? Comment réagiriez-vous si vous découvriez que votre destin est entre les mains d’un adolescent prénommé Bob, aux mœurs légères, égocentrique et à qui le sort du monde importe peu ? [...] Et quand l’amour vient frapper à la porte de Bob, on peut être sûr que les catastrophes sur terre vont s’enchaîner…Lecture en partenariat avec Livraddict et la collection Black Moon des éditions Hachette que je remercie pour cette découverte !
De manière générale, je trouve que les humains du roman - en premier lieu, la naïve Lucy, énième terrienne dont s'éprend Bob/Zeus qui a déjà séduit Léda, Europe, Jeanne, Thérèse et les autres - sont assez peu intéressants et servent de prétexte à l'histoire. Les véritables sujets sont ces dieux aux qualités trop peu divines, vivant presque au milieu des hommes, à leur vue mais à leur insu.
Meg Rosoff propose une sorte de Parnasse décalé, peuplé de créatures immortelles à la manière des anciens dieux grecs, humains dans leurs querelles, leurs envies et leurs frustrations, terrifiants dans leurs pouvoirs et inconséquents dans leurs actes.
Le moins dont je puisse convenir c'est que les dieux de cette Terre ne sont pas à la hauteur.
Il y a des baffes qui se perdent pour ce bon à rien de Bob, un adolescent nombriliste, désinvolte et paresseux, lubrique et sujet à de fréquentes (à son échelle intemporelle) lubies d'ordre sexuel et doté de la capacité de concentration d'un poisson rouge.
Le pointilleux Mister B, parfait secrétaire particulier/assistant/majordome qui lui a été adjoint pour réparer ses bévues et faire tourner tant bien que mal la création, n'en a ni le temps ni les moyens et Mona, figure maternelle immature et irresponsable, joueuse invétérée, alcoolique et dépravée, serait bien incapable de lui mettre un peu de plomb dans la tête.
La seule qui réussit à susciter un peu de respect est Estelle. Fille du tyrannique et colérique Emoto Hed, partenaire au jeu (et ailleurs ?) de Mona, elle ne passe pourtant pas pour une victime. Elle offre une figure d'avenir et illustre parfaitement l'expression " poigne de fer dans un gant de velours ".
Le théâtre des opérations est une ville ravagée par les intempéries ; les soubresauts météorologiques sont causés par les états d'âme de Bob, qui provoquent sécheresse en Afrique et déluge en Europe ou font survenir la canicule en plein hiver. Les gens semblent s'en accommoder et se déplacent en barque entre les immeubles, à cause de la montée des eaux.
Il y a des images sublimes, de la beauté et même de la grandeur dans le monde malmené créé par Bob, comme le moment surréaliste où les baleines menacées d'extinction par la pollution des océans se mettent à émerger des flots pour voler dans les airs. On croise des trouvailles peu banales, tel l'animal domestique de Bob, croisement entre un pingouin et un glouton : Eck est le pathétique et touchant dernier exemplaire de son espèce parce que Mona a fait courir le bruit qu'il est le met le plus exquis des neuf mille galaxies.
La genèse revue et corrigée par Meg Rosoff est un livre qui tient ses promesses : c'est loufoque et irrévérencieux, souvent complètement dingo, mais divertissant et drôle, parfois même émouvant. En dépit des défauts relevés sur les blogues, j'ai bien aimé, souri plus qu'à mon tour et passé un bon moment. Là où d'autres ont détesté, j'ai adoré le côté caricatural et exagéré du postulat de départ, qui est poussé jusqu'à son point ultime (mais je ne dévoilerai pas la fin). Mon unique bémol concerne la rupture sur le mode "sérieux" introduite par le chapitre où Mister B se laisse aller à confier son désarroi à Bernard, prêtre et parrain de Lucy, anciennement épris de la mère de la jeune fille.
2 commentaires:
Très intéressante ta chronique, en effet, j'avais lu plutôt du négatif jusqu'à présent! Comme quoi, selon le degré auquel on se place, on peut percevoir les choses très différemment!!!
Chouette chronique ! Je pourrais difficilement dire que je suis totalement du même avis que toi, mais je retrouve assez mes impressions de lecture dans ton article...
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