samedi 17 mars 2012

Naissance d'un pont

Depuis la sortie du roman de Maylis de Kerangal, j'avais envie de le lire.
Naissance d'un pont faisait partie, au même rang que La possibilité d'une île de Michel Houellebecq, de ces titres " déclencheurs ", qui m'interpellent et font fonctionner mon imagination.
Grâce à un partenariat  Livraddict et Folio que je remercie, j'ai eu la possibilité de concrétiser cette intention et de me plonger dans la description d'un de ces chantiers d'envergure, ultimes projets pharaoniques des temps modernes.
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Naissance d'un pont est d'abord l'histoire d'une gigantesque épopée, une vague ouvrière venue de tous les coins du monde pour travailler sur le chantier.
Plus encore qu'à l'aspect technologique, pourtant abordé de manière très détaillée dans le roman, l'auteur s'est intéressée à l'aventure humaine que représente la cohabitation d'autant de corps de métiers et de tout autant de personnalités dans un espace relativement exigu et dans des conditions de stress extrême.
Le temps est compté, les opérations doivent s'enchaîner sans faille, mais en dépit de toutes les précautions, les impondérables surgissent, mettant à rude épreuve les nerfs des hommes. Dans cet univers macho, Summer Diamantis, une jeune femme ingénieur spécialisée dans le béton, semblerait ne pas avoir sa place. Pourtant, comme tous ceux qui se retrouvent à un poste de responsabilité, elle a été choisie parce qu'elle est une des meilleures dans sa partie.
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La construction d'ouvrages d'art requiert en quantité, des capitaux, de la main d'oeuvre et de l'ingéniosité, du coeur et des tripes. Le style rend compte de cet état d'urgence, extérieur mais également personnel, dans lequel se trouvent tous les protagonistes. L'écriture est ample, puissante, édificatrice. Les phrases, longues, chargées de mots et de sens, syncopées, suivent les méandres de la pensée, qui bute, s'étire et repart.
De manière assez cartésienne, j'ai longtemps cherché des repères auxquels me raccrocher pour localiser précisément la ville, j'ai cru reconnaître le Golden Gate dans le rouge choisi pour une partie du pont... Puis j'ai accepté de me laisser mener par la narration. Un chapitre décrit les ambitions du maire de Coca, en démiurge inspiré qui veut faire entrer sa ville de plein pied dans le troisième millénaire : cela me suffit comme enracinement dans le réel. Le reste est prétexte, excellent, à traiter d'humanité.
Prix Médicis 2010

Pour répondre à Jeneen : je croyais que c'était plus évident... oui j'ai aimé car je me suis intéressée autant aux aspects techniques du chantier qu'aux caractères et que le style sert bien les idées mises en avant.
J'ai lu ailleurs qu'elle conçoit ses romans comme des métaphores de son travail d'écrivain et c'est tout à fait l'impression que j'ai ressentie.
J'hésitais à lire la Corniche Kennedy, mais je le note pour plus tard ou bien son dernier.

50 états, 50 billets
KENTUCKY (Aproposdelivres m'a enlevé un doute)

4 commentaires:

Jeneen a dit…

mais au final, as-tu aimé ? en tout cas, tu en parles bien...c'est le premier livre (ah non, le deuxième) livre de la rentrée liit de l'époque que j'avais choisi...et jamais lu ! il est tjs pris à la BM ! ton billet me relance, bon dimanche

Sofynet a dit…

Très envie de le lire, celui-ci... Je le note !

Nadael a dit…

J'ai beaucoup aimé ce roman, j'adore le style de l'auteure. Je suis justement en train de lire Tangente vers l'est.

Sofynet a dit…

Hop, billet ajouté !