lundi 8 juin 2009

Futurs antérieurs

Cette première anthologie française de tendance "steampunk" présentée par Daniel Riche et parue hors collection aux éditions Fleuve noir en 1999, avec une couverture illustrée par Fred Blanchard rassemble des textes à l''inspiration féconde dans des genres aussi dissemblables que le roman historique, le fantastique, la science-fiction, le roman d'aventure.
Un satisfecit particulier pour l'étrange beauté de L'assassinat de la Maison du Peuple par Sylvie Denis.

Celui qui bave et qui glougloute,  de Roland C. Wagner
Cette longue nouvelle uchronique se situe en 1890, dans l'Ouest américain. L'histoire démarre banalement, sur le terrain connu du western : les repérages historiques sont véridiques, les bons Indiens (morts !) se battent contre les " gentils " cow-boys. Soudain, l'univers se décale : les rapports des Tuniques bleues se mettent à faire état d'étranges combats où les Indiens repoussent les Visages pâles avec l'aide d'armes terrifiantes et d'alliés monstrueux.

Extrait :
- Préparez-vous à faire feu ! ordonna le lieutenant. A mon commandement...
Sa voix s'étrangla dans sa gorge à la vue du rai de lumière écarlate qui venait de frapper le rocher non loin de lui, creusant un petit cratère fumant dans la pierre grise. Il leva les yeux, en quête de l'origine de l'éclair mortel et paradoxalement, l'horreur qui l'envahit lorsqu'il la découvrit lui rendit l'usage de sa langue et de ses cordes vocales paralysées par la stupeur.
- Feu ! hurla-t-il, incapable de détacher le regard de l'impossible créature verte à quatre bras qui chevauchait parmi les Sioux, une coiffure de plumes d'aigle flottant sur son crâne en pain de sucre.

En fait, des extraterrestres qu'opposent une guerre ancienne ont transporté leur conflit sur Terre, dans l'ouest américain où chaque camp aide l'un des adversaires historiques. La confusion s'accroît encore en raison de l'intervention d'un monstre glougloutant invoqué par une mystérieuse société secrète croyant bien faire. Sur ces entrefaites, les Dalton en profitent pour s'évader et Averell a toujours aussi faim. Le chasseur de primes Kit Carson, le professeur Lévêque et la détective Nat Pinkerton forment l'équipe d'intrépides héros qui, à l'issue d'une quête périlleuse à travers le mythique Far West et ses légendes, va finalement dénouer la vérité et rétablir l’ordre « normal » du monde, non sans multiplier les gags.

Convaincu du rôle joué par Les Mystères de l’Ouest dans la genèse du steampunk, Roland C. Wagner  s'empare des éléments d’une mythologie croisant le Far West et de la SF, qu'il revisite à sa manière, en un délire uchronique et fantastique. C'est très drôle et le curieux mélange fonctionne plutôt bien, même si la répartition des deux genres, qu'il parodie en s'amusant et en nous amusant, n'est pas égale tout au long du livre.
Les références à des personnages emblématiques et les clins d'œil aux nombreux héros de western qui font des apparitions : Doc Holliday, Wyatt Earp, Calamity Jane, les Daltons, Jesse James, Buffalo Bill et même le journaliste Sam Clemens (Samuel Langhorne Clemens alias Mark Twain) s'imbriquent sans problème aux Martiens, Vénusiens et à l'imaginaire d'auteurs de SF, comme Jules Verne ou Lovecraft (avec l'apparition du Necronomicon).

L'auteur annonce d'ores et déjà la sortie de son uchronie algérienne à base autobiographique “Rêves de Gloire" à paraître pour le 21 avril chez L'Atalante (http://www.facebook.com/note.php?note_id=423335711715)

2 commentaires:

Unknown a dit…

Ah ! je vois qu'on est nombreux à s'interesser à cette novella ! Vous êtes déjà deux à l'avoir chroniquer (voir le compte rendu sur le blog du défi)

Unknown a dit…

ça y est ! j'ai fait ma chronique sur le sujet ^^