dimanche 11 novembre 2018

Trois fois la fin du monde

Grâce aux matchs de la rentrée littéraire (MRL) 2018, qui associent en partenariat   Rakuten (anciennement Price Minister)  et Gibert Joseph, j'ai la chance d'être sélectionnée pour recevoir « Trois fois la fin du monde » de Sophie Divry et en faire ici même un commentaire de lecture créatif et original.
La marraine du titre est Antigone dont le billet plus que laudatif m'a vraiment donné envie de découvrir l'auteur.
Je ne sais pas si ce sera le cas mais je m'attends un peu à un univers à la Karine Giebel.
Affaire à suivre...

Le principe est simple : 1 livre (dans une sélection de 15 romans pour tous les goûts !) contre 1 critique sur support au choix : Instagram / You tube / un blog, avec une récompense à la clef (une Smartbox) pour les plus créatifs, surprenants, convaincants.
L'intégralité de la sélection :







Comme si une ne suffisait pas, l'unique et infortuné personnage principal est appelé à vivre une triple fin dont la division en trois parties souligne le schéma. Il s'agit d'un roman d'initiation, à rattacher au mouvement Survival pour l'aspect apocalyptique mais aussi plus largement au Nature writing par la beauté du texte, au-delà de son sujet.
Le prisonnier : ayant participé à un braquage raté qui se conclut par la mort de son frère Tonio et sa propre arrestation suivie de son incarcération dans l'attente d'un procès, Joseph Kamal, la vingtaine naïve, n'est encore qu'un presque innocent. Il était juste le chauffeur chargé de leur fuite, mais dans la prison de F. (pour Fleuris-Merogis ?), il perd dans l'ordre, sa liberté, sa fierté, son honneur, ses illusions, sa jeunesse, sa confiance en la justice... et d'UNE
La catastrophe : en un très court chapitre intercalaire, la situation de Joseph a évolué, de même que celle de la population française. L'explosion d'une centrale nucléaire a dévasté le territoire au-dessous de la ligne Nantes-Besançon laissant peu de survivants et permis aux prisonniers de s'échapper lors de leur transfert. Joseph n'a pas cherché à s'éloigner, mais a trouvé le gîte et le couvert dans une supérette. Débusqué par un flic chargé de "nettoyer" la zone de ses pillards, il défend sa liberté retrouvée... et de DEUX
Le solitaire : la nature, la survie dans le Causse, les expéditions de ravitaillement dans les maisons désertées, la peur d'être repris qui décroit, l'organisation au quotidien, les saisons qui se succèdent avec leur lot de menues satisfactions, seul Adam rescapé du naufrage de l'espèce, Joseph vit au quotidien le réenchantement du monde... mais, lorsque le malheur ultime survient, il m'a totalement prise au dépourvu... et de TROIS
Ne jamais baisser la garde : l'auteur ne laisse guère d'échappatoire, pourtant je me disais qu'après deux grosses briques sur la tête, Joseph aurait dû se trouver à l'abri des coups du sort. Mais la loi de Murphy prévient bien qu'il faut toujours s'attendre au pire car c'est ce qui va arriver. Pourtant bien qu'il ait tout perdu à trois reprises Joseph conserve intact son profond besoin d'humanité. Admirable roman !

Du point de vue de l'écriture, j'ai beaucoup aimé le style, moins choquant que je l'aurais cru à la lecture de certains commentaires. L'alternance du regard, extérieur ou intime, analytique ou spontané, permet au lecteur de se détacher de Joseph, de ne pas se sentir impliqué dans sa situation critique. Souvent les romans jouent sur l'identification au personnage, ici tout au contraire, il me semble une sorte d'objet d'expérience qui va lentement mais immanquablement vers sa perte, tout en lui accordant des périodes de répit. Un souffle extraordinaire est entretenu au fil des pages, qui permet de découvrir la beauté profonde de la vie. La partie la plus dérangeante se situe au début de la troisième partie qui donne l'impression d'un prédateur observant sa proie avec un nonchalant mépris. Elle préfigure très habilement un incident ultérieur. La construction du sens, remarquablement maîtrisée, me donne envie de découvrir un autre texte de l'auteur, déjà publiée trois fois aux éditions Notabilia. Merci à l’opération Les Matchs de la Rentrée Littéraire (#MRL2018) avec Rakuten (#Priceminster) et à ma marraine pour la découverte
#trois fois la fin du monde#sophie divry#MRL18 #Rakuten



Edit : j'ai oublié de le signaler mais la texture du papier est remarquablement douce, quelle agréable sensation à chaque fois que j'ai repris le livre dans les mains.

2 commentaires:

Antigone a dit…

Je suis ravie de lire toutes les émotions engendrées par ce livre original et fort ! Merci pour ce billet ;).

Philippe D a dit…

J'ai déjà remarqué ce livre sur plusieurs blogs.
Merci pour ta participation à mon challenge et bonne journée.