L'histoire, servie avec une juste dose de légèreté, d'humour, de réflexion et d'autodérision, pourrait n'être que celle d'américains moyens ordinaires, voire celle d'une famille juive de Chicago sur quatre générations, si l'auteur n'offrait au lecteur un peu plus que ça, retraçant l'installation d'une nouvelle communauté d'exilés d'Europe de l'Est dans la banlieue d'une grande ville nord-américaine et s'interrogeant sur la judéité aujourd'hui à travers la relation de ses personnages à la religion.Par surprise, sans m'en rendre compte, j'ai fini par m'attacher aux personnages, y compris ceux qui sont montrés comme les plus antipathiques. Si le doute survient en travers de leur route, la rédemption n'est refusée à aucun.
Edie enfant était grosse à l'image de sa mère qui n'a jamais su lui refuser la moindre nourriture. Son père laissait faire. Adulte, elle est obèse et ses proches s'alarment des conséquences de son addiction sur sa santé. Alors que ses petits-enfants, les jumeaux Josh et Emily s'apprêtent à entrer dans l'âge adulte, c'est l'heure des remises en cause pour toute la famille.
Richard son mari, a préféré fuir à la veille de son opération vasculaire, la première en préfiguration d'une longue série si elle ne se reprend pas ; il espère de la vie une ultime parcelle de bonheur auprès d'une femme qu'il ne lui faille pas combattre au quotidien.
Rachelle sa bru a mis un place un programme diététique draconien qu'elle applique à sa famille à défaut de pouvoir l'imposer à sa belle-mère. Avec Benny, elle forme un couple solide en dépit de leur mariage précipité suite à la faute de jeunesse qui les a rendu parents ; ils ne dédaignent pas un petit joint en commun de temps en temps.
Robin sa fille a dû revenir passer ses week ends à la maison, après une dizaine d'années d'éloignement, pour veiller sur sa mère. Adolescente, elle a décidé du jour au lendemain, à la suite d'un drame, de maigrir pour changer d'image, mais elle boit plus que de raison. Daniel partage ses verres et serait prêt à plus si elle le lui demande.
Enfin la lumière de ce roman vient sur le tard, comme dans la vie d'Edie, avec Kenneth ce vieux Chinois épris de bonne cuisine qui veut la soigner par le mal qui la dévore, en lui concoctant avec amour de bons et sains petits plats.
Lu le 4 décembre 2016
à lire dans la même veine : XXL de Julia Bell (proche par le sujet) ; Eleanor Rigby de Douglas Coupland (proche par le style)
L'avis de journal d'une lectrice :
Nous suivons la vie d'Edie depuis ses cinq ans (Edie, 28 kilos) jusqu'à la vieille femme malade (Edie, 150 kilos), en passant par l'adolescente déjà trop grosse (Edie, 92 kilos) et la jeune femme déprimée par la mort de sa mère (Edie, 72 kilos) ou la jeune mère qui semble étouffer dans sa famille (Edie, 112 kilos). Plus Edie grossit, plus sa santé se dégrade, moins elle semble s'en préoccuper, et plus la famille va mal. Et même si tout est raconté sur un ton vaguement burlesque, on ne peut que se sentir extrêmement mal à l'aise face à cette femme qui est réduite à son poids et semble se suicider en direct.
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