Pour ce mois du challenge Chacun son époque, je présente deux romans étrangers, dont l'un en cours de lecture et l'autre lu récemment. Le premier est une biographie romancée à partir de la vie d'un personnage réel ayant combattu sous l'occupation allemande, dans les territoires annexés de l'Est de la France. Le précédent est est une fiction dramatique à base historique, qui se situe en Autriche juste avant et au début de l'Anschluss.
Résumé éditeur :
Le terroriste noir est une fiction construite autour de la véritable histoire, aussi méconnue qu’extraordinaire, d’Addi Bâ, un jeune Guinéen né vers 1916, adopté en France à l’âge de 13 ans, et qui, devenu soldat pendant la Seconde Guerre, est affecté dans le 12e régiment des tirailleurs sénégalais.
Capturé après la bataille de la Meuse, Addi s’évade, erre dans les forêts, avant d’être recueilli par le maire du village de Romaincourt. Élégant et mystérieux, à la fois austère et charmeur, il y fera sensation, mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée le premier maquis des Vosges. Les Allemands le surnomment « le terroriste noir ». Qui a trahi Addi Bâ ? Une de ses nombreuses amantes ? Un collabo professionnel ? Ou tout simplement la rivalité opposant les Tergoresse et les Rapenne, deux familles aux haines séculaires ?
Vrai faux tirailleur sénégalais, Addi Bâ, enfant peul originaire de Guinée française, a été adopté à 12 ans par une famille de Langeais. Engagé dans la bataille de la Meuse, il se retrouve après la défaite, à errer dans la forêt vosgienne, à demi mort de faim et de froid. Il est caché et protégé par des villageois dont le roman explore la gamme des réactions envers ce nègre, déserteur, évadé ou résistant, héros, selon les avis.
La narratrice n'est qu'une jeune fille à l'époque des faits. Elle raconte ses souvenirs vieux de 60 ans dans un français mâtiné de patois vosgien (je reconnais des expressions entendues dans l'enfance : la Mâmiche, la Pinéguette qui donne une impression d'authenticité au récit). Elle a côtoyé Addi Bâ lorsqu'il venait chez ses parents, écouter Radio-Londres, prendre ses repas et faire laver son linge. Ses sentiments envers le tirailleur sont ambigus, comme ceux d'autres femmes de son entourage : Yolande, Huguette, Germaine, autant de victimes de la séduction du jeune homme.
Différents aspects du monde rural sous l'occupation sont exploités à travers le roman, la survie et la défiance, les trahisons et délations, les combines et la vie qui continue...
L'auteur Tierno Monénembo s'est servi de sources authentiques pour construire les bases de cette biographie romancée, Aujourd'hui, la vraie vie d'Addi Bâ est assez bien documentée. Ce combattant de la France libre n’a reçu la médaille de la Résistance qu’en 2003, soit 60 ans après son exécution.
Le tabac Tresniek - Der TrafikantRésumé éditeur :
Le terroriste noir est une fiction construite autour de la véritable histoire, aussi méconnue qu’extraordinaire, d’Addi Bâ, un jeune Guinéen né vers 1916, adopté en France à l’âge de 13 ans, et qui, devenu soldat pendant la Seconde Guerre, est affecté dans le 12e régiment des tirailleurs sénégalais.
Capturé après la bataille de la Meuse, Addi s’évade, erre dans les forêts, avant d’être recueilli par le maire du village de Romaincourt. Élégant et mystérieux, à la fois austère et charmeur, il y fera sensation, mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée le premier maquis des Vosges. Les Allemands le surnomment « le terroriste noir ». Qui a trahi Addi Bâ ? Une de ses nombreuses amantes ? Un collabo professionnel ? Ou tout simplement la rivalité opposant les Tergoresse et les Rapenne, deux familles aux haines séculaires ?
Vrai faux tirailleur sénégalais, Addi Bâ, enfant peul originaire de Guinée française, a été adopté à 12 ans par une famille de Langeais. Engagé dans la bataille de la Meuse, il se retrouve après la défaite, à errer dans la forêt vosgienne, à demi mort de faim et de froid. Il est caché et protégé par des villageois dont le roman explore la gamme des réactions envers ce nègre, déserteur, évadé ou résistant, héros, selon les avis.La narratrice n'est qu'une jeune fille à l'époque des faits. Elle raconte ses souvenirs vieux de 60 ans dans un français mâtiné de patois vosgien (je reconnais des expressions entendues dans l'enfance : la Mâmiche, la Pinéguette qui donne une impression d'authenticité au récit). Elle a côtoyé Addi Bâ lorsqu'il venait chez ses parents, écouter Radio-Londres, prendre ses repas et faire laver son linge. Ses sentiments envers le tirailleur sont ambigus, comme ceux d'autres femmes de son entourage : Yolande, Huguette, Germaine, autant de victimes de la séduction du jeune homme.
Différents aspects du monde rural sous l'occupation sont exploités à travers le roman, la survie et la défiance, les trahisons et délations, les combines et la vie qui continue...
L'auteur Tierno Monénembo s'est servi de sources authentiques pour construire les bases de cette biographie romancée, Aujourd'hui, la vraie vie d'Addi Bâ est assez bien documentée. Ce combattant de la France libre n’a reçu la médaille de la Résistance qu’en 2003, soit 60 ans après son exécution.
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Je remercie Livraddict et les éditions Folio (n°6079-parution en février 2016) de m'avoir permis de découvrir ce roman de Robert Seethaler traduit de l'allemand (Autriche) par Élisabeth Landes. Je serais curieuse de connaître l'origine du titre original.
Vienne, été 1937On pourrait dire que le jeune Franzl Huchel descend de sa montagne pour connaître la grande ville. Mais ce serait réducteur. Venu d'une région rurale et minière, Le Salzkammergut, Franz découvre à dix-sept ans, le commerce de détail du tabac sous la férule bienveillante d'Otto Tresniek, la douceur de vivre dans la capitale et les difficultés de l'amour, juste avant que l'Autriche ne bascule dans l'Anschluss.
Tresniek, une ancienne connaissance de sa mère, l'accueille comme un fils et l'élève comme un père : homme d'une grande érudition, il lui impose la lecture approfondie de la presse quotidienne et lui enseigne les subtilités de la fabrication et de la conservation des cigares. Rescapé des tranchées de la première guerre mondiale mais revenu unijambiste, il est pensionné d'Etat, ce qui lui a valu sa charge de buraliste.
A force d'insistance, Franz se lie également avec un client régulier de la boutique, le vieux docteur Sigmund Freud, à la veille de son exil forcé vers l'Angleterre et l'interroge inlassablement sur le sens à donner à son existence.
« Alors comment se fait-il que tout le monde tombe amoureux partout, à tout bout de champ?
– Jeune homme, dit Freud en marquant un temps d’arrêt, on n’a pas besoin de comprendre l’eau pour y plonger tête la première. »
Entouré de figures paternelles qui lui ont manqué - sa mère l'a élevé seule avec l'aide financière d'un notable qui l'entretenait - Franz fait l'apprentissage de la vie, de l'amour et de la mort. A la suite d'une rencontre de hasard au parc d'attractions le Prater, Franz est tombé amoureux d'une jeune effeuilleuse originaire de Bohême, Anezka, qui le séduit puis s'échappe, le rejoint puis le repousse.
Il désespère de rien comprendre à l'amour. Mais il comprend de mieux en mieux les hommes et ce qui l'entoure ne lui échappe pas. Alors qu'au bureau de tabac, classes populaires et bourgeoisie juive cohabitaient sans problème, les lois raciales imposées par l'Allemagne commencent à clairsemer les rangs des acheteurs. Le boucher accuse le buraliste de servir les Juifs ; la vitrine est souillée une nuit, puis brisée.
Ce roman retrace une période noire de la Vienne des années 30, pourtant le désespoir se masque derrière l'enracinement intellectuel dans les valeurs morales et l'extrême politesse bourgeoise tient lieu d'ultime rempart contre la grossièreté de l'âme.
C'est assurément un roman d'apprentissage qui m'a beaucoup fait penser au Candide de Voltaire. Franz est le jeune homme naïf amoureux de Cunégonde. A l'inverse, Anezka ne lui est pas inaccessible en raison de sa fortune, mais elle lui échappe néanmoins à cause de sa naissance qui la conduit à se vendre pour s'assurer une existence oisive et sans entrave. Pangloss serait le docteur Freud qui lui décrypte le monde et éveille son esprit à la philosophie (ici la psychanalyse). Il ne manque pas même l'épisode du tremblement de terre de Lisbonne incarné par le raz de marée nazi sur les provinces revendiquées par la Grande Allemagne. " Il faut cultiver son jardin " : dans un geste dont il ne maîtrise ni la portée pour les passants, ni l'acte de résistance qu'il va finir par incarner, Franz affiche le secret de ses rêves chaque matin sur la vitrine du bureau de tabac.
J'avais suspendu ma lecture à une quinzaine de pages de la fin, sur une note qui me convenait bien... Franz est venu en secret accompagner le départ du vieux docteur : depuis le quai de la gare il regarde avec désespoir s'éloigner le wagon qui emporte son maître à penser. Le livre aurait pu rester longtemps dans ma mémoire, sur une version divergente de celle décidée par l'auteur ! Peut-être d'ailleurs ne m'en serais-je jamais aperçue sans ce partenariat qui m'a fait aller au bout des derniers feuillets.
Lu le 17 avril 2016
Lu le 17 avril 2016

2 commentaires:
Bonjour XL, j'ai trouvé ce roman très bien. Je l'ai lu par hasard et je n'ai pas regretté mon choix. La fin très "culottée" m'a plu. Bonne journée.
oui je l'ai trouvé très peu convenu comme roman.
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