samedi 29 mars 2014

La commedia des ratés

Grand Prix de la Littérature Policière 1992 - Français
Trophée 813 du meilleur roman
Prix Mystère de la critique

J'ai commencé grâce à Sylire avec Enregistrements pirates de Philippe Delerm par lui-même dans la collection Lire dans le noir et j'ai bien apprécié les textes et la lecture de l'auteur. Pour cette deuxième expérience, je suis revenue à La commedia des ratés de Tonino Benacquista qui me tente depuis longtemps dans les rayons de la bibliothèque dans les deux versions, papier (une compilation de quatre polars) et audio.
Dès la première demi-heure de ce deuxième essai, je suis convaincue : j'aime qu'on lise pour moi alors que je ne peux vraiment pas le faire moi même : quand je conduis. J'avais peur de faire preuve d'inattention dans un sens ou dans l'autre : ne pas suivre le fil de l'histoire ou être distraite au volant, rien de tout cela. Je passe plusieurs heures dans la voiture chaque jour, dont une bonne partie de bouchons, et je sens déjà que ça ne sera plus du temps perdu...
Pour revenir au choix des voix, j'ai été un peu agacée dans le premier chapitre par de faux accents italiens pour évoquer les parents du héros, qui ne correspondent pas à la région dont ils sont originaires, la banlieue romaine. Heureusement, l'acteur principal qui interprète Antonio Polsinelli ne surjoue pas et quand Dario son interlocuteur, parle un mélange de dialecte franco-italien qui n'appartient qu'à lui, cela sonne juste.
Le narrateur a fui pour le centre ville son enfance parmi les autres fils d'immigrés et cette banlieue rouge aux portes de Paris. Il n'y revient que sous la contrainte pour le repas dominical en famille. C'est à l'issue d'une de ces réunions de famille que l'attend Dario, un camarade de classe perdu de vue depuis longtemps. Il a un service à lui demander... Très peu après Dario est assassiné et la police identifie Antonio comme un de ses proches.
Un roman mené tambour battant, à grand coup de règlements de compte, mais qui évoque aussi subtilement les difficultés de la seconde génération, de l'exil et/ou de l'intégration : Antonio est l'étranger à Paris mais aussi à Sora d'où sont venus ses parents juste avant sa naissance. Il finit se réconcilier avec ses origines et avec son père.

Extrait de l'épilogue : Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entre la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant la toute-puissance de l'absurdité face au bon sens...

2 commentaires:

Valérie a dit…

C'est un vrai problème ces histoires d'accent. Ce ne doit pas être facile à gérer pour les lecteurs.

fersenette a dit…

Quel bel auteur ce Benacquista, je l'adore !