jeudi 22 novembre 2012

Intruse

Mars 1815 : Napoléon, l'empereur déchu des Français, est reclus dans l'île dont il ne devrait pouvoir s'échapper. Réunie à Vienne, toute l'Europe couronnée se livre à son sport favori : l'intrigue, dont Frédéric de Waldaw n'est pas le moindre artisan. La nuit, entre les murs du palais du Hofburg, se décident les guerres et les alliances.
Auprès de Fanny, une simple couturière qu'il courtise, Frédéric se fait passer pour un valet. Soupçonneuse, la jeune femme décide de le suivre en cachette, déguisée en garçon. La police secrète a repéré son manège. Elle doit trouver un moyen de quitter le petit salon où elle s'est réfugiée. Elle enfile une robe... qui n'est autre que celle de l'impératrice Marie-Louise et se retrouve bientôt au bras du tsar de toutes les Russies, pour ouvrir le bal sous le regard suspicieux, envieux ou intrigué de toute la cour ! La belle intruse bascule dans la folle valse des intérêts et des séductions, entre les jeux du pouvoir ... et ceux de l'amour.

Je découvre la collection Le livre de poche Jeunesse en partenariat avec Livraddict par ce roman historique de Nicolas Jaillet. C'est plein de péripéties et de rebondissements, comme tout bon roman de capes et d'épées auquel il emprunte son style alerte. Mais Fanny, la conteuse qui entraîne tout le monde dans ses récits abracadabrants, est bien plus attachante qu'une Milady de Winter. Bien qu'improbable, l'histoire de ces deux amoureux naïfs qu'un monde sépare, celui des ordres de l'Ancien régime, est d'une fraîcheur divertissante.
J'ai ressenti juste une petite déception lors du dénouement de l'intrigue, pourtant rondement menée par ailleurs : j'aurais aimé qu'on me dise que l'héroïne était une sorte de chevalier d'Eon qui avait manipulé tout le monde et pas seulement une fieffée menteuse à la langue bien pendue et jamais à court d'imagination. Toutefois, il y a une suite où l'on apprend peut être que Fanny n'est pas ce qu'elle paraît, une volte face basée sur l'histoire du médaillon qu'elle garde de ses origines et qui a tant intrigué ses nobles compagnons de tablée.
J'ai bien aimé le mélange des genres entre les personnages historiques comme Talleyrand et ceux de fiction, comme cette troublante Cendrillon, métamorphosée en princesse grâce à l'artifice d'une simple robe. L'histoire du prince et de la bergère se répète sans lasser, même si j'ai eu du mal de croire qu'une fille du peuple puissse sans se trahir à la première seconde se retrouver au milieu d'un bal, en dépit de la précaution que prend l'auteur d'expliquer que la valse s'est dansée à Vienne dans les quartiers populaires avant d'atteindre la cour.
Il est parti vers Missmolko qui l'avait dans sa Wishlist.

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