vendredi 24 septembre 2010

Chambre froide - Les démons de Barton House

Un cadavre extrêmement dégradé est retrouvé sur la propriété d'un manoir anglais du XVIIIème siècle, dissimulé dans la chambre froide, un bâtiment circulaire inutilisé, situé à l'écart du logis et qui servait jadis de garde-manger. Les trois amies d'enfance qui habitent le château font rapidement figure de suspectes idéales pour le commissaire chargé d'enquêter. Il croit d'emblée à leur culpabilité à cause de la disparition inexplicable, survenue dix ans auparavant, du mari de la propriétaire, pourtant décrit comme un être vil et peu recommandable et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Au village, les soupçons ont également la vie dure et l'annonce d'un nouveau meurtre relance la polémique autour des " trois sorcières " de Streech Grange.
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Les démons de Barton House
Un cadavre, deux policiers, trois suspectes... mais au-delà de ce schéma numérique simple, Minette Walters dont c'est le premier roman, possède un art consommé pour tirer les ficelles et faire jouer les ressorts de l'intrigue. Aucun des personnages n'est tout à fait ce dont il a l'air de prime abord et il convient de se garder des jugements hâtifs.
Connie Burns est correspondante de guerre pour l'agence Reuters et elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de trouver des informations sur un sujet brûlant. En mission au Sierra Leone, elle repère une série d'actes révélant la possibilité qu'un violeur récidiviste, mutilant et défigurant ses victimes, se cache parmi les forces d'intervention. Connie établit un lien avec un mercenaire britannique qu'elle a déjà rencontré à Kinshasa, sous une autre identité. Lorsqu'elle croise de nouveau le même personnage antipathique en Irak et qu'elle pressent qu'il pourrait y sévir en toute impunité, elle soumet ses doutes à son rédacteur en chef et à un ami policier, mais ses recherches se heurtent à un mur de silence.
Quand elle prend finalement peur et décide de s'éloigner pour quelque temps, elle est devenue une proie : enlevée sur la route de l'aéroport, séquestrée trois jours durant, puis relâchée, elle se refuse à toute révélation et fuit la presse. De retour en Angleterre, elle veut surtout oublier et se coupe de tous ses proches pour se réfugier dans le Dorset où elle se croit à l'abri sous un faux nom dans un petit village de la campagne profonde. La ferme voisine la plus proche est tenue par une jeune femme introvertie et meurtrie, qui vit à l'écart du village entourée de ses chiens. Connie finit pourtant par développer avec elle des liens proches de l'amitié.
Cette fois encore, au-delà d'une intrigue plutôt bien menée, j'ai apprécié la capacité de Minette Walters à décrire efficacement les caractéristiques psychologiques des personnages et leurs réactions dans des circonstances extrêmes. Je retrouve certaines préoccupations récurrentes avec Chambre froide, son premier roman : un univers qui s'inscrit dans la tradition du roman noir britannique mais avec une prédilection pour les sujets sensibles relatifs aux violences envers les femmes et lui permet de mettre en scène des amitiés fortes et une solidarité née de l'adversité lorsque l'obligation de survie s'affranchit des règles de la justice et de la société, des personnages au caractère trempé, jeunes femmes fortes et fragiles à la fois, plutôt
indifférentes à l'opinion d'autrui voire marginales, sans être insensibles ; dernier détail (à vérifier), j'ai noté une propension particulière à constituer les mutilations aux mains en signe distinctif.
Lu le 8 décembre 2010 pour le challenge Voisins, voisines : Grande-Bretagne

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