challenge numérique neuf
C'est par la voix mentale de Louis Drax, déclaré cliniquement mort par les médecins, puis reconnu simplement plongé dans un profond coma, que le lecteur découvre la vie du petit garçon entre sa naissance et ses neuf ans.En dépit de son intelligence précoce, la narration comprend donc forcément des zones d'ombre, des passages obscurs et des interprétations fallacieuses.
Persuadé d'avoir neuf vies comme les chats, Louis a survécu déjà huit fois ! A l'occasion d'un pique nique pour fêter son dernier anniversaire, en la rare présence de son père Pierre, pilote de ligne, il est victime d'une chute dans le torrent qui coule au fond d'un ravin. Les circonstances, notamment la présence des adultes autour de lui à l'instant de l'accident fatal, sont floues. Son père, disparu depuis l'accident, apparaît comme le coupable désigné.
Le récit de Louis, entrecoupé de ses discussions avec un autre petit garçon et des entrevues de sa mère avec le corps médical, provoque un malaise diffus qui évolue en doute insidieux. Le choix du narrateur est bienvenu pour éveiller les soupçons du lecteur sans donner d'emblée toutes les clefs de résolution.
A travers la grille de compréhension d'un enfant, Liz Jensen parvient à rendre compte des ramifications et de l'absence de solution au délicat problème auquel elle a choisi de s'intéresser. L'histoire se densifie dans la seconde partie, mais je me suis ennuyée pendant les 100 premières pages. Heureusement que j'ai poursuivi car je ne me serais pas du tout attendue à un tel développement.
Lu le 25 juillet 2014
= SPOILER =
Manipulatrice et souffrant du syndrome de Münchhausen par procuration (le terme est lâché dans le roman, mais pour le contester), la mère de Louis fait plus figure de victime que de coupable. Comment accabler une mère éplorée si coopérative avec les médecins et dévouée à son enfant ?Pourtant, elle fait partie de ces femmes qui sous couvert de protéger leurs enfants agissent en véritables bourreaux. En public, elles se montrent en mère soucieuse et forcent l'admiration de leur entourage par leur abnégation, mais elles développent une incapacité à aimer leur enfant sans avoir à le soigner. A travers la maltraitance et en provocant des symptômes à leurs enfants, elles recherchent l'attention des équipes soignantes. Incapables de tisser des liens par ailleurs, elles développent par ce biais une sociabilité qui leur fait défaut.
Info en +
En 1951, Richard Asher est le premier à décrire un schéma d'automutilation où les patients s'inventent des histoires de maladies. Asher appelle cet état le syndrome de Münchausen en référence aux exploits invraisemblables et aux tendances mythomanes du Baron de Münchhausen (1720-1797) tels que décrits par Rudolph Erich Raspe.
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L'enfant bleu
Insecte




























