Ce roman fleuve de Claude Michelet (presque 9 heures d'écoute en livre-audio pour la forme sous laquelle je l'ai découvert) suit l'évolution de trois jeunes hommes au cours de la seconde guerre mondiale. Venus de province pour étudier à Paris, un seul des trois est parisien, ils ont pour habitude de se retrouver à la piscine, pour faire de l'exercice, discuter et admirer les naïades en maillot de bain. L'irruption de la guerre dans leur vie va mettre en évidence les différences idéologiques qui les animent. L'Occupation allemande et l'arrivée au pouvoir de Pétain en 1940 va les amener à faire des choix, selon leurs appétences et à se radicaliser : Jean pour la résistance, Albert dans la collaboration ; René enfin, qui ne voulait pas prendre parti, devenu "un malgré lui" et envoyé en Allemagne pour le service du travail obligatoire, sera le plus durement touché. En ces temps de troubles, où le visage
de l'ami et celui du traître tendent parfois à se confondre, il faut se défier de quiconque...
Le style brillant de Claude Michelet fait revivre petites et grandes figures de la Résistance. Le souffle épique ne se relâche pas une seconde et pour une fois dans ce genre de construction tricéphale, pas un des héros ne l'emporte en intérêt sur les autres. Bien sûr la trame historique des événements est connue d'avance mais les faits humains sont le ressort fondamental du roman. L'auteur tend à montrer que le hasard autant que la conviction guident et scellent les destinées.
J'ai ressenti beaucoup d'émotions à écouter ce roman historique époustouflant qui rend hommage aux héros de la résistance et à Edmond Michelet en particulier :
« Certains ouvrages exigent d’être médités pendant des années avant d’atteindre leur complète maturité et le moment d’être écrits. Je porte en moi ce livre depuis le 25 février 1943, ce jour où, à 7 heures du matin, sous mes yeux et ceux de mes frères, la Gestapo arrêta mon père, alors chef de la région 5 du réseau Combat. »
Claude MICHELET
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