samedi 19 décembre 2015

Les cycles au féminin d'Andrea Japp

  • Diane Silver
J'ai lu les deux premiers tomes de cette série dans le désordre, sans en être dérangée : Dans la tête, le venin et Une ombre plus pâle (Lu le 27 mai 2010) ; la suite La mort simplement vient de paraître.

Nouvelle héroine d'Andrea Japp, Diane Silver est parmi les meilleures profileuses du FBI. Ancienne psychiatre installée à Manhattan, habituée des stars, elle a rejoint les troupes de Quantico à la suite d'un drame personnel qui l'a d'abord fait sombrer en enfer : quinze ans auparavant, un pervers multirécidiviste a violé, torturé puis tué sa fille Leonor âgée de onze ans. Mais Diane, devenue insensible à tout, s'est relevée ; avec hargne, elle s'est juré de traquer sans merci les pires serial killers dont elle a fait sa cible exclusive.
Son pendant masculin est Nathan Hunter, qui lui aussi s'intéresse de près aux tueurs en série. Beau, plus que riche et très intelligent, ce personnage ambigû et plutôt inquiétant intrigue afin d'amener Diane à une alliance a priori contre nature. Ses desseins sont obscurs mais Diane ne semble pas en avoir cure.
Face à ces deux sombres protagonistes taillés pour l'affrontement, le personnage solaire d'Yves Guéguen apporte une touche d'humanité à ce thriller. Colonel de la police française, il a été initié par Diane aux techniques du profilage et apparaît comme un pointillé dans l'histoire.

  • Helen Baron

De l'autre, le chasseur
Pendant trois ans, Helen a vécu le parfait amour avec Cordell Taylor-Caedon, totalement ignorante de sa double vie de serial killer. Refusant d'admettre qu'il l'ait épargnée, alors qu'il a assassiné les membres de leurs deux familles, elle s'est réfugiée dans le reniement de son ancienne vie. Devenue Julia Holmer, elle est décidée à mettre un terme définitif aux "jeux" de son mari, disparu dans la nature. Lorsque les enquêteurs du FBI retrouvent sa trace semée de cadavres, elle propose son aide. S'apercevant de discordances dans le mode opératoire entre les anciennes et les plus récentes victimes, elle leur permet de remonter enfin une piste valable. Mais Charly, prédateur par divertissement, semble s'amuser d'avoir toujours une longueur d'avance.

Un violent désir de paix
Charly a de nouveau pris tout le monde de vitesse et Helen échappe de peu à ses griffes. Il est tenté de la reconquérir ; elle est décidée à le perdre... Ayant accepté de servir d'appât pour en finir, "Terry" emménage dans un atelier isolé dont le système de sécurité présente a priori un unique point faible.
Toutefois, un autre prédateur, fasciné par Charly et ses semblables, est maintenant sur la piste d'Helen. Du point de vue de Cordell, il est hors de question que sa proie lui échappe... ou qu'une tierce personne s'immisce dans l'histoire d'amour et de haine qui le lie intimement à sa femme.
Un mystérieux internaute semble tirer les ficelles.

Sang premier
Helen bénéficie de nouveau du programme de protection des témoins mis en place par le FBI et se cache en Ecosse sous le nom de Constance Wilson ; elle y retrouve sa combattivité. Lorsque Charly sort de son "inactivité" et met en place un piège machiavélique pour la pousser à se dévoiler, elle est prête pour l'affrontement final...
Un des grands plaisirs procurés par les romans d'Andrea Japp tient dans la finesse psychologique des personnages, principaux et secondaires. Dans cette série, la plupart des protagonistes de l'enquête sont récurrents et évoluent au fil des tomes : le lecteur est manipulé jusqu'à l'empathie.



  • Gloria Parker-Simmons

J'ai découvert avec délectation à la médiathèque tout un rayon de policiers signés Andrea H. Japp qui m'avait échappé jusqu'alors. Je me suis précipitée sur La raison des femmes, sans savoir qu'elle était précédée de trois autres enquêtes où apparaissent le même duo de personnages. James Irving Cagney est comportementaliste au département d'études des comportements du FBI chargé de dresser les portraits psychologiques de serial killers. Gloria Parker Simmons (Mme GPS) mathématicienne surdouée mais introvertie, est l'inventeur d'un logiciel basé sur les nuages statistiques, capable de cerner les mobiles et la personnalité d'un tueur en série. Le couple de protagonistes, qui n'en finit pas de se chercher, offre beaucoup de similitudes avec celui imaginé par Patricia Cornwell autour du personnage de Kay Scarpetta.

  1. La parabole du tueur Lu le 7 février 2011
  2. Le sacrifice du papillon Lu le 7 février 2011
  3. Dans l'oeil de l'ange Lu 12/10/10  
  4. La raison des femmes
  5. Le ventre des lucioles
Avis de l'éditeur
Née en 1996 sous la plume d'Andrea H. Japp, la mathématicienne Gloria Parker-Simmons se détache rapidement de sa créatrice pour acquérir une autonomie qui n'appartient qu'aux héroïnes d'exception.
Tout au long des quatre romans qui composent ce volume, elle évolue au rythme d'enquêtes particulièrement retorses, mais aussi et surtout au rythme de son histoire personnelle, dans laquelle le rôle du profileur du Fbi James Irwin Cagney croît en importance.
Lorsque Gloria réfléchit, l'écriture d'Andrea H. Japp se fait dense et précise, déchirante quand elle aime ou déteste, et la romancière parvient ainsi - talent ou magie ? - à doter le lecteur d'une amie. Plus, d'une sœur.

La raison des femmes
Deux hommes dans la cinquantaine se font tirer à bout portant puis égorger. La scène de crime semble maquillée en cambriolage et la police locale, qui revient bientôt sur l'évidence du mobile, se voit supplantée par le FBI : en effet, l'arme du crime a déjà servi, dans un double meurtre onze ans auparavant. Gloria, qui s'intéresse aux circonstances de l'affaire, propose son aide jusqu'à ce que l'approche de la vérité la mette face à sa conscience.
Andrea Japp signe un polar original, qui sort des sentiers battus - la plupart de serial killers sont des hommes, mais je n'en dis pas plus - et entraîne le lecteur dans son univers, criminel certes mais qui reste humain, subtilement psycholoqique, féministe sans être militant.

Le ventre des lucioles
La poésie du titre recouvre une réalité sordide. Les lucioles sont l'image des adolescentes arrachées aux pays de l'est et prostituées au bord des routes, que les feux qu'elles allument pour se réchauffer signalent aux clients. Installé d'abord en Europe, le trafic se propage outre-atlantique ; il se double parfois d'une perversion supplémentaire.



  • Ann Hawk
Le septième cercle
Dans l'Enfer de Dante, le septième cercle est occupé par les traîtres et les lâches.
Ann Hawk était au volant lors de l'accident qui a coûté la vie à son fils et son mari. Elle n'a pensé qu'à sa propre survie durant les quelques secondes avant l'explosion de la voiture. Bien qu'en état de choc, elle a repris son travail dans un cabinet de conseil aux entreprises. Mais elle ressent une sorte d'urgence à agir, qui reste vague jusqu'à ce que se précisent des impressions paranormales en rapport avec le meurtre d'une journaliste d'investigation. Pour comprendre, Ann s'associe avec Richard Codrington, cosignataire d'un article primé de Clara Saragan.
Andrea H. Japp adopte une manière d'écrire économe, très incisive et sans effets superflus, qui rend comme au ralenti le décalage entre la succession rapide des événements et le ressenti du narrateur.
Lu le 5 octobre 2009

La voyageuse
Comme beaucoup de romans d'Andrea Japp, l'histoire se déroule à Boston. Ann se sent un peu comme une voyageuse sans attache depuis qu'elle survit à la mort de son mari et de son fils. Elle, si rationnelle autrefois, ne se fie plus qu'à son instinct au jour le jour. Elle décide qu'il est temps de changer d'air et visite une maison de banlieue à Newton. Mais une impression déplaisante devant la jeune femme qui la reçoit, une odeur de maison mal tenue qui plane dans les pièces délabrées et une atmosphère malsaine suffisent à alarmer son esprit critique. De retour chez elle, Ann décide de s'en ouvrir à Richard qui se lance dans quelques investigations. Mme Gee, l'occupante des lieux lui a menti sans raison apparente.
La suite est un suspense insoutenable et dense comme sait les construire l'auteur. La tonalité du roman est  lourde, traumatisante. Les personnages bizarres et inquiétants, manquent totalement de sérénité. La mort plane, elle a déjà frappé l'entourage de Richard et Ann. Le lecteur sent un drame latent sans savoir où il va éclater...

50 états, 50 billets
Boston , Massachusetts

jeudi 17 décembre 2015

mercredi 16 décembre 2015

Lou - tomes 1 à 5

la mère : Maman séparée qui élève seule sa fille de 12 ans, elle rencontre Richard. Auteur de science fiction, elle intègre des épisodes transposés de sa vie réelle dans le space opéra qu'elle dessine et où elle met en scène Sidéra l'amazone de l'espace et le prince Fulgor. Le succès vient peu à peu
la fille : Lou a une meilleure amie, Mina et un chat sans nom adopté dès le premier album. En face de son immeuble vit le beau Tristan.
Les (+) : les lecteurs suivent l'évolution de Lou, chaque été marque le début de l'album que vient clôturer l'anniversaire de Lou / les correspondances : inclusions de pages de la BD dessinée par la mère de Lou
Le (-) : l'essoufflement de la série / l'entrée dans la période adolescente puis adulte

La BD interroger les relations intergénérationnelles entre la grand-mère, la mère et la petite-fille : difficiles entre la Mamie et les désirs rebelles de la Mère, plus protectrices de Lou envers sa mère, chacune a les problèmes de son âge mais le même défaut de communication empoisonne leurs relations : Mamie et le voisin, la mère et Richard  le fiancé idéal de sa mère ou  Clément le naze candidat de la grand-mère, Lou et Tristan, ? le voisin d'en face sans surprise quoique ou Paul ? l'artiste-peintre-musicien-poète de Mortebouse, un sobriquet qui en dit long sur le dynamisme rural vu par les yeux d'une adolescente qui rêve d'émancipation !
Le cimetière des autobus (T3) est intéressant car il éclaire l'enfance de la mère à Mortebouse par son journal intime et les révélations sur ses parents, son père (absent dans les autres albums) apparaît, on peut se demander si la grand mère qui a élevé seule sa fille était veuve ou célibataire.
Idylles (T4) est névralgique car il concerne la fin du collège et le sortir de l'adolescence, mais je trouve que le virage a été mal négocié. M. et Mme Garsillac (Sophie et Henri) invitent les quatre copines : Marie Emilie, Mina, Lou, Karine à passer l'été ensemble dans leur superbe villa. Lou se pose avec acuité la question de Paul ou Tristan.

De mon point de vue, les albums du début sont de loin les meilleurs
tome 1 : Journal infime (été 12 ans)
tome 2 : Mortebouse (été 13 ans)
tome 3 : Le cimetière des autobus (hiver 13 ans) Prix jeunesse des 9-12 ans à Angoulême 2005.
J'ai moins aimé Idylles, le tome 4 (été 14 ans) et j'ai définitivement décroché avec le tome 5 : Laser Ninja (hiver 14 ans)
Lus le 11 juillet 2012

Du même auteur - Julien Neel - j'ai de beaucoup préféré Le viandier de Polpette (Lu le 2 novembre 2011, en attente de la suite)

lundi 14 décembre 2015

Alessandro Barrico [2]

Je partage l'article de Noukette comme j'ai partagé la joie de découvrir Soie et Novecento en ayant l'impression d'un auteur rare à lire en prenant son temps.

COUP DE COEUR
Ma première visite du challenge des 5 continents sera pour l'Asie, avec Soie d'Alessandro Barrico. Le Japon de la seconde moitié du XIXème siècle y est à l'honneur, alors qu'après des siècles d'isolement féroce, la marine américaine vient de contraindre l'empereur à ouvrir deux de ses ports aux étrangers.
Hervé Joncour, que son père et maire de Lavilledieu, destine aux métiers des armes, a peu de chance de faire carrière dans la soie. Mais le méridional Baldabiou l'ayant repéré, en décide autrement et convainc le jeune homme de travailler pour lui. Il l'envoie d'abord au Moyen Orient, un voyage qui dure plusieurs mois, puis jusqu'au Japon chercher des oeufs de vers à soie exempts de la terrible maladie qui ravage les élevages européens.
Trois années durant, Hervé Joncour répond fidèlement à sa mission, faisant la fortune de l'industrie soyeuse de sa ville et s'assurant un patrimoine personnel considérable. Heureux en ménage avec Hélène, à laquelle ne manque que l'accomplissement de la maternité, il ne peut cependant se retenir d'une irrésistible attirance pour la concubine de son fournisseur, le puissant seigneur Hara Kei. La quatrième et dernière année, une terrible guerre civile ravage le Japon et Hervé Joncour, qui a pris des risques insensés pour revoir - de loin - la jeune femme, est sommé de ne jamais revenir. Des années plus tard, il reçoit une longue lettre en japonais.
illustration Rebecca Dautremer
J'ai vraiment apprécié ce livre qui vogue sur l'histoire et la géographie, fait des détours contemplatifs vers la philosophie et concilie avec le romantisme deux merveilleuses histoires d'amour. Le couple formé par Hervé et Hélène Joncour est magnifique, tout comme le personnage de Baldabiou, leur bon génie. Homme de coeur et d'affaires, même si cela semble inconciliable, il n'hésite pas à prendre des risques et joue sa vie avec nonchalance sur un coup du sort.
J'ai particulièrement aimé, dans le rythme narratif, la reprise d'un paragraphe entier, de loin en loin, pour marquer, comme dans les contes, la répétitivité et la longueur monotone du voyage, année après année, ou bien les éléments descriptifs de la jeune femme dont la forme des yeux n'est pas orientale et dont tant le nom que la voix resteront à jamais un mystère.
Un roman précieux comme la soie grège et minutieux comme des idéogrammes sur du papier de riz 
des commentaires plus étoffés et mieux développés chez Emmanuelle ou Jacques
Lu le 12 avril 2014

jeudi 10 décembre 2015

Bilan BD de l'année

Décembre :
très bon :
Walking dead tomes 4 à 17/24, addictif Rick Grimes !
Le carnet bleu et Après la pluie, sublimes jeunes femmes de Juillard
Ernest et Rebecca tomes 1 à 4, une puce de 6 ans et presque et demi et un microbe très malins, des personnages secondaires attachants : Coralie la grande soeur, Pépé Bestiole
Lady S tome 11, l'identité de Shania semble s'être fixée, mais les rebondissements continuent (dans la lignée de XIII)

moyen :
Carmilla d'après Sheridan Le Fanu
Paola Crusoë tome 1/3 une famille parisienne en croisière et une île déserte
Les reines de sang : Aliénor tomes 1 et  2/3, le règne de Charles VII revisité
Les larmes du seigneur afghan reportage à la frontière russo-afghane
Zombies : Néchronologies

moins bon :
La licorne tomes 3 et 4/4, ésotérique et aussi obscur que le premier tome.
Le dernier Templier tome 1 à 4/4, intégriste ou malfrat ?

Septembre-octobre :
Le singe de Hartlepool    Libraires - BD - 2013
XIII cycle 2 Le message du martyr
Amours fragiles tome 1 Le dernier printemps
Moréa tome 8
Reines de sang - Aliénor tome 1
7 Détectives : Miss Crumble - Martin Bec
Walking dead, tomes 1 à 3 (challenge d'Halloween)
Bouche d'ombre
Maliki broie du rose (tome 1 en cours)
Centaurus de Léo et Rodolphe

Août :
L'auberge de Nulle Part de Roberto Innocenti et Patrick Lewis, des pensionnaires très particuliers puisés au répertoire fantastique international, un trait très figuratif et un luxe de détails



Appartement 2 tomes, un manhwa classé horreur mais que je trouve plutôt fantastique

J'ai tué Géronimo, un titre déconcertant et une histoire singulière : une figurante mythomane et sans talent se prend pour la vedette principale

Barracuda tome 5 Cannibales, dans la continuité de la talentueuse série de Dufaux et Jérémy

Tony Corso tome 2 le privé du show bizz, cynique et faux dilettante

La guerre des amants tomes 1 et 2 Rouge révolution et Bleu Bauhaus, à lire Jaune Berlin

Ibicus de Rabaté (trilogie) à découvrir enfin mais il y a un tome 4

Les toubibs tome 7

La colère de Fantomas, avec Juve, Fandor et Lady Beltham, une suite d'après l'oeuvre de Soulvestre, l'ancêtre malfaisant de tous les super héros

Âama tome 1/4 de Frederik Peeters : une lecture à rebours pour comprendre le dernier tome

Juillet :
Le voyage des pères de David Ratte : relecture, le quotidien au temps et pendant Jésus, trois personnages de tempérament très différent, trois manières d'interroger le monde, j'aime le trait rond de l'auteur qui rappelle un peu il était une fois l'Homme, et des idées qui sont carrément subtiles
tome 1 Jonas/ tome 2 Alphée / tome 3 Simon

La technique du périnée de Ruppert et Mulot : fantastique et critique sociale des geeks, réseaux sociaux, intellectualisme snob du marché de l'art

Pilules bleues de Frederik Peeters (un sujet auquel je ne m'attendais pas du tout, traité avec émotion sans faux semblant, cela reste pourtant une très belle histoire d'amour, dans l'épilogue on reconnaît le trait du dessinateur d'Âama et même son modèle Anna

Les larmes de l'assassin : dépaysement garanti au Sud du Sud du Chili, géographiquement mais aussi humainement, magnifiquement traduit (illustré) par Thierry Murat

Les chevaliers de l'éther : fantastique et historique, un ingénieurveuf d'un astronome visionnaire, un trio d'infernaux gamins décidés à déjouer les menaces de l'espion prussien introduit à la cour de Louis II de Bavière inspiré par les étoiles, Sissi impératrice aussi belle que Romy Schneider... hâte de lire la suite de ce sublime album  très grand format !

Game over, une succession de gags réussis, voire tordants, car le héros (petit barbare) et la princesse finissent toujours par mordre la poussière, ou cracher leurs dents, ou compter leurs abattis...

Le Khan (5 tomes) de Georges Ramaioli et André Houot, quête et conquêtes de Gengis Khan, une épopée en 5 tomes

Blanche neige et les 7 nains, texte de Jacob Grimm illustré par Benjamin Lacombe

Le Dodo, mythes et légendes
Tour du monde : REUNION et MAURICE
Oiseau mythique de l'océan Indien, le dodo appartient aux légendes, celles qui sont issues des récits de voyages du XVIIIe siècle mais aussi celles qui ont été imaginées sur cet étrange volatile.
Et pourtant, le dodo a bien existé, il a voyagé dans des contrées fabuleuses, a été invité dans les cours royales et a failli disparaître de la mémoire des hommes... où il a survécu par miracle.

Le dahlia noir, le remarquable texte de James Ellroy est servi par le découpage respectueux de Matz et Fincher, ainsi que par un graphisme soigneux et lumineux

Gabrielle B (trilogie) par Dominique et Alain Robet, au coeur de la chouannerie, une Surcouf en jupons, au temps des intrigues entre royalistes et républicains

Ben, gags sur les seniors autour de la vie d'un jeune couple, leurs deux enfants et leurs quatre parents


Juin :
Peu de BD au programme décevant de ce mois. Pourtant ma PàL s'est agrandie de trois parutions récentes grâce à Oliv et au swap Images : Glen Gould, Belle île en père et Mongo est un troll

Demain je maigris par Céka et Jean-Christophe Pol : Une BD nombriliste sur le diktat du régime orientée couple, fausses bonnes copines et mauvais conseils : nichons, dérision et machisme au menu. Bof

Fraise et chocolat d'Aurélie Aurita
à ma première tentative je n'étais pas allée au delà d'un feuilletage rapide à cause des détails scatologiques de la page ouverte au hasard, pourtant l'album figure dans de nombreuses listes comme de la bonne BD, je suis donc revenue aux aventures sexuelles de Frédéric et Chenda au pays du soleil levant et c'est vrai qu'à part cet aspect manifeste, redondant et limite outrancier, le côté " et la tendresse bordel" m'a bien plu, l'ensemble est léger, émouvant, sans embarras, impudique, un pêle-mêle de qualités et de défauts qui font le style de l'auteur. Il existe un tome 2 concernant la suite de leur relation.


Mai :
Légendes de la Garde (trilogie)
Le monde dangereux des souris à travers l'histoire de Celenawe, héritier en ligne directe et dernier détenteur de la Hache noire, sédition, loyauté, bravoure... et sentiments humains dans cette belle série de trois albums au graphisme inspiré par les enluminures et la civilisation médiévale


Madila (intégrale) de Chantal de Spiegeler
4 albums parus et un inédit : Madila Bay, Rouge ruby, Octavie, Zelda et moi, Les yeux dans les yeux
5 vies de femmes dans le domaine de la mode ou du cinéma au coeur d'une ville artificielle et vaine
un dessin syncopé et des gravures de mode très 80's,
j'avais adoré, j'aime encore

Avril :
grosse surprise avec la lecture du tome 1 de Messire Guillaume de Gwen de Bonneval et Mathieu Bonhomme, qui se passe dans un univers tout à fait médiéval, avec de la magie/sorcellerie dans l'air mais c'est tout, avant de basculer dans un monde totalement onirique par la dernière planche. Le tome 2 m'avait fait penser aux Voyages de Gulliver avant de comprendre la référence aux créatures de l'Enfer de Dante.

Entre chats de Frank Pé, album obsessionnel très abondamment illustré de croquis et dessins de chats en tous genres (collectif)

Le tempérament de Marilou par Servais

Moi assassin, donner la mort comme forme d'art ultime, album en noir et blanc et rouge 

Mars :
Destins tomes 6 à 13

Ete 79 dont j'ai lu la suite Automne 79 deux ans auparavant, c'est évidemment plus facile à comprendre ce qui se passe dans la seconde partie du diptyque ! (noir et blanc, assez naïf, mais très "parlant" autobiographique et cathartique)

Kililana Song tome 1, même constat, j'ai lu la fin avant le début, mais quel plaisir de découvrir ce tome, j'adore le style, graphisme et narration, de Benjamin Flao, je crois que je vais m'acheter les deux albums ; à moins que je me laisse tenter par ses carnets de voyage

Dakota tome 1, le duo Dufaux-Adamov (L'impératrice rouge) dans leur nouvelle oeuvre, ça fonctionne toujours mais j'attends la suite car ce tome est une mise en bouche ; les collapses (les humains normaux) sont méprisés par les super-héros (les parfaits dotés de super pouvoirs) qui sont supposés les protéger mais qui pour certains veulent les éliminer.

Arctica tome 7 Le messager du Cosmos, la petite fille aux cheveux bleus, découverte sous les glaces arctiques et réveillée de son sommeil millénaire est poursuivie par les services secrets américains, russes et français, protégée par Dakota elle a trouvé refuge dans le Sud de la France avant de partir en expédition en Méditerranée pour retrouver le vaisseau extraterrestre immergé

Larguée par téléphone, son univers s'effondre, l'album parcourt les tréfonds de la déprime jusqu'à la fin du passage à vide, en passant par l'indifférence maternelle et la solidarité féminine

Monsieur noir, dyptique fantastique Duffaux et Griffo

Messire Guillaume tome 2, les figures croisées par Guillaume, à la recherche de l'âme paternelle, sont inspirées des illustrations médiévales de l'enfer de Dante

Earl et Mooch tome 2,  un comic où les humains sont montrés du point de vue de deux animaux de compagnie qui font mentir le dicton s'entendre comme chien et chat

Février :

Jolies ténèbres de Fabien Vehlman et Kerascoët, dérangeant et un peu gore (ceci explique cela)

Demain les dauphins de Miguelanxo Prado, une encyclopédie post-humain, des postulats intéressants et je suis fan du trait de Prado

Cauchemar blanc, Le bandard fou, et autres histoires de Moëbius, un autre de mes auteurs chouchous, toujours un peu déjanté

Otto de Frodo de Decker, farfelu, naïf, poétique, une sorte de Pierrot de la Lune avec des airs de Stéphane Bern

Destins tomes 1 à 5 de Giroud, le principe de l'uchronie personnelle vue par Giroud, débuts prometteurs des deux fils de vie rattachés à Ellen par une erreur de jeunesse et le (les) choix qui s'en sui(ven)t

La princesse du sang de Max Cabanes d'après Manchette, ce qui nous garantit de l'action et un démarrage au quart de tour

La quête d'Ewilan tome 1 d'après Pierre Bottero, me donne plutôt envie de lire le roman

Couleur de peau : miel tome 1 de Jung, repéré depuis longtemps chez Mo et Jérôme, les questionnements du jeune Sud-Coréen adopté, l'humour est là mais mon plaisir est resté moyen

L'Amérique tomes 1 et 2/3 d'après Kafka, intéressant et drôle, les mésaventures de Ralph ne sont pas sans me rappeler une pièce que je viens de voir Moi qui ai servi le roi d'Angleterre (le livre est dans ma LàL depuis longtemps)

Deux lectures mais quels chocs en janvier:

Un printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage, surprise car ce n'est pas la dévastation attendue

Droit du sol de Masson, le problème sanitaire et social des Comores et de Mayotte par les yeux d'un médecin hospitalier

mercredi 9 décembre 2015

Horrorstör



Basil, le responsable, Amy, Ann Ruth, deux de ses employées, Matt et Trinity de leur côté, se retrouvent à patrouiller de nuit dans le magasin désert (vraiment ??) pour essayer d'en percer le mystère. Leur existence en restera bouleversée.

Plus jamais je n'aurai envie de me laisser enfermer dans un magasin la nuit (ni dans un musée depuis La nuit au musée !). En plus, la marque concurrente d'Ikea existe vraiment, je croyais que tout était fiction dans ce roman. Peut être que la prison panoptique aussi en fin de compte...

50 états, 50 billets
Cleveland, OHIO
Pour illustrer cet état, une ballade romantique accompagnée à l'harmonica : les paroles



mardi 1 décembre 2015

Le challenge Destockage de PAL fête ses 1 an !

Pour l’occasion, Licorne et Zina proposent une session un peu particulière ! Du 1er décembre au 29 février, un seul livre à choisir en binôme dans la PAL de son partenaire… MAIS le choix entre 3 thèmes ! 
ORDRE DE MISSION :
Un hiver à la montagne
C’est Noël !
Avance dans une série

Vous devrez donc choisir dans la PAL de votre partenaire, soit un livre dont le titre évoque à l’hiver (glace, neige, pluie, montagne, etc), soit un livre qui rappelle Noël, soit un tome de série déjà commencée (donc au moins un tome 2). Et comme toujours, un code secret vous sera attribué comme nom de binôme ! Cette session : les expressions françaises.

A son invitation je récidive avec Amarüel bien que nous ayons lamentablement raté le challenge précédent toutes les deux avec un livre lu mais non chroniqué dans les temps.
Elle me propose La liste de mes envies (dans l'esprit de Noël) et ça me va bien car il est tout frais dans ma PàL (LU). Refusé par les organisatrices qui ont validé son deuxième choix, Camilla Läckberg. Pour elle, ce sera un tome 2 qui m'intrigue et dont le tome 1 lui a beaucoup plu : Le bâtard de Kosigan

J'ai commencé ma lecture en audiolivre car je fais un peu de route pour les fêtes !
La princesse des glaces   Grand Prix de la Littérature Policière - Etrangère 2008

Il s'agit du premier tome des aventures d'Erica Falck et Patrik Hedström à Fjällbacka, mais j'en ai déjà lu un autre (voir ci-dessous) et du coup j'ai en interférence certaines réminiscences perturbatrices. Malgré mon agacement pour certaines fautes de style et de niveau de langue (imputables à l'auteur ou à la traduction ?) et même si je désapprouve le choix de la voix de la lectrice, je me régale d'écouter plutôt que lire cette intrigue bien menée et entrecoupée des histoires de coeur, de famille et de jeunesse de l'héroïne (qui me restera peu sympathique à la fin du roman car je lui trouve plus de défauts que de qualités). Les petits secrets bien gardés depuis 25 années menacent d'éclater au grand jour et cela inquiète certains membres de la communauté de Fjällbacka. L'auteur excelle à traduire les tourments de vies faussement bien rangées. La solution viendra de l'inspecteur Hedström, bien mal appuyé par son supérieur (incompétent) et sa nouvelle fiancée (fouineuse envahissante).
Lu le 7 janvier 2016

Le tailleur de pierre
Troisième tome de la série
Lu le 13 mai 2015
Il m'a laissé un bien meilleur souvenir, mais je vais raccorder mes violons en lisant Le prédicateur

Cyanure
Alors que celui offert par My reste dans ma PàL, je viens d'avoir l'opportunité de découvrir le premier roman de Camilla Läckberg. Il s'agit d'un huis clos sur une petite île isolée du continent par une tempête.
Martin Molin, inspecteur à la criminelle, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille présidée par le patriarche : Ruben, patron à la retraite d'une multinationale qu'il a édifiée et dirigée d'une poigne de fer, a invité ses deux fils, belles filles et leurs enfants pour quelques jours de détente dans un gîte luxueux sur l'île de Valö face à Fjällbacka. Il leur prépare une annonce fracassante et a su ménager ses effets pour obtenir de son entourage un maximum de consternation. La présence plutôt providentielle de Martin vient à point nommé... pour résoudre l'énigme d'un double meurtre.

J'ai été un peu déçue par ce court roman et cette intrigue à la façon d'Agatha Christie, plus ébauchée que réellement développée. C'est gentiment mené mais ne m'a pas convaincue de la suprématie de celle qui est annoncée comme la nouvelle reine du polar scandinave.
Lu le 19 octobre 2013

lundi 30 novembre 2015

Le facteur 119


118 facteurs pour une IA parfaite, telle est la formule du professeur Ellyard McComb, cybernéticien de génie. Lorsqu'il découvre que ses créations ont été détournées de leur but premier par Henri Havensborn, son patron sans scrupule, il doit lui aussi faire une entorse à son procédé. Il parvient à modifier, dans leur programmation, le facteur surnuméraire, pour sauver un peuple entier de l'extermination, prenant tous les risques jusqu’à mettre sa propre existence, ainsi que celle des Intelligences artificielles qu’il a créées, en péril.

 J'avais très envie de lire Le facteur 119 depuis sa sortie. Je remercie Livraddict et Voy'[el] pour ce partenariat qui m'en donne l'occasion. La lecture sur écran ne m'a pas du tout entravée tant j'avais hâte de connaître la suite et là les pages se tournaient comme des vraies !

L'environnement crée par Lydie Blaizot est un univers-monde : une confédération où coexistent plusieurs espèces, vivantes ou disparues, un complexe géopolitique gouverné par les ingérences et les intérêts divergents des uns et des autres.
Les Bellosiens, pacifistes en avance de plusieurs siècles trahis par une autre espèce, ne laissent qu'un navire stellaire géant, de la taille d'une ville et gouverné par une IA qui va tenter de comprendre le génocide de " son " peuple et imaginer une vengeance à la mesure de ses formidables pouvoirs technologiques.
Les Médroviens sont les méchants de l'histoire. Expansionnistes, ils projettent depuis longtemps de conquérir l'empire voisin des Loraniens. Ils possèdent de gros moyens d'action et sont prêts à toutes les traîtrises :  utilisation des querelles intestines de leurs victimes, détournement des IA commandées pour contrer leur menace, guerre bactériologique. Leur bras armé est le chef de la police secrète, Keyrl Hoden installé comme ambassadeur dans la confédération.
Ellyard McComb et son oncle Donovan, un trafiquant au grand coeur, vont s'opposer à leurs sombres desseins. Ils sont accompagnés par Karl, un majordome cyborg et de 4 IA de sa conception : Gabrielle (militaire) Tyler (informaticien)  Ethan (médecin) et William (comte et membre de la confédération). En dépit du caractère artificiel des personnages principaux, l'humain est au coeur des questionnements qui sous-tendent le roman, car chacun fait preuve de personnalité et de caractère.

Tirées des cuves de croissance de manière précipitée, jetées dans la bataille avant la fin de leur cycle d'apprentissage, les IA évoluent au fil de l'histoire. " Nées " adultes et surpuissantes, elles continuent à progresser dans leurs apprentissages et montrent leur capacité d'adaptation, notamment pour ne pas heurter les humains. Elles s'interrogent sur leur absence de besoins vitaux : sommeil, nourriture, etc, mais aussi sur les sentiments qu'elles ressentent envers leur créateur et les êtres qu'il leur a donné pour mission de protéger.
De même, les humains sont gagnés par la sympathie qu'ils éprouvent pour ces " créatures " : l'adolescent partagé entre admiration, amour et méfiance, l'homme bouleversé par une attirance contre nature, la femme entravée par ses sentiments envers la copie conforme mais subtilement différente de son mari, l'homme mûr qui n'accepte pas la réplique en plus parfaite de son neveu... tous les degrés d'acceptation sont représentés parmi ceux qui les côtoient : le rejet, le mépris, la crainte.

L'action est très présente au coeur du roman, les IA n'ont guère de répit dès leur venue au monde. Hyperadaptées, elles réagissent au quart de tour et semblent exemptes d'erreurs de jugement. Pourtant, dans les moments de répit, elles sont capables d'éprouver la beauté, l'attachement, la tristesse, la colère, la peur de la perte... ce qui les rend très humaines, fragiles en dépit de leur perfection physique évidente. Elles m'ont évoqué les androïdes en fuite de Blade Runner : même si elles ont trouvé une terre d'accueil provisoire sur Ridhmir, en vivant cachées parmi la population ignorante de leur existence. On peut supposer une suite moins favorable si elles devenaient trop nombreuses ou trop visibles.
Ce roman m'a beaucoup plu et j'espère retrouver Gabrielle et ses compagnons, mais aussi Gebth l'héritier de Ridhmir, pour voir comment ils vont vivre la suite des événements, l'apaisement des tensions entre les duchés, le maintien de la paix et la reconstruction de l'Empire.

samedi 28 novembre 2015

Walking dead

Initiée grâce au marathon de LaurenceAuthentique et au challenge Halloween de Lou et Hilde, ma lecture de Walking dead se poursuit tant que la médiathèque locale parvient à me fournir ma dose hebdomadaire ! J'ai vu hélas que les bacs ne contiennent pas de tome postérieur à 17 alors que les auteurs annoncent que la série n'est pas prêt de finir et que les couvertures insérées en fin d'album montrent des numéros au delà de la trentaine.

Rick est resté longtemps dans le coma à la suite d'une arrestation qui a mal tourné. Lorsqu'il se réveille, le monde a définitivement changé.
tomes 1 à 3 : je me suis arrêtée faute de carburant car je n'avais pas emprunté la suite, il y a de quoi faire vu la longueur de la série ! Cela regorge de zombies mais je n'ai pas réussi à trouver cela trop gore car je me suis plutôt intéressée à l'aventure humaine de l'ex-policier et de ses compagnons de hasard et d'infortune.
J'emprunte la suite à raison de 2 par 2 pour faire durer. Les survivants ont fini par trouver une relative sécurité dans une position défendable, mais ils ne sont plus seuls. Chaque épisode est une histoire qui peut être lu indépendamment, notamment grâce au récapitulatif placé en tête d'album qui montre l'ensemble des personnages entrés et sortis avec leur tome d'apparition.

Le stock de la médiathèque s'arrête au numéro 17 mais je suis devenue définitivement fan de cette série (au début j'ai choisi cette lecture du challenge Halloween par curiosité envers les nombreux billets enthousiastes que j'ai pu croiser sur les blogues que je visite).

Walking Dead est une série de comic books publiée depuis 2003. Elle a été créée par Robert Kirkman (scénariste) et Tony Moore (dessinateur) puis Charlie Adlard (dessinateur). Cette série narre les péripéties d'un groupe de personnes essayant de survivre dans un monde peuplé de zombies. L'origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, le héros, tente tant bien que mal de protéger sa famille et d'autres rescapés dans ce monde hostile et effrayant, cherchant le refuge idéal, l'endroit qu'ils pourront appeler foyer.

Du groupe de survivants des débuts de l'histoire, il n'en reste que très peu : Rick et Carl son fils maintenant âgé de huit ans, Andréa et Michonne, respectivement tireuse d'élite et experte au katana.
Deux types d'organisations prévalent :
- des groupes armés et ultra violents, plutôt nomades qui règnent par la terreur, rançonnent et exploitent la faiblesse des autres survivants : Woodbury et son Gouverneur organisateur de jeux du cirque, les chasseurs (cannibales), les Sauveurs et leur leader Negan, des gangs de motards
- des communautés d'entraide, installées et retranchées, qui recherchent et accueillent les survivants isolés, pour recréer les meilleures conditions de survie possible : Alexandria avec Aaron et Eric, la Colline avec Jésus, ce que Rick et ses compagnons ont tenté dans la prison
Maintenant que la survie est relativement assurée, en dépit de morts brutales et fréquentes qui amenuisent le groupe de Rick, chaque album se permet d'aborder des phénomènes micro-sociaux. Alors que la gestion des rôdeurs du dehors est devenue presque gérable, sauf lorsqu'ils atteignent la taille critique d'une horde, ce sont les relations humaines qui continuent à poser problème : envie, exploitation, pouvoir, sexe, rivalités, etc

Origine : Comté de King, Atlanta, GEORGIE
Destination : Washington, MARYLAND
à travers :
CAROLINE DU SUD, CAROLINE DU NORD, VIRGINIE


samedi 21 novembre 2015

Brooklyn paradis

Les éditions La Bourdonnais et l'auteur Chris Simon, qui m'invite d'un mot d'accompagnement sympathique à découvrir l'univers de son roman (Pulp), m'ont permis de lire la saison 1 de Broklyn paradis : Dumbo sur canapé.
J'avais manqué le partenariat pour Lacan et la boîte de mouchoirs et j'ai donc profité de cette nouvelle opportunité pour découvrir la plume de cette Américaine installée en France. Lien vers son blogue

Le concept :
En 2013, Laurent Bettoni lance une collection Pulp chez un nouvel éditeur La Bourdonnaye, en hommage à la tradition des pulps américains, qui ont connu leur heure de gloire au début du 20ème siècle et ont fait connaître des personnages cultes comme Conan le Barbare. Les séries littéraires inédites sont conçues comme des séries télévisées, avec plusieurs saisons de six épisodes d'une vingtaine de minutes chacune, au rythme d’une par an. Tel un producteur pro de TV américaine, il écrit la première série « Les Costello ».
Résumé :
Que veut-elle de plus, Courtney Burden, elle qui a déjà tout : un riche et beau mari, Jeb ; deux enfants splendides, Cameron et Sawyer ; un métier créatif et une brownstone de trois étages à Brooklyn, New York, là où tout le monde veut vivre ? Alors on pose la question, que veut-elle de plus, cette femme qui nage en plein American dream ? Réponse : un canapé. Un canapé pourri. Et abandonné au bord d’une route paumée. A-t-elle un problème ? Est-elle cinglée ? Non, c’est juste une chineuse compulsive qui retape et revend à prix d’or des objets en fin de carrière auxquels elle redonne une nouvelle vie dans les superbes lofts de ses clients hipsters. Sauf que là, le canapé n’était pas vraiment abandonné...
À qui appartient ce canapé que Courtney rapporte à la maison en ce matin de printemps ?

Source d'inspiration :
Un fait divers qui s’est passé à New York, il y a une dizaine d’années : deux employés de la ville avaient trouvé dans une remorque abandonnée, un canapé. Ils le portèrent à la décharge municipale pour le détruire… Une sacrée surprise les attendait. Je suis partie du souvenir de ce fait divers.

Les Burden, installés dans le Brooklyn déjà chic, Brooklyn Heights, ont tout de la famille modèle. Mais préjugés de classe, opportunisme et arrivisme forcené se cachent sous le vernis. 
Jeb, est dans la finance, le lecteur n'en saura pas beaucoup plus sur le mari, sauf qu'il est excédé que le sous-sol de leur Brownstone de 3 étages soit envahi par les brocantes ramassées à tout va par sa femme, en dépit d'une amende déjà infligée par les pompiers. 
De Courtney, je dirais qu'elle est une chineuse compulsive, un ami de son fils aîné la décrit comme radine parce qu'elle préfère ramasser dans la rue plutôt qu'acheter ce dont ils ont besoin. Incapable de museler son vice, elle met en péril la bonne santé de la vie familiale : le "coup du canapé" est celui de trop qui pourrait bien les mettre aux mains de vrais bandits. 
Cameron est un adolescent sans aucun sens moral. Obsédé par les fantasmes sexuels, il épie la nudité d'une voisine plus âgée lorsqu'elle fait sa gymnastique et cherche à profiter de la vulnérabilité de la baby-sitter de son petit frère. L'opportunité de la cocaïne cachée dans le canapé lui fait espérer argent et filles faciles : il se lance sans scrupule ni précaution dans son petit commerce de détail.
Le petit frère Sawyer est un sale gosse gâté et manipulateur qui s'exerce déjà au chantage pour obtenir ce qu'il veut (à son âge des ice-creams... aux 14 ans de Cameron d'autres gâteries)
La famille emploie plusieurs personnes : un chauffeur, homme à tout faire, entièrement dévoué, une femme de ménage immigrée et manchote qui n'en fait qu'à sa tête, une baby-sitter renvoyée sans considération de la présomption d'innocence...

J'ai aimé le contexte du roman, découvrir ce Brooklyn où se côtoient la misère sexuelle des trans, la paix armée entre gang latino et mafia russe et l'aveuglement obstiné des bobos auxquels appartiennent Courtney et sa clientèle de parvenus.  Le nom du chat m'a bien amusée : Spécial K, mais l'humour mêlant cocaïne, gangsters, argent et sexe a fait long feu sur moi.
Bref et loufoque certes, d'une construction plaisante, mais j'ai trouvé l'ensemble très cliché, par exemple le numéro de duettistes des passeurs juifs, l'ultra orthodoxe qui trahit femme, enfants, acolyte et patron pour une passe minable de quelques minutes et le voyou speedé qui ne contrôle plus rien lorsque tout part en quenouille.
Sinon le découpage du roman en scènes très visuelles fonctionne bien, sans doute grâce au caractère outrancier des personnages et des situations. Je ne pense pas que l'auteur ait voulu écrire un vrai polar mais plutôt une caricature délibérément exagérée des drames à rebondissement dont regorgent les scripts de séries télévisées au kilomètre.
Pour ma part, j'aurais pu croire à un épisode de Quentin Tarantino, mais pour ce genre de gags, je préfère la version filmée qu'écrite.

dimanche 15 novembre 2015

L'Ophélia - histoire d'un naufrage

Tromelin
Juan de Nova
Dans la moiteur de la nuit tropicale, le commandant de l'Ophélia, ivre mort et vivant nu depuis qu'il a passé l'équateur, dirige son navire à vapeur flambant neuf sur les récifs d'un l'îlot corallien. Sauvé par le capitaine Danel, exploitant de la concession de guano pour le compte de l'Etat français, l'équipage attend la venue d'un ravitailleur allemand pour rejoindre un port de la ligne Tuléar-Beira.
L'île José d'Arena, miraculeusement préservée du genre humain, à l'exception de la maisonnée du couple Danel qui adore les goélettes venues s'y reproduire pour centaines de milliers, est une fiction inspirée des îles éparses, terres australes françaises en partie situées dans le canal du Mozambique.

Qui sont les auteurs Marius et Ary Leblond ?
Dans le style classique, ce roman écrit à quatre mains, appartient à la grande famille des drames romantiques. La place omniprésente de la nature, le paradis originel menacé, l'amour absolu entre les deux amants, la tragédie pressentie dès les premières pages, une langue choisie et poétique, contribuent à me faire classer ce très court texte dans mes favoris.

mardi 3 novembre 2015

Mois d'Halloween, lectures orange

Voilà tout ce que j'ai trouvé pour participer aux efforts culinaires des blogueuses !
J'ai bien tenté les beignets de Unchoco ayant trouvé à grand peine la citrouille qu'il fallait, mais la pâte n'a pas levé et les résultats n'étaient pas à la hauteur escomptée. Verdict familial : au goût c'était bon, un peu à la manière des beignets de fleurs de courge.

Lu il y a quelques temps, La belle aux oranges de Jostein Gaarder est une fable philosophique. Un père disparu, emporté
par la maladie, a transmis un héritage virtuel à son fils, maintenant adolescent. Un manuscrit enfermé dans une doublure de sa poussette d'enfant témoigne du passé paternel, de son amour et du temps trop court partagé avec son gamin ainsi que d'une passion amoureuse de jeunesse pour la belle inconnue aux oranges rencontrée dans les transports. L'histoire est l'occasion pour le père d'adresser un message à son fils, de lui faire partager des valeurs et des souvenirs de vie intenses, la première rencontre qui compte, la paternité, l'annonce de la maladie, l'acceptation nuancée par un désir de transmission.
en LC avec mon fils de 12 ans qui s'en est resservi comme support d'une fiche de lecture.
résumé éditeur :
Georg Roed, quinze ans et demi, vit avec sa mère, son beau-père et sa demi-sœur à Oslo. Un jour, ses grands-parents paternels lui donnent une lettre que son père, décédé onze ans auparavant, lui a écrite avant de mourir. Cet héritage, retrouvée dans une vieille poussette rouge, est une lettre à l’avenir qui commence ainsi : « es-tu bien assis, Georg ? Il est important que tu aies une assise stable parce que je vais maintenant te raconter une histoire haletante… »

Par une deuxième lecture de Didier van Cauwelaert en cette période, après Un aller simple, je poursuis la découverte progressive de cet auteur qui parvient à se renouveler et à me surprendre à chaque thème.
Jeanne est la fille de la garde-barrière désaffectée de Saint-Chavignin. Elle a le choix, dans le flou d'une généalogie incertaine, entre deux pères putatifs, un comte marchand d'armes et un peintre animalier. A peine élevée par sa mère, bientôt dessaisie de la gamine par les deux veuves, Clémence et Madeleine, qui s'érigent en marraines, et le père Miko, le prêtre de la paroisse qui entreprend de lui donner une éducation religieuse, une culture et un statut social. Cherchant sa voie, elle part d'abord étudier chez les Ursulines, puis fugue pour s'isoler dans la montagne auprès d'une nonne défroquée. Mais Jeanne, constamment objet et/ou alibi, se sent trahie par ce trop plein d'amour égoïste. Poursuivant sa quête solitaire, elle est amenée à endosser diverses personnalités en réponse à ce qu'elle a toujours cru qu'on attendait d'elle.

résumé éditeur :
Il n'est pas simple d'avoir deux pères, lorsqu'on a quatorze ans. Et quand les grandes personnes cherchent à vous éduquer à l'aide de proverbes boiteux " la vie, c'est comme l'orange amère, elle n'est bonne à manger que si l'on en fait des confitures " le mieux est sans doute d'oublier leurs conseils, de boucler vos valises et de partir à l'aventure. Jeanne ressemble à une petite guerrière intransigeante et sans haine. Elle deviendra peut-être bonne soeur, bruiteuse, globe-trotter ou comédienne.

Deux romans sur l'adolescence qui donnent à réfléchir, bien écrits ils peuvent plaire à un large public

AUTRES ORANGES      poème, album, BD     SF      policier

lundi 2 novembre 2015

Le récif aux espadons

La prochaine contrainte du challenge de Phildes porte sur les animaux. Le titre du livre devra comporter le nom d'un animal. Fin du challenge le 6 décembre. Voilà l'occasion de terminer enfin mon billet sur Le lièvre de Vatanen et puis déjà quelques petites idées glanées sur mes étagères et dans ma LàL :
CHIEN - VACHE - CROCODILE - ESPADON
POISSON - HOMARD - ORNITHORYNQUE - DINOSAURE


Ma première (et finalement unique) lecture s'intitule Le récif aux espadons, une énigme policière passionnante sur fond de pêche au gros. Les rois des prédateurs océaniques, espadons, marlins, requins mako sont les personnages principaux de ce roman dont le héros est un personnage récurrent. Napoléon Bonaparte est un aborigène fier de son nom et de sa bi-appartenance culturelle. Enquêteur hors pair, il se distingue par un odorat exceptionnel et par sa capacité d'abstraction qui le placent dans la lignée de Sherlock Holmes et d'Hercule Poirot.
Arthur Upfield, écrivain anglais célèbre pour ses romans policiers qui explorent les paysages sauvages de l'intérieur australien, est considéré comme le pionnier du polar ethnologique. 
Pour les amoureux du grand large !

challenge des continents : Océanie

Dans le petit port de Bermagui, sur la côte sud-est australienne, deux femmes inquiètes attendent le retour du "Do-me". Bill Spinks, le frère jumeau de Marion est parti à la pêche au gros vers le récif des espadons avec son riche client, M. Ericson. Le bateau reste introuvable et les pires hypothèses se font jour. La découverte d'une bouteille Thermos confirme le naufrage et quelques semaines plus tard, un chalutier repêche la tête d'Ericson criblée de balles. Sous l'identité d'un éleveur du Nord, venu passer de longues vacances, l'inspecteur Napoléon Bonaparte débarque à Bermagui pour élucider ce meurtre et le mystère du bateau disparu. Le limier moitié aborigène, moitié anglais, d'Arthur Upfield est plus habitué à vagabonder dans le bush australien que sur la mer de Tasman. Pourtant, il s'y révèle aussi à l'aise pour pêcher les gros poissons, en particulier les criminels.

dimanche 1 novembre 2015

Marathon spécial Halloween

7 livres 1 semaine juste pour l'horreur ! organisé par LaurenceAuthentique
Comme pour l'édition précédente il s'agit de lire 7 livres en 7 jours, en respectant 7 consignes, en lien dans ce cas précis avec Halloween, les frissons, le brrr de terreur...

Vaste programme :
- 1 livre dont la couverture est noire/sombre Plus que vous n'en savez de Judith Kelman
- 1 livre dont l'initiale du prénom/nom de l'auteur est H  Temps futurs d'Aldous Huxley
- 1 livre de la PAL de quelqu'un d'autre The walking dead en BD dans la PàL de Morgaxia mon binôme de PàLà2
- 1 livre dont le titre ou le 4ème de couverture contient le mot orange L'orange amère de Didier van Cauweleart
- 1 livre qui vous fait peur : Tous ruinés dans 10 ans de Jacques Attali
- 1 livre dans lequel on retrouve une créature imaginaire horrifique Horrorstör gagné chez Hilde et Lou (merci!)
- 1 livre thriller/horreur Alex de Pierre Lemaître

Déroulement de la semaine :LUNDI - 1 livre dans lequel on retrouve une créature imaginaire horrifique Horrorstör (merci Lou et Hilde) J'ai lu les 3/4 et je le trouve bien flippant, idéal pour l'occasion, mais je ne peux m'empêcher de rationaliser et de m'acheminer vers une solution plausible, on verra si je me trompe...
MARDI - 1 livre dont le prénom/nom de l'auteur commence par H :  Aldous Huxley Temps futurs Je n'accroche guère, pas vraiment un bon choix pour une lecture marathon, je vais le laisser de côté et me prendre une autre lecture pour ce soir
MERCREDI - 1 livre de la PAL de quelqu'un d'autre The walking dead en BD (dans la PàL de Morgaxia mon binôme de PàLà2) les 3 premiers tomes car je n'ai pas emprunté la suite sinon j'aurais bien continué
JEUDI - 1 livre dont le titre ou le 4ème de couverture contient le mot orange Orange amère de Didier van Cauwelaert  Je n'en ai pas lu beaucoup mais ça commence très très bien !
VENDREDI - 1 livre dont la couverture est noire/sombre Plus que vous n'en savez de Judith Kelman J'en ai lu une bonne moitié et les monstres qui sont à l'intérieur sont humains, quoique...
SAMEDI - Je l'ai terminé. J'ai bien aimé le personnage principal, une jeune pompier et ancienne victime d'un violeur d'enfants
Je sais que je ne réussirai pas à finir, normal avec une semaine pleinement chargée, mais j'hésite entre reprendre L'orange amère qui est prometteur, ou commencer Alex, que j'ai inscrit au challenge car il ne me tente pas vraiment en ce moment.
J'ai poursuivi L'orange amère, l'histoire d'une petite fille à la généalogie incertaine. L'impression qui se dégage pour l'instant de ce roman est le non-conformisme.
J'ai terminé Horrorstör, finalement assez surprise car il n'y a pas le revirement de perspective final que j'imaginais.
DIMANCHE - Alex ne sortira pas de ma PàL et je ne finirai toujours pas Tous ruinés dans dix ans.
J'ai ajouté aujourd'hui une BD dans le thème Bouche d'ombre qui doit bien attendre depuis un an que je la lise, l'histoire d'une adolescente qui possède le don de voir les morts, pouvoir qui lui est révélé au cours d'une séance de OUI-JA avec ses amis, c'est la deuxième BD que j'achète de cette dessinatrice car j'aime bien son rendu en couleurs directes

Bilan :
- 1 livre dont la couverture est noire LU
- 1 livre dont l'initiale de l'auteur est H LU
- 1 livre de la PAL de quelqu'un d'autre LUS
- 1 livre dont le titre contient le mot orange LU
- 1 livre qui vous fait peur LU
- 1 livre dans lequel on retrouve une créature imaginaire horrifique LU
 - 1 livre thriller/horreur LU