dimanche 7 décembre 2014

Le soir Lilith

Lilith Hevesi, une star du cinéma muet née avec le siècle, propulsée au firmament d'Hollywood sous le nom d'Eve Whiteland, a brillé comme une étoile filante.  Elle s'est éteinte à l'âge de 24 ans après avoir côtoyé les plus grands et s'être retirée en pleine gloire. Mort naturelle ou suicide, une journaliste trop curieuse et très peu professionnelle essaie de soutirer des détails inédits à l'ami écrivain qui l'a accompagnée pendant les dernières années de sa vie et qui justement cherche à terminer une biographie  à partir de fragments ébauchés en 1923-1924.La proposition de Philippe Pratx que je remercie pour la mise à disposition de son roman sur support numérique m'a permis de faire ma première tentative de lecture sur tablette. J'avais déjà lu des nouvelles en ligne, voire du très court sur certains sites dédiés, mais jamais un roman complet.
Présenté comme d'une écriture complexe et exigeante par l'auteur, Le soir Lilith n'est pas le meilleur choix pour tenter une lecture à l'écran. La logistique m'a beaucoup ralentie alors que j'avais envie de dévorer le texte et l'expérience ne m'a pas convaincue. En revanche, j'ai beaucoup aimé la construction du récit, le découpage à l'ancienne où les chapeaux annoncent ce qui va survenir dans le chapitre. J'ai apprécié également le travail de fouilles dans le passé, la mémoire, la confrontation entre archives et souvenirs, l'alternance des écrits anciens de l'auteur, de ceux de Lilith et de la narration actuelle.
La couverture est une photo en noir et blanc au tirage très dur qui renvoie directement au sujet, une actrice du cinéma muet à la gloire éphémère dont il ne reste que des morceaux de scénario, des résumés de films, des notes manuscrites pour une biographie, fragments épars d'une vie à laquelle le narrateur qui l'a très bien connue, essaie de donner un sens posthume.
A la limite du fantastique, bourré de références littéraires et cinématographiques réelles, cette vie imaginaire est de celles qu'on aimerait croire vraies. La description des scènes de films, mais aussi l'atmosphère de ce château perdu en Hongrie, bénéficient d'une grande puissance d'évocation qui n'est pas étrangère à la fascination qu'exerce et continue d'exercer le personnage ambigu de Lilith sur le lecteur, même une fois le livre refermé .

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