Présenté comme d'une écriture complexe et exigeante par l'auteur, Le soir Lilith n'est pas le meilleur choix pour tenter une lecture à l'écran. La logistique m'a beaucoup ralentie alors que j'avais envie de dévorer le texte et l'expérience ne m'a pas convaincue. En revanche, j'ai beaucoup aimé la construction du récit, le découpage à l'ancienne où les chapeaux annoncent ce qui va survenir dans le chapitre. J'ai apprécié également le travail de fouilles dans le passé, la mémoire, la confrontation entre archives et souvenirs, l'alternance des écrits anciens de l'auteur, de ceux de Lilith et de la narration actuelle.
La couverture est une photo en noir et blanc au tirage très dur qui
renvoie directement au sujet, une actrice du cinéma muet à la gloire
éphémère dont il ne reste que des morceaux de scénario, des résumés de
films, des notes manuscrites pour une biographie, fragments épars d'une
vie à laquelle le narrateur qui l'a très bien connue, essaie de donner
un sens posthume.A la limite du fantastique, bourré de références littéraires et cinématographiques réelles, cette vie imaginaire est de celles qu'on aimerait croire vraies. La description des scènes de films, mais aussi l'atmosphère de ce château perdu en Hongrie, bénéficient d'une grande puissance d'évocation qui n'est pas étrangère à la fascination qu'exerce et continue d'exercer le personnage ambigu de Lilith sur le lecteur, même une fois le livre refermé .
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