samedi 13 avril 2013

Paper money

Mon préjugé contre Ken Follett et ce qui m'a toujours empêchée de commencer Les piliers de la terre (en dépit d'une tentative via l'inscription au défi 1000 pages de Fattorius) c'est qu'il écrit des pavés alors que je préfère les petits romans, voire les nouvelles.
Alors je me suis bien étonnée de lire en préface à l'édition française (la parution initiale anglaise de Paper money date de 1976) l'auteur lâcher  " Il est vrai que j'ai tendance à être trop concis dans mon travail d'écriture. C'est un penchant contre lequel je ne cesse de lutter. " Apparemment donc, il a vaincu !!
Il y compare également la construction du roman à l'architecture, en moins complexe, du Scandale Modigliani son plus abouti d'après lui. Comme j'aime les cas compliqués et que j'ai été séduite par son style, cette première rencontre sera suivie d'une autre, pour confirmer la très bonne impression laissée par ce roman. Merci à Livraddict et au Livre de poche pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un auteur que j'avais choisi d'ignorer sans raison valable.

Résumé éditeur :
Londres, années 1970. Un homme politique en vue s’éveille au côté d’une parfaite inconnue, tandis qu’une Rolls-Royce guette au pied de l’immeuble. Au même moment, un mafieux rassemble ses hommes de main et un magnat de l’édition décide de se retirer des affaires. Le soleil se lève sur la capitale britannique, amorçant une rafale d'évènements : braquage, explosions, chantage, tentative de suicide,  OPA, tirs de chevrotine… Une avalanche d'informations sans rapport apparent déferle sur la rédaction de l’Evening Post. Les journalistes parviendront-ils à assembler les pièces du puzzle à temps pour l’édition du soir  ? Ils ne se connaissent pas tous mais, avant le crépuscule, tous seront emportés dans la course folle d’un convoi de billets de banque…Entre scandales politiques et délits d'initiés,le nouveau thriller inédit de Ken Follett nous dévoile la face cachée de la City.

Papier monnaie : cela évoque les billets de banque, mais aussi les papiers des journalistes, qui valent parfois leur pesant d'or. Kevin Hart est un jeune reporter aux dents longues, pas comme ses collègues plus anciens qui ont appris sur le terrain et pour les meilleurs, ont gravi les échelons qui séparent le garçon de course du rédacteur. A peine sorti d'école, il est entré au prestigieux Evenig Post et entend vite se faire un nom dans le milieu professionnel. D'ailleurs, par recoupement entre deux coups de fil d'informateurs, il a l'intuition de tenir un scoop, de ceux qui lancent une carrière. Mais le rédac chef adjoint, Artur Cole ne l'entend pas de cette façon : avant de lancer une rumeur qui pourrait s'avérer infondée et nuire, il faut vérifier ses sources et recouper l'information. Hart brûle d'impatience, car l'accroche en première page du jour peut être un secret éventé dès le lendemain matin. Dans le monde de l'information, le timing est parfois très serré, de longues heures de recherche peuvent déboucher sur la fébrilité des dernières minutes avant le bon à tirer.

Six heures - seize heures : c'est le découpage de ce roman en dix parties où les chapitres présentent et suivent le cours de la journée d'une douzaine de personnages, journalistes, politiques, hommes d'affaire, malfrats mêlés comme si leurs activités étaient indissociables. C'est aussi le temps qui sépare le bouclage de l'édition matinale de l'Evening Post de celle du soir.
L'auteur révèle que les lecteurs ont parfois été confondus devant le nombre de personnages à suivre dans ce roman. Au contraire je trouve que passer de l'un à l'autre, au début sans bien comprendre les liens qui peuvent les relier donne de l'attrait à l'engrenage qui se prépare et au compte à rebours annoncé. On tremble pour les plans minutieux quand ils sont à deux doigts d'échouer... de dépit ou d'impatience que les méchants soient pris à leur propre piège. Mais la fortune est aveugle et sert aussi bien les probes que les malhonnêtes.
Les points de vue apportent beaucoup dans la démonstration fataliste que Ken Follett entend faire sur la corruption et l'imbrication des milieux mafieux, politiques et économiques dans les années 70s. Le monde est petit sans doute et chacun n'est il pas à huit intermédiaires du pape ou de la reine d'Angleterre ! Les personnages sont très différents et j'ai un penchant pour Billie, le fils demeuré de Willie, qui m'a rappelé le personnage attachant du Bizarre incident du chien pendant la nuit. Tony Cox, Félix Laski, n'ont pas hérité leur fortune de leur père comme Derek Hamilton et Nathaniel Fett et sans approuver leurs moyens, on peut s'attacher ces personnages pour leur volonté de s'élever et d'accéder à ce monde miroitant du pouvoir et de l'argent.

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