dimanche 7 août 2011

La route

coup double : coup de poing et gros coup de coeur
La lecture de ce roman culte de Cormac McCarthy que j'avais repéré il y a longtemps dans le cadre du défi Crazy SF est de celles qui ne peuvent laisser indifférents. J'ai aimé l'écriture à égalité avec La horde du contrevent d'Alain Damasio, que je classe pourtant comme mon roman SF préféré de l'année. L'auteur privilégie une construction sans aucun chapitre mais une succession de courts paragraphes où alternent les parties narratives et des sortes de dialogues entre les protagonistes, à peine des échanges de mots, plutôt des flux croisés de pensées et d'informations vitales.
J'ai été prise par le style, en dépit de l'histoire qui décrit un monde post-apocalyptique où le soleil ne réussit plus à percer, dont le sol et l'air sont saturés de cendres, que toute vie animale a déserté : un roman plus déprimant ça ne doit pas exister, du concentré de sanglot, contenu au fil des pages, de la noirceur à l'état brut, sans espoir, ni rédemption, seule cette étrange lueur qui irradie de l'enfant parfois. Les personnages sont à peine humanisés " l'homme " et " le petit ", un étrange couple père-fils qui chemine depuis des semaines, des années peut-être : le temps n'est plus qu'une notion abstraite, derrière un caddie bourré d'objets divers, sur une route de tous les dangers. Balayés par un vent glacial, criblés de pluie, transis de froid, affamés et fiévreux, ils marchent avec obstination en direction du Sud, tout en se défiant de toutes les rencontres car les quelques dizaines de survivants sont devenus des loups pour l'homme.






50 états, 50 billets 6/50
Providence, RHODES ISLAND

3 commentaires:

Sofynet a dit…

Un livre qui est dans ma PAL et que j'ai très envie de découvrir... Ton billet me conforte dans ce sens !
Hop, billet ajouté (section "auteur")!

Petite Fleur a dit…

Un roman que j'ai lu juste avant la sortie en film. La couverture du mien est toute blanche et tranche d'autant plus avec les dégradés de gris qui forment le paysage tout au long du récit. C'est fort et percutant, servi par un style simple. Tout ce que j'aime.
Le film quant à lui n'est pas mal, mais bien sûr, on ne peut pas ressentir deux fois l'émotion que tu décris. Donc il est forcément un ton en dessous...

Dolly a dit…

ce livre ne peut en effet laisser indifférent. Je suis entièrement d'accord avec toi concernant le style de l'auteur, j'ai beaucoup aimé ses constructions de phrases notamment.