vendredi 28 février 2014

Sept pistoleros

Cet album sur le mode western est un de mes préférés dans la double série imaginée et orchestrée par David Chauvel, sans doute parce que mon adolescence parcourue de Blueberry s'y retrouve un peu.
Texas, 1899. Sept tireurs d’élites, véritables légendes vivantes, coulent une retraite paisible dans une hacienda retranchée proche de la frontière du Mexique. Hélas pour eux, depuis la côte Est, trois grands capitaines d’industrie aidé par un jeune journaliste ambitieux décident d'un scénario truqué pour débarrasser le Texas de ses hors-la-loi. En mettant leur tête à prix 1 million de dollars, ils espèrent attirer sur les pistoleros tout ce que la région compte de bandits et desperados, afin qu’ils se massacrent entre eux... Un chef de guerre mexicain et une armée de fanatiques religieux venus du Mississippi vont se disputer l'honneur d'attaquer les premiers ! Ils ne savent pas ce qui les attend car les sept pistoleros n'ont pas usurpé leur réputation. En plus d'être une excellente gâchette, chacun des personnages représente un archétype du genre : le joueur de cartes, le spécialiste des explosifs, l'irlandais alcoolique, le sang-mêlé, le missionnaire, le vieux briscard... et même la prostituée au grand coeur.







50 billets, 50 états
Sollima, TEXAS

samedi 22 février 2014

Le train bleu

Le train bleu est le second roman d'Agatha Christie avec Le crime de l'Orient-Express qui se déroule dans un train mythique. La jeune Mrs Kettering, auquel son père vient d'offrir une somptueuse parure de rubis ayant appartenu à Catherine de Russie, descend sur la Riviera pour rejoindre un amant. Elle est assassinée peu avant Lyon et les bijoux dérobés. Heureusement Hercule Poirot, le petit détective belge, voyageait dans le train et il offre son aide à la police française, ainsi qu'à Van Aldin le père de la victime. Bonne société et crapules, histoires d'amour et intrigues sordides, vrais crimes et faux-semblants se côtoient, comme dans tout roman de la célèbre romancière. Jusqu'au dénouement et au moment choisi où le détective rassemble ses suspects et fait la lumière sur toute l'affaire, c'est un plaisir intact, à chaque fois renouvelé, de chercher parmi les personnages, le plus improbable coupable et de suivre le jeu de piste des indices semés dans le roman.
J'aime particulièrement les couvertures de cette édition du Masque, mais on en trouve pour tous les goûts.

vendredi 21 février 2014

Lectures BD du mois

7 dragons par Nicolas Mitric Henri Désiré Landru par Chabouté Love fragments Shanghai par Chaiko  


COUP DE POING
Soupe froide
L'homme est un SDF en phase terminale d'un cancer des voies laryngées. Le service d'urgence l'a envoyé dans une maison de convalescence pour qu'il finisse ses jours à l'abri. Pourtant, il s'enfuit le soir même et revient, à pied et sous la neige, échouer à l'hôpital. Trop mal en point, il ne survit pas à la nuit.
Charles Masson est médecin ORL et pourtant il montre une maîtrise de la BD noir et blanc dont il n'a pas à rougir devant les professionnels. Agrégeant plusieurs histoires vécues dont il témoigne, il décide de donner la parole, supposée, hypothétique, à un homme que personne n'écoute plus et pour lequel une énième exclusion a été celle de trop. Il parvient à exprimer totalement ce que l'expression " être au bout du rouleau " peut signifier. Le regard est critique, y compris sur le chirurgien urgentiste qui n'est pas rendu de façon très sympathique. Le texte et le montage sont sobres mais percutants. L'homme cesse d'être un anonyme pour redevenir quelqu'un grâce à ce récit intimiste.
L'album m'apparaît comme la traduction graphique d'un dialogue de sourds, des vies qui se croisent mais sur des plans différents. Tout part d'un malentendu : parce que l'infirmière lui a servi sa soupe froide (on comprend dans l'épilogue que le micro-ondes est en panne), il décide de quitter le service d'accueil. Il n'a rien anticipé, il erre dans la forêt, mal vêtu, en pantoufles et en pyjama, il fait froid et il a faim, il est à bout physiquement. Il bougonne et on comprend peu à peu son schéma mental, le chemin de sa déchéance sociale mais son sursaut de fierté pour garder sa dignité d'être humain. Au cours de son escapade, il croise plusieurs fois des secours qui pourraient lui venir en aide, mais avec un poil trop d'écart pour que la rencontre ait lieu.
Soupe froide est paru chez Casterman dans la belle collection souple écritures.

Il me revient que j'avais déjà lu de lui L'arche de Noé a flashé sur vous, un récit étrange en collaboration avec Chloé Von Arx (texte).

mercredi 19 février 2014

Cocu de sac


Hommage ou clin d'oeil à Douglas Kennedy, le titre d'Hervé Claude intrigue. Un couple de jeunes Français entreprend la traversée de l'Australie depuis Darwin en direction du Sud. Nathalie, jeune vannetaise et instigatrice du voyage, se révèle moins aguerrie que prévu et son ami Sac (diminutif de Raoul Sacchuti) en fait les frais. Alors qu'il ne faudrait en aucun cas - tout le monde le leur a répété - ils se retrouvent à rouler de nuit sur cette immense route poussiéreuse, éclairée de temps en temps par des "gros culs" tractant plusieurs remorques. Ils croisent des kangourous mais plus étrangement des chameaux, importés pour construire je ne sais plus quoi et abandonnés au désert où ils continuent à se reproduire, des rencontres nocturnes impressionnantes mais plutôt inoffensives. Ce n'est pas le cas de Caryl, en panne sur le bord du chemin avec son 4x4, qu'ils s'apprêtent à secourir, comme le veut la loi du désert, cela aussi on le leur a répété. Quand Nathalie devra témoigner de ce qui s'est passé cette nuit là, ses propos insuffisamment clairs sèmeront le doute sur son rôle dans la disparition de Sac.

dimanche 16 février 2014

Les âmes vagabondes (The host)

COUP DE COEUR

La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu'elle veut retrouver.
On ne connaît pas leur nom, les humains survivants les appelle le parasite. Pourtant de leur point de vue, ce sont des gentils, pétris de bonnes intentions, ils font régner la fraternité, ne se mentent ni ne se tuent, ne connaissent pas la violence, ils sont une technologie réparatrice bien supérieure à celle des humains.
Stephenie Meyer entraîne l'humanité dans une forme d'invasion qui laisse le lecteur désarmé. Au début, il se sent partie liée avec Mélanie qui tente férocement de conserver son intégrité face à l'intrusion dont la seule idée fait frémir d'horreur. Avec le temps et en ayant appris à connaître intimement l'une et l'autre dans la cohabitation forcée qu'elles sont obligées de mener, il se prend d'empathie pour les deux "âmes" qui veulent survivre et tentent de se partager le corps de Mélanie. 
L'âme qui a pris l'apparence de Mélanie se donne le nom de Vagabonde, elle semble un peu particulière au sein d'une espèce fusionnelle où tous se ressemblent, car elle ne fait pas qu'envahir un corps, elle se laisse gagner par les sentiments qui en habitaient l'esprit. Certaines pages qui décrivent les différents mondes (il en existe six) où elle a vécu avant d'arriver sur Terre (elle est vieille d'un millier d'années) sont sublimes : le monde sous-marin, le monde des fleurs ou celui où toutes les plantes se sont laissées mourir ensemble pour ne pas être colonisées...
Je trouve le titre en VO : The Host (l'hôte) presque plus explicite. La solution, loin d'être manichéenne, est bien pensée. Pour une fois, la fin n'est pas bâclée et elle laisse une ouverture sur de belles perspectives. En plus, la morale est sauve, ce qui ne gâche rien à mon avis. Je dirais qu'il n'y a pas une héroïne, mais bien deux et je me suis immergée avec bonheur dans les descriptions des autres vies "volées" de l'âme vagabonde, notamment sur la planète Fleur.
Le regard de la couverture en poche est plus inquiétant que l'original de la photo couleur chez Lattès et je ne suis pas sûre qu'il représente mieux l'argument du livre.

Le film, sans trahison mais sans trouvaille, suit fidèlement la trame du roman. Il me m'a pas déçue, au contraire, il m'a évoqué les bons moments du roman, même si je l'ai lu depuis un certain temps et l'actrice que joue le rôle de Gaby/Mélanie campe bien le personnage, partagé entre ses deux personnalités.

vendredi 14 février 2014

Utøya

Stieg Larsson, l'auteur de Millénium enquêtait sur les nationalistes de Suède dont il dénonçait les actions. Son journal avait reçu des menaces. Le roman est le fruit de son travail, à la fois oeuvre de fiction et compte-rendu de ses investigations de journaliste. J'avais été étonnée de découvrir un pays scandinave sous ce jour et non comme le champion libertaire que je présumais.

Laurent Obertone se penche sur les attentats commis par Anders Breivik le 22 juillet 2011, à Oslo et sur l'île d'Utøya et s'efforce de donner le point de vue du tueur, de suivre son schéma mental. Il s'appuie sur des documents authentiques : les rapports des secours, les témoignages, les minutes du procès et les 1500 pages du manifeste que le jeune homme a publié sur internet pour défendre la cause nationaliste en Norvège, avant d'entreprendre le massacre de masse qu'il a minutieusement mis au point, programmé et exécuté. Arrêté à 18h34, il a passé un peu plus d'une heure dans l'île où il a fait 77 victimes parmi les jeunes travaillistes réunis en congrès d'été et de nombreux blessés par balles, dans un état grave à très grave.

D'après Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial killer (d'ailleurs j'ai un son Livre noir dans ma PàL) : « Il nous faut louer le travail titanesque de Laurent Obertone et la minutie exceptionnelle qu'il a développée pour reconstituer le parcours authentique d'Anders Breivik et des drames d'Utøya, jusque dans ses moindres détails. »

De nouveau un livre qui fait date dans mes lectures, je le lis lentement pour m'en imprégner car s'il est dérangeant, il donne à réfléchir. L'auteur a mené une enquête minutieuse dont il fait part, laissant au lecteur le soin de juger. En revanche, je me suis lassée assez vite des rapports d'autopsie dans la première partie, qui interrompent le récit de façon lancinante.

challenge nordique : Norvège

jeudi 13 février 2014

Le 13 février 2009 ?!

Je m'étais fait un petit mémo dans mes brouillons pour ne pas oublier : dans xx jours, ce sera la veille de la Saint Valentin pour beaucoup, mais pour moi je fêterai en douceur les cinq ans de mon blogue.
Voilà c'est maintenant officiel, le " petit " a cinq ans. Je ne m'y serais pas attendue lorsque je l'ai débuté : 835 articles publiés, 194 en attente, 36 drapeaux de pays parmi mes visiteurs (c'est la statistique qui me tient le plus à coeur) 984 commentaires c'est peu au regard de la fréquentation de certains blogues mais le nombre ne fait pas la qualité et je ne souhaite toujours pas être référencée.
J'ai toujours plaisir à y laisser mes notes de lectures, encore plus de satisfaction lorsqu'elles sont partagées, j'aime toujours autant les challenges, toujours autant de mal dans les LC (hein Jérôme si tu passes, je suis restée sur La faim de Knut Hamsun) j'essaie d'être raisonnable pour les swaps, mais cela reste une des bonnes intentions qui m'a fait ouvrir ce blogue.
Merci à ceux qui viennent régulièrement,un plus grand merci à ceux qui me laissent un petit mot, bonjour à ceux qui sont de passage et reviendront je l'espère.
MERCI à Elea pour son message et à Dasola et Fersenette, fidèles parmi les fidèles

mercredi 12 février 2014

Soupe froide

COUP DE POING
L'homme est un SDF en phase terminale d'un cancer des voies laryngées. Le service d'urgence l'a envoyé dans une maison de convalescence pour qu'il finisse ses jours à l'abri. Pourtant, il s'enfuit le soir même et revient, à pied et sous la neige, échouer à l'hôpital. Trop mal en point, il ne survit pas à la nuit.
Charles Masson est médecin ORL et pourtant il montre une maîtrise de la BD noir et blanc dont il n'a pas à rougir devant les professionnels. Agrégeant plusieurs histoires vécues dont il témoigne, il décide de donner la parole, supposée, hypothétique, à un homme que personne n'écoute plus et pour lequel une énième exclusion a été celle de trop. Il parvient à exprimer totalement ce que l'expression " être au bout du rouleau " peut signifier. Le regard est critique, y compris sur le chirurgien urgentiste qui n'est pas rendu de façon très sympathique. Le texte et le montage sont sobres mais percutants. L'homme cesse d'être un anonyme pour redevenir quelqu'un grâce à ce récit intimiste.
L'album m'apparaît comme la traduction graphique d'un dialogue de sourds, des vies qui se croisent mais sur des plans différents. Tout part d'un malentendu : parce que l'infirmière lui a servi sa soupe froide (on comprend dans l'épilogue que le micro-ondes est en panne), il décide de quitter le service d'accueil. Il n'a rien anticipé, il erre dans la forêt, mal vêtu, en pantoufles et en pyjama, il fait froid et il a faim, il est à bout physiquement. Il bougonne et on comprend peu à peu son schéma mental, le chemin de sa déchéance sociale mais son sursaut de fierté pour garder sa dignité d'être humain. Au cours de son escapade, il croise plusieurs fois des secours qui pourraient lui venir en aide, mais avec un poil trop d'écart pour que la rencontre ait lieu.
Soupe froide est paru chez Casterman dans la belle collection souple écritures.

Il me revient que j'avais déjà lu de lui L'arche de Noé a flashé sur vous, un récit étrange en collaboration avec Chloé Von Arx (texte).

dimanche 9 février 2014

Hygiène de l'assassin

Chinouk propose une lecture intégrale d'Amélie Nothomb en quatre niveaux progressifs :
Mercure : lire de un à cinq romans
Catilinaire : lire de cinq à dix romans
Kobe : lire de dix à quinze romans
Rinri : lire les vingt-deux romans de l’auteur
Comme il m'en reste quelques-uns à découvrir pour être exhaustive, je me suis inscrite au niveau Mercure.

1/5 Premier roman publié d'Amélie Nothomb (1992), Hygiène de l'assassin est un long dialogue entrecoupé de quelques passages narratifs.
Un écrivain octogénaire, condamné par la maladie, accepte d'accorder quelques interviews, les seules de sa carrière, à des journalistes triés sur le volet. Le moment venu, il se délecte à déstabiliser son interlocuteur en l'attaquant par son point faible. Quatre journalistes se font hacher menu. Le cinquième est un adversaire à sa mesure dans le jeu de la répartie.
C'est théâtral, incisif, brillant, comme Le souper entre Talleyrand et Fouché, drôle également puisque le lecteur est suspendu au moment de l'hallali, celui où l'écrivain, après s'être joué de son interlocuteur, va le disqualifier. Misanthrope et obèse, il méprise tout son entourage : s'il n'est pas tendre pour ses critiques, il ne ménage pas même ses lecteurs.
Seule une jeune femme passe ses barrages : elle mesure l'enjeu intellectuel du combat auquel se livre le vieil homme sans scrupules. Elle semble bien documentée sur lui et surtout elle a tenu compte des précédentes interviews. C'est elle qui va l'amener droit dans ses filets. Son objectif est de lui faire avouer pourquoi il a cessé d'écrire 22 ans auparavant, tout en donnant la clef dans le roman inachevé qu'il a publié de son vivant.
L'auteur montre déjà un art consommé dans la conception de personnages hors normes : l'écrivain obèse, hanté par un idéal de pureté, démonté par une petite bonne femme qui n'a pas peur d'affronter un mythe. Derrière l'écrivain encensé par la critique, l'homme est aussi abject que ses relations humaines le laissaient prévoir.
Après avoir lu plus de la moitié de ses romans, je peux dire qu'Amélie Nothomb montre une prédilection pour les sujets difficiles, mais je la préfère dans ses romans "autobiographiques".
Lu le 9 février 2014

 
Challenge Amélie Nothomb (16/22)
2- Le Sabotage amoureux 1993 LU
3- Les Combustibles (théâtre) 1994
LU
 4- Les Catilinaires 1995 LU
5- Péplum 1996
6- Attentat 1997
7- Mercure 1998
8- Stupeur et Tremblement 1999
LU 
Brillant comme une casserole, Bruxelles, 
in La pierre d'Alun (La petite pierre, no 11), 1999
9- Métaphysique des tubes 2000
10- Cosmétique de l’ennemi 2001
LU
11- Robert des noms propres 2002 LU 
12- Antéchrista 2003 LU 
13- Biographie de la faim 2004
14- Acide sulfurique  2005
LU 
15- Journal d’hirondelle 2006 LU 
16- Ni d’Eve ni d’Adam 2007 LU
17- Le Fait du Prince 2008
LU
18- Le voyage d’hiver 2009 LU 
19- Une forme de vie 2010 LU 
20- Tuer le père 2011 LU 
21- Barbe Bleue 2012 LU
22- La Nostalgie Heureuse 2013
LU

samedi 8 février 2014

Le manuel du serial killer

challenge 50 états, 50 billets :

Harvard et Devens, MASSACHUSETTS (bis)
 ABC Polar : M
Le manuel du serial killer de Frédéric Mars
Extrait de la quatrième de couverture :
Alors, je vous la raconte ou pas, cette suite ?
Non.
Je vais plutôt vous parler de moi. C'est ça, de moi seul.
La mort est en moi. Là, dans ma tête. Elle y a toujours été comme chez elle.

Ainsi parle Thomas Harris, entraînant le lecteur dans son jeu : délire, confusion, manipulation... le récit accumule les incertitudes. A la moitié du roman, je pense tenir une piste, pour me retrouver dans l'impasse. Les limites sont floues, aucun personnage n'est fiable, la vérité échappe. 
Frédéric Mars compose une trame à plusieurs voix, matérialisées par une système complexe de graphies différentes : le roman, les compte-rendus de séances et le Manuel lui-même dont le plan et des chapitres entiers sont reproduits, les fac-similés de documents et la voix-off qui se parle à elle-même. Un peu à la façon du film Swimming with Sharks, la construction du récit fait feu de tout bois, par le biais d'allusions, de rapprochements (comme par exemple Killin et killing) et jusqu'à la déconstruction finale, stupéfiante. En dépit des indices glissés dans le plan, l'ensemble donne l'impression d'être dans un rêve ou plutôt un cauchemar éveillé. Le principe du livre dans le livre est largement exploité avec quatre larges extraits du Manuel, lui même divisé en trois parties et suit une chronologie très précise, voire maniaque, puisqu'il est supposé retracer la pensée d'un psychopathe : la révélation (30/09-26/10), l'apprentissage (27/10-30/10), le partage (31/10-01/11/2011), 8/05/2013     15/12/2012     01/11/2012 exécution
Une découverte époustouflante de l'auteur qui en appellera d'autres.
J'ajoute quelques mots sur la couverture, que je trouve très intelligente car elle donne des clefs sur le roman mais ne dévoile pas les serrures. Le cachet effervescent dans le verre associé à la couleur rouge, dérangeante, m'a évoqué une trop grande prise d'aspirine qui possède la propriété de fluidifier le sang et peut par exemple provoquer des saignements de nez.

vendredi 7 février 2014

Colore ton swap

J'avais choisi les bleus comme couleur et ma place dans l'arc en ciel s'est trouvée à indigo. Cela a mis ma swappeuse dans quelques difficultés dont elle s'est très bien tirée : voyez donc le magnifique bleu électrique de ses paquets, très années disco avec ses petites particules pailletées, plus deux papiers cadeaux imprimés que j'adore : un camaïeu façon patchwork et des rayures (l'association vert acide et bleu je la tente parfois et je possède d'ailleurs une jupe longue qui ressemble beaucoup).
Je commence par poster avant de déballer les paquets pour faire durer le plaisir (reçu le 30 janvier).
J'aime beaucoup la carte postale noir et blanc avec la seule touche de couleurs des ballons. Je la lis en premier : BouQuiNeTTe m'y explique ses choix du noir + bleu = indigo... il va y avoir du polar là dedans !
Autre indice confirmé : la taille et le poids du grand colis (un peu caché par tous les autres, au centre sur la photo) m'avait fait espérer une BD, c'est bien le cas : BouQuiNeTTe espère qu'elle me plaira (pas facile de choisir une BD pour quelqu'un)
Dernier élément le colis sent très très bon (comme il était éventré, j'ai pu m'en rendre compte dès la poste) et je crois deviner qu'il s'agit de thé de Noël : la petite touche hivernale annoncée dans sa carte !

La suite en photos demain...

donc j'ai eu :
- une BD, le tome 1 de Blacksad, je ne crois pas l'avoir dans ma bibliothèque (ma collection est si envahissante qu'elle ne voyage plus avec moi !) et j'en suis très contente
- un livre Le septième fils d'Arni Thorarinsson qui était dans ma LàL et me permet de participer au challenge nordique pour l'Islande
- des marque pages fait main, avec une mignonne famille rhino et des MP tissés, je n'en avais pas et j'aime bien (bon ma fille vient d'en détourner un pour son poignet !)
- un calendrier génial qui devient marque page quand le mois est fini : sur le thème des polars et en plus BouQuiNeTTe a eu l'attention de tout traduire pour que je ne me creuse pas la cervelle
- une superbe carte noir et blanc avec des ballons de couleur et un gentil mot
et ce n'est pas fini :
- un paquet de Schlümpfe (ce sont les Schtroumpfs allemands alors que je crois bien que leur nom a été inspiré par... un mot allemand)
- des bretzels en pâte à biscuit piquetés de bleu et de turquoise, géniale idée et réalisation : je m'aperçois que j'aurais dû faire un gros plan, ils étaient vraiment jolis
- un paquet de thé avec un mélange de thés de Noël qui sentent très très bon les épices et aussi une recette pour réaliser un vin chaud à partir des sachets
- une guirlande d'étoiles pour illuminer les soirées, je n'ai pas encore choisi où je vais l'installer
Merci beaucoup BouQuiNeTTe, ce colis m'enchante

mardi 4 février 2014

Punk's Not Dead

PàLà2 pour £@
Paikanne, mon binôme a déjà lu et commenté depuis longtemps Kinderzimmer. J'ai pris plus de temps à ma lecture car il s'agit d'un ensemble de nouvelles que j'ai choisi de lire une à une.
Il faut dire que contrairement à Mypianocanta qui abordait dans le même temps un recueil Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes qui ne l'a pas convaincue, moi qui connaissais très peu le genre, j'ai beaucoup apprécié le mien. Je remercie donc chaleureusement l'auteur Anthelme Hauchecorne qui m'a proposé ce partenariat, Parthenia qui nous a mis en relation et Paikanne dont le choix m'a permis de le sortir de ma PàL.

Certaines sont dérangeantes, j'en ai moins apprécié une ou deux, et ma préférée est sans conteste De profundis.
Toutes les nouvelles mettent en scène des êtres antédiluviens, mythiques ou merveilleux et les humains, quand il y en a, sont au moins pittoresques. Mais elles sont dans le fond et la forme très différentes, sans doute en raison du caractère contraignant du concours (un thème, une phrase, etc.) qui a présidé à leur rédaction. Chacune est illustrée d'un dessin de Loïc Canavaggia.
Le style est plein d'humour et l'écriture, érudite, avec énormément de références dont je suis sûre d'avoir manqué au moins la moitié.
Un autre aspect m'a beaucoup plu : la rubrique Backstage à la fin de chaque nouvelle pour expliquer dans quel contexte elle a été conçue, écrite, publiée. Quel dommage que le nom de plume de l'auteur ne fasse pas également l'objet d'une genèse pour satisfaire ma curiosité ! et bien, sur Book en stock, il a révélé que ce n'est pas un pseudo, pour lire les questions des fans, ses réponses et plus encore, c'est ici

mercredi 29 janvier 2014

Loto BD

Elles l'organisent pour la quatrième année et j'en suis à ma troisième participation, mais je ne fais pas partie des fidèles parmi les fidèles qui s'inscrivent chaque fois aux trois séries.
Cette fois, je me suis convaincue de ne pas jouer chez Mo' car il lui est échu le soin d'organiser le loto mangas. Après moult tergiversations, j'ai trouvé difficile de choisir un titre là où je n'y connais pas grand chose et peu tentant d'en recevoir plusieurs (si, si ça arrive, j'ai déjà gagné à leur loto !).
Pour son Bar à BD suivez le lien. Ils y sont les plus nombreux ! Le genre attire.
Chez Val aime les livres, ce sont les adaptations en BD qui sont à l'honneur. Nous sommes 6.
Du côté de Loula, il était une fois... les histoires de famille et nous sommes 8 à nous pencher sur la question (trois gagnants).
Pour la présentation générale, c'est ici.
C'est parti, les adresses ont été envoyées sur nos mél, les BD devraient commencer à voyager, les facteurs sont sous pression, les enquêtrices aux aguets, leurs jumelles et détecteurs de flux pointés sur les blogues...
J'ai envoyé mes deux BD mais ça ne veut rien dire : ni si j'ai perdu, ni si j'ai gagné !!
Rien cette année mais rendez vous pris pour l'an prochain, nous sommes presque tous des aficionados.

mardi 28 janvier 2014

Mini-swap et maxi résolutions

Mon enveloppe est arrivée hier : voilà la photo des cadeaux que j'ai reçus dans le cadre de ce swap organisé par Nelcie pour la 5ème fois. Ma mystèrieuse swappeuse avait oublié de se nommer au bas de sa carte, mais elle s'est dénoncée sur le forum !
Je ne me souviens plus de mes autres résolutions mais Cassie, c'est donc elle ! a choisi de m'aider à tenir celle qui concerne mes ongles avec une superbe idée pour réaliser une manucure. Il y a, si je réussis à les dérober à la convoitise de ma fille, un kit "ongles naturels" de chez Elite accompagné d'une planche de stickers d'ongles.
Ensuite, un roman qu'il me tardait de découvrir, de Philippe Claudel, dont le titre évoque un lieu mythique pour tous ceux qui connaissent Nancy, Le café de l'Excelsior, maintenant le Flore, une brasserie au magnifique décor Art nouveau : Cassie l'a choisi car, comme moi mais sans le savoir, elle a étudié à Nancy.
Enfin, une belle carte de voeu où elle m'explique ses choix et un marque page dans des tons assortis à la couverture du roman : je vous laisse apprécier l'harmonie.
merci à toi Cassie et j'espère que ton colis te parviendra bientôt et saura te plaire (pour la petite histoire, ce swap est une chaîne mystère et nous ne connaissons pas par avance le nom de celui ou celle qui reçoit notre questionnaire et confectionne notre colis, merci à Nelcie également)

dimanche 26 janvier 2014

R & B Blitz



R & B est une série noire écrite par un Irlandais dont les épisodes se déroulent dans les quartiers Sud de Londres. L'inspecteur Roberts et le sergent Brant sont les principaux protagonistes, mais on trouve aussi Porter Nash le sergent gay, Elisabeth Falls, l'agente noire, l'agent McDonald le chouchou aussi servile que limité du superintendant, caricature de chef peu charismatique, misogyne, xénophobe, homophobe...

Brant a tout du mauvais sujet, il méconnaît les règles, utilise les mêmes méthodes que les voyous, exploite ses indics, terrorise ses contacts et sème le doute parmi ses collègues. Pourtant il obtient des résultats et son supérieur ferme les yeux sur ses façons.Dans cet épisode, Roberts est un peu en retrait ; il vient de perdre sa femme dans un accident de la route et sa fille ne lui adresse la parole que pour lui réclamer la vente de la maison.
Porter Nash vient d'être nommé inspecteur intérimaire afin de résoudre une affaire de tueur en série qui prend pour cible les forces de l'ordre. Il devient le supérieur hiérarchique de Brant qui doit collaborer avec lui, mais fait contre mauvaise fortune bon coeur et parvient à trouver un terrain d'entente.
Le quatrième pouvoir est présent tout au long du roman mais c'est pour mieux en dénoncer les travers : démagogie, presse à sensation, scandales faciles... Le tueur de flics qui se fait appeler Blitz a contacté un rédacteur de faits divers sans envergure, travaillant pour The tabloïd, pour manipuler l'opinion et se moquer de la police.
Chaque court chapitre correspondant à un personnage et une unité d'action, est précédé de la citation d'une personnalité anglo-saxonne actuelle, qui entre en raisonance avec l'intrigue ou permet d'apporter du recul, du détachement ou une note d'humour.
Ken Bruen donne une vision dégradée de la société anglaise. Il fait l'amer constat d'une capitale à la dérive, où certains quartiers sont devenus inhabitables. Face à cette loi de la jungle, la police évoluant aux extrêmes limites de la loi, est tentée d'appliquer les règles du milieu. Elle est sujette à la violence (Brant doit suivre une psychothérapie), à l'alcoolisme, voire à la drogue (Falls est contrainte à une cure de désintoxication) à la corruption et à l'intimidation (McDonald a commis une bavure et s'attend à se faire épingler).


ABC polar 2014 : lettre B
challenge Tour du monde Irlande




vendredi 24 janvier 2014

Les déserteurs héroïques

Edit du 18 décembre 2013 : si tout va bien, je devrais recevoir pour Noël, Les déserteurs héroïques de Guillaume Carreau, aux éditions Vide cocagne (j'aime déjà leur nom !!) d'abord paru dans la collection de fanzines Sous le manteau.
Le résumé (bref mais néanmoins éloquent) :
A la veille de la guerre de Sécession un homme trouve le moyen ultime d’échapper à cette guerre. Il entraînera dans sa folie douce toute sa famille et la ville. Un trait simple et expressif au service d’un western barré, bourré d’humour. 
L'histoire se passe chez les pionniers du grand ouest à cette époque étrange où l'on construit les machines invariablement en bois cerclé de fer.

Edit du 11 janvier 2014 : j'ai reçu l'album, un moyen format cartonné au toucher agréable. Ce que j'avais pris pour des "pinceaux" sur la couverture sont en fait des silhouettes féminines avec leur ombre portée ! J'ai lu le premier chapitre et j'aime beaucoup, un graphisme au trait, édulcoré mais efficace et un humour de tous les instants : il me plaît ce JOHN inventif à l'esprit loufoque. 

Cette étrange histoire se situe dans un minuscule village et évoque trois évènements marquants de l'Histoire de l'Ouest : la guerre de Sécession, l'arrivée du chemin de fer et la question indienne. Le fil de l'histoire évolue en trois chapitres d'une narration plutôt réaliste à une conclusion plus proche du conte fantastique : le déserteur héroïque, le réveil du héros, le cimetière de Blueberry Gulch (ravin aux myrtilles).
1/ Le shérif vient prévenir John de sa prochaine mobilisation, il lui reste quatre jours pour échafauder un plan et le réaliser dans le secret de sa grange. Le jour J il rassemble le village pour montrer son invention et procéder à un essai : le tonneau-canon à bord duquel John a embarqué détruit le village, mettant fin du même coup à la guerre, car les belligérants sont épouvantés par la puissance de feu de la nouvelle arme. Las, John, héros malgré lui, a pris un sérieux  'pet au casque", en dépit de son rembourrage.
2/ La femme de John chante au cabaret et son fils aide à la menuiserie, en échange de planches pour son père. Un marchand d'armes et son homme de main Pognes-de-fonte sont arrivés avec la ligne de chemin de fer. Ils ont été attirés par la rumeur d'une arme fabuleuse et veulent mettre la main sur le village qui s'est reconstruit et prospère. Resté prostré depuis l'épilogue précédent, John sort finalement de sa léthargie au bout de cinq ans (la durée prévisible de la guerre selon ses calculs), pour aider sa famille et sauver le village.
3/ Dans le dernier épisode, des indiens zombies menacent le village qui refuse d'évacuer. La solution viendra de nouveau de façon inattendue. La banalité est définitivement absente de cette BD.

La technique picturale tient plutôt du carnet de croquis, de l'esquisse : il semble que l'auteur jette des idées sur le papier et procède avec une grande vélocité. Avec une grande économie de moyens, presque mutique comme John, il va à l'essentiel des impressions délivrées par la succession des images, fortement contrastées en noir et blanc. Les zones de texte sont parfois tassées, comme si elles n'avaient pas été calibrées à l'avance et les caractères s'amenuisent, cela m'a parfois gênée. Pour le reste, le procédé narratif  à la fois synthétique et très expressif, m'a beaucoup impressionnée.  Il y a beaucoup a en dire. Sous des abords qui frôlent la naïveté, le message n'est pas aussi simpliste que les petites figures au trait pourraient le faire croire. C'est guignolesque mais avec un côté Don Quichotte qui m'a interpelée.
Il faut parfois savoir couper les amarres, voilà ce que m'inspire cette pièce en 3 actes. Je remercie Babelio et Vide Cocagne pour la découverte ; nul doute que j'irai y faire un tour à mon prochain passage à Nantes.

Focus sur l'opération recevez une BD pour Noël en l’échange d’une critique
Rappel sur le déroulement des Masses critiques Babelio : 
il s’agit d’un programme gratuit qui associe Babelio, les éditeurs et tous les lecteurs intéressés. L'opération est ouverte à tous les internautes ayant déjà rédigé des chroniques sur Babelio.  
Le dernier RDV, consacré à la Bande dessinée, aux comics et aux mangas, RDV sur le site (clic sur l'image), a eu lieu lundi 16 décembre 2013 à partir de 7h.


Déjà prévus dans mes achats, parce que j'adore le style - pourtant radicalement différent - de Patrick Prugne : Pawnee et Frenchman autant que celui d'Annie Goetzinger : Jeune fille en Dior
 

jeudi 23 janvier 2014

Le Neptune

J'adore ces coïncidences ! J'ai lu le premier tome de la série (il n'y avait que lui) il y a trois ans tout pile, le 22/01/2011 et je viens de trouver la suite (mais pas la fin me semble-t-il, contrairement à ce qui était annoncé) dans la nouvelle bibliothèque que je fréquente.

Le Neptune est une grande épopée nautique en 4 tomes qui se déroule au tournant du 20ème siècle aux Etats-Unis. Dans l'album introductif de la série A la conquête d'un rêve, le lecteur découvre tous les personnages qui ont un rôle à jouer, des ambitions à assouvir, des secrets à cacher, un rêve à réaliser... Parfois assez proches dans leur tenue, ils sont assez difficiles à distinguer par leurs traits.
L'autre grand protagoniste de la saga, ce sont les navires de toutes sortes, voiliers et vapeurs, chacun unique en son genre et reconnaissable entre tous. On voit bien que l'auteur est passionné d'Histoire et de technologies. Jean-Yves Delitte est en outre architecte-designer et peintre officiel de la marine en Belgique. 

tome 1 : A la conquête d'un rêve - Avril 1883, sur les rives du Potomac. L'ingénieur William Lake a englouti sa fortune dans la mise au point d'un submersible révolutionnaire. Face au refus de la Marine fédérale, il est contraint de vendre son protoype à un explorateur fortuné chercheur de trésors, Gunther von Stundendt. Lors d'une plongée expérimentale, Lake se retrouve mêlé à une course de navires truquée entre New York et San Francisco. Le commanditaire, la compagnie Campbell & Fergus, y a engagé un de ses vapeurs de la dernière génération, l'Albany qui doit gagner à tout prix, car de gros intérêts financiers et politiques sont en jeu. Le voilier de von Studendt est sabordé par des pirates et les survivants parviennent in extremis à prendre la fuite à bord du Neptune.

Edit du 22 janvier 2011 : Comme la bibliothèque ne possède que le tome 1, voilà ma PàL enrichie de 3 nouveaux titres (car l'intégrale est parue mais je n'aime pas les intégrales). Je dis merci qui ? Merci Mo' bien sûr !!

tome 2 : Vers un autre monde
Entraîné par le fond à la suite de la canonnade, le Neptune émerge dans une curieuse grotte sous marine décorée de sculptures précolombiennes. Il est pris au piège car les moteurs ne sont pas assez puissants pour remonter le courant. Reste la voie terrestre, les compagnons partent en repérage dans les galeries souterraines, mais l'équipage resté à bord se fait attaquer par des indigènes. Encagés et destinés à finir comme garde-manger de la tribu cannibale composée uniquement de femmes qui règne dans les profondeurs de l'antique cité, les compagnons parviennent cependant à s'échapper. En utilisant la puissance du Neptune, ils réussissent à forcer les portes d'une gigantesque écluse qui leur ouvre la voie vers la surface et la liberté.
L'histoire ne vous laisse pas une petite impression de déjà vu ?
Comme Ulysse et ses compagnons, alors qu'ils n'aspirent qu'à rejoindre leurs foyers, Lake, Harry, David et Nouga sont confrontés à de multiples épreuves qui les retardent ou les détournent de leur route.
tome 3 : Iceberg
Ils n'émergent pas du tout dans le Golfe des Caraïbes comme ils s'y attendent, mais au large des côtes du Mexique. Pris pour cible par la Marine qui tente de les arraisonner, ils subissent des dégâts et doivent d'abord faire route vers un petit port pour procéder à des réparations, avant de pouvoir remonter vers la Californie. Leur chemin recroise la route des trafiquants qui ont organisé la course truquée.

tome 4 : Cauchemars

Jean-Yves Delitte explore avec délectation les prémices industrielles du 20ème siècle, où une profusion de découvertes technologiques (vapeur, électricité) ont fait les délices de quelques inventeurs, sur terre, dans les airs et sur les eaux... et les gorges-chaudes de la plupart des observateurs sceptiques ou ignorants. C'est le tournant historique d'un monde qui l'ignore encore : la marine à voiles, les merveilleux trois et quatre-mâts admirablement racés côtoient les navires à vapeurs déjà profilés pour la plus grande vitesse.
Les dessins sont de grande qualité, précis et réalistes, baignés de couleurs lumineuses. Une BD talentueuse qui fournit un miroir au talent de tous ces gens, passionnés et visionnaires qui ont construit le monde futur.

50 états, 50 billets

Potomac River, MARYLAND / VIRGINIE

dimanche 19 janvier 2014

Bleu poussière ou la véritable histoire de Kaël Tallas

Une tonalité de bleu que je n'avais encore jamais rencontrée* mais qui existe bel et bien, reproductible et précisément décrite dans le roman, une couverture due à Bilal qui s'intéresse lui aussi à certains bleus particuliers et à leur influence, enfin un titre qui rentre dans les objectifs de Lire sous la contrainte : je n'avais plus aucune raison de différer la lecture de ce roman fraîchement repéré.

Résumé : C'est d'abord la montée de l'ascenseur qui m'a semblé interminable. Je n'y ai repensé que bien plus tard. Les chiffres défilaient normalement - enfin je crois - mais la vitesse était inhabituelle, j'avais l'impression de monter jusqu'au ciel.
On n'a pas tous les jours vingt ans : Ladislas Baran et son frère jumeau ont bu plus que de raison pour fêter l'événement. Rentrant chez lui au petit jour, Ladislas bascule soudain dans un univers inconnu. Son identité a changé, il se nomme désormais Kaël Tallas et chacun reconnaît en lui le jeune et brillant mentor du ministre de l'Avancée sociale... Comment vivre dans la peau de cet étranger et s'adapter à ce nouveau monde dont les mœurs le révoltent ?  


Kaël Tallas, alias Ladislas, ne reconnaît pas le monde qui l'entoure au lendemain de ses vingt ans. En fait, un laps de temps d'une année lui échappe totalement. Dans la peau de Kaël, il est le collaborateur brillant du Ministre de l'Avancée sociale, un fonctionnaire zélé et influent et un théoricien de premier ordre dans le domaine de la "positive attitude". Mais dans sa tête, il est Ladislas Baran et il cherche à retrouver sa vie, ses parents et surtout son jumeau Lazlo, disparu au cours de leur soirée d'anniversaire.
La plus grande partie de ce roman présente une dystopie, effroyable comme peut l'être le double à peine déformé de la réalité. Sous couvert d'affichage d'un bonheur à toute épreuve, la société a rejeté les pauvres, les malheureux, les vieillards, les inadaptés et jusqu'à l'idée même de compassion. Efficacité et contrôle sont les maîtres mots. Les jeunes sont formatés dès l'école pour réussir ou voués à disparaître, rejetés par le système, leurs parents, leurs camarades.
Salué comme un héros, Kaël revient d'un séjour d'un an en immersion en Nérubie, un pays voisin qui ressemble au monde dont il se souvient, qu'il est parvenu à infiltrer et à convertir aux préceptes moraux de l'Avancée sociale. La voix d'une dissidence timide se fait entendre et le Kaël, qui doute de lui et des idées qu'il a développée, l'entend par l'intermédiaire d'Izaath, une très belle femme qui a été sa maîtresse.

Le monde d'anticipation décrit par Jennifer D. Richard reste suffisamment crédible pour s'interroger sur les travers de la société qu'elle pousse au paroxysme : bonheur, réussite, contrôle, réalisation de soi... Par comparaison avec la Nérubie, le monde de Kaël est un enfer totalitaire d'où les gens "heureux" ont disparu, en dépit des apparences qu'il faut sauver à grand coup d'anti-dépresseurs sous peine de finir dans les cellules de rêve, la solution létale à tous les cas désespérés.
Mais la quête identitaire de Kaël/Ladislas/Lazlo est plus qu'un prétexte à cette histoire, assez adroitement jouée, elle en est le fondement insoupçonnable. Ce roman à double ressort fait réfléchir, mais permet aussi de passer un bon moment de lecture, car finalement, c'est une fiction. Ouf !

L'auteur, Jennifer D. Richard, est co-lauréate 2007 avec Gaëlle Nohant, de la résidence Robert Laffont du premier roman consacrée à la littérature fantastique. Celle-ci, qui se tient à l'abbaye royale de Fontevraud, a pour vocation de permettre à de jeunes auteurs non encore publiés de découvrir le monde de l'édition, leur faire bénéficier des conseils de professionnels, leur donner l'opportunité de se consacrer quotidiennement au travail de leur manuscrit et, au-delà, de promouvoir le lancement de leur premier roman à travers un dispositif original.

* ce n'est pas totalement exact car je me souviens d'une exposition où l'artiste avait uniformément recouvert toute une pièce et son contenu, jusqu'à l'ampoule du plafond, d'une couche de peinture pour laquelle le terme de bleu poussière convient particulièrement bien, l'ensemble évoquait la première guerre mondiale et les tranchées.

samedi 18 janvier 2014

Qu'est-ce que ces romans ont en commun ?




Bleu poussière, ou la véritable histoire de Kaël Tallas de Jennifer D. Richard
C'est d'abord la montée de l'ascenseur qui m'a semblé interminable. Je n'y ai repensé que bien plus tard. Les chiffres défilaient normalement - enfin je crois - mais la vitesse était inhabituelle, j'avais l'impression de monter jusqu'au ciel.


La réponse (peut être) dans mes billets à venir 
Pour vous aider, celui là est déjà en ligne
La porte bleue d'André Brink
David se trouve devant la porte de son atelier. Alors qu'il s'apprête à entrer, cette porte bleue s'ouvre soudain sur le visage radieux d'une femme noire et de deux petits enfants métis. Effaré par cette inexplicable intrusion, David comprend dans l'instant que ces trois personnes font partie de sa vie. Mais il ne les connait pas.
David est sud-africain, il est marié depuis très longtemps avec une femme blanche. Ils n'ont jamais eu d'enfant. Une porte jaune clôt l'entrée de leur appartement.

vendredi 17 janvier 2014

La patrouille du temps

J'ai abandonné toutes mes lectures en cours pour retrouver avec plaisir les premières aventures de Manse Everard au sein de La patrouille du temps.
Les paradoxes et thématiques utilisés par Connie Willis dans Sans parler du chien appartiennent déjà en grande partie à l'univers décrit par Poul Anderson.
J'ai l'intention de découvrir les trois autres tomes de la série, soient un peu plus de 1500 pages et de répondre enfin, par la même occasion, au Défi des mille de Fattorius  :  278 pages +286 pages + 291 pages + (512 pages)

Les cinq histoires qui composent ce premier volume réédité chez Bélial sont très différentes et je me suis souvenue de mon émerveillement à la première lecture de ma préférée, Les Chutes de Gibraltar, quand l'Atlantique s'est déversé par les colonnes d'Hercule dans le tout nouveau bassin méditerranéen situé trois mille mètres en contrebas. C'est la plus esthétique et elle contient à peine un évènement spatio-temporel.
Après une présentation du contexte et de la première mission du personnage central, recruté à New York au milieu du XXème siècle, les autres parties explorent des contextes historiques spécifiques :

Tome 1 : les guerres médiques si Cyrus II n'avait pas unifié les Mèdes et les Perses (Le grand Roi) ; l'expansionnisme sino-mongol si Kubilaï Khan avait conquis le Nouveau monde avant les Espagnols (Echec aux Mongols) ; les guerres puniques si Hannibal et son armée d'éléphants avaient écrasé Rome (L'autre univers) Lu le 26 mai 2013
Tome 2 : Tyr la pourpre et ses ruelles bondées, sous le règne du roi Hiram, au Xe siècle avant notre ère (D'or, de singes et de paons) ; la brutalité des mondes goths, peu avant la chute de Rome, au temps où les dieux parcouraient encore la Terre ; les mystères du Paris des Templiers, sous le règne de l'implacable Philippe le Bel  Lu le 26 juillet 2013 au dépôt légal de la BM d'Angers
Tome 3 : Rome et ses guerres dans les marches de l'Empire, au sein des royaumes du Nord, au tout début de l'ère chrétienne (Stella Maris), puis le XVIe siècle des frères Pizarro, en plein Conquista espagnole (L'année de la rançon) Lu le 16 septembre 2013
Tome 4 : la suite de L'année de la rançon en Asie mineure (Des femmes et des chevaux), l'Amérique du Nord au Pléistocène (Beringie) et une grosse secousse du temps pour le final (Stupor mundi) Lu le 16 janvier 2014

Le tome 2 : Le patrouilleur du temps, comprend trois histoires dont Manse Everard n'est pas le héros principal. Devenu rapidement un non-attaché, un des plus hauts grades de la Patrouille, autonome et indépendant, ne rendant compte que devant ses pairs et les Danelliens, il circule d'une période à l'autre et pare aux dégâts.
La première aventure le trouve aux prises avec Merau Varagan, un Exaltationniste des siècles futurs, sorte de terroriste qui entend arracher le secret du transmuteur de matière par des attentats dans le passé susceptibles de compromettre définitivement l'avenir : par exemple, empêcher la construction du temple de Salomon par le destruction du modèle de civilisation développé à Tyr. Manse y fait l'acquisition d'un fils putatif, Punm, un brillant petit orphelin plein de débrouillardise et d'à-propos, qu'il va former pour qu'il intègre la Patrouille comme agent local.
Le chagrin d'Odin le Goth raconte l'histoire de Carl Farness, un historien spécialiste des épopées scandinaves et particulièrement des Ostrogoths. Cette histoire m'a assez peu convaincue : Carl ne se contente pas d'un rôle d'observateur, il passe son temps à enfreindre les règles de la Patrouille, comme avoir un enfant avec une femme du passé puis il ne cesse d'intervenir dans la vie de ce clan ; la sanction est à l'égal de la faute.
La mort et le chevalier entraîne le lecteur chez les Templiers juste avant leur funeste destin et un patrouilleur qui n'a pu résister à la tentation de sauver son compagnon d'armes, maître et ami.
Dans ces deux situations, Manse intervient pour rectifier les erreurs de personnages trop impliqués. Lui même est un solitaire, de par son statut, plus encore que la plupart des autres patrouilleurs.
J'aime bien le principe de ces uchronies qui se rebouclent : puisque telle est l'Histoire, le cours de choses doit advenir et le rôle de la Patrouille, fondée par les Danelliens au moment où l'humanité découvre le voyage dans le temps, est de veiller à ce qu'aucun voyageur imprudent ou malveillant ne vienne nuire à leur avenue.

Le tome 3 : La rançon du temps
Stella Maris, où une historienne prend trop à coeur la vie des populations qu'elle étudie, rejoint un peu, par le ton et par la chute, la thématique de La tristesse d'Odin le Goth.
L'année de la rançon
Les Exaltationistes sont des voyous temporels qui n'hésiteraient pas à semer le chaos dans l'Histoire pour récolter pouvoir et richesse. Leur dernier projet de "casse" temporel n'est rien moins que voler la fabuleuse rançon exigée des Incas par Pizarro contre la libération de leur chef Atahualpa. Manse Everard s'est fait un défi personnel de capturer leur chef Merau Varagan et d'éliminer définitivement le risque qu'il représente.
L'aventure permet de connaître un peu mieux les méthodes de recrutement de la Patrouille à travers les âges. Wanda Tamberly, la nièce préférée d'un patrouilleur, biologiste attirée par la paléontologie, devrait ainsi aller étudier sur le terrain les spécimens vivant.

Les tomes 2 et 3 abordent aussi la question des relations des patrouilleurs avec leurs amis, la disparition des proches, le secret absolu garantit par leur Conditionnement, alors que leur âge relatif ne fait que croître au fil des missions mais que les cures de jouvence ralentissent leur vieillissement.
Un propos qui peut être gênant également, la non-remise en cause de leurs interventions. Certes cela est posé comme hypothèse de départ puisque les Danelliens appartenant à un futur très lointain ont surveillé l'apparition du voyage dans le temps puis organisé son contrôle afin de ne pas disparaître avant d'exister. Il n'empêche que les divergences évoquées par l'auteur, corrigées parfois de manière radicale et cruelle par la Patrouille, sont intéressantes car elles questionnent l'évolution historique, mais sèment le doute sur le meilleur monde possible.

Tome 4 : Le bouclier du temps

Les trois histoires sont assez diverses et reliées entre elles par de mini chapitres qui évoquent un problème potentiel, comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la Patrouille, alors qu'une enquête est en cours menée par un certain Guion ce qui fait monter l'inquiétude jusqu'au chapitre final.
Dans Des chevaux et des femmes, Everard se trouve aux prises une dernière fois avec les Exaltationnistes, qu'il parvient à arrêter définitivement en la personne de Raor/Théonis, le clone féminin de Merau Varagan. Après la Colombie, le Pérou, la Phénicie, ils sont tombés dans le piège ménagé à leur intention dans la Bactriane antique.
Beringie raconte la première mission de Wanda après son recrutement par la Patrouille suite à son enlèvement par les Exaltationnistes. Biologiste spécialisée, elle étudie la faune et la flore du Pléistocène dans un bassin émergé compris entre l'Alaska et la Sibérie. Elle s'est liée avec de minuscules groupes humains archaïques, les Nous, alors qu'ils sont sur le point de subir l'invasion par l'Ouest de tribus beaucoup plus avancées. Ces épisodes situés dans des temps très reculés sont définitivement mes préférés. [Relire Rosny Aîné ?]
Stupor mundi montre la Patrouille face à sa plus grande peur avérée : l'incident qui n'a pas été anticipé et qui entraîne la destruction de leur monde connu au delà d'une certaine date. Au premier tiers du XIIème siècle, la défaite et la mort de Roger, roi normand établi en Sicile, face à la coalition de l'empereur germanique et du pape. Heureusement Manse Everard était en congés bien en amont et il organise la reconquête de leur futur avec une autre non-attachée et les quelques agents présents. Keith Denison, le patrouilleur qui avait pris la place du grand Cirrus roi des Mèdes, et l'incontrôlable Wanda sont de la partie également.

Une belle tranche de lecture qui s'achève : je suis à la fois satisfaite et triste d'aborder ce dernier tome, d'une part parce que c'est une belle saga à travers les siècles et que j'ai plaisir à retrouver Manse Everard dans de nouveaux feuilletons, d'autre part parce que Poul Anderson n'a pas écrit de nouvelle suite et que c'est vraiment la fin.