Mon envie de découvrir l'univers du vainqueur du Goncours japonais s'est heurtée au style très cru de Murakami Ryû. L'auteur livre une peinture déprimante et oppressante de la ville, cette autre "cité des enfants perdus" qu'est le Tokyo dans lequel il consume sa jeunesse en compagnie d'un groupe d'adolescents et de jeunes adultes sans avenir, une génération "no future" blasée et revenue de tous les vices.
Premier roman au titre prometteur paru en 1976, Bleu presque transparent navigue entre le dégoût et le désespoir, qui prennent le pas sur l'étrange beauté de certaines digressions, qu'il est aisé d'imaginer inspirées par les effets conjugués de l'alcool et de la drogue.
" Leur déchéance possède la couleur du bleu presque transparent de la pureté ". L'image me fait penser aux tranches bleues des glaciers dont l'étonnante couleur proviendrait de l’eau pure emprisonnée et gelée dans leurs flancs.
Mais il est bien difficile de discerner trace de rédemption sous la noirceur des actes. Les rares sursauts d'amour ou de morale semblent uniquement destinés à être moqués ou bafoués. Les quelques moments de répit dans le cours du roman ne permettent que de replonger de plus belle dans la narration fétide et nauséeuse de toutes les dégradations physiques auxquelles le groupe se livre à corps perdu, dans des rencontres de hasard. Pourtant, à la dernière page, seule face à tout ce malaise ambiant apparaît porteuse d'espoir la lettre adressée par Ryû à l'une des compagnes de ses nuits de déchéance.
Le livre est parti chez Choco qui me l'a échangé contre Le cahier bleu : j'attends impatiemment ses commentaires de lecture. Il était dans ma PàL depuis le swap Bleu orangé.
Je ne suis pas sûre finalement de vouloir la rencontre avec Les bébés de la consigne automatique qui figurait également dans ma LàL.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire