dimanche 31 octobre 2010

Une enquête de Maud Silver

Vieille préceptrice anglaise à la retraite, Miss Maud Silver possède un sens moral tout à fait victorien. Devenue détective privé par goût de la vérité, elle est parvenue à intervenir avec succès dans certaines enquêtes menées par un de ses anciens élèves, le chef de la police Randall. Précurseur de Miss Marple, un des célèbres personnages d'Agatha Christie, elle compense une apparence un peu désuette par une incroyable acuité intellectuelle.
La collection Brading paru en 1950, lui permet d'exercer sa sagacité pour résoudre une nouvelle affaire criminelle.
Riche collectionneur de bijoux anciens marqués par le crime ou la passion, Lewis Brading a fait édifier un bâtiment sécurisé pour abriter ses joyaux de la convoitise qu'ils ne manquent de susciter. Se sentant menacé, il fait appel, sur les conseils de Randall, aux talents de Miss Silver ; en dépit de l'insistance de la demande, la vieille dame refuse en raison du caractère antipathique et cruel du personnage. Elle est prise de remords tardifs lorsqu'elle apprend son suicide suspect dans la presse. Elle se rend sur les lieux avec pour seul objectif de disculper des innocents et de confondre le(s) coupable(s).

mardi 26 octobre 2010

Bleu nuit ou les sept vies du moine

Institutrice, Florence Leblanc est également pigiste dans un journal de l'île de La Réunion. Globalement contestataire, elle est plutôt contre les idées reçues et l'ordre établi, mais elle ne pourrait certifier que son action est à la mesure de son engagement moral.
Sujette à un accès de déprime un soir de réveillon, elle s'amuse à taquiner les esprits à l'aide d'une planchette de oui-ja. A sa grande surprise, elle obtient une réponse qui la dérange, mais va bientôt l'entraîner dans une aventure spirituelle hors du commun.
D'abord sceptique puis séduite, elle devient la confidente d'un ancien moine napolitain, défroqué et quelque peu pirate, fondateur d'une république utopiste, libertaire et égalitaire. A travers une série d'entretiens "téléphoniques", Angelo lui fait partager ses doutes, tout en lui racontant sa vie et celle de plusieurs personnages ayant en commun l'océan indien... et une dague mauresque ancienne et délicatement ouvragée.
Communication avec l'au-delà ou allégorie de l'éveil de sa conscience, Florence subit peu à peu l'influence du moine qui semble poursuivre à son égard un dessein connu de lui seul et parvient tour à tour à l'émouvoir, la questionner, la pousser à agir.
Daniel Vaxelaire signe un roman subtilement construit où il pose de façon multiple la question de l'identité et de la construction de soi.

lundi 25 octobre 2010

God save la France

J'ai été déçue par ce livre sélectionné dans la liste de CookingKitten pour le circle challenge ABC 2010 et surtout je n'y ai pas trouvé trace de ce plaisant  "humour" so british tel qu'il se pratique Outre-Manche !
Le roman de Stephen Clarke, qui se veut caricatural/riste, ne dépasse pas le registre de la parodie et le stade du cliché mal digéré sur les Français : par exemple les trop nombreuses et répétitives allusions aux habitudes alimentaires. Consternant et de parti pris, il est définitivement moins drôle que Dan Rhodes, J'ai tué la princesse, dans le même mode critique.
Tout ce que je peux ajouter à propos de God save la France ! c'est qu'il ne m'a pas donné envie de lire Les françaises vues par le même auteur.

jeudi 21 octobre 2010

Purgatoire


Je suis allée piocher ce titre parmi les nombreuses suggestions du circle challenge ! Ainsi, j'ai eu le plaisir de découvrir une BD comme je les aime, "empruntée" à la liste établie par Choco.

Servi par un scénario original, dans une économie de style et de couleur, Purgatoire de Christophe CHABOUTE est un roman graphique en trois tomes, parus entre 2003 et 2005.
En quelques pages magistralement exécutées, le héros bascule d'une situation de totale euphorie à la déchéance absolue. Mais l'histoire - la vraie - celle qui intéresse l'auteur, ne débute qu'au moment où finit celle de Benjamin Tartouche... Renversé par une voiture, il rejoint les âmes du purgatoire, qui pour sauver la leur, doivent remettre dans le droit chemin une brebis égarée... tout en ne sachant pas laquelle est la leur au sein du troupeau.
Je n'en dis pas plus, mais Colombine le fait très bien, le mieux reste d'aller les regarder et les lire !

lundi 18 octobre 2010

Le mois des littératures de l'imaginaire chez Babelio

Babelio regorge d'idées intéressantes pour échanger sur la littérature et faire aimer les livres : deux initiatives en cours à signaler, un challenge ABC (je le tenterais bien, j'ai justement un projet de lectures policières, mais pas dans l'immédiat) et un mois thématique : Les littératures de l'imaginaire, où je me suis inscrite et pour lesquelles je pense commenter un auteur de fantastique.

Une fois n'est pas coutume, j'ai choisi pour changer de parler d'un auteur de littérature jeunesse que j'ai découvert grâce au swap Impulse spécial mauvais genre : Le pouvoir des cinq par Anthony Horowitz, dont je viens de lire les tomes 2, 3 et 4 (sur une série de 5).
Mais je prépare également un billet plus étoffé pour faire découvrir, si besoin est, un auteur italien que j'aime énormément et qui a écrit de très nombreuses nouvelles fantastiques, Dino Buzzati.

Comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, Babelio avait organisé une opération Masse critique spéciale sur cette thématique, ouverte même aux non bloggeur/ses et j'aurai la chance de recevoir prochainement Le chant du barde, les meilleures nouvelles de Poul Anderson.

vendredi 15 octobre 2010

La griffe du mal

Des romans en attente de commentaire, des ébauches de billets qui trainent inexplicablement : j'ai négligé de les commenter sur le coup, puis le temps a passé, un peu, beaucoup et je me suis aperçue que j'avais de moins en moins de choses à en dire...
Pourtant, le roman d'Erica Spindler n'est pas vraiment plus mauvais qu'un autre. Bon la collection Enfer et best sellers qui prétend concilier chick-litt, suspense et polar fait partie des éditions Harlequin, mais cela ne suffit pas à expliquer ma négligence. Tout simplement, cela arrive pour certains romans dont l'intérêt s'est émoussé sitôt refermés. En plus, j'ai détesté d'emblée la couverture !
La Griffe du Mal nous entraîne au cœur du terrifiant secret d’un assassin torturé par le désir de vengeance et la quête d’une impossible justice. Le déroulement ne permet pas de connaître le meurtrier avant les dernières pages. Nous suivons le personnage de Mélanie May, une femme partagée entre ses ambitions professionnelles et les difficultés de sa vie quotidienne.
Sergent de police, Melanie mène un travail de routine dans une paisible banlieue, jusqu’au jour où les morts suspectes se multiplient dans sa circonscription : à quelques jours d’intervalle, un allergique est piqué par des abeilles enfermées dans sa voiture, un toxicomane s’injecte une prise mortelle de drogue trop pure, un malade du cœur se trompe dans le dosage de son médicament… Les accidents pourraient être banals si les hommes n'avaient été connus pour leur violence envers les femmes. Mélanie est persuadée de tenir la piste d'un tueur en série.
Lorsque son beau-frère puis son ex-mari sont retrouvés morts à leur tour, l'enquête prend un tour imprévu dont la piste fragile la  renvoie inéluctablement à sa propre histoire. Son père, violent et abusif envers ses filles, a disparu autrefois dans des circonstances inexplicables. Mélanie est bientôt confrontée à une terrifiante vérité : le portrait robot du vengeur féministe lui ressemble comme une soeur... Mélanie ne peut compter que sur l’aide de Connor Parks, un profileur du FBI.




50 billets, 50 états
Charlotte, CAROLINE DU NORD

mercredi 13 octobre 2010

Sept jours pour une éternité

Encore un bon choix de Talyate pour ce roman très frais, drôle et émouvant dont j'attends avec impatience la traduction en BD signée Corbeyran  (le premier de deux tomes vient de paraître => en fait j'ai trouvé la BD un peu en dessous et je crois surtout que l'effet de surprise ayant disparu, enlevait beaucoup d'intérêt à l'histoire).

Lucas est beau en diable, ce qui est normal pour le champion des envoyés de Satan sur Terre. Zofia, d'une douceur angélique, ne saurait à moins représenter l'élite des forces du Bien. Ils viennent de faire connaissance et ne savent pas encore que leurs employeurs respectifs viennent de les engager dans une ultime mission, qui doit les opposer en combat singulier. Dieu "Monsieur" et Diable "Président", qui partagent un immeuble à San Francisco, se sont en effet lassés de l'inaboutissement de leurs tentatives réciproques de suprématie et afin de trancher un conflit vieux comme l'humanité, ils se sont lancé ce défi à l'issue définitive. Les deux protagonistes ne semblent avoir qu'une solution : anéantir l'adversaire.

samedi 9 octobre 2010

Le cinquième évangile

Lu dans le cadre du Read-a-thon 2010

Spécialiste du fac-similé, Michel Faber récidive dans la satire loufoque après son vrai-faux roman victorien, La rose pourpre et le lys. Palpitant comme un vrai roman noir, Le cinquième évangile tourne en dérision le monde de l’édition, la culture de masse et la grande mode des textes anciens dits de « vérité révélée ».
Autant dans un genre similaire, je me suis ennuyée à lire Qumran au point de ne pas réussir à le finir, autant je me suis amusée aux mésaventures de Théo Griepenkerl, contées sur un ton est drôle et irrévérencieux. Héros peu crédible, poltron et opportuniste, il saisit l’occasion d’un succès facile mais se dégonfle comme une baudruche à la première anicroche.
Le musée iraquien qu’il est chargé d’auditer pour le compte d'une université canadienne essuie une attaque terroriste durant sa visite. A la faveur d’un effondrement provoqué par une bombe, il découvre dans les décombres un trésor inestimable qu’il s’empresse de dissimuler aux conservateurs locaux. Comme il l’a pressenti dès l’instant de la trouvaille, il s’agit d’un texte absolument inédit : les mémoires de Malchus, témoin des derniers jours de Jésus. Il traduit et s’approprie la paternité du texte, qu’il fait publier sous le nom de plume de Theo Grippin. Présenté comme une fiction, Le cinquième évangile rencontre un immense succès, qui le propulse au rang de célébrité. Enchaînant les présentations aux conférences, il profite sans vergogne des avantages de cette soudaine popularité. Mais le texte de Malchus provoque le scandale et Théo se fait dépasser par les évènements. Autodafés, tentative d’assassinat à Baltimore, sa vie est mise en danger et il ne sait plus à qui se fier ; le paroxysme est atteint lorsqu’il est kidnappé par deux fanatiques au cours d’une lecture publique à Manhattan.

mardi 5 octobre 2010

dans la collection Futurs... par Isaac Asimov

Futurs qui craignent
Présentée sous l'égide d'Isaac Asimov, une sélection de quelques situations d'anticipation volontairement inquiétantes, qui comme souvent en science fiction donnent à réfléchir sur l'organisation actuelle de la société, ses possibles évolutions et leurs supposées futures dérives. Si je devais n'en choisir qu'une (deux) parmi les autres :
Marche au soleil de Geoffrey A. LANDIS - L'une rêve et l'autre pas de Nancy KRESS
Message publié le 10 août 2010
Futurs bien frappés
Quelques longues nouvelles réunies sous ce thème dans une collection dirigée par Isaac Asimov, dont Une enfance martienne, le début de Mars la verte (suite de Mars la rouge) par Kim Stanley Robinson.
Si je devais en recommander une plus que les autres :
La nuée ardente de Steven UTLEY

vendredi 24 septembre 2010

Chambre froide - Les démons de Barton House

Un cadavre extrêmement dégradé est retrouvé sur la propriété d'un manoir anglais du XVIIIème siècle, dissimulé dans la chambre froide, un bâtiment circulaire inutilisé, situé à l'écart du logis et qui servait jadis de garde-manger. Les trois amies d'enfance qui habitent le château font rapidement figure de suspectes idéales pour le commissaire chargé d'enquêter. Il croit d'emblée à leur culpabilité à cause de la disparition inexplicable, survenue dix ans auparavant, du mari de la propriétaire, pourtant décrit comme un être vil et peu recommandable et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Au village, les soupçons ont également la vie dure et l'annonce d'un nouveau meurtre relance la polémique autour des " trois sorcières " de Streech Grange.
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Les démons de Barton House
Un cadavre, deux policiers, trois suspectes... mais au-delà de ce schéma numérique simple, Minette Walters dont c'est le premier roman, possède un art consommé pour tirer les ficelles et faire jouer les ressorts de l'intrigue. Aucun des personnages n'est tout à fait ce dont il a l'air de prime abord et il convient de se garder des jugements hâtifs.
Connie Burns est correspondante de guerre pour l'agence Reuters et elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de trouver des informations sur un sujet brûlant. En mission au Sierra Leone, elle repère une série d'actes révélant la possibilité qu'un violeur récidiviste, mutilant et défigurant ses victimes, se cache parmi les forces d'intervention. Connie établit un lien avec un mercenaire britannique qu'elle a déjà rencontré à Kinshasa, sous une autre identité. Lorsqu'elle croise de nouveau le même personnage antipathique en Irak et qu'elle pressent qu'il pourrait y sévir en toute impunité, elle soumet ses doutes à son rédacteur en chef et à un ami policier, mais ses recherches se heurtent à un mur de silence.
Quand elle prend finalement peur et décide de s'éloigner pour quelque temps, elle est devenue une proie : enlevée sur la route de l'aéroport, séquestrée trois jours durant, puis relâchée, elle se refuse à toute révélation et fuit la presse. De retour en Angleterre, elle veut surtout oublier et se coupe de tous ses proches pour se réfugier dans le Dorset où elle se croit à l'abri sous un faux nom dans un petit village de la campagne profonde. La ferme voisine la plus proche est tenue par une jeune femme introvertie et meurtrie, qui vit à l'écart du village entourée de ses chiens. Connie finit pourtant par développer avec elle des liens proches de l'amitié.
Cette fois encore, au-delà d'une intrigue plutôt bien menée, j'ai apprécié la capacité de Minette Walters à décrire efficacement les caractéristiques psychologiques des personnages et leurs réactions dans des circonstances extrêmes. Je retrouve certaines préoccupations récurrentes avec Chambre froide, son premier roman : un univers qui s'inscrit dans la tradition du roman noir britannique mais avec une prédilection pour les sujets sensibles relatifs aux violences envers les femmes et lui permet de mettre en scène des amitiés fortes et une solidarité née de l'adversité lorsque l'obligation de survie s'affranchit des règles de la justice et de la société, des personnages au caractère trempé, jeunes femmes fortes et fragiles à la fois, plutôt
indifférentes à l'opinion d'autrui voire marginales, sans être insensibles ; dernier détail (à vérifier), j'ai noté une propension particulière à constituer les mutilations aux mains en signe distinctif.
Lu le 8 décembre 2010 pour le challenge Voisins, voisines : Grande-Bretagne

mardi 21 septembre 2010

Read-a-thon 2010

Je salue le retour du Read-A-Thon dont la deuxième édition se tiendra le week-end des 09 et 10 octobre 2010 et je participerai à cette folie douce orchestrée par Chrestomanci.
Suite au succès remporté par l'édition de février, elle propose un défi lecture à la mesure des addicts que nous sommes - soient 12 heures, soient 24 heures d'affilée, au choix, pauses autorisées - idéal pour faire baisser sa PàL.

Tous les renseignements pour se laisser tenter et/ou participer sont sur http://readathon.over-blog.com/

J'ai pu lire quatre livres en douze heures :
- Andrea Japp, Dans l'oeil de l'ange
- Michel FABER, Le cinquième évangile
- Anthony HOROWITZ (littérature jeunesse), La photo qui tue/neuf histoires à vous glacer le sang
- Richard BACH (l'auteur de Jonathan Livingstone seagull) Le messie récalcitrant

lundi 20 septembre 2010

La mille et deuxième nuit

" Dans un sérail chatoyant et secret, la Reine déchue appelle les Concubines et les Eunuques à s'allonger à tour de rôle sur le divan du conteur, afin de confier, sans risque d'être inquiétés, toutes les histoires du harem dont chacun et chacune a été l'acteur ou le spectateur. "

Alain Nueil fait revivre, sous un titre déjà choisi en son temps par Théophile Gautier, les mystères de la cour du roi de Perse Shahryar et de sa légendaire concubine Shéhérazade.
Il imagine que le plus insignifiant des scribes, Halemi, ait écrit dans l'ombre de ces importants personnages, des contes d'inspiration très personnelle, prêtant des propos tour à tour licencieux ou séditieux aux occupantes et gardiens du harem.

Il écrit dans une langue charnelle et impudique qui évoque les sortilèges d'un lointain Orient fantasmé, monde clos du harem où les existences sont entièrement vouées aux lois du plaisir et où les sens imposent un art de vivre qui trouve sa légitimité entre le païen et le sacré. Il est professeur agrégé.

J'adore l'opulence toute orientale de ce tableau de Matisse.

vendredi 17 septembre 2010

La cerise sur le chapeau

Book dating : rendez vous est pris le troisième jeudi de chaque mois à Saint Paul : je suis partie avec quelques livres à faire découvrir, je n'ai pas tout placé mais je suis revenue avec deux romans et deux policiers.
J'ai même eu le temps de déguster d'appétissantes rillettes de saumon et de lire sur place L'errant, des mini-mini textes de Khalil Gibran dont je connaissais Le prophète.
Décidément, de redondances en correspondances fortuites, l'univers des contes et légendes orientaux me poursuit de sa magie en ce moment.

mercredi 15 septembre 2010

La baleine de Dublin

Afin d'enrichir le programme de Talyate pour le circle challenge ABC 2010, j'ai décidé de croiser la lecture du désormais classique Moby Dick d'Herman Melville, avec La baleine de Dublin.
Ray Bradbury, qu'il est injuste de ne connaître que pour ses écrits d'anticipation, notamment Farenheit 451 et Chroniques martiennes, est très inattendu dans ce récit romancé de son second séjour en Irlande, au cours duquel il écrivit le scénario de « La Bête » pour le compte du très fantasque réalisateur John Huston (1953). 
Il possède une merveilleuse manière de conteur, qui s'illustre dans cette très belle et savoureuse description du « vaste billard qu'est l'Irlande » et du folklore local de ses habitants, philosophes à leurs heures. 
 
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Le film
Moby Dick est un film américano-anglais de 1956, réalisé par John Huston d'après le roman homonyme d'Herman Melville avec Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab. Scénario : J. Huston, Ray Bradbury, Anthony Veiller.
John Huston a dit, à propos des difficultés rencontrées lors du tournage : « Le film, comme le livre, est donc un blasphème, et on peut admettre que Dieu se soit défendu en déchaînant contre nous ces ouragans et ces vagues énormes. »
Ishmael, jeune marin qui rêve d'aventure, s'embarque à bord du Pequod, un baleinier. Ce navire est commandé par le capitaine Achab qui est mû par une unique obsession : il veut absolument tuer Moby Dick, une baleine tueuse, qui lui a fait perdre sa jambe. Achab entraîne ainsi son équipage à travers toutes les mers, à la poursuite du monstre mais aussi de son propre destin.

vendredi 10 septembre 2010

L’opération Masse Critique revient en force

J'ai déjà fait mon choix parmi plein de nouveautés intéressantes. Vite !!! Vite... pour cette 9ème édition près de 500 exemplaires à distribuer, provenant des catalogues de plus d'une trentaine d'éditeurs : " vous choisissez le(s) livre(s) qui vous tente(nt) dans notre liste de nouveautés, et si vous êtes sélectionné(e), vous le recevez pour en écrire une critique. Comme toujours, vous trouverez des romans, mais aussi des BD, des essais, des documents, de la littérature jeunesse, de la cuisine etc. "

Je viens d'apprendre que je vais recevoir deux livres prochainement et je suis super contente :
- Pied-de-mouche d'Adam Mars-Jones
- La folle journée du Professeur Kant (d'après la vie et l'oeuvre d'Emmanuel Kant) dans une collection dirigée par Jean-Paul Mongin.

lundi 6 septembre 2010

Expiation

Saluée par Mary Higgins Clark et Stephen King, Patricia Mac Donald signe un scénario sans grande surprise -seul le premier chapitre est déroutant - dont l'intérêt réside dans la description des motivations et la psychologie des personnages.
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Maggie est la dernière personne qui a vu Roger vivant. Personne ne l'a croit quand elle affirme qu'ils se sont arrêtés sur le bas côté de la route, dans la nuit et la neige, pour secourir une personne en détresse, alors qu'ils rentraient du motel où ils venaient de passer un moment ensemble. Accusée du meurtre de son amant, elle n'a pas réussi à prouver son innocence et a dû purger douze années de prison.
Bien décidée à oublier cet épisode douloureux, Margaret Fraser a trouvé un emploi de journaliste dans une petite île de Nouvelle-Angleterre où tout le monde se connaît. En dépit d'une idylle naissante et de la confiance du rédacteur en chef, elle est en butte au front d'animosité des habitants et se sent traquée par un ennemi inconnu qui semble lui reprocher son passé.

vendredi 3 septembre 2010

Incidences

Philippe Djian réinterprète à sa façon le trio la femme/le mari/l'amant en sa variante la soeur/le frère incestueux et sa maîtresse, mais à son habitude, le vrai sujet d'observation reste les dérèglements du couple. Dans ce drame à trois, Marianne, Marc et Myriam se cherchent, se trouvent, se poursuivent en des chassés-croisés auxquels se mêlent quelques personnages aléatoires qui ne sont que prétexte à réaction des acteurs principaux. Une tension lourde s'installe peu à peu, où la folie guette les personnages à chaque page. La construction du roman va crescendo pour atteindre son paroxysme dans les dernières feuilles en un dénouement prévisible - le drame doit éclater comme un orage quand l'air est trop saturé d'électricité statique - mais qui reste pourtant imprévisible dans la mesure où le lecteur est incapable de dire d'où le coup viendra.
L'histoire est d'une densité incroyable : certains arguments pourraient faire l'objet de développements, mais cela nuirait à l'harmonie d'ensemble et au ton de l'histoire et repose beaucoup sur le non-dit et le pouvoir d'évocation. L'auteur se plaît à distiller ses effets et réussit à donner l'impression qu'il garde du potentiel en réserve. Les choses sont suggérées avec beaucoup d'économie de moyens et une sobriété de propos qui ne fût pas toujours la sienne. Il y a accord entre le fond et la forme, puisque Marc enseigne à ses étudiants la recherche du rythme juste auquel Philippe Dijan est très attentif. En parallèle, il poursuit sa réflexion sur le métier d'écrivain dont il continue à explorer les décalages et les chemins de traverse. Vers chez les blancs voyait la confrontation de deux amis et néanmoins rivaux dans la vie : un écrivain sur le retour à la gloire passée et un auteur de talent en pleine crise de maturité. Dans Incidences, le héros enseigne à l'université à des candidats écrivains ; après qu'il s'est aperçu que le génie littéraire lui faisait défaut, il s'est résigné à ne jamais vivre de sa plume et si amertume il y a, elle porte plus sur la médiocrité ignorante qui l'entoure que sur le constat lucide de sa propre absence de valeur.

lundi 30 août 2010

En toute honnêteté

J'apprécie beaucoup ce choix de Talyate qui a su trouver en Ruth Rendell le contrepoint idéal à la lecture de Rosamund Pilcher : je ne m'y attendais pas du tout, ni par le titre, ni par l'auteur, que j'ai dû vraisemblablement confondre avec une autre. Les deux écrivent des romans autant que des nouvelles, mais si l'une excelle à délivrer un message d'optimisme et de foi en l'humanité, l'autre préfère montrer la mesquinerie et la noirceur d'âme des hommes et femmes qui lui servent de sujet et insister sur leurs aspects humains et moraux les moins valorisants ou les plus infâmants.

La plupart des personnages rassemblés dans ce recueil souffrent d'obsession : phobiques, compulsifs... ils offrent une large palette des troubles du comportement, des plus apparemment bénins à ceux qui tournent dans certains cas à une pathologique insupportable pour l'entourage et pourrait conduire au meurtre.
Certaines histoires appartiennent d'ailleurs à un registre proche de la thématique de Meurtres et obsessions dans la collection supervisée par Otto Prenzler : le désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables.

Lu également Un parfum bleu foncé, une courte nouvelle dramatique sur le thème de l'obsession.

Avec l'extrême finesse psychologique et l'économie de style trompeuse qu'on lui connaît, Ruth Rendell pratique ici la dissection des mobiles qui ont motivé les actes; jusqu'à exposer les moindres rouages des névroses de ses personnages pour créer, mieux qu'un suspense, un malaise lancinant.

En trente ans, Ruth Rendell s'est imposée comme la reine de la littérature criminelle. Elle est le seul auteur à avoir été deux fois consacrée par le Gold Dagger Award, décerné par l'Association britannique des auteurs de littérature criminelle. Elle vient d'être distinguée par la reine d'Angleterre qui l'a nommée Companion of the British Empire.

vendredi 27 août 2010

Sexe, diamants et plus si affinités - Le diable s'habille en Prada

Trois amies que tout oppose se lancent un défi : pendant une année, Emmy, la monogame convaincue, délaissée de fraîche date par son ami volage, va essayer d'aller à l'encontre de son caractère pour s'amuser sans arrière pensée et séduire autant d'hommes qu'il existe de continents, Adriana, la belle et sensuelle brésilienne en quête perpétuelle d'aventures, va tenter de s'en tenir à un seul homme et si possible en faire son futur mari, bague de plusieurs carats à l'appui et Leigh enfin, la récente fiancée dont toutes les femmes envient le couple idéal, espère ressentir dans les bras de l'homme de sa vie plus que le tiède sentiment de confort affectif que lui inspire Russell et va remettre en cause son existence toute tracée.

Lauren Weisberger annonce sans équivoque son trio gagnant : Sexe pour l'une, diamants pour l'autre et plus si affinités pour la dernière... mais les circonstances peuvent s'ingénier à ménager des surprises là où elles sont les moins attendues.
Le pire dans ce roman est qu'il donne peu l'impression d'être une oeuvre d'invention : l'auteur vient et vit du monde qu'elle décrit. Je dois avouer que le portrait de ces trentenaires new yorkaises privilégiées, belles, riches et frivoles, socialement intégrées et jouissant de professions en vue, me fait plus craindre pour le féminisme que plusieurs générations de machos convaincus.

Lu en 2009
Le diable s'habille en Prada, du même auteur, raconte les débuts et déboires d'une jeune journaliste ingénue dans le monde sans pitié de la mode new yorkais, avant qu'elle ne devienne à son tour plus retorse que sa rédactrice en chef.
Je dois avouer pour une fois que j'ai préféré au livre la version cinématographique avec une Meryl Streep totalement crédible dans le rôle de Miranda Priestly, gourou de la mode et parfaite garce par ailleurs.

vendredi 20 août 2010

L'étrangère

Dans La prisonnière, écrit en collaboration avec Michèle Fitoussi et paru en 1999, Malika Oufkir témoigne de ses vingt années de captivité dans les geôles marocaines où l'ensemble de la famille a été emprisonné en 1972, à la suite du coup d'état manqué et de l'exécution du général Oufkir par le roi Hassen II. Son récit a fait l'objet d'une diffusion exceptionnelle en Europe et aux Etats-Unis et lui a valu de nombreuses tournées de présentation.

L'étrangère, où elle livre la suite de ses souvenirs, raconte avec une apparente humilité et un moralisme de bon aloi, les difficultés de son retour à la vie "civile", ses années de rééducation à la liberté avec l'aide de son mari, son choc face aux changements survenus dans le monde.
Cela n'est pas réellement l'oeuvre d'un écrivain, mais plutôt un bis repetita de la catharsis engagée grâce au premier livre. Les chapitres sont décousus, l'auteur hésite sans trouver sa place entre l'anecdote autobiographique et la pensée générale.
Globalement, je me suis beaucoup ennuyée, même si je dois admettre que j'ai découvert ignorer honteusement une partie de l'histoire récente du Maroc.

Une des pires impressions de ce circle challenge ABC après Danielle Steel