samedi 30 novembre 2019

Lectures BD du mois







Les aventures de Lefranc, de Jacques Martin et Gilles Chaillet
L'apocalypse réunit pour une fois les ennemis jurés, le journaliste et Axel Borg, dans un complexe hôtelier plus qu'étrange. Sous la direction d'une équipe robotisée, une sélection people de tous bords est soumise à un entraînement paramilitaire avant d'être exposée à des séquences historiques passées et futures. Leur éveil à la conscience doit les amener à témoigner face à l'humanité de l'urgence de changer certains comportements natalistes et consuméristes (publiée en 1986 !).





Le Sang du dragon, tomes 02 et 03 : La Pierre de Gaëldenn et Au nom du père de Jean Luc Istin et Guy Michel
Cette couverture me fait penser à la série Les voleurs d'empire
Le capitaine Hannibal Mériadec dont la mère Anne Voisin a été poursuivie et brûlée comme sorcière est devenu pirate. A la recherche d'un moyen de s'approprier les trésors révélés par le livre de Lewig, il croise l'âme damnée de la belle Idigth, dernière détentrice de la pierre de Gaëldenn coulée dans la baie de la Dourdue. Le final annonce l'intervention de Cagliostro dans sa vie ou plutôt le retour de celui qui fit commerce démoniaque avec sa mère, allié avec le lieutenant Mallert responsable de son arrestation.








Mort sur le Nil de François Rivière et Solidor d'après Agatha Christie
Hercule Poirot en vacances en Egypte croise une vieille connaissance, le colonel Race, qui représente les avocats de Mrs Linnet Ridgeway. La "femme la plus riche d'Angleterre" est en voyage de noces avec Simon, précédemment fiancé à sa meilleure amie qui suit le même circuit et harcèle le couple de sa présence. La croisière sur le Nil ne s'amuse pas tellement car rapidement les accidents suspects, puis les morts violentes se succèdent, défiant la logique du détective belge.
J'ai suivi avec plaisir ce classique de la reine du crime que je n'avais jamais lu ce qui m'a permis de vraiment découvrir les personnages et le noeud de l'intrigue diabolique... 

Ken games, relecture des tomes 1 à 3 à l'occasion de l'achat de la préquelle sur la vie à deux de Louviers et Ciseaux, une histoire de tueurs à gages signée José Robledo et Marcial Toledano




Le cirque aléatoire, Les origines : Eleuthère Sombre de Sylvain Ricard et Christophe Gaultier aux éditions Treize étrange
Il me manque l'histoire principale pour saisir l'intérêt de cette préquelle, qui dresse la biographie de l'énigmatique Eleuthère Sombre.
Du même auteur, Les boules vitales avec Charles Masson





dimanche 17 novembre 2019

La dernière fée de Bourbon

Week End à 1000
Je lis La dernière fée de Bourbon d'Ophélie BRUNEAU, commencé hier 209/427
L'histoire, une uchronie victorienne située à La Réunion, me plaît beaucoup, je retrouve avec plaisir quelques termes créoles et surtout des lieux qui promènent le lecteur à travers toute l'île. La fiction introduit quelques variantes dues à une industrie liée à la vapeur et un régime politique sous domination anglaise : l'ex-île Bourbon n'est jamais devenue française, pour empêcher la jeune république d'en tirer profit. Les créatures fantastiques sont pourchassées et exterminées sans. Mes préférées sont les petites Salamandres, des "diwa" nées das le feu des coulées de lave ; leur description me fait penser à Petit Groot, mais qui serait tout feu tout flamme !

Un week end avec d'autres projets (Feux croisés au cinéma notamment) et nulle envie de lire...
Je n'ai pas avancé le roman entamé vendredi. J'ai tenté de lire Girls en LC avec Plume35 mais j'ai fait un rejet du graphisme. Je termine sur un tout petit score. A la prochaine

jeudi 14 novembre 2019

BD belges du mois





mercredi 13 novembre 2019

Histoires de Chimères [5]

Rien qu'une Chimère d'Emma Darcy ou le mannequin et le milliardaire : elle vient de se disputer avec son fiancé et photographe, il veut lancer son nouveau parfum, ils se croisent incognito le temps d'une parenthèse idyllique sur une plage... elle sera sa nouvelle égérie, il lui a caché qu'il pouvait détenir les clefs de son avenir professionnel, l'instant d'un clip la magie opère de nouveau.
AUSTRALIE
Lu en octobre 2019


Chasseurs de chimères : un recueil de nouvelles datant de l'âge d'or de la SF française
Lues en novembre 2014








Chimères, tome 3 Bellérophon, de Joseph Béhé et Thomas Mosdi
Je ressens une légère déception avec l'album de clôture de ce triptyque pour deux raisons : le graphisme de Béhé me plaît moins que dans d'autres albums et le scénario est difficile à suivre car il se rattache à plusieurs sources mythologiques
Lu en décembre 2014


Pour cette troisième session, j'ai choisi de lire des BD se rattachant à la Belle époque.
Assez peu convaincue par le tome 1 des aventures d'Adèle Blanc-Sec de Tardi, j'ai préféré chercher ailleurs et bien m'en a pris.
Janvier 2015 pour le challenge Chacun son époque 3/5

D'abord, Green Manor, un triptyque écrit par Vehlman et dessiné par Bodart, qui m'a amusée par son humour cynique et divertie par la diversité des histoires courtes rassemblées sous une thématique commune. Les faits advenus sont évoqués par un narrateur identique à la manière des romans à énigme de la même époque, se passent dans l'Angleterre victorienne, majoritairement à Londres, et s'étalent dans le temps sur toute la seconde moitié du 19ème siècle.
Sous des allures respectables et une courtoisie bon ton, les membres du Green Manor's Club, fleurons de l'aristocratie britannique, sont les plus odieuses crapules qui soient. Les scrupules anecdotiques du futur gardien de la vénérable institution sont prétexte à l'évocation des méfaits secrets et des passions criminelles des uns et des autres. Chaque conte est délicieusement inattendu, mais j'ai préféré le machiavélisme magistral et ultime du joueur d'échec et l'ironie cruelle de la chute dans l'Ange de la Mort.
Fin de partie
La petite musique du crime
Dans la tête de William Blake
Duel au sommet
Le testament

Ensuite, Chimère(s) 1897, repéré dès sa sortie est un triptyque signé Arleston qu'on ne présente plus et Vincent, qui m'a beaucoup plu, tant par son graphisme que par le fond de l'intrigue et le contexte : la IIIème République et le Paris haussmannien dans les dernières années du 19ème siècle. 



Outre le destin de l'héroïne, déjà prostituée bien que n'ayant pas l'âge légal et à laquelle aucune humiliation n'est épargnée, je me suis intéressée aux secrets de Gisèle, l'impitoyable tenancière, une ancienne reine des spectacles parisiens. Sa maison close La perle pourpre, lieu de rendez vous et de débauche où se croisent le monde des arts, des affaires et de la politique, permet de rencontrer des personnages qui ont fait l'histoire. L'intrigue fait la part belle à la trame de fond, il y est question de Ferdinand de Lesseps, en difficulté pour le financement des travaux de Panama en dépit du succès du canal de Suez, de Gustave Eiffel en pleine construction - contestée - de la tour qui portera son nom pour la postérité, mais aussi de Maupassant, chroniqueur toujours à l'affût de matériau littéraire...



mardi 12 novembre 2019

Les déracinés

Bookineurs en couleurs GRIS
COUP DE COEUR

Entre l'Autriche devenue antisémite et la République dominicaine, Catherine Bardon trace le parcours d'Almah et Wilhem Rosenbeck, un jeune couple d'intellectuels viennois, juifs non pratiquants, pris dans le maelström de l'avancée nazie en Europe.
Wilhelm, héritier d'une imprimerie familiale préfère devenir journaliste de presse. Il obtient la main d'Almah, fille unique d'un grand chirurgien, pour un mariage d'amour hors de son milieu. Les circonstances les obligent à envisager l'exil, auquel ils ne se résolvent qu'en 1939. Au contraire de Frederick et Ruth, la soeur de Wilhelm, ils se décident trop tard... et sont refoulés par les Etats-Unis qui ont imposé des quotas par nationalités à leurs frontières. Depuis la Suisse où ils sont bloqués dans un camp de réfugiés, ils acceptent les accords de Trujillo qui portent sur l'accueil de 100 000 jeunes juifs.
Le début du roman aborde une réalité malheureusement connue, avec notamment la fuite ou le suicide d'une partie de l'intelligentsia autrichienne (Julius et Hannah), quant ce n'est pas la déportation et la mort dans les camps (Esther et Jacob). La partie qui se déroule dans les Caraïbes développe l'opportunité d'une société utopique dont je n'avais jamais entendu parler. Pensée au départ sur le modèle des kibboutz, la vie au sein de la jungle dominicaine, en marge des villageois autochtones, invente son propre modèle de développement au fur et à mesure de l'arrivée des " nouveaux coopérants ".  Même si tout est à construire pour ces compagnons d'aventure et d'infortune fortuits, si les uns ou les autres ne partagent pas forcément les mêmes engagements politiques, le ton est somme toute plus léger. Je me suis parfois un peu perdue entre les personnages secondaires... Il reste que Svenja, Markus et Emil sont le trio des proches, amis d'Almah et Wilhem, qui de son côté n'échappe pas à la fatalité de la tentation adultère avec Luz, une migrante originaire de Cuba.

samedi 9 novembre 2019

Arrêt définitif du challenge Lire sous la contrainte

Edit du 10/11/2019
La nouvelle dernière contrainte de Phildes (#45 quand même !) imposait le nom d'un bâtiment, d'une construction humaine, d'une institution dans le titre, par exemple : école, bibliothèque, librairie, église, cathédrale, chapelle, phare, tour, pyramide, temple, magasin, mairie... La date pour la remise des copies était fixée au 10 novembre 2019. Nous n'étions plus que deux participantes à ses côtés et il a donc décidé de cesser le challenge, après un ultime sursaut de soutien cet été. Je suis attristée bien sûr, mais il réfléchit à une autre formule... Wait and see

Voilà ma participation :
L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine LAMBERT
Le jeu du souterrain de Françoise MALLET-JORIS
La place d'Annie ERNAUX

jeudi 7 novembre 2019

Ces étés-là


" Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle..." de Lee Martin
J'ai plus de M qu'il ne m'en faut pour le challenge ABC polars et le titre n'est pas follement original (il faudra que je recherche les deux autres que j'ai déjà lus) mais l'avis de Riz-Deux-ZzZ  ci-dessous m'a interpelée :  1/13 : Lettre M.
En bref, un thriller psychologique maîtrisé ! Malgré une idée de base très classique, Lee Martin renouvelle l'intrigue grâce à une mise en place et une ambiance très originales, des personnages touchant de crédibilité et une atmosphère malsaine récurrente au fil des pages.

Je trouve que l'histoire est bien, sans plus, mais effectivement le personnage principal est rendu de manière intéressante.


" Comme chaque année, trois couples d'amis passent le 14 Juillet au bord de la mer, en Normandie..." de Véronique Olmi
Prix des maisons de la presse 2011, catégorie roman
Denis et Delphine, Nicolas et Marie, Lola et Samuel se réunissent depuis des années pour profiter de l’insouciance des repas entre amis et de l’agréable torpeur des journées d’été normandes. Mais cet été-là, leur rencontre avec Dimitri, un adolescent mystérieux, va rompre cette belle harmonie en faisant planer la menace de l'anéantissement prochain du grand pin.
Des intrigues amoureuses, des jalousies larvées mettent à mal l'ambiance faussement nonchalante de ce rituel de retrouvailles pour la mi-juillet.

dimanche 3 novembre 2019

Autour d’une saison AUTOMNE

3ème Saison organisée par Waterlyly : premiers frimas et grands frissons

Groupe 1 : niveau facile. (1 point par consigne réalisée) 5/5
1 - Un.e auteur.e dont vous adorez les livres : Andrea Japp / Autopsie d'un petit singe
2 - Ecrit par au moins deux auteurs différents : le duo Ellery Queen / La dernière femme de sa vie
3 - L’héroïne est une femme : pas une mais 5 / L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes
4 - Lire une nationalité jamais lue sur votre carte des pays : Meurtre en Malaisie
5 - Une couverture rouge : La place

Groupe 2 : niveau moyen. (3 points par consigne réalisée) 15/15
1 - Un roman d’horreur : T3 L'héritage du serpent
2 - Un roman entre 300 et 400 pages : 315 pages / Le jeu du souterrain
3 - Un livre dont vous trouvez la couverture particulièrement belle : Coeurs de lune
4 - Lire une suite de saga, hors tome 1 ou tome bonus : T2 Délivre nous du mal
5 - Le titre en rouge : un doublé / Cet été-là de L. Martin, mais aussi de V. Olmi

Groupe 3 : niveau difficile. (5 points par consigne réalisée) 5/25
1 - Un roman dont le titre ne contient pas la lettre "E"
2 - Un nombre entre 1 et 9 dans le titre : Rhésus Y-2
3 - Un nom d’oiseau dans le titre
4 - Une couverture faisant clairement référence à l’automne.
5 - Un classique ou une pièce de théâtre


samedi 2 novembre 2019

Histoires nouvelles de vampires


Des couvertures sublimes et une histoire passionnante, pleine de rebondissements dont l'intérêt va crescendo : le cycle Anders Sorsele de Virginia Schilli (trilogie)
Dans sa sombre masure, au cœur du Moyen-Âge, une jeune fille attire les convoitises par sa sublime beauté. Amoureuse en secret de son frère adoptif, amie d’un étrange occultiste vivant à l’écart du village, elle semble prête à tout pour sortir de sa misérable condition de paysanne. Le destin lui offre l’occasion de croiser le fils du puissant seigneur Sorsele.

Tome 1 : Par le sang du démon
Vampire transgenre, le beau Anders Sorsele se laisse séduire par les traits de Maynard, qui se présente à lui comme un séraphin déchu par amour pour lui. Sa nature l'ayant poussé à décimer sa famille bien malgré lui, Anders doit renoncer au trône dont il était l'héritier légitime. De son côté, Maynard qu'aucun sacrilège n'arrête désormais, a mis le feu à la chapelle seigneuriale et consumé l'assistance. La fuite en avant désormais inéluctable les amène à traverser une forêt enchantée. Anders ne se montre pas très prompt à avoir des doutes sur les véritables intentions de son nouvel amant.
Lu le 2 août 2019

Tome 2 : Délivre nous du mal
Dans le refus de son état de vampire, Anders reste prostré sans nourriture pendant un siècle. Tiré de son apathie par un néphilim - un démon qui se repaît de la douleur - il apprend que son enveloppe féminine a été conservée par un nécromancien qui l'a utilisée pour manipuler et asservir à son tour, Kethel, son frère adoptif. Bien que ces desseins semblent se heurter à une forte contradiction interne... Anders décide de reconquérir son corps d'origine, son premier amour et le trône des Sorsele par tous les moyens. Les descriptions sont toujours aussi gore et je n'ai lu certaines scènes qu'avec dégoût, pourtant je lirai la trilogie jusqu'au bout pour connaître les chemins qu'empruntera l'auteur pour nous mener à la rédemption.
Lu le 28 octobre 2019

Tome 3 : L'héritage du serpent
Anders a atteint un seuil de souffrances intolérable, qui le pousse à demander des comptes jusqu'en Enfer. Il est toujours en proie de ses démons et son histoire semble devoir se répéter ad nauseam...
Ce tome est celui des révélations, toutes plus inattendues les unes que les autres. Puisqu'à l'égal d'Enimia, je m'aperçois que j'ai oublié certains détails du tome 1, je vais le relire à la lumière des dernières explications.
L'auteur a très bien su gérer ses effets pour capter chez le lecteur un intérêt croissant. Virevoltant avec aisance à travers la démonologie et l'occultisme, Virginia Schilli parvient à renouveler complètement le thème du vampire.
Lu le 2 novembre 2019  

Marquée
PC. Cast et sa fille Kristin se sont unies pour écrire cette histoire des vampires qui détruit le mythe de buveurs de sang avides. Ils reçoivent vers l'adolescence les marques physiques qui les désignent comme futurs vampires. En accompagnement de leur transformation, ils subissent quatre années de scolarité dans un collège spécifique, à apprendre l'histoire, la sociologie, les arts... Entre ces adolescents différents, les rivalités ressemblent à s'y méprendre à toutes les autres.
Lu le 7 septembre 2014 et je n'en ai pas plus de souvenir que les quelques notes prises à l'occasion. Il y a une suite que je n'ai pas jugé bon de découvrir.

vendredi 1 novembre 2019

Lectures d'Halloween

Coeurs de lune, offert par Stellade lors du swap de la Lune, rassemble trois histoires fantastiques. La couverture (collection Luna aux éditions Harlequin) est magnifique, n'est-ce pas ?

L'environnement de La Magie de la Lune de Mercedes Lackey rend le roman original, même si j'ai trouvé l'estocade finale (vous comprendrez pour celles qui le liront) beaucoup trop rapide.
Dans un univers médiéval, les donjons de mer parsèment une côte désolée soumise à de phénoménales tempêtes. Ils sont tenus par des vassaux du roi, à charge pour eux d'entretenir les phares qui signalent les dangers de la navigation.
Orpheline de mère, la jeune Dame du donjon a été élevée et entraînée par Lady V, cousine du roi. De retour chez elle, elle découvre que son père la destine au fils du calife. A ce pirate notoire, il offre l'hospitalité et une base de premier ordre, pour conjuguer les effets dévastateurs de la Lune d'équinoxe et de la magie contre les navires du roi. Elle n'aura pas trop de ses ressources secrètes et de l'aide de Kédric, le Fou du roi, pour faire échec au projet de mariage et à la trahison ourdis par son père.

La Nuit des Sept Lunes de Tanith Lee
Amnos est un cité guerrière où les filles sont élevées à l'égal des garçons. Clirando ayant surpris son amant avec sa meilleure amie les défie en combat singulier. En cas de défaite, la sanction sans appel est l'exil. Mais la vaincue n'est pas partie sans jeter sa malédiction à la face de Clirando que la prêtresse de Parna doit envoyer sur l'Ile-Lune pour l'y éprouver au cours du phénomène des sept nuits de pleine lune. Le début m'a fait craindre d'assez larges emprunts à l'aventure d'Ulysse et ses compagnons sur l'île de Circé, mais heureusement, la suite s'en est écartée. Ma précédente rencontre avec Tanith Lee (La déesse voilée) ne m'avait pas convaincue ; dans les différentes scènes de l'Ile-Lune, j'ai apprécié son talent pour la narration onirique : ses suggestions sont très visuelles, sensibles. Le séjour révèle à Clirando ses pouvoirs surnaturels mais sa sensualité, après sa rencontre avec le beau Zemetrios n'est pas en reste.

La Lune rouge de C. E. Murphy
Née de père Cherokee et de mère irlandaise, Joanne Shiobhan Walkingsticks McNamara a du mal à accepter son double héritage chamanique et celtique... Elle est mécanicienne dans le garage de la police, mais s'est fait remarquée pour ses talents paranormaux. Trois meurtres rituels commis à Woodland Park par un soir de pleine Lune, une lune rouge sang, confronte Joanne Walker à un funeste présage. Pour se défendre du danger qui pèse sur sa propre vie, elle va devoir affronter son héritage et l'adversaire qui a failli terrasser sa mère quand elle était enceinte. Les personnages qui l'entourent, Garry le chauffeur de taxi qui veille sur elle, son collègue Billy Holliday ou Morrisson, leur supérieur, mais aussi son animal totem le coyote, sont très sympathiques, drôles et attentifs.

mercredi 30 octobre 2019

Le jeu du souterrain


Quatrième de couverture en attendant que je ne sois plus inspirée pour donner mon propre avis... Pour la dernière session de Lire sous la contrainte, heureusement que j'avais cette motivation supplémentaire car j'ai eu beaucoup de mal à finir ce roman de Françoise Mallet-Joris. Trouvé dans une boîte à livres, le hasard avait fait plutôt bien les choses car je voulais la lire dans le cadre du challenge belge. La rencontre n'a pas eu lieu, je devrai peut être tenter un autre titre choisi en connaissance de cause. Même la couverture n'est pas inspirante...
Dans un village du Contentin, un homme creuse un trou depuis des années, à la recherche d'un trésor. C'est un fait divers, une curiosité, une aventure, un exemple aussi. Ce " sujet " tout trouvé ranime soudain l'imagination de Robert, écrivain dispersé qui se laisse aller aux besognes quotidiennes, à la facilité de l'article de commande, du cachet, de l'émission, de tous les services à rendre qui finissent par ronger le temps d'un romancier, surtout quand il doute de lui. Entre sa femme Catherine et Reine, sa maîtresse, pour laquelle il écrit des chansons, Robert s'était bâti une petite vie tranquille, au jour le jour du hasard et de la démission heureuse. Et voici que la découverte fortuite de ce personnage inconnu vient bouleverser son existence. Pour écrire son nouveau roman, après un si long silence, il envoie paître les amis, les parasites, les employeurs. Il va même fuir sa famille, rompre avec sa maîtresse et tenter de se retrouver devant le papier nu, presque seul, soutenu par une vieille fille un peu folle qui s'est instituée sa " documentaliste " vigilante, caricature de muse. Délaissée, Catherine croit qu'elle n'aime plus son mari, et leurs intimes, sans se l'avouer, ne lui pardonnent pas de leur échapper, de n'être plus conforme à l'idée qu'ils se formaient de lui et de son échec. Mais peut-on ruser longtemps avec le destin et soi-même ? Qui sait s'il y a un trésor au fond du souterrain ? Qui sait si Robert pourra mener à bien le livre qui s'embourbe déjà, le jeu qui ne l'amuse plus ? L'existence, trop souvent, n'est qu'une " longue remise au lendemain des choses importantes ", et tout finit par rentrer dans l'ordre rassurant de la banalité. Catherine, infidèle par dépit, revient à son époux ; la famille se ressoude, le bonheur n'aime pas les situations exceptionnelles. Là-bas, au village, on comblera les galeries sans doute et Robert, s'il va jamais rendre visite à son modèle d'un moment, n'en fera plus que le but d'une promenade et le terme d'un rêve impossible. Sur ce thème d'une ingénieuse richesse - qui lui permet de nous confier, chemin faisant, ses idées sur la création, la littérature aujourd'hui, le métier d'écrivain, l'espoir, l'illusion, l'amour, les renoncements et les joies - Françoise Mallet-Joris a construit un roman à facettes, tout en nuances de tendresse et d'ironie. Les personnages foisonnent, pittoresques, attachants, pitoyables, les histoires se mêlent, les portraits se succèdent et, derrière l'écran d'un réalisme familier, sans cesse éclairé par l'humour et la satire, on devine l'ombre d'une sagesse, d'une réflexion, dont la gravité souriante n'étonnera pas les innombrables lecteurs de la Maison de papier.

M. Chrysanthème

Le titre du roman de Jacques Vallet est une référence au célèbre Mme Chrysanthème de Pierre Loti (1887) où il donne à découvrir une représentation traditionnelle de la femme japonaise au début du siècle dernier.
Après Pas touche à Desdouches et La Trace, Monsieur Chrysanthème est la troisième aventure d'Othello Desdouches écrite par Jacques Vallet.
Lisa, une adolescente franco-japonaise dont les parents, puis la grand-mère, ont été assassinés à leur domicile, a disparu. Son oncle paternel, persuadé par un coup de téléphone, qu'elle est encore vivante et retenue contre son gré au Japon, charge Desdouches de la retrouver. Dès son arrivée, devancé auprès de ses contacts par un redoutable tueur, Othello comprend qu’il risque sa vie au moindre faux-pas, lesquels vont le mener sur une île sauvage, au fin fond de l’archipel. Il avance cependant, guidé par une jeune femme déterminée, au sein d’un Japon méconnu et mystérieux, avec gangsters, intouchables, prêtresses aveugles, jardins magnifiques et cerisiers en fleurs.
Jirô, le personnage principal, est un yakuza tourmenté, spécialiste du sabre qu'il manie avec un plaisir sadique. Le parrain, Kakuji Watanabe, est un personnage-clé du roman ; il incarne dans sa toute puissance, l'image paternelle qui possède droit de vie et de mort sur la « famille ». Othello, le « gaijin », incapable de lire aucune enseigne, de se diriger ou de commander quoi que ce soit, isolé et perdu dans un monde aux traditions tenaces et aux idéogrammes incompréhensibles représente l'auteur, oscillant entre admiration et exaspération.
Jacques Vallet a bénéficié de la connaissance approfondie de « poissons pilotes » qui lui ont fait parcourir l’île du nord au sud, de Aomori à Nagasaki et Hiroshima, des quartiers chauds de Tôkyô aux temples de Kyôto. Il produit une vision assez peu stéréotypée des Japonais, pratiquants exercés du non-dit et insulaires qui montrent une extrême politesse de façade vis-à-vis des étrangers, mais cachent beaucoup de mépris. « L’âme japonaise » ne se révèle pas volontiers. Une anecdote du roman est un souvenir relaté par un ami de l'auteur ayant vécu plus de dix ans au Japon où il a fréquenté la plupart des cinéastes prestigieux des années 60 et s'est senti humilié que l’un d’eux lui dise au bout d’une nuit de discussion : « Tu n’es pas japonais, tu ne peux pas comprendre ! »
Auteur de polar à forte composante sociale, Jacques Vallet tente avec M. Chrysanthème de montrer une facette réaliste du Japon contemporain, alliant la découverte d’un pays d’une grande beauté à la laideur outrancière de l’industrialisation. Il fait le choix de personnages ayant une enfance, une conscience japonaises, une expérience de vie au Japon et il les plonge dans une réalité sociale d’une extrême dureté, où le pouvoir mafieux s’étend sur le monde, où dominent le retour de l’irrationnel religieux et la malfaisance des sectes. Par un tout autre biais, il rejoint un auteur comme Ryû Murakami dans la représentation d'une réalité cachée, mystérieuse, parfois scandaleuse, violente, où l'emprise de l’argent et le saccage de la nature sont aussi démesurés que mortifères.

mardi 29 octobre 2019

Fin de session ORANGE des Bookineurs en couleur




Je suis complètement passée à côté de la couleur ORANGE !! J'avais quelques idées ci-dessous mais sans grande envie de les lire, et les BD que j'ai empruntées sont restées sur ma PàL. J'attends donc le résultat du tirage au sort pour connaître la couleur qui nous occupera pendant les deux prochains mois : elle doit débuter le 9/11/19 : voir le topic du challenge tenu par Luna. Quel joli tableau d'ensemble néanmoins.

lundi 21 octobre 2019

La règle de quatre

challenge ABC polar : lettres C T
La règle de quatre de Ian Caldwell et Dustin Thomason

Je n'ai pas de facilité à parler de ce roman qui m'a pourtant tenue en haleine durant quelques jours. Il appartient au style des romans de campus anglo-saxons, qu'il faut apprécier, c'est un prérequis indispensable. Certains passages sont légèrement plus creux que d'autres mais la tonalité générale est assez prenante. J'ai surtout était émerveillée par la suggestion des trésors disparus, comme ce fut le cas à ma lecture de la chambre d'ambre. Les liens familiaux sont très importants dans l'intrigue parce que deux générations successives se sont heurtées à l'énigme d'un chef d'oeuvre de la Renaissance, Le songe de Poliphile que des savants tentent de décoder depuis 1499. Ecrit en cinq langues, orné de gravures érotiques et violentes, ce texte à clefs a résisté à tous les assauts, brisé des destins, des amitiés et des vies. Pourtant, deux étudiants de Princeton osent s'y mesurer et, au fil des messages cachés, découvrent l'histoire d'un prince du Quattrocento et l'existence d'une crypte secrète qui recèle des trésors inouïs. Ils croyaient échapper à la malédiction de cette énigme. Mais pour la défendre, certains sont prêts à mourir et à tuer.

vendredi 18 octobre 2019

Nouvelles - Andrea Japp [3]

Autopsie d'un petit singe
Je croyais qu'il s'agissait d'un roman unique mais en fait, le volume contient six nouvelles d'Andrea Japp dont deux que j'avais déjà lues en solo (voir ci-dessous). Différentes formes d'amour sont abordées, mais je trouve que leur point commun est l'aliénation de l'autre.
Finalement, la première est la plus lumineuse car elle permet d'envisager avec optimisme un renouveau pour le couple concerné ; le passage sur la prise de conscience du mari est remarquablement écrite. Le contact d'un poulain né de la nuit peut-il ramener l'entente dans un couple ?
L'Autre : la vengeance est un plat qui se mange tard ; suite à un viol, une femme se reconstruit à sa manière... 
L'autopsie d'un petit singe
L'amour d'un félidé stupide, quand on a un QI de génie, peut-il mener au meurtre de parents abusifs ?
* * * 

Le bois aux hyènes 
En 1995, les nouvelles de ce recueil révèlent déjà le talent d'Andrea Japp pour ce format que j'affectionne particulièrement. Tout l'art et le sens de la chute inattendue, non prévenue, est là, totalement maîtrisé. D'amour et de haine mêlés, les textes illustrent le thème qui lui est cher :
Le bois aux hyènes : un conte cruel sur l'amour maternel exclusif
Le petit christ : en miroir, un conte cruel sur une dévotion filiale absolue, à pleurer
La naine : une morale sociale sur l'obligation d'emploi des personnes porteuses de handicap, injuste
Le compte du golf : un bref instant d'exaspération et tout vole en éclats
Victime : déjà lue mais cela n'enlève rien à la saveur de l'histoire, manipulation malveillante
Cache-zizi : une vengeance par anticipation, à la façon des Diaboliques, odieux mais tellement bon
La dame à la veilleuse : il faut se méfier de l'eau qui dort, fan-attitude extrême
La souffrance du poète : un duel sans vainqueur ni vaincue, la fin la plus surprenante
Lue le 11 août 2017

Et le désert

Dans ce roman, aucune intrigue policière comme j'en ai l'habitude avec Andrea Japp. Plutôt une histoire d'amour désespérée, mais pas désespérante tant la narration est passionnante. Le propos est assez proche d'Enfin un long voyage paisible.
Marthe et Claire sont amies d'enfance. Si d'emblée l'une a tout pour réussir, l'autre ne part dans la vie qu'avec des handicaps... puis survient leur rencontre - improbable et pourtant évidente - " parce que c'était lui, parce que c'était moi " aurais-je envie de citer. Lorsque leurs chemins se séparent, l'une reste, l'autre part. Des deux, laquelle est la plus égoïste : celle qui veut partir accomplir son destin ou celle qui veut que l'autre reste  ? Le roman n'est qu'une longue réponse à la question, à l'intérieur de celle, encore plus fondamentale, d'aimer.
J'aime décidément vraiment beaucoup ce qu'écrit cet auteur.
Lue le 21 mai 2017

La lettre à Helga que je lis précisément dans le cadre du même challenge pose également cette question.

jeudi 17 octobre 2019

La salamandre

Je ne suis pas loin d'avoir détesté le style de Globalia, au point que, sans être parvenue à le finir, je garde un très mauvais souvenir des quelques chapitres que j'ai lus. Je ne pensais donc pas retenter l'expérience auprès de Jean-Christophe Rufin. L'occasion - une boîte à livres qui contenait l'épais Rouge Brésil et ce petit roman, m'a permis de relativiser complètement ma première mauvaise impression. COUP DE COEUR

Le couple formé par les héros Kate et Baïkal m'était apparu aussi insupportable que factice. Au contraire, Catherine me semble totalement crédible dans sa relation toxique avec un jeune Brésilien issu des favelas. D'ailleurs, l'annonce du roman le présente comme inspiré d'une histoire vraie, dont le souvenir est resté traumatisant pour le consul de France qui a eu à traiter du cas de la malheureuse.
Partie pour quelques semaines de vacances chez une amie, Catherine ne fait pas figure de l'habituelle touriste sexuelle... Pourtant, elle subit peu à peu l'influence ambiante et cède à la séduction d'un dragueur de plage, qui de gigolo va bientôt se transformer en bourreau.
Rentrée rapidement en France pour réaliser tous ses avoirs, Catherine revient vivre en immersion totale dans un quartier populaire. A la recherche de sa propre vérité et ayant consommé sa rupture complète avec le milieu des expatriés occidentaux, elle s'enfonce dans la découverte violente de la réalité socio-économique brésilienne. La narration de ses trois jours de carnaval non-stop, loin des clichés et des plaquettes d'agence de voyages, est à l'image du roman, envoûtante, tragique, alarmante.
Ce n'est vraiment pas l'image que j'aurais choisie - bleue lénifiante et paisible - pour illustrer le drame raconté par Jean Christophe Rufin.


mercredi 16 octobre 2019

Annie ERNAUX [2]

J'ai fait connaissance avec l'auteur à l'occasion de son court récit relatif à la perte de sa mère, d'abord insensiblement par la maladie d'Alzheimer, puis définitivement par la mort. Son style sobre tend à l'épure, mais n'est pas totalement neutre de sentiments puisqu'elle réussit à faire passer beaucoup d'émotion par une étrange économie de moyens que certains apparentent à de la froideur. Je ne crois pas... La distance que s'impose l'écrivain face à ses souvenirs d'enfant, d'adolescente puis de jeune adulte révèle juste une volonté de détachement désengagé du parasitage de l'affect filial. Dans La place, un roman antérieur au précédent, mais que je lis dans un ordre chronologique contraire, elle revient sur le portrait de son père, remontant aux origines rurales de la branche paternelle. Elle se positionne par rapport à cet héritage socio-culturel, en constatant combien sa propre émancipation, par les études, puis le mariage, l'a éloignée de son milieu d'origine ; elle débute le roman par le souvenir de son oral concluant au CAPES de Lettres et souligne toute l'ambiguïté des sentiments du père, mélange de fierté et de défiance, face à l'ascension bourgeoise de sa fille.

mardi 15 octobre 2019

Lectures BD du mois







Felina d'Annie Goetzinger
Il me manquait le début des aventures de Felina, par une de mes auteurs de BD préférées. Ce premier tome montre les péripéties de la naissance peu flatteuse, puis de l'enfance et l'adolescence difficiles de la jeune Felina, avant qu'elle rencontre un amour salvateur. Hélas son mari et ami se fait assassiner par une secte acharnée à sa chute. De jeune épouse adulée et choyée, Felina reprend les habitudes de sa vie passée et le masque pour traquer les meurtriers. Le trait a un petit côté désuet, un peu dans la manière de Blanche Epiphanie également, qui rappelle des BD plus anciennes.

mercredi 9 octobre 2019

Un palais dans les dunes

La jeune Laurette vit au port d'Etaples, un village de simples mais dignes pêcheurs. De l'autre côté du pont où sa mère vend les produits de la pêche à pied, s'étend la superbe station du Touquet.
A quinze ans, un physique ingrat pour seul laissez-passer, Laurette ne veut pas seulement contempler le beau monde de loin ; elle rêve jusqu'au désespoir d'influer sur le cours de son existence. Grâce à une rencontre providentielle, elle entre comme femme de chambre au prestigieux Royal Picardy, dont les chambres s'arrachent avant même la fin des travaux. Annie Degroote fait de ce sujet historique le terreau d'une romance dont le sujet confond étroitement le destin mort-né du " plus bel hôtel du monde " et d'une enfant du pays.

Info en +
Le Royal Picardy, du nom d'un régiment de Louis XIV, est un palace au luxe démesuré construit au Touquet-Paris-Plage et fauché en plein essor par la crise financière de 1929.
Au début du XXème siècle, en pleine période dorée, les Parisiens quittent la capitale pour partir en vacances sur la Côté d'Opale, appelée d'ailleurs Paris-Plage. Dans les années 1920, Le Touquet et de sa saison touristique sont le rendez-vous incontournable du gotha international : souverains britanniques, maharadjahs et vedettes de l'époque. L'histoire de la naissance de cette station balnéaire issue de l'imagination fertile et entrepreneuse de quelques hommes est tout simplement hallucinante.


Le destin de Laurette appartient à l'imaginaire populaire du prince et de la bergère. Son espoir d'échapper à sa modeste condition réside dans ce palace étincelant où loge son bienfaiteur, l'écrivain anglais George Walter Aston. Mais malgré la libéralité de ces Années folles, les préjugés de classe ont la vie dure. De façon plus réaliste, Rose, sa tante au secret bien gardé et Adeline, sa soeur aînée éprise de son beau prince indien Chandra en font l'expérience à leurs dépens. Seul le petit frère Chti'bout, aux rêves de paquebot, réussit de façon crédible à échapper à son destin de fils de pêcheur.
Deux Nord s'entrecroisent dans les dunes : l'un, tranquille et travailleur, au cœur d'un port de pêche; l'autre, théâtre splendide des plaisirs futiles. En s'appuyant sur de nombreux faits authentiques l'auteur restitue le charme des marbres, des escaliers majestueux, des bars dessinés à l'orientale, des salles de bal magnifiques, des chambres confortables avec service à l'étage, enfin tout ce qui représente le nec plus ultra pour la haute société du début du XXème siècle.

lundi 7 octobre 2019

Une enquête de l'inspecteur Singh

flag   Tour du monde :  MALAISIE

Meurtre en Malaisie de Shamini Flint est le premier volet des aventures de l'inspecteur Singh, qui sillonne l'Asie en luttant contre le crime ! Sikh obèse, encombré de sa personne mais pas débonnaire, subordonné récalcitrant, " le meilleur des limiers de Singapour " est d'emblée sympathique parce qu'il prend la défense de la veuve et de l'opprimé. Plus subtil qu'il n'y paraît, il représente un allié de poids pour Chelsea, crédible dans ses réactions de mère éplorée mais néanmoins prête à user de tous les moyens pour conserver la garde de ses trois fils. 

L'inspecteur Singh est dépêché par le police de Singapour pour mener, à Kuala Lumpur, une enquête mettant en cause une de leurs ressortissantes. Le célèbre top-model Chelsea Liew, divorcée d'Alan Lee pour violences conjugales, est passible de la peine de mort pour le meurtre à bout portant de son ex-mari. Les mobiles ne manquent pas dans l'entourage du magnat forestier, à commencer par ses deux frères Jasper l'aîné et Kian Min le cadet, parce que le premier est opposé à l'exploitation de la forêt primaire à Bornéo et au délogement des populations indigènes, et l'autre pour des motifs contraires, parce qu'il trouve son frère trop mou à la direction de l'entreprise familiale. Pourtant Chelsea a le meilleur des mobiles : Alan voulait la séparer de ses enfants grâce à la loi coranique... La coopération avec la police malaise mobilise toutes les ressources de l'astucieux inspecteur Singh ; il trouve un partenaire compréhensif en la personne du jeune policier Shukor, chargé de l'escorter sur ordre de l'inspecteur Mohammad.

dimanche 6 octobre 2019

Une enquête d'Ellery Queen

La dernière femme de sa vie ne fut jamais sa femme...
Cette série est assez surprenante parce qu'Ellery Queen est un personnage de roman "véritable", bien que je n'aie pas compris exactement le métier qu'il exerce, avec un père dont il est très proche, l'inspecteur Richard Queen de la police de Manhattan. En même temps, c'est le pseudo sous lequel les deux auteurs écrivent des aventures policières dont Queen est le protagoniste principal. Au début de ce roman, Queen, très éprouvé par une précédente enquête, prend quelque repos avec son père dans un chalet de montagne proche de Wrightsville, une bourgade qui a beaucoup d'importance pour lui. John Levering Benedict III, le propriétaire et compagnon d'études d'Ellery, a réuni dans l'habitation principale, pour le week end, ses trois ex-femmes et son avocat, un autre compagnon d'études, afin de leur présenter les termes de son nouveau testament. Ellery craint une issue fatale à ce jeu dangereux... ce qui advient, mais Benedict a le temps de lui téléphoner, lui livrant l'énigme de ses dernières paroles. J'ai lu quelque part qu'un jeu de mots - intraduisible sans donner prématurément la solution - avait retardé longtemps la publication du roman en français ; je crois avoir deviné à la fois le terme et le mot de la fin, mais j'attends avec plaisir les dernières péripéties de l'enquête. PS : c'est moins bon que Bettie d'Indridasson mais je ne suis pas déçue
ABC polar : lettre Q

samedi 5 octobre 2019

swap des bulles

J'ouvre enfin mon colis de swap Bulles par Lectured'uneBretonne  que je remercie pour l'organisation
Programme #1 BéDévore
Je suis avec Pandachouw qui == notre point commun en plus des BD == veut lever le pied sur les swaps
Contenu :
2 BD/mangas/comics de la WL (5 titres) de votre binôme
1 BD/manga/comics à lui faire découvrir
1 gourmandise/boisson / 1 carte / 1 goodies

Mon colis est arrivé depuis très longtemps, mais j'ai résisté vaillamment parce que j'ai mis la patience de ma binôme à rude épreuve. Elle a pu récupérer son colis jeudi dernier et l'a ouvert ce matin et en photos, j'ai donc défait à mon tour mes paquets aux couleurs de Mickey ! Sur le petit mot d'accompagnement, il y avait un ordre d'ouverture à respecte, comme ci-dessous :

1/ pour la gourmandise (en rose ci dessus) : mes enfants avaient deviné, mais moi je n'avais rien vu...
2/ parce que je le voulais : il s'agit d'un album de Cosey, j'en ai déjà quelques uns et le thème est intéressant
Trois frères et sœur ont préparé un cadeau surprise pour fêter les quatre-vingt ans de leur père. Arrivés dans sa maison de retraite, ils apprennent qu'il a disparu depuis quatre jours, qu'il passait ses après-midi dans le bar du coin, qu'il envoyait des lettres en Arizona, que le scientifique avait repris ses études et qu'il travaillait sur une histoire d'étoiles et de vie dans l'univers, nom de code : Orchidéa.
3/ pour noter : des stylos pour la calligraphie, j'adorerais m'y mettre, j'en ai envie depuis longtemps...
4/ pour la découverte : une BD hors liste, du genre comics SF, il m'a l'air très tentant
Perdus en pleine campagne, les habitants de la petite bourgade américaine de Pennystown mènent une vie on ne peut plus tranquille. Ethan Daniels y est un jeune homme réservé qui n'a jamais eu beaucoup de chance avec la gent féminine. Sa rencontre dramatique avec une étrange et belle jeune fille, muette et entièrement nue, va soudainement bouleverser le cours de sa vie...
5/ pour ne rien oublier : un carnet à listes, tiens, on a eu la même idée ! 
6/ je la voulais et elle avait aimé : Bad romance, ça me fait penser aux BD coquines d'Arthur de Pins mais du côté des garçons, à lire...
sans oublier (ils ne sont pas sur la photo, une formidable avalanche de mini fascicules de comics à découvrir
merci Pandachouw, tu m'as gâtée et tu as fait de très bons choix, j'ai hâte de les lire tous les trois, ils seront sûrement au programme de mes lectures BD du mois, à très bientôt


lundi 30 septembre 2019

Rhésus Y-2

Les dangers de la radioactivité illustrés par cette abominable substance verte qui absorbe tout sur son passage feraient presque sourire, si l'incipit du roman était moins réaliste : en 1999, au large de la Californie, des containers emplis de déchets d'uranium remontent des profondeurs d'une fosse sous-marine où ils ont été immergés et laissés sans surveillance...
La suite est de la science-fiction que je classerais plutôt jeunesse, avec un zeste de romance. La désuétude du roman m'a un peu fait penser aux feuilletons de David Vincent.
Les premières victimes sont les occupants d'un camping le « Rio Dell ». Heureusement, certains faits troublants ont été remarqués par un jeune biologiste qui appelle son directeur de recherche à la rescousse. Le professeur Yvan Yvanovitch donne ses initiales au nouveau groupe sanguin identifié sur Peter Turlock, qui s'est fait malheureusement contaminer à son tour par l'entité monstrueuse avide d'uranium, mais aussi d'intelligence humaine. Quelques personnes déterminées réussiront-elles à devancer le processus de colonisation dévastateur ?
Trouvé dans une boîte à livres, il se laisse lire, mais j'avais repéré un autre roman du même auteur : Un autre monde. Le flacon de YGB 21-97 HT est posé sur la table du laboratoire. Sylvie Piccot le projette malencontreusement à terre où il se brise. Ce ne serait rien si le YGB était effectivement ce que les savants avaient prévu qu'il serait. Mais il est autre chose. Une chose inventée par les hommes. Par erreur. Ou parce que la Providence l'a voulu. 

dimanche 29 septembre 2019

Histoire de migrants

Les requins ne mangent jamais les nègres de Jean Claude Derey

Rwanda, Patéras, Bob ou Salif ont tous une bonne raison de se trouver cachés dans la calle n°3 de L'étoile d'Odessa. Seul Yao n'aurait jamais dû se trouver à bord du cargo ukrainien prêt à appareiller pour Le Havre .
De tous les " blancs ": Grecs, Espagnols ou même Japonais, les marins ukrainiens ont acquis la réputation d'être les plus magnanimes. Ensuite, Sacha, le commandant, est un héros reconnu pour avoir bravé un typhon dans le golfe de Guinée afin de secourir des naufragés... Seulement, un équipage ukrainien a été sévèrement puni pour sa clémence lors d'un récent passage de clandestins et Vladimir et ses acolytes ne sont plus disposés à fermer les yeux...
Gamin de la brousse africaine, Yao a accepté, contraint forcé, une mission : porter à Abidjan l'argent que les immigrés ont versé au village, pour la construction d'un barrage. Trop naïf, il sera plusieurs fois dévalisé en chemin, puis adopté par le vieux Kane, avant d'échouer dans les cales de ce cargo partant de Takoradi (Ghana) pour l'Europe.
Raconté sous la forme d'une histoire vécue, avec une suite, ce roman aborde sur un mode d'abord comique, puis tragique, le mirage économique des mouvements migratoires et de l'exil.



Eldorado de Laurent Gaudé

samedi 28 septembre 2019

Dossiers roses

Maurice Vincent a terminé sa carrière comme officier de police principal honoraire, après avoir débuté comme simple gardien de la paix. Présentés par Gérard de Villiers, ses souvenirs promènent le lecteur à travers Paris et quelques faits divers marquants survenus au cours de vingt années d'exercice à la Brigade mondaine. Les anecdotes - parfois croustillantes, jamais lugubres - concernent autant les collègues croisés au cours des nuits de ronde ou de rafle, que le large éventail des marginaux (de tous poils) qui hantent les points chauds et peuplent les bois, la nuit, de Boulogne à Vincennes.

ABC polar : lettre V                Bonus : couverture orange

lundi 23 septembre 2019

Lectures BD du mois


Juste avant l'insurrection de Bucarest (décembre 1989), Stoian Mirtzu est de retour dans son petit village. Professeur d'université aux enseignements trop libertaires, il a été trahi par ses collègues et piégé avec l'aide d'une étudiante manipulée par un agent de la Securitate. Durant ses dix années d'internement dans un camp, il n'a pensé qu'au moment de leurs retrouvailles... Mais elle a disparu. Son portrait sur un timbre-poste donne à Stoian une énigme à résoudre : pour quelle raison, la " fille aux ibis " prend-elle les traits de Rodica pour incarner Ana Bogdan, symbole de la résistance roumaine à la dictature fasciste ? Retrouvant ses instincts, il remonte la piste...
Le dessin de Lax qui me plaît souvent beaucoup est mis au service d'une intrigue qui touche à l'humain broyé par les événements ; le scénario est de Franck Giroud, qui excelle dans ce genre où la petite histoire se confronte à la grande H : par exemple, Quintett en cinq tomes, sur la même période mais en Grèce. Je trouve les scènes urbaines, aussi bien que celles dans le delta du Danube d'une réelle beauté stylisée.











Lectures d'août :

La nuit barbare de Rafaelle Marcello (le Kama-Sutra aux temps préhistoriques) IT

Portraits souvenirs tome 6 : L'avenir perdu d'Annie Goetzinger, Adolph von Knigge et Jon S. Jonsson (réflexion sur le HIV et la communauté homosexuelle)

Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne
J'ai trouvé la lecture assez pesante (d'ailleurs, emprunté une première fois, je l'ai rendu au bout de 12 pages à peine !) et les dessins ne sont pas ce que je préfère dans le genre, mais le reportage reste édifiant, il bat en brèche une bonne partie du mythe (regardez attentivement la couverture) !
Le 2 juin 2017, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentre sur Terre après 6 mois dans l'ISS (station spatiale internationale). La réalisation de ce rêve d'enfant hors-norme sélectionné parmi 8413 candidats est passée par une formation intense de 7 années, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour.

vendredi 20 septembre 2019

J'ai vu

Haut perchés
Olivier Ducastel et Jacques Martineau livrent un film à l'esthétique incontestable dont le déroulement est beaucoup moins racontar que le résumé ci-dessous. Le sujet traite d'amour et de manipulation, à partir des expériences de cinq trentenaires, qui ne se connaissaient pas avant d'être réunis dans un appartement parisien avec vue sur le Sacré-Coeur et la tour Eiffel. Le mystère n'est pas entièrement dévoilé et chacun peut laisser aller son imagination, sans pour autant rester sur sa faim au moment du générique. La projection a été suivie d'un échange avec l'un des réalisateurs. J'aimerais revoir le film dans quelque temps et poursuivre la découverte des auteurs : le prochain sans doute Crustacés et coquillages (2004)
attention SPOILER
Une femme et quatre hommes qui se connaissent à peine se retrouvent dans un appartement en plein ciel au-dessus de Paris. Ils ont tous été la victime du même pervers dominateur qui est enfermé dans une pièce. Ce soir-là, ils ont décidé d’en finir. Tour à tour, ils se racontent des souvenirs qui les lient à cet homme et entrent dans la chambre pour se confronter à lui.
Mais ce qui s’y passe entre le monstre et eux reste leur secret.

mercredi 11 septembre 2019

Un peu, beaucoup, à la folie

Challenge des Thés : vert - austral -
Troisième titre de Liane Moriarty et si j'ai bien compris les commentaires lus de part et d'autre, elle réutilise une recette qui plaît ! L'intrigue tourne autour de scènes de vie ordinaires, ici les relations de voisinage... Dès le premier chapitre, il est évident qu'un drame s'est produit lors d'un banal barbecue ; j'ai tout de suite pensé aux enfants, mais il est question d'elles peu après (deux fillettes, plus une un peu plus âgées) l'irréparable ne s'est donc pas réalisé. Le fil de la journée est déroulé par minuscules touches, dans une approche en spirale qui rapproche le lecteur de la cible, le fait espérer puis le laisse dépité. Ainsi, pendant une bonne moitié du roman, la révélation se fait bien attendre. Quand elle arrive enfin, l'effet est un peu celui d'un pétard mouillé. L'effet rebond d'une intrigue secondaire qui est menée secrètement jusqu'à la fin, me semble insuffisamment exploité et aurait peut être mérité un développement supplémentaire. Mais il est certainement bien difficile de réussir à tourner autour du pot de manière aussi maîtrisée.