jeudi 21 octobre 2010

Purgatoire


Je suis allée piocher ce titre parmi les nombreuses suggestions du circle challenge ! Ainsi, j'ai eu le plaisir de découvrir une BD comme je les aime, "empruntée" à la liste établie par Choco.

Servi par un scénario original, dans une économie de style et de couleur, Purgatoire de Christophe CHABOUTE est un roman graphique en trois tomes, parus entre 2003 et 2005.
En quelques pages magistralement exécutées, le héros bascule d'une situation de totale euphorie à la déchéance absolue. Mais l'histoire - la vraie - celle qui intéresse l'auteur, ne débute qu'au moment où finit celle de Benjamin Tartouche... Renversé par une voiture, il rejoint les âmes du purgatoire, qui pour sauver la leur, doivent remettre dans le droit chemin une brebis égarée... tout en ne sachant pas laquelle est la leur au sein du troupeau.
Je n'en dis pas plus, mais Colombine le fait très bien, le mieux reste d'aller les regarder et les lire !

lundi 18 octobre 2010

Le mois des littératures de l'imaginaire chez Babelio

Babelio regorge d'idées intéressantes pour échanger sur la littérature et faire aimer les livres : deux initiatives en cours à signaler, un challenge ABC (je le tenterais bien, j'ai justement un projet de lectures policières, mais pas dans l'immédiat) et un mois thématique : Les littératures de l'imaginaire, où je me suis inscrite et pour lesquelles je pense commenter un auteur de fantastique.

Une fois n'est pas coutume, j'ai choisi pour changer de parler d'un auteur de littérature jeunesse que j'ai découvert grâce au swap Impulse spécial mauvais genre : Le pouvoir des cinq par Anthony Horowitz, dont je viens de lire les tomes 2, 3 et 4 (sur une série de 5).
Mais je prépare également un billet plus étoffé pour faire découvrir, si besoin est, un auteur italien que j'aime énormément et qui a écrit de très nombreuses nouvelles fantastiques, Dino Buzzati.

Comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, Babelio avait organisé une opération Masse critique spéciale sur cette thématique, ouverte même aux non bloggeur/ses et j'aurai la chance de recevoir prochainement Le chant du barde, les meilleures nouvelles de Poul Anderson.

vendredi 15 octobre 2010

La griffe du mal

Des romans en attente de commentaire, des ébauches de billets qui trainent inexplicablement : j'ai négligé de les commenter sur le coup, puis le temps a passé, un peu, beaucoup et je me suis aperçue que j'avais de moins en moins de choses à en dire...
Pourtant, le roman d'Erica Spindler n'est pas vraiment plus mauvais qu'un autre. Bon la collection Enfer et best sellers qui prétend concilier chick-litt, suspense et polar fait partie des éditions Harlequin, mais cela ne suffit pas à expliquer ma négligence. Tout simplement, cela arrive pour certains romans dont l'intérêt s'est émoussé sitôt refermés. En plus, j'ai détesté d'emblée la couverture !
La Griffe du Mal nous entraîne au cœur du terrifiant secret d’un assassin torturé par le désir de vengeance et la quête d’une impossible justice. Le déroulement ne permet pas de connaître le meurtrier avant les dernières pages. Nous suivons le personnage de Mélanie May, une femme partagée entre ses ambitions professionnelles et les difficultés de sa vie quotidienne.
Sergent de police, Melanie mène un travail de routine dans une paisible banlieue, jusqu’au jour où les morts suspectes se multiplient dans sa circonscription : à quelques jours d’intervalle, un allergique est piqué par des abeilles enfermées dans sa voiture, un toxicomane s’injecte une prise mortelle de drogue trop pure, un malade du cœur se trompe dans le dosage de son médicament… Les accidents pourraient être banals si les hommes n'avaient été connus pour leur violence envers les femmes. Mélanie est persuadée de tenir la piste d'un tueur en série.
Lorsque son beau-frère puis son ex-mari sont retrouvés morts à leur tour, l'enquête prend un tour imprévu dont la piste fragile la  renvoie inéluctablement à sa propre histoire. Son père, violent et abusif envers ses filles, a disparu autrefois dans des circonstances inexplicables. Mélanie est bientôt confrontée à une terrifiante vérité : le portrait robot du vengeur féministe lui ressemble comme une soeur... Mélanie ne peut compter que sur l’aide de Connor Parks, un profileur du FBI.




50 billets, 50 états
Charlotte, CAROLINE DU NORD

mercredi 13 octobre 2010

Sept jours pour une éternité

Encore un bon choix de Talyate pour ce roman très frais, drôle et émouvant dont j'attends avec impatience la traduction en BD signée Corbeyran  (le premier de deux tomes vient de paraître => en fait j'ai trouvé la BD un peu en dessous et je crois surtout que l'effet de surprise ayant disparu, enlevait beaucoup d'intérêt à l'histoire).

Lucas est beau en diable, ce qui est normal pour le champion des envoyés de Satan sur Terre. Zofia, d'une douceur angélique, ne saurait à moins représenter l'élite des forces du Bien. Ils viennent de faire connaissance et ne savent pas encore que leurs employeurs respectifs viennent de les engager dans une ultime mission, qui doit les opposer en combat singulier. Dieu "Monsieur" et Diable "Président", qui partagent un immeuble à San Francisco, se sont en effet lassés de l'inaboutissement de leurs tentatives réciproques de suprématie et afin de trancher un conflit vieux comme l'humanité, ils se sont lancé ce défi à l'issue définitive. Les deux protagonistes ne semblent avoir qu'une solution : anéantir l'adversaire.

samedi 9 octobre 2010

Le cinquième évangile

Lu dans le cadre du Read-a-thon 2010

Spécialiste du fac-similé, Michel Faber récidive dans la satire loufoque après son vrai-faux roman victorien, La rose pourpre et le lys. Palpitant comme un vrai roman noir, Le cinquième évangile tourne en dérision le monde de l’édition, la culture de masse et la grande mode des textes anciens dits de « vérité révélée ».
Autant dans un genre similaire, je me suis ennuyée à lire Qumran au point de ne pas réussir à le finir, autant je me suis amusée aux mésaventures de Théo Griepenkerl, contées sur un ton est drôle et irrévérencieux. Héros peu crédible, poltron et opportuniste, il saisit l’occasion d’un succès facile mais se dégonfle comme une baudruche à la première anicroche.
Le musée iraquien qu’il est chargé d’auditer pour le compte d'une université canadienne essuie une attaque terroriste durant sa visite. A la faveur d’un effondrement provoqué par une bombe, il découvre dans les décombres un trésor inestimable qu’il s’empresse de dissimuler aux conservateurs locaux. Comme il l’a pressenti dès l’instant de la trouvaille, il s’agit d’un texte absolument inédit : les mémoires de Malchus, témoin des derniers jours de Jésus. Il traduit et s’approprie la paternité du texte, qu’il fait publier sous le nom de plume de Theo Grippin. Présenté comme une fiction, Le cinquième évangile rencontre un immense succès, qui le propulse au rang de célébrité. Enchaînant les présentations aux conférences, il profite sans vergogne des avantages de cette soudaine popularité. Mais le texte de Malchus provoque le scandale et Théo se fait dépasser par les évènements. Autodafés, tentative d’assassinat à Baltimore, sa vie est mise en danger et il ne sait plus à qui se fier ; le paroxysme est atteint lorsqu’il est kidnappé par deux fanatiques au cours d’une lecture publique à Manhattan.

mardi 5 octobre 2010

dans la collection Futurs... par Isaac Asimov

Futurs qui craignent
Présentée sous l'égide d'Isaac Asimov, une sélection de quelques situations d'anticipation volontairement inquiétantes, qui comme souvent en science fiction donnent à réfléchir sur l'organisation actuelle de la société, ses possibles évolutions et leurs supposées futures dérives. Si je devais n'en choisir qu'une (deux) parmi les autres :
Marche au soleil de Geoffrey A. LANDIS - L'une rêve et l'autre pas de Nancy KRESS
Message publié le 10 août 2010
Futurs bien frappés
Quelques longues nouvelles réunies sous ce thème dans une collection dirigée par Isaac Asimov, dont Une enfance martienne, le début de Mars la verte (suite de Mars la rouge) par Kim Stanley Robinson.
Si je devais en recommander une plus que les autres :
La nuée ardente de Steven UTLEY

vendredi 24 septembre 2010

Chambre froide - Les démons de Barton House

Un cadavre extrêmement dégradé est retrouvé sur la propriété d'un manoir anglais du XVIIIème siècle, dissimulé dans la chambre froide, un bâtiment circulaire inutilisé, situé à l'écart du logis et qui servait jadis de garde-manger. Les trois amies d'enfance qui habitent le château font rapidement figure de suspectes idéales pour le commissaire chargé d'enquêter. Il croit d'emblée à leur culpabilité à cause de la disparition inexplicable, survenue dix ans auparavant, du mari de la propriétaire, pourtant décrit comme un être vil et peu recommandable et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Au village, les soupçons ont également la vie dure et l'annonce d'un nouveau meurtre relance la polémique autour des " trois sorcières " de Streech Grange.
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Les démons de Barton House
Un cadavre, deux policiers, trois suspectes... mais au-delà de ce schéma numérique simple, Minette Walters dont c'est le premier roman, possède un art consommé pour tirer les ficelles et faire jouer les ressorts de l'intrigue. Aucun des personnages n'est tout à fait ce dont il a l'air de prime abord et il convient de se garder des jugements hâtifs.
Connie Burns est correspondante de guerre pour l'agence Reuters et elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de trouver des informations sur un sujet brûlant. En mission au Sierra Leone, elle repère une série d'actes révélant la possibilité qu'un violeur récidiviste, mutilant et défigurant ses victimes, se cache parmi les forces d'intervention. Connie établit un lien avec un mercenaire britannique qu'elle a déjà rencontré à Kinshasa, sous une autre identité. Lorsqu'elle croise de nouveau le même personnage antipathique en Irak et qu'elle pressent qu'il pourrait y sévir en toute impunité, elle soumet ses doutes à son rédacteur en chef et à un ami policier, mais ses recherches se heurtent à un mur de silence.
Quand elle prend finalement peur et décide de s'éloigner pour quelque temps, elle est devenue une proie : enlevée sur la route de l'aéroport, séquestrée trois jours durant, puis relâchée, elle se refuse à toute révélation et fuit la presse. De retour en Angleterre, elle veut surtout oublier et se coupe de tous ses proches pour se réfugier dans le Dorset où elle se croit à l'abri sous un faux nom dans un petit village de la campagne profonde. La ferme voisine la plus proche est tenue par une jeune femme introvertie et meurtrie, qui vit à l'écart du village entourée de ses chiens. Connie finit pourtant par développer avec elle des liens proches de l'amitié.
Cette fois encore, au-delà d'une intrigue plutôt bien menée, j'ai apprécié la capacité de Minette Walters à décrire efficacement les caractéristiques psychologiques des personnages et leurs réactions dans des circonstances extrêmes. Je retrouve certaines préoccupations récurrentes avec Chambre froide, son premier roman : un univers qui s'inscrit dans la tradition du roman noir britannique mais avec une prédilection pour les sujets sensibles relatifs aux violences envers les femmes et lui permet de mettre en scène des amitiés fortes et une solidarité née de l'adversité lorsque l'obligation de survie s'affranchit des règles de la justice et de la société, des personnages au caractère trempé, jeunes femmes fortes et fragiles à la fois, plutôt
indifférentes à l'opinion d'autrui voire marginales, sans être insensibles ; dernier détail (à vérifier), j'ai noté une propension particulière à constituer les mutilations aux mains en signe distinctif.
Lu le 8 décembre 2010 pour le challenge Voisins, voisines : Grande-Bretagne

mardi 21 septembre 2010

Read-a-thon 2010

Je salue le retour du Read-A-Thon dont la deuxième édition se tiendra le week-end des 09 et 10 octobre 2010 et je participerai à cette folie douce orchestrée par Chrestomanci.
Suite au succès remporté par l'édition de février, elle propose un défi lecture à la mesure des addicts que nous sommes - soient 12 heures, soient 24 heures d'affilée, au choix, pauses autorisées - idéal pour faire baisser sa PàL.

Tous les renseignements pour se laisser tenter et/ou participer sont sur http://readathon.over-blog.com/

J'ai pu lire quatre livres en douze heures :
- Andrea Japp, Dans l'oeil de l'ange
- Michel FABER, Le cinquième évangile
- Anthony HOROWITZ (littérature jeunesse), La photo qui tue/neuf histoires à vous glacer le sang
- Richard BACH (l'auteur de Jonathan Livingstone seagull) Le messie récalcitrant

lundi 20 septembre 2010

La mille et deuxième nuit

" Dans un sérail chatoyant et secret, la Reine déchue appelle les Concubines et les Eunuques à s'allonger à tour de rôle sur le divan du conteur, afin de confier, sans risque d'être inquiétés, toutes les histoires du harem dont chacun et chacune a été l'acteur ou le spectateur. "

Alain Nueil fait revivre, sous un titre déjà choisi en son temps par Théophile Gautier, les mystères de la cour du roi de Perse Shahryar et de sa légendaire concubine Shéhérazade.
Il imagine que le plus insignifiant des scribes, Halemi, ait écrit dans l'ombre de ces importants personnages, des contes d'inspiration très personnelle, prêtant des propos tour à tour licencieux ou séditieux aux occupantes et gardiens du harem.

Il écrit dans une langue charnelle et impudique qui évoque les sortilèges d'un lointain Orient fantasmé, monde clos du harem où les existences sont entièrement vouées aux lois du plaisir et où les sens imposent un art de vivre qui trouve sa légitimité entre le païen et le sacré. Il est professeur agrégé.

J'adore l'opulence toute orientale de ce tableau de Matisse.

vendredi 17 septembre 2010

La cerise sur le chapeau

Book dating : rendez vous est pris le troisième jeudi de chaque mois à Saint Paul : je suis partie avec quelques livres à faire découvrir, je n'ai pas tout placé mais je suis revenue avec deux romans et deux policiers.
J'ai même eu le temps de déguster d'appétissantes rillettes de saumon et de lire sur place L'errant, des mini-mini textes de Khalil Gibran dont je connaissais Le prophète.
Décidément, de redondances en correspondances fortuites, l'univers des contes et légendes orientaux me poursuit de sa magie en ce moment.

mercredi 15 septembre 2010

La baleine de Dublin

Afin d'enrichir le programme de Talyate pour le circle challenge ABC 2010, j'ai décidé de croiser la lecture du désormais classique Moby Dick d'Herman Melville, avec La baleine de Dublin.
Ray Bradbury, qu'il est injuste de ne connaître que pour ses écrits d'anticipation, notamment Farenheit 451 et Chroniques martiennes, est très inattendu dans ce récit romancé de son second séjour en Irlande, au cours duquel il écrivit le scénario de « La Bête » pour le compte du très fantasque réalisateur John Huston (1953). 
Il possède une merveilleuse manière de conteur, qui s'illustre dans cette très belle et savoureuse description du « vaste billard qu'est l'Irlande » et du folklore local de ses habitants, philosophes à leurs heures. 
 
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Le film
Moby Dick est un film américano-anglais de 1956, réalisé par John Huston d'après le roman homonyme d'Herman Melville avec Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab. Scénario : J. Huston, Ray Bradbury, Anthony Veiller.
John Huston a dit, à propos des difficultés rencontrées lors du tournage : « Le film, comme le livre, est donc un blasphème, et on peut admettre que Dieu se soit défendu en déchaînant contre nous ces ouragans et ces vagues énormes. »
Ishmael, jeune marin qui rêve d'aventure, s'embarque à bord du Pequod, un baleinier. Ce navire est commandé par le capitaine Achab qui est mû par une unique obsession : il veut absolument tuer Moby Dick, une baleine tueuse, qui lui a fait perdre sa jambe. Achab entraîne ainsi son équipage à travers toutes les mers, à la poursuite du monstre mais aussi de son propre destin.

vendredi 10 septembre 2010

L’opération Masse Critique revient en force

J'ai déjà fait mon choix parmi plein de nouveautés intéressantes. Vite !!! Vite... pour cette 9ème édition près de 500 exemplaires à distribuer, provenant des catalogues de plus d'une trentaine d'éditeurs : " vous choisissez le(s) livre(s) qui vous tente(nt) dans notre liste de nouveautés, et si vous êtes sélectionné(e), vous le recevez pour en écrire une critique. Comme toujours, vous trouverez des romans, mais aussi des BD, des essais, des documents, de la littérature jeunesse, de la cuisine etc. "

Je viens d'apprendre que je vais recevoir deux livres prochainement et je suis super contente :
- Pied-de-mouche d'Adam Mars-Jones
- La folle journée du Professeur Kant (d'après la vie et l'oeuvre d'Emmanuel Kant) dans une collection dirigée par Jean-Paul Mongin.

lundi 6 septembre 2010

Expiation

Saluée par Mary Higgins Clark et Stephen King, Patricia Mac Donald signe un scénario sans grande surprise -seul le premier chapitre est déroutant - dont l'intérêt réside dans la description des motivations et la psychologie des personnages.
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Maggie est la dernière personne qui a vu Roger vivant. Personne ne l'a croit quand elle affirme qu'ils se sont arrêtés sur le bas côté de la route, dans la nuit et la neige, pour secourir une personne en détresse, alors qu'ils rentraient du motel où ils venaient de passer un moment ensemble. Accusée du meurtre de son amant, elle n'a pas réussi à prouver son innocence et a dû purger douze années de prison.
Bien décidée à oublier cet épisode douloureux, Margaret Fraser a trouvé un emploi de journaliste dans une petite île de Nouvelle-Angleterre où tout le monde se connaît. En dépit d'une idylle naissante et de la confiance du rédacteur en chef, elle est en butte au front d'animosité des habitants et se sent traquée par un ennemi inconnu qui semble lui reprocher son passé.

vendredi 3 septembre 2010

Incidences

Philippe Djian réinterprète à sa façon le trio la femme/le mari/l'amant en sa variante la soeur/le frère incestueux et sa maîtresse, mais à son habitude, le vrai sujet d'observation reste les dérèglements du couple. Dans ce drame à trois, Marianne, Marc et Myriam se cherchent, se trouvent, se poursuivent en des chassés-croisés auxquels se mêlent quelques personnages aléatoires qui ne sont que prétexte à réaction des acteurs principaux. Une tension lourde s'installe peu à peu, où la folie guette les personnages à chaque page. La construction du roman va crescendo pour atteindre son paroxysme dans les dernières feuilles en un dénouement prévisible - le drame doit éclater comme un orage quand l'air est trop saturé d'électricité statique - mais qui reste pourtant imprévisible dans la mesure où le lecteur est incapable de dire d'où le coup viendra.
L'histoire est d'une densité incroyable : certains arguments pourraient faire l'objet de développements, mais cela nuirait à l'harmonie d'ensemble et au ton de l'histoire et repose beaucoup sur le non-dit et le pouvoir d'évocation. L'auteur se plaît à distiller ses effets et réussit à donner l'impression qu'il garde du potentiel en réserve. Les choses sont suggérées avec beaucoup d'économie de moyens et une sobriété de propos qui ne fût pas toujours la sienne. Il y a accord entre le fond et la forme, puisque Marc enseigne à ses étudiants la recherche du rythme juste auquel Philippe Dijan est très attentif. En parallèle, il poursuit sa réflexion sur le métier d'écrivain dont il continue à explorer les décalages et les chemins de traverse. Vers chez les blancs voyait la confrontation de deux amis et néanmoins rivaux dans la vie : un écrivain sur le retour à la gloire passée et un auteur de talent en pleine crise de maturité. Dans Incidences, le héros enseigne à l'université à des candidats écrivains ; après qu'il s'est aperçu que le génie littéraire lui faisait défaut, il s'est résigné à ne jamais vivre de sa plume et si amertume il y a, elle porte plus sur la médiocrité ignorante qui l'entoure que sur le constat lucide de sa propre absence de valeur.

lundi 30 août 2010

En toute honnêteté

J'apprécie beaucoup ce choix de Talyate qui a su trouver en Ruth Rendell le contrepoint idéal à la lecture de Rosamund Pilcher : je ne m'y attendais pas du tout, ni par le titre, ni par l'auteur, que j'ai dû vraisemblablement confondre avec une autre. Les deux écrivent des romans autant que des nouvelles, mais si l'une excelle à délivrer un message d'optimisme et de foi en l'humanité, l'autre préfère montrer la mesquinerie et la noirceur d'âme des hommes et femmes qui lui servent de sujet et insister sur leurs aspects humains et moraux les moins valorisants ou les plus infâmants.

La plupart des personnages rassemblés dans ce recueil souffrent d'obsession : phobiques, compulsifs... ils offrent une large palette des troubles du comportement, des plus apparemment bénins à ceux qui tournent dans certains cas à une pathologique insupportable pour l'entourage et pourrait conduire au meurtre.
Certaines histoires appartiennent d'ailleurs à un registre proche de la thématique de Meurtres et obsessions dans la collection supervisée par Otto Prenzler : le désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables.

Lu également Un parfum bleu foncé, une courte nouvelle dramatique sur le thème de l'obsession.

Avec l'extrême finesse psychologique et l'économie de style trompeuse qu'on lui connaît, Ruth Rendell pratique ici la dissection des mobiles qui ont motivé les actes; jusqu'à exposer les moindres rouages des névroses de ses personnages pour créer, mieux qu'un suspense, un malaise lancinant.

En trente ans, Ruth Rendell s'est imposée comme la reine de la littérature criminelle. Elle est le seul auteur à avoir été deux fois consacrée par le Gold Dagger Award, décerné par l'Association britannique des auteurs de littérature criminelle. Elle vient d'être distinguée par la reine d'Angleterre qui l'a nommée Companion of the British Empire.

vendredi 27 août 2010

Sexe, diamants et plus si affinités - Le diable s'habille en Prada

Trois amies que tout oppose se lancent un défi : pendant une année, Emmy, la monogame convaincue, délaissée de fraîche date par son ami volage, va essayer d'aller à l'encontre de son caractère pour s'amuser sans arrière pensée et séduire autant d'hommes qu'il existe de continents, Adriana, la belle et sensuelle brésilienne en quête perpétuelle d'aventures, va tenter de s'en tenir à un seul homme et si possible en faire son futur mari, bague de plusieurs carats à l'appui et Leigh enfin, la récente fiancée dont toutes les femmes envient le couple idéal, espère ressentir dans les bras de l'homme de sa vie plus que le tiède sentiment de confort affectif que lui inspire Russell et va remettre en cause son existence toute tracée.

Lauren Weisberger annonce sans équivoque son trio gagnant : Sexe pour l'une, diamants pour l'autre et plus si affinités pour la dernière... mais les circonstances peuvent s'ingénier à ménager des surprises là où elles sont les moins attendues.
Le pire dans ce roman est qu'il donne peu l'impression d'être une oeuvre d'invention : l'auteur vient et vit du monde qu'elle décrit. Je dois avouer que le portrait de ces trentenaires new yorkaises privilégiées, belles, riches et frivoles, socialement intégrées et jouissant de professions en vue, me fait plus craindre pour le féminisme que plusieurs générations de machos convaincus.

Lu en 2009
Le diable s'habille en Prada, du même auteur, raconte les débuts et déboires d'une jeune journaliste ingénue dans le monde sans pitié de la mode new yorkais, avant qu'elle ne devienne à son tour plus retorse que sa rédactrice en chef.
Je dois avouer pour une fois que j'ai préféré au livre la version cinématographique avec une Meryl Streep totalement crédible dans le rôle de Miranda Priestly, gourou de la mode et parfaite garce par ailleurs.

vendredi 20 août 2010

L'étrangère

Dans La prisonnière, écrit en collaboration avec Michèle Fitoussi et paru en 1999, Malika Oufkir témoigne de ses vingt années de captivité dans les geôles marocaines où l'ensemble de la famille a été emprisonné en 1972, à la suite du coup d'état manqué et de l'exécution du général Oufkir par le roi Hassen II. Son récit a fait l'objet d'une diffusion exceptionnelle en Europe et aux Etats-Unis et lui a valu de nombreuses tournées de présentation.

L'étrangère, où elle livre la suite de ses souvenirs, raconte avec une apparente humilité et un moralisme de bon aloi, les difficultés de son retour à la vie "civile", ses années de rééducation à la liberté avec l'aide de son mari, son choc face aux changements survenus dans le monde.
Cela n'est pas réellement l'oeuvre d'un écrivain, mais plutôt un bis repetita de la catharsis engagée grâce au premier livre. Les chapitres sont décousus, l'auteur hésite sans trouver sa place entre l'anecdote autobiographique et la pensée générale.
Globalement, je me suis beaucoup ennuyée, même si je dois admettre que j'ai découvert ignorer honteusement une partie de l'histoire récente du Maroc.

Une des pires impressions de ce circle challenge ABC après Danielle Steel

mardi 17 août 2010

Retour au pays

Le justement nommé Retour au pays est un recueil qui regroupe deux précédentes compilations des meilleures nouvelles de Rosamund Pilcher choisies par l'auteur. Elle précise dans la postface qu'elle souhaite que son oeuvre trouve sa place au chevet des chambres d'amis, là où elle pourra trouver lecteur et apporter réconfort. En effet, Rosamund Pilcher excelle à délivrer un message d'espérance comme en témoignent ses nouvelles qui présentent le même fond d'incurable optimisme et de foi en l'humanité ; leur action se déroule à un moment clef de la vie de l'héroine (le plus souvent) quand elle se trouve face à un choix crucial pour son avenir et que tout s'arrange presque miraculeusement. Les personnages ont ce qu'il convient d'appeler un bon tempérament, de belles qualités morales.
Parmi mes préférées figurent L'arbre, où un jeune couple se voit offrir un merveilleux cadeau inattendu par leur vieux parrain à la réputation exécrable, Une soirée mémorable au cours de laquelle un autre couple fait bonne figure en improvisant un dîner pour le patron du mari et son épouse en avance d'un jour sur la date prévue ou encore Jour de repos, où un mari découvre les mille petits riens qui meublent une journée de semaine ordinaire de son épouse. Les descriptions de paysages à la beauté sauvage incitent à découvrir de visu les cairns, les lochs, les landes qu'elle décrit si bien et avec tant d'amour. Tout semble presque trop beau dans le paisible petit monde de Rosamund Pilcher... qui pourtant me donne très très envie de la découvrir dans un plus long roman.

dimanche 15 août 2010

Syngué Sabour

Ce titre, littéralement " Pierre de patience ", a valu à Atiq Rahimi, écrivain franco-afghan auteur de quatre précédents romans, d'obtenir la précieuse distinction littéraire de la rentrée 2008.
Je ne suis pas sûre d'avoir déjà lu un des lauréats du prix Goncourt, mais de réticente sur ce prêt, au départ, je suis maintenant enthousiaste et le suivant, par Marie N'Daye, prêté également, est en bonne place dans ma PàL.

Syngué sabour n.f. (du perse syngue « pierre », et sabour « patiente »)
Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... El la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.

Dans une ville en guerre qui n'est pas clairement identifiée, une jeune femme musulmane qui restera sans nom, vit au rythme oppressant du souffle d'un grabataire. Sur les instructions du mollah, elle récite à longueur de journée une lancinante prière pour obtenir la rémission du blessé, son mari atteint d'une balle (perdue) dans la nuque et le père de deux fillettes.
Face à son inertie et son absence de réaction à ses soins, elle s'enhardit peu à peu à exprimer le fond de sa pensée, ses doutes et ses réflexions sur la vie, la guerre, la violence, les hommes. Ce cadavre vivant devient pour elle « Syngue sabour », pierre de patience à laquelle elle confie ses petits secrets heureux ou douloureux, ses attentes d'épouse déçue par le mariage, ses espoirs meurtris d'une vie paisible et décente, ses trahisons obligées pour (sur)vivre sous le joug de la tradition coranique, ses espérances aussi et l'affectation inattendue qu'elle a trouvée auprès de son beau-père.

Un livre déconcertant, inédit, ciselé dans le fond et la forme ; la fin est à l'image de l'absurdité du monde que dénonce la femme dans son long monologue.
J'ai aimé le commentaire sur http://culture.webmanagercenter.com/article.php?aid=407

mercredi 11 août 2010

Le jeudi c'est citation

Conter, c'est offrir sa parole à un rêve qui chemine,
C'est ouvrir son jardin et en faire un navire.
Michel Hindenoch

lundi 9 août 2010

Merrick

Depuis la sortie du film, j'avais envie de lire le premier roman d'Anne Rice, celui qui l'a propulsée au rang des meilleures du genre, je veux parler de Entretien avec un vampire.
Je la découvre finalement au travers de ce roman qui se situe à la confluence de ses deux grandes veines d'inspiration, à savoir d'une part, la chronique des vampires et d'autre part, la saga des redoutées sorcières Mayfair.

David Talbot connaît Merrick, la très belle et très puissante sorcière métisse du clan des Mayfair, depuis qu'adolescente mais déjà surprenante, elle s'est réfugiée auprès du Talamasca, une société qui étudie les phénomènes para-normaux.
En dépit de son envie, il s'est toujours refusé de revoir sa meilleure disciple, depuis qu'ayant trahi sa cause et ses amis, il a rejoint le monde de la nuit. Pourtant, lorsque Franck, un des fidèles et dévoués compagnons du vampire Lestat, se met à dépérir d'incertitude face au sort de la petite Claudia, David se décide à faire appel au talent de Merrick afin d'invoquer l'esprit sans repos de la jeune vampire.

dimanche 8 août 2010

Secrets en héritage - Voyage à Capri

Je n'ai pas réussi à finir Secrets en héritage emprunté à la bibliothèque pendant des vacances étonnamment dépourvues d'envie de lire !
Pourtant le style d'Elisabeth ADLER m'a plu et le début du roman est prometteur : deux héritiers présomptifs, issus de deux branches distinctes, se lancent sur les traces de la "méchante" Lily Molineux, leur supposée aïeule qui a mené une existence remuante et non conformiste. Ils se retrouvent par hasard dans le manoir d'une vieille tante/cousine ? (la fille de Ciel la petite soeur de la fameuse Lily) qu'ils comptent interroger sur ses souvenirs, pour son plus grand plaisir.

Pour compenser, je viens de lire Voyage à Capri, dont l'intrigue se révèle moins captivante : sir Robert Hardwick, un richissime industriel et pair du royaume annobli par la reine, est mort dans un accident de voiture. Par testament, il charge Daisy Keane, la secrétaire particulière qu'il chérissait, d'enquêter avec l'aide d'un détective privé, bien sous tous rapports, sur les conditions de sa mort, dont il annonce qu'il ne peut s'agit que d'un meurtre. Pour cela, il a décidé de convier certains de ses anciens proches à une croisière en Méditerranée sur un magnifique yacht privé : premier amour, épouse divorcée, maîtresse séparée, amis éloignés et partenaire en affaires relégué, chacun pourrait bien avoir un mobile pour le supprimer.
Si la promesse du fabuleux héritage est au bout du voyage, la vérité également puisque les uns et les autres, poussés par la convoitise ou le repentir, seront amenés à dévoiler leur visage secret.

jeudi 29 juillet 2010

Masse critique numéro 8 : 200 % de satisfaction

J'ai décidément été très gâtée lors de la dernière édition du progamme Masse critique de Babelio, puisque j'ai reçu non pas un mais DEUX livres et qu'ils m'ont plu également quoique dans des genres très différents :

Le don de Vorace de Félix Francisco CASANOVA est un petit volume comme je les aime, un objet agréable à l'oeil et à la main au service d'un texte qui mêle savamment la séduction de la forme à la réflexion induite par le fond. La maison d'édition Les Allusifs soigne sa présentation : un format compact, une solide couverture souple, un beau papier crème, épais et une calligraphie d'un noir bien dense, offert avec en prime le marque-page assorti.

Le lecteur bascule dès les premières lignes dans un univers fantasmatique entrecoupé de passages oniriques carrément surréalistes.
Le narrateur, Bernardo Vorace, rencontre un problème de taille : cynique, désespéré et suicidaire, il se réveille avec un trou dans la tempe qui n'a pas réussit à le faire mourir. Pour lui et pour ceux dont le malheur vient de le côtoyer, il devient alors ingérable.
Comment parler de don alors que tout le roman n'évoque plutôt qu'une terrible pénitence dans laquelle l'âme maléfique de Vorace s'enfonce avec une sombre délectation, dans la pure lignée des Chants de Maldoror ?
Les critiques espagnols ont semble-t-il trouvé leur Arthur RIMBAUD (Une saison en enfer) ; le destin de Félix Francesco CASANOVA m'a plutôt rappelé le poète malheureux Giacomo LEOPARDI, érudit polymorphe et auteur d'une oeuvre prometteuse, précocement interrompu dans la fleur de l'âge (Poèmes).

voir aussi Une partie en enfer de Florian LAFANI et Gautier RENAULT et la prochaine fois, n'hésitez pas vous aussi à participer : précipitez-vous !

mardi 6 juillet 2010

Tempe Brennan - Kathy Reichs

Kathy Reichs signe un palpitant thriller québécois où le bilinguisme n'est jamais loin ainsi que l'atteste le titre Déjà dead !
Temperance Brennan est anthropologue judiciaire, spécialiste des ossements : après avoir analysé des restes humains, démembrés et enterrés séparément dans des sacs-poubelles, elle fait le rapprochement avec un homicide antérieur mais son hypothèse rencontre l'hostilité de l'enquêteur chargé de l'affaire. Elle semble être la seule à croire qu'un tueur en série particulièrement pervers sévirait impunément à Montréal depuis quelques années, jusqu'à ce qu'il porte son attention sur elle... et une de ses amies.