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jeudi 26 février 2015

Bleu comme la peur

ABC polar : C
 Jimmy Perez, inspecteur de police emmène sa fiancée sur Fair Isle, dans les Shetlands pour y rencontrer ses parents et décider de son éventuel retour sur son île natale. Un meurtre a lieu à l'observatoire ornithologique qui occupe la base de l'ancien phare désaffecté de la pointe Nord. La conservatrice a été poignardée dans le dos, le soir de la fête de fiançailles organisée dans la grande salle du centre. Le coupable ne peut être qu'un des pensionnaires. Coupé du monde par la tempête, l'inspecteur ne peut faire appel au renfort de la police scientifique et doit prendre le risque d'interroger seul les témoins, alors qu'il fait partie de la communauté insulaire. Comme l'enquête piétine, Jane la cuisinière décide de jouer les apprenties détectives mais le tueur est aux aguets...
Je suis encore toute retournée par ma lecture. C'est tellement injuste comme issue. Mais je reconnais à Ann Cleeves un énorme talent de manipulatrice pour amener le lecteur à une tension insupportable.

challenge Un mot = une illustration session 5, un OISEAU en couverture
Il s'agit du cygne trompette, un gros oiseau migrateur dont il est question dans le roman. Un des chasseurs d'oiseaux rares l'a repéré sur l'étang Golden Waters et a gagné une coche : en langage d'ornithologue, cela signifie qu'il valide une première observation dans un territoire donné. Amateurs comme professionnels, tous sont des passionnés, mais certains seraient prêts à tuer pour la primauté d'un article scientifique ou pour le prestige de découvrir une espèce. Lorsque le vernis s'écaille, la médiocrité des êtres est démasquée.

samedi 20 août 2011

Peur bleue

Stephen King a écrit le scénario de Peur bleue en deux phases, d'abord sur une idée de Christopher Zavisa, le texte d'un projet de calendrier illustré par des peintures de Berni Wrightson (album édité chez Albin Michel), ayant abouti à l'écriture d'une " nouvelle en douze volets ", puis sur commande du réalisateur Dino di Laurenttis, le script du film.

La nuit du loup-garou
Aux environs de Tarker's Mills, une paisible bourgade comme il en existe beaucoup en Nouvelle-Angleterre, rôde une bête qui laisse derrière elle des cadavres atrocement mutilés. Le massacre se reproduit chaque nuit de pleine lune... et l'angoisse croît parmi la population, car la bête, ayant d'abord attaqué des personnes isolées, se rapproche dangereusement des habitations. Certains commencent à parler d'un loup-garou, mais aucun vivant ne l'a réellement vu, jusqu'à cette nuit de juillet où le petit Marty Coslaw, un gamin en fauteuil roulant, réussit à lui échapper en lui tirant au visage une de ses fusées de feu d'artifice : il est sûr que son agresseur a été éborgné et qu'il pourra l'identifier fiablement...
Une année, douze nuits d'angoisse, à raison d'une par mois du calendrier, pour les habitants de Tarker's Mills, qui s'inquiètent de la prochaine victime et s'organisent finalement en battue : Stephen King signe un suspense à huis clos, à la manière des " Dix petits nègres " où traqueurs et traqués se côtoient mais s'ignorent au sein d'une communauté fermée, avec pour seule assurance que l'assassin est parmi eux.

Peur bleue
Le script complet publié à la suite de la nouvelle montre bien l'envergure du travail de réécriture pour le passage du roman au film. Le rôle du narrateur est tenu par Jane, la soeur de Marty, qui commente les évènements bien des années après. Pourtant, le spectateur garde l'impression constante d'être pleinement immergé dans l'action, plus même que dans le roman qui introduit une certaine distanciation. Des artifices cinématographiques rendent  d'ailleurs l'ambiance beaucoup plus inquiétante : les drames se succèdent plus rapidement, l'action est concentrée sur quelques jours et non répartie sur une année calendaire. La description des scènes, accompagnée des indications concernant la bande son, contribue à faire monter l'angoisse du spectateur mis au rang des protagonistes.
C'est assurément une expérience de double lecture enrichissante. Resterait à voir le film mais je suis peu tentée !!!

50 états, 50 billets 7/50
MAINE