Astrid a douze ans au début du roman qui la suit tout au long de son adolescence jusqu'au début de l'âge adulte. Son parcours chaotique, mais aussi ses sentiments et les raisons de ses choix sont clairement expliqués et il est facile de se glisser dans la peau du personnage (même sans s'identifier à lui).
Depuis l'enfance, Astrid adule sa mère qui l'élève dans une relation exclusive, fusionnelle et dans le déni du père. Ingrid exerce une véritable emprise sur l'esprit de sa fille et tout au long du roman, en dépit de l'éloignement, elle va chercher à maintenir ce lien que je qualifierais volontiers de castrateur si Astrid était un garçon. De son côté, Astrid va sans répit tenter de prendre du recul face à l'ambiguïté de ses sentiments envers sa mère et se chercher de nouvelles icônes maternelles.
L'existence des deux femmes bascule le jour où Ingrid rencontre un homme, un goujat qui se met en tête de la séduire et s'y prend avec beaucoup de savoir faire. Lorsque Barry Culker finit par se lasser d'Ingrid, trop compliquée, pour revenir à ses petites amours faciles avec des jeunesses peu exigeantes, la poétesse " dont la lumineuse beauté n'est qu'une arme pour séduire et manipuler les hommes " se retrouve sur le banc des laissées pour compte. Refusant d'accepter sa défaite, elle renoue avec la tradition nordique des femmes de sa lignée, un peu sorcières et prépare un filtre où amour et haine se mêlent étroitement.
Sans dévoiler plus de l'intrigue qu'il n'en faut, le titre du roman est en lien avec ce moment de leur vie. Astrid va ensuite longuement s'interroger sur ce qu'elle a perçu, ressenti, vécu durant ces quelques jours et sur sa culpabilité par omission. Par extrapolation, on peut y voir une image de la mère où la pureté des apparences dissimule une profonde toxicité.
J''ai beaucoup apprécié ce roman qui développe et dissèque abondamment un point de vue intéressant sur les rapports filiaux mais aussi les grandes questions auxquels les adultes en devenir se trouvent confrontés pour se construire. La complexité du rapport mère-fille est pleinement exploité et repose sur un personnage maternel sans concession qui n'a pas le beau rôle. L'ensemble des personnages secondaires qu'Astrid va croiser sont finement décrits, bien campés, toujours plausibles, parfois charismatiques et souvent attachants. Tous les épisodes de l'histoire apportent quelque chose à la construction du personnage central.
Un titre que j'ai découvert exclusivement grâce à l'existence du challenge de Calypso Un mot, des titres qui m'a fait prendre ce livre en rayon et me laisser convaincre par la quatrième de couverture :
Laurier blanc raconte l'histoire d'Astrid, son errance dans les
nombreux foyers d'accueil de Los Angeles, les épreuves qu'elle doit
affronter pour trouver sa vérité et son chemin. Seuls la détermination
et l'humour lui permettront de relever le défi, de lutter contre la
solitude et la pauvreté, et d'apprendre ce que peut devenir un enfant
sans mère dans un monde indifférent. Quête de soi, adieu nostalgique à
l'enfance et au monde de la pureté : un roman poignant qui révèle un
grand talent. Un premier roman exceptionnel qui a bouleversé l'Amérique.
Plus de 2 millions d'exemplaires vendus.
L'écriture de Janet Fitch et son sens de l'histoire me rappellent un peu Ne tirez pas sur
l'oiseau moqueur. Une belle leçon de vie dont je recommande chaleureusement la lecture.

challenge 50 étatsLos Angeles,CALIFORNIE (bis)