jeudi 6 février 2020

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

Je vais le vérifier cette année, puisque l'hiver est particulièrement doux ; je verrai bien si mon lilas nain fleurit aussi beau que d'habitude !
L'entrée dans la seconde guerre mondiale à la suite de la prise de pouvoir nazie est souvent montrée depuis le sol européen. L'originalité première du roman de Martha Hall Kelly est d'en montrer les répercussions inattendues de l'autre côté de l'Atlantique et pas seulement pour les milliers de soldats engagés volontaires.
Caroline, new yorkaise bien née ayant connu une petite gloire comme actrice, oeuvre dans la bienfaisance, comme les femmes de son milieu. Sa vie opulente ne lui fait pas fermer les yeux sur les besoins vestimentaires dus à la guerre en Europe, ni sur la situation du nombre grandissant d'orphelins.
Son histoire est touchante car elle est célibataire au début du roman mais tombe amoureuse d'un acteur français de Broadway. Marié à une jeune femme d'origine juive, son sens du devoir le pousse à rentrer en France où il se fait arrêter puis déporter.
En septembre 1939, les troupes d'Hitler déferlent sur la Pologne. Kasia entre en résistance avec la fougue de sa jeunesse, sans considération des dangers qu'elle court et fait courir à sa famille. Elle est interpelée puis déportée avec sa mère et sa soeur. Dans le camp, chacune tente de survivre et d'atténuer le sort des autres à sa façon.
Elles croisent Herta... En Allemagne pas plus qu'ailleurs, il n'est facile pour les femmes d'accéder à certaines carrières. Par ambition, Herta ayant étudié la médecine pour devenir chirurgien, accepte un poste sans en vérifier les conditions d'exercice. Lorsqu'elle veut renoncer, il n'est plus temps. Pour elle comme pour les prisonnières, quitter Ravensbrück est un espoir interdit jusqu'à l'arrivée des armées de libération.
La justesse de ton permet de s'approprier le parcours de ces trois femmes qui tissent leur destin entre
grande Histoire et quête personnelle.

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