dimanche 17 février 2019

Croisière sans escale



Si le début est un peu poussif, la seconde moitié est époustouflante et le reste jusqu'aux révélations finales. Pour info, l’auteur lui même avait demandé aux lecteurs qui en discutaient entre eux de ne jamais dévoiler la fin pour ne pas gâcher le livre.
Roy Complain est un chasseur de la tribu Greene : c'est à dire qu'il quitte le refuge des Quartiers pour s'aventurer dans la jungle des poniques (des sortes de cannes géantes à croissance rapide) à la recherche de gibier sauvage. Sa compagne Gwenny fait partie de la petite centaine de femmes que compte la colonie : un jour où elle a obtenu d'accompagner Roy à la chasse, elle se fait enlever (un peu le rapt des Sabines à l'unité). La punition doit être exemplaire. Marapper, le prêtre, un personnage particulièrement antipathique, choisit ce moment pour proposer à Roy de se joindre à un petit groupe de déserteurs qu'il a rassemblés. Quitter les Quartiers à la recherche de l'Avant symbolise pour chacun une réponse à l'insatisfaction latente de leur vie, la quête d'Autre chose.
De nombreuses questions surgissent dès les premiers chapitres. Ce peuple de chasseurs/éleveurs nomades multiplie les paradoxes. Il semble assez peu évolué mais vit dans un univers technologique : habitat métallique (cellules, coursives), armes de poing, découvertes inattendues au gré des défrichements (livres, outils, matériaux). Il entretient une sorte de mythologie qui emmêle l'existence, parfois non vérifiée, de plusieurs communautés : les Géants, les non-venus, etc. Il se soumet à une religion faite de Préceptes qui prônent le contrôle et l'extériorisation des sentiments (Froyd). Quand enfin Roy Complain et ses compagnons croisent ceux de l'Avant, c'est un peu la rencontre de Néandertal avec Homo sapiens.

Ce roman m'a donné envie d'en lire d'autres sur le thème des vaisseaux transgénérationnels, qui sont cités dans l'épilogue.
Du même auteur :
Supertoys
Cryptozoïque

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