Candidat de la sélection pour le Prix du Goéland Masqué 2018, qui
récompense un premier roman noir ou policier, Stéphane Pair entraîne le
lecteur dans une énigme policière en terre guadeloupéenne. Sous un titre
détonant (car peu transparent même après lecture et politiquement
incorrect), Elastique nègre raconte les destinées croisées d'une blonde
miss américaine et d'un jeune dealer ambitieux qui veut se hisser au
niveau de la pègre internationale.extrait de la 4ème de couverture :
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n'a d'égale que l'obscure la bestialité qui sommeille au fond des hommes.
Le simple petit pêcheur de crabes qui a découvert le cadavre
souhaite garder son joli secret caché dans la mangrove. Le jeune chef de
gang Vegata s'ennuie et veut faire ses preuves auprès de Tavares, narcotrafiquant caribéen qui vit entouré de luxe à bord d'un yacht ancré
au large ; il est aussi l'amant en titre de la sublime Lize. Gardé, lieutenant-colonel de la police souhaite un coup d'éclat
pour redorer son blason auprès des beautés locales. Le pêcheur Aimé a vu, entendu et compris beaucoup de choses, mais il sait surtout se taire. Tous rêvent d'une vie
meilleure. La prise de parole de chaque personnage est rendue de manière différente et la chronologie qui découle des différentes interventions est déroutante, pourtant, cela traduit bien les méandres des affaires humaines. Le style, qui
emprunte beaucoup au parler créole, est séduisant. Certaines pages sont
d'une amère poésie, comme celle où Tavares confie ses souvenirs
touchant à certains événements de l'histoire locale. La tragédie
universelle des amants désassortis se joue dans les pages de ce roman
peu commun et se conclut sur une explication qui lève toute ambiguïté.
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