jeudi 3 mai 2012

Les croisés du cosmos

J'ai emprunté ce roman SF dans l'intention de le lire pour le challenge uchronique de Lhisbei, mais j'ai pris quelque retard... (une paille) dans mon programme ou bien je suis super en avance pour le Winter Time Travel III de l'an prochain !
En fait j'aurais pu y arriver dans les temps car c'est un petit volume qui se lit très vite. Il révèle bien l'univers dans lequel évolue l'auteur. Poul Anderson a une écriture particulière que j'aime beaucoup, car en dépit de concepts parfois compliqués, dans la narration, il est limpide : le lecteur que je suis se laisse emporte dans l'aventure humaine sans se poser de questions technico-métaphysiques insolubles dans l'espace.
Les Croisés du Cosmos par Poul Anderson Pour celle dont il est question présentement : imaginez le début du film Les visiteurs avec Jean Reno et Valérie Lemercier dans les rôles du seigneur et de sa gente dame, car ce sont les images très évocatrices qui me sont venues d'emblée dès les premières pages et que j'ai gardées pour les personnages principaux jusqu'à la fin. Messire Roger de Tourneville est un hobereau de campagne, un seigneur à peine moins pauvre ni moins rustre que ses paysans. Son épouse Lady Catherine, de meilleure naissance, s'est un peu mésalliée, mais elle se distrait en écoutant les vers courtois du chevalier sir Owain Montbelle. Son fief est en pleins préparatifs de bataille car le seigneur d'Ansby s'apprête à rejoindre son roi Edouard d'Angleterre qui combat en France, avant de partir pour délivrer Jérusalem.
C'est le moment que choisit un objet volant non identifié rutilant pour atterrir non loin des douves du château. Quelques hommes bleus au visage plat encadré de longues oreilles et à la courte queue * en descendent pour soumettre les " indigènes " de cette planète. Qu'à cela ne tienne, Roger de Tourneville croit à une nouvelle sorcellerie franco-sarrasine et marche sus à l'ennemi avec ses soldats. Les extra-terrestres sont tellement surpris par l'attaque qu'ils n'ont pas le temps d'utiliser leurs armes surpuissantes et ils sont rapidement défaits jusqu'à l'acant-dernier - Branithar - qui est fait prisonnier ainsi que son vaisseau.
Roger de Tourneville pense dans un premier temps l'utiliser pour se rendre plus vite en France, puis il songe à l'avantage que représente cette prise pour la croisade et il fait embarquer tous ses gens. Au lieu de les amener en Terre sainte, une trahison de l'otage les entraîne dans l'espace, vers une des planètes colonisées par les Wersgors et puissamment défendue par plusieurs garnisons armées.
Le ressort du roman est traité avec astuce et humour : sûr de son bon droit, fort de son honneur chevaleresque et d'une confiance absolue en la suprématie de la couronne d'Angleterre, Roger de Tourneville ne doute (presque) à aucun instant. Ses qualités, qui galvanisent ses troupes, désarçonnent les Aliens conquérants, peu habitués à rencontrer une résistance chez les peuples des planètes sur lesquelles ils jettent leur dévolu et l'effet de surprise allié une stratégie primitive mais efficace permettent aux croises de prendre l'avantage à chaque engagement.
De la SF qui m'a fait sourire bien souvent, ce n'est pas si fréquent ! à lire

* rappelez vous que c'est une des nouvelles de Poul Anderson dont j'ai déjà parlé qui a servi de point de départ au scénario du film Avatar

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