lundi 30 juillet 2018

Voyage des thés : couleur verte

J'ai lu  avant le challenge :
Le roi vert de Paul Loup Sulitzer
Contes de la fée verte de Poppy Z Brite
La femme en vert d'Arnaldur Indridason
Kaïken (ci-contre)

Je pourrais lire (dans la PàL ou dans la WL)
Beignets de tomates vertes
Soleil vert
Le pays du dauphin vert
VERT histoire d'une couleur
La jument verte



Première lecture
Des contes et légendes bretons centré sur Belle Ile en Mer
dans une collection spécialisée (il est parti pour le swap Marathon de lecture du mois de juillet : une lecture d'évasion)

Seconde lecture
La couronne verte de Laura Kasischke
Ce roman distille l'angoisse depuis les premières pages. Déjà ma précédente lecture de l'auteur (En un monde parfait) donnait cette impression allant crescendo de désastre imminent. J'aime beaucoup son écriture, mais je n'ai pas compris le rapport entre l'histoire et le titre.

samedi 28 juillet 2018

Challenge : une trilogie pour l'été

C'est parti pour la 39ème session avant notre pause estivale et le challenge "Trilogie".
Voici la contrainte :
Tous les mots du titre devront donc être au féminin (quand c'est possible). 
Date de remise des copies : 12 juillet, mais le challenge "Trilogie" commencera avant !

Un genre, un titre, de multiples possibilités :
La vallée des roses
La femme qui se cognait dans les portes
etc

Les vacances sont synonymes de soleil, de voyages, de découvertes, mais aussi de lectures. En tout cas, pour moi, c'est comme ça. Pourquoi ne serait-ce pas le moment de se lancer dans une trilogie ou dans une série  ou lire trois livres du même auteur ? Vous avez trois possibilités pour participer à ce challenge estival. 
Ce challenge se terminera le 9 septembre (pour les retardataires) et "Lire sous la contrainte" reviendra à cette date sur le blogue de Phildes

Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds au complet et des couvertures que je ne me lasse pas de contempler

les enquêtes siciliennes d'Andrea Camilleri


jeudi 26 juillet 2018

Un visage pour l'éternité - Till we have a face

Tour du monde : IRLANDE

Décidément, les reprises fantasy tirées de la mythologie antique ou médiévale ne me réussissent pas en ce moment ! Je n'ai déjà pas tellement accroché à Tempête d'une nuit d'été (développement du thème d'Obéron et Titania d'après Shakespeare) qui m'avait pourtant bien tentée.

A l'identique, Un visage pour l'éternité : un mythe réinterprêté, inspiré de la légende de Psyché et Eros, m'a semblé confus, poussif et ennuyeux. Pourtant, le résumé partait bien :
Le roi de Glome a trois filles. L'aînée, Orual, est fort laide, et porte une affection démesurée à Istra, la benjamine, la plus belle et la plus douce créature de ce royaume barbare.
Le récit d'Orual, reine de Glome et soeur aînée de la jeune vierge livrée au Monstre de la Montagne, est un long réquisitoire contre les dieux et la crédulité des hommes envers les mystères.
Je l'ai abandonné dans une boîte à livres pour lui donner une seconde chance. Pour ma part, vu que C. S. Lewis est également l'auteur des Chroniques de Narnia et que je n'ai pas aimé le film, je ne lirai donc pas le livre qui attend dans ma PàL.







LDPA  # 19 :
La gestion du Challenge Livra'deux pour pal'addict a été reprise par Mana 



Je fais toujours équipe avec l'auteur du blogue Les tribulations d'Amarüel et elle me propose :
Lu et aimé : Le père de nos pères de Werber.
Un titre qui l'intrigue : Le Japon n'existe pas.
Un titre dont elle aimerait un avis : Un visage pour l'éternité (dans sa PAL depuis au moins 7/8 ans)
Le premier ne me tente pas, le deuxième a déjà été abandonné deux fois, ce sera donc le troisième arrivé depuis peu dans ma PàL grâce à Grizelda.

mercredi 25 juillet 2018

Garden of love

Marcus Malte publie Garden of Love en 2007 chez Zulma. Le livre est distingué par de nombreux prix littéraires dont le Grand Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres, le Prix Michel Lebrun, le Prix Cannes Polar, le Prix Sang d'encre des lycéens, le Prix Millepages, le Prix Cœur noir de Saint Quentin en Yvelines et le Prix des Lectrices de Elle 2008, catégorie Policier.
Magicienned'Oz m'a offert le Folio dédicacé par l'auteur et accompagné d'un marque-page. Je suis touchée par l'attention mais cela ne m'a guère aidée à entrer dans l'univers tourmenté de ce thriller qui joue avec la perversion et la folie. Alexandre Astrid, un flic à la dérive, reçoit par la poste un manuscrit anonyme qui porte le titre de Garden of love. Très vite piégé par le texte, il y reconnaît le récit de sa propre vie, dans une version dévoyée qui le renvoie à ses plus insupportables remords et joue impitoyablement avec ses nerfs.

Marcus Malte, Cocotte : cauchemars morbides d'une ancienne barbouze

lundi 23 juillet 2018

Toxique


Les mères de chérubins auxquels Marie-Thomas s'intéresse passionnément n'ont qu'une chose à faire : bien se tenir... et surtout à l'écart de cette femme volontiers insignifiante qui s'occupe de leurs petits anges à l'école maternelle.

Dans l'homicide d'une directrice d'école, suivi d'un suicide sous une rame de métro, le commissaire chargé de l'enquête décèle un malaise plus profond. Le responsable du centre aéré, que tout accable dans cette affaire apparemment limpide, n'avait rien d'un violent, ni d'un dépressif.

samedi 21 juillet 2018

J'ai vu

Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey, réalisatrice irlandaise du dessin animé Brendan et le secret de Kells, raconte cette fois une histoire contemporaine et réaliste qui se déroule en Asie centrale.

mercredi 18 juillet 2018

Des poupées bizarres en couverture

Serpents et piercings
Hitomi Kanehara dresse le portrait d'une jeunesse à la dérive, en quête d'une étincelle de vie, quels qu'en soient le prix ou les moyens. Bien qu'elle s'inscrive dans la lignée de Ryû Murakami, j'ai été moins choquée qu'à la lecture de Bleu presque transparent. Pourtant...
Une langue fendue en deux comme celle d'un serpent : quand Ama a ouvert la bouche, Lui s'est sentie parcourue d'un frisson comme elle n'en avait jamais éprouvé. En tombant amoureuse de ce jeune punk, elle va découvrir un monde obscur entre violence et désir. Mais l'automutilation est un voyage sans retour. Piercings, tatouages, sexe et pulsions morbides, Lui va peu à peu perdre tous ses repères au contact de la faune trouble des bas-fonds de Tokyo.
La couverture plus dérangeante qu'autre chose, même si elle reste très esthétique est l'oeuvre de Trevor Brown.

Le toutamoi
Je n'ai pas beaucoup accroché aux enquêtes du commissaire Montalbano. Dans ce roman, Camilleri s'éloigne de la facilité et de ses habitudes siciliennes et s'aventure loin de son genre de prédilection pour explorer un registre beaucoup plus trouble. Je me suis laissée tenter par l'ensemble prometteur du titre, de la couverture et du résumé, dont l'ensemble parvient à évoquer une atmosphère de possession.
Arianna et Giulio forment un couple fusionnel. Ce qu'il ne peut lui offrir, il accepte qu'elle le trouve auprès de jeunes gigolos et même, il lui organise des rencontres, à l'unique condition qu'elle ne retrouve jamais ses partenaires plus d'une seconde fois. Tout va pour le mieux jusqu'à Mario. Plus jeune ou moins professionnel que ses prédécesseurs, il refuse d'honorer sa part du marché. Son insistance à exiger de la revoir déclenche une spirale désastreuse.



Liste à lire
L'écorchée de Donato Carrisi
Mother Feeling de Michel Chevron











Amorcé dans le cadre du jury policier, le partenariat Babelio-Seuil se poursuit. J'ai déjà eu la chance de lire Les leçons du Mal de Thomas Cook. Après avoir découvert en avant-sortie les premières pages d'un suspense insoutenable de Trois semaines pour dire adieu de C.J Box, j'avais bien hâte de le recevoir !
Trois semaines pour dire adieu en LC avec Canel (-) et Sophie (-)
Etudiant assez insignifiant, Jack a osé tomber amoureux et parvenir à épouser Melissa, une des filles les plus charismatiques du campus. Ils forment un jeune couple sympathique et sans histoire, très middle class américain. La seule ombre à leur tableau, après plusieurs années d'un bonheur sans nuage, est l'infécondité de leur union. Ils se sont décidés à adopter et Angelina, une jolie petite fille, abandonnée par sa jeune mère de 16 ans, est arrivée dans leur foyer depuis neuf mois. Mais leur routine insouciante explose lorsque l’organisme chargé du dossier d’adoption leur apprend que le père naturel n'a pas signé de renonciation à la paternité. Le jeune homme de 19 ans, Garrett Moreland, bon-à-rien notoire mais fils d’un juge fédéral influent, réclame à présent des droits sur l'enfant.
Le juge et grand père paternel leur signifie un ultimatum : ils n'ont que Trois semaines pour dire adieu avant de se séparer de la petite fille. Il ne leur laisse pas le choix, semble-t-il. Pourtant, refusant de céder et de se laisser reprendre leur enfant, Jack et Melissa se penchent sur la vie et le passé du juge pour trouver une faille dans sa cuirasse de respectabilité. Aidés par deux amis qui n'ont pas froid aux yeux, ils vont tout mettre en oeuvre pour faire éclater l'indignité morale des Moreland Père et fils.
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Cette histoire de lutte du pot de terre contre le pot de fer est magistralement menée par C. J Box. Dans cette sombre machination, seule la chute manque un peu de crédibilité (mais pas de spoiler ici...) Le lecteur, de tout coeur avec les parents dépossédés, est tenu en haleine de bout en bout ; ulcéré par l'ignomie du magistrat et le comportement délinquant de Garett, il ne peut que leur souhaiter la correction qu'ils méritent. C'est assez saignant du début à la fin, mais je suis bon public pour ce genre de polar musclé et j'ai plutôt apprécié le côté Dirty Harry : c'est tout le contraire dans les films, je déteste les scènes pleines d'hémoglobine !!
Lu le 17 juillet 2011 le

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50 états, 50 billets 3/50
COLORADO

samedi 14 juillet 2018

Le pont des anges

Le roman de Joseph Ouaknine est un livre jeunesse, ce qui m'a d'abord déroutée parce que j'avais cru à la couverture d'un manga. Surprise passée, le premier tome de la collection Dectivarium se révèle une lecture de qualité. Un gamin charismatique et débrouillard, un peu à la manière des jeunes héros d'Hector Malot se retrouve presque par hasard en possession d'une tablette magique qui lui ouvre les portes de la toute puissance. Loin d'en faire mauvais usage, Guillaume décide de mettre toute son énergie dans la recherche de la vérité et de la justice au sujet de l'incendie criminel qui l'a rendu orphelin.

dimanche 1 juillet 2018

Amélie Nothomb des années 2010 [5]

challenge belge 4 et 5/12

Ah ! Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie
C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour
C'est là qu'est le rocher du désert de la vie,
D'où les flots d'harmonie,
Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour.
A mon ami Edouard Boucher (peintre), Premières poésies d'Alfred de Musset

Marie, déjà enceinte, épouse à 19 ans le meilleur parti de sa ville. Pourtant, à la naissance de Diane, insatisfaite de sa condition, elle ne ressent aucun instinct maternel. Célia, la cadette, est l'objet d'un amour fusionnel. L'une et l'autre vont faire le choix de quitter le foyer familial. Brillante interne en chirurgie cardiaque, Diane reconnaît en Mariel, la fille de son professeur, mentor et amie, son enfance gâchée par la jalousie maternelle.
Amélie Nothomb évoque avec le ton juste la toxicité de relations mère-fille qui ne dépareraient pas le tableau fait par Claire Castillon dans Insecte.
Lu le 1er juillet 2018

  • Riquet à la houppe (2016)
  • Le crime du comte Neville (2015)

Je renoue avec le plaisir des meilleurs romans d'Amélie Nothomb et pour une fois, l'auteur donne à Pétronille une vraie fin, inopinée et pourtant amenée avec une telle logique.
Le thème du double inversé est de nouveau traité, dans cette histoire ambigue d'amitié dangereuse et de domination.
Quelques séquences sont mémorables et/ou déconcertantes, comme l'interview londonienne (je laisse ceux qui vont lire la découvrir), le séjour au désert ou la station de sports d'hiver. Encore mieux que dans Le fait du prince, l'éloge des grands champagnes sert de fil rouge à ce roman.


  • La nostalgie heureuse
Barbe bleue
Saturnine,en remplacement à l'école du Louvre, est à la recherche d'un meublé, alors qu'elle trouve l'annonce d'un vieil aristocrate espagnol qui propose une chambre tout confort dans son luxueux hôtel parisien du VIIème arrondissement. Les huit co-locatrices qui l'ont précédée portaient chacune un prénom en -i.n.e. auquel il a associé un vêtement de la couleur qu'il leur a dédiée. Toutes ont disparu dans d'étranges circonstances après avoir enfreint l'interdiction expresse d'entrer dans le petit laboratoire du maître de céans. Le jaune manque et Saturnine partage avec son hôte le goût pour l'or millésimé des plus grands champagnes.
Amélie Nothomb revisite la légende de Barbe Bleue dans un duel à fleuret moucheté mais néanmoins mortel entre deux intelligences exacerbées, deux sensibilités éprises d'absolu.

Dans le genre couverture discutable, je trouve que nous sommes servis. D'habitude, je préfère les grands formats pour les auteurs que j'apprécie, mais là, le choix pour les formats poche est généralement plus heureux. Pourquoi toujours mettre une photo de l'auteur avec ses couvre-chefs surréalistes que seules les Anglaises osent surpasser en originalité douteuse ou alors ça lui est imposé contractuellement ? J'ai lu qu'elle pouvait désormais choisir ses couvertures en poche. En tout cas, je trouve cette couverture particulièrement mal construite, illisible, hideuse
Lu le 15 juin 2014  

Tuer le père
Il n'y a pas que les plus jeunes pour apprécier le plaisir de la lecture passive ! C'est clair désormais, je suis totalement conquise, absolument convaincue par le principe des livres audio, une expérience à rapprocher des propos de Daniel Pennac, "Comme un roman", dans lequel il explique qu'il a transformé une classe d'adolescents non lecteurs en dévoreurs de romans, simplement en leur lisant des passages à voix haute.

Joe, 15 ans, est mis dehors par sa mère Cassandra qui le sacrifie à l'homme qu'elle veut retenir. Prodigieusement doué aux cartes, il vit des tours qu'il exécute dans les bars, jusqu'à la rencontre qui va décider de son avenir et de ses 5 prochaines années. Il se lie avec Norman Terence le plus grand magicien de Reno, qui l'accueille chez lui avec sa compagne Christina, lui enseigne sa pratique et le traite comme un fils. Mais les enfants adoptifs sont parfois ingrats...

Le titre, transparent par exception, est trompeur et connaissant la complexité de l'auteur, j'aurais dû me méfier, mais je suis tombée dans le piège des apparences et de l'interprétation facile. Amélie Nothomb construit une trame machiavélique au service d'une histoire sans morale autour de la filiation, du sentiment de paternité, du choix aussi.
Un moment fort du roman se déroule à Black Rock, dans le désert où depuis 20 ans, durant la dernière semaine d'août, lors du Burning man, une gigantesque scène musicale dont les vedettes sont les jongleurs de feu, une foule énorme vient à pied, se rassemble, construit une ville, fait la fête, puis démonte la ville, ramasse tout et se disperse jusqu'à l'été suivant.
Lu le 9 avril 2014






50 billets, 50 états
Reno, NEVADA




Une forme de vie
 " Ce matin-là, je reçus une lettre d'une genre nouveau. " Intriguée par la courte missive de Melvin Mapple, un soldat américain envoyé sur le front irakien et parce qu'elle répond toujours à son courrier quand il est respectueux, Amélie Nothomb s'engage dans une sorte de correspondance de guerre sans trop percevoir où cela la mènera. Habituée à recevoir des dizaines de courriers de sollicitation similaires et tentée de ne pas répondre, elle finit par échanger quelques lettres. Melvin se dit persuadé qu'elle est en mesure de le comprendre et lui révèle bientôt qu'il souffre d'un mal étrange. Avec quelques condisciples, il est atteint d'une véritable addiction à la nourriture, une boulimie éhontée rapportée du champ de bataille. Soldat par nécessité mais sans conviction, il vit son obésité comme le signe visible et dérangeant de sa révolte contre l'injustice de la guerre à laquelle il participe. Son corps boursoufflé et disgracieux est le stigmate de son déni de participation aux destructions et aux massacres perpétrés au cours de ses missions. Le prétexte sert de point d'entrée à une réflexion sur les dérèglements alimentaires, ici le surpoids, porté à un degré paroxysmique, ses causes et surtout ses conséquences sociales : son coût, son vécu et sa perception par les autres, les excuses et les supercheries que chacun s'invente pour supporter un retour d'image peu flatteur. Melvin transcende son surplus adipeux en une sorte de double féminin intégré à sa chair auquel il donne le doux nom de Shéhérazade

Même s'il s'ouvre, comme souvent, par une entrée en matière originale, ce roman décrit aussi et surtout le goût de l'auteur pour les relations épistolaires. Elle aborde tour à tour et pour faire bref, le statut littéraire et le processus créatif à travers son expérience d'écrivain et le courrier comme forme d'écriture essentielle à ses yeux. Toutefois, l'aventure romanesque qui a servi de support à sa réflexion finit sur un court-circuit déroutant et l'épilogue apparaît alors comme une ultime pirouette un peu facile, ce que ses détracteurs dénoncent mais que les amateurs lui pardonnent généralement.

Info en + (article)
La psychanalyse à la lumière d’Amélie Nothomb
Par un mécanisme de dévoilement et de construction fictionnelle, Amélie Nothomb nous permet d’approcher des zones de l’inconscient réel, appréhendées par Lacan dans des concepts pointus. C’est une autre voie qui s’offre à nous pour aborder la psychanalyse par la littérature, par là où Lacan indique que l’artiste précède le psychanalyste. Une voie moins ardue que l’aridité conceptuelle lacanienne.
Pour démarrer nos trois journées de découvertes psychanalytico-littéraires, Maïté Masquelier commencera par « Tuer le père ». Quoi de mieux pour démonter le père oedipien freudien avec les vues pragmatiques de Jacques Lacan : « le père, il vaut mieux s’en passer à condition de s’en servir ». Amélie Nothomb a perçu l’inanité du bon père version classique alors que celui qui structure le désir du sujet est caché ailleurs. Il est grand temps de tuer le père pour en apercevoir l’autre face.
Le même jour, nous enchaînerons avec la version « nothombienne » du ravage maternel dans « Le Robert des noms propres » que Marie-Jeanne Brichard articulera avec l’anorexie qu’Amélie Nothomb décrit au travers de tous ces livres avec tant de finesse et d’acuité.
Lors des deux journées de formation suivantes, Katty Langelez étudiera la Clinique de l’amour au travers de plusieurs romans, Pascale Simonet relèvera ce qui touche à « la lettre, l’écriture et le corps » et enfin Monique Vlassembrouck reprendra la clinique du déclenchement psychotique et du passage à l’acte à partir de « Cosmétique de l’ennemi »

samedi 30 juin 2018

Challenge des thés : 100 % rouge


CLIN D'OEIL !  Il m'arrive souvent de rechercher un livre entraperçu de cette façon...


RDV de fin de mois pour mon bilan de juin du challenge/énigme/voyage de Drussnaga, associant la lecture à la découverte des saveurs de différents thés, j'ai sélectionné la couleur rouge - dans le titre ou sur la couverture.

Parmi un large choix, je n'ai pas retenu et ils vont continuer de languir dans ma PàL :
Rouge majeur de Denis Labayle
Rouge rubis de Karin Gier
Killer de Sue Grafton
Le mystère français d'Hervé Le Bras
City on fire de Garth Risk Hallberg
Les portes de l'enfer d'Harry Crews


Comme prévu, j'ai lu et commenté Message des hommes vrais au monde mutant.
J'ajoute  un premier roman : L'emprise des sens de Sacha Erbel 
En juillet, je lirai  Toxique de Nico Tackian
Je viens de lire Un palais d'épines et de roses

vendredi 29 juin 2018

L'emprise des sens

Le titre de Sacha Erbel est un premier roman, ce qui explique sans doute la surabondance d'intentions narratives ! A la base, il s'agit d'un polar, doublé d'une romance, en contexte exotique. Située à La Nouvelle Orléans, l'intrigue offre de nombreuses références à Quartier français, à la culture cajun et aux pratiques vaudou. Un serial killer est contrecarré par les visions médiumniques d'une touriste française. La désignation d'un premier suspect trop grossièrement évident m'a mise très rapidement sur les traces de l'identité bien dissimulée du véritable coupable. Dommage.

Challenges
ABC polar : lettre E
Voyage autour des thés : ROUGE

jeudi 28 juin 2018

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre - Between Shades of Gray

Le plus connu de tous les témoignages d'enfant/d'adolescent victime de la seconde guerre mondiale est le journal d'Anne Franck. Ruta Sepetys nous livre le point de vue lituanien sur les déportations ethniques commises par le régime stalinien envers certaines communautés de populations jugées "indésirables" dans ses pays satellites. L'histoire débute comme beaucoup d'entre elles... le réveil en sursaut, les bousculades, l'enlèvement, le voyage au bout de l'horreur, mais l'espoir pourtant et pour certains la survie.
Une nuit de juin 1941, Lina Vilkas, une jeune lituanienne de quinze ans, est arrêtée par la police secrète du régime stalinien.
Avec sa mère et son petit frère, Jonas, ils sont déportés en Sibérie. Là, logés dans des huttes, sous-alimentés, brutalisés et harcelés par les Soviets, Lina et les siens tiennent bon. Soutenue par une mère exemplaire, et par sa volonté de témoigner de cet enfer blanc à travers ses dessins et ses écrits, elle tente de survivre au froid, à la maladie, à l’humiliation, et au travail éreintant de la terre. Dans le camp, Andrius, un jeune déporté de dix-sept ans, affiche la même combativité qu’elle...
Autres lectures :
Sur la tête de la chèvre
Le garçon en pyjama rayé
Inconnu à cette adresse

dimanche 24 juin 2018

Daniel Pennac [10]

  •  challenges par auteurs
challenge Daniel PennacLe challenge Eric Emmanuel Schmitt proposé par Unchocolatdansmonroman (jusqu'au 5 février 2013, voir ci-dessous) m'ayant plutôt bien réussi, je me lance dans celui qu'organise  Les livres de George  autour de l'oeuvre de Daniel Pennac, dont j'ai dévoré la saga Malaussène et dont je ne me lasse pas de faire l'éloge et la promotion : Merci !

Elle propose plusieurs catégories pour les plus frileux ou les plus téméraires :
1. La Petite marchande de prose : 1 à 3 livres
2. La Fée Carabine : 4 à 6 livres
3. Au bonheur des ogres : 7 et plus
Toute l’œuvre de Daniel Pennac, jeunesse comme adulte, entre dans ce challenge, ainsi que ses essais. Il est rétroactif (un peu) et j'ai choisi la catégorie destinée à ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre.

Lu Avant challenge :
Le dictateur et le hamac
Merci

à lire
Comme un roman
Chagrin d'école
La débauche avec Tardi
+ découverte jeunesse Ernest et Célestine (+ film)

Le cas Malaussène  : Ils m'ont menti sont les titre et sous-titre du nouvel épisode de la saga qui se poursuit désormais avec les fils, neveu et nièce de Benjamin, pour un plaisir toujours aussi présent que jubilatoire.
"Ma plus jeune soeur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C'est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion." Benjamin Malaussène
Alors que, pour le compte de son éditrice de patronne la reine Zabo, Malaussène s'évertue à cacher dans son village du Vercors, un auteur menacé de mort en train d'écrire la suite des révélations familiales percutantes de son premier roman à succès, sous le titre Ils m'ont menti, les enfants s'embarquent pour les vacances oeuvrer auprès d'ONG humanitaires. Pendant ce temps, l'affairiste Georges Lapietà, sur le point de réalisé un juteux profit financier, se fait enlever avec sa voiture.
Dans tout roman malaussien qui se respecte escarmouches et rebondissement se succèdent à bon rythme, sans compter les coups fourrés que sa fratrie et maintenant leur progéniture réservent au trop  bon Benjamin. En outre, ce tome fait la part belle à Verdun, la plus jeune soeur, qui est devenue la sévère juge d'instruction Talvern et enquête sur les malversations de Lapietà. On retrouve avec bonheur l'évocation des plus solides appuis de la famille, les inspecteurs Van Thian et Pastor.


Il y a presque cinq ans...
Monsieur Malaussène au théâtre
La couverture me rappelle son excellent Eloge du hamac (le titre exact est Le dictateur et le hamac)

Monsieur Malaussène au théâtre
De la saga Malaussène, il ne me restait que celui là à découvrir. J'ai lu quelques commentaires reprocher qu'il n'apportait rien. Bien sûr, il ne révèle aucun fait nouveau, mais j'ai trouvé au contraire qu'il résumait bien l'ensemble des romans et que sans les éclairer d'un jour nouveau, il en livrait l'essentiel. Centré sur le seul personnage de Benjamin Malaussène, le bouc émissaire, à l'initium de la série, il ne multiplie pas les points de vue mais convoque tour à tour l'ensemble des personnages. Ne vous y trompez pas, il sera bien difficile à ceux qui n'ont pas lu les autres volumes de saisir les allusions aux amis et voisins par exemple.
L'auteur reprend la forme théâtrale qu'il affectionne. Déjà dans Merci, il adressait à un public imaginaire remerciements émus et critiques acerbes. Ici, il partage avec le foule de ses lecteurs une conversation intime avec Monsieur Malaussène, son fils à naître, notant ses réflexions et les émois de la gestation.
J'ai donc pris grand plaisir à l'évocation rapide des principaux épisodes concernant cette famille hors norme autour de la naissance de la troisième génération de Malaussène : Julie, sa mère journaliste engagée, sa grand-mère célibataire multipare et ses jeunes oncles et tantes, tous aussi ahurissants que leurs prénoms sont inusuels : Le petit, Verdun, C'est un ange... et même la figure de Julius le chien catatonique.
Lu le 30 août 2013 dans le cadre du challenge Daniel Pennac organisé par  Les livres de George

La carte du temps

La trilogie victorienne 1/3
Une agence de tourisme particulière ouvre ses portes à Londres en 1896 : son catalogue propose à la clientèle de les envoyer dans la quatrième dimension, à destination de l'an 2000. H. G. Wells qui sait exactement à quoi s'en tenir sur les voyages temporel, décide de démontrer la supercherie.
Bille en tête, l'auteur espagnol Félix J. Palma s'attaque aux Anglo-saxons sur leur propre terrain ! Capable de virages à 180 degrés, il s’amuse à brasser les références et les personnages, en pastichant les romans feuilletonistes de la fin XIXème siècle. S'il s'agissait d'un film, le lecteur aurait l'impression de se tenir à la fois devant et derrière la caméra et jusque dans les coulisses. Le roman, mené tambour battant, abonde en retournements de situation et la fin qui survient au triple galop est surprenante à plusieurs titres !

vendredi 22 juin 2018

L'anti swap


L'anti swap de Lilye jusqu'au 5 août, une halte à l'inflation
Le principe est simple : Réaliser un échange sans rien acheter
Le tirage au sort m'a désigné Mosaik. Finalement nous nous sommes mises d'accord sur un GF et trois poches.

Ce que Mosaik a reçu à droite... J'ai hâte de voir ce qu'elle m'a envoyé !

Les défroques du coeur de M. Nava
Barcelona ! de Grégoire Polet
Nymphéas noirs de Michel Bussi
Histoire de l'oubli de S. Merrill Block
Je suis très contente parce que les livres sont impeccables, joliment emballés, accompagnés d'une carte et de petits mots d'explication sur ses choix, un sans faute.

jeudi 21 juin 2018

swap Marathon de lecture 5/12



Je prends enfin le temps d'ouvrir et de photographier le contenu de notre échange du mois de mai à Paris. Anouchka m'a gâtée de nouveau, avec une BD issue de ma WL qui me faisait très envie, un MP Monet, un magnet de la Tour Eiffel en construction (cette époque me fascine), un carnet qui parle aux sens car il est beau à la vue et au toucher (j'adore sa matérialité : la texture, le grain de sa couverture), un bonus La belle et la bête dans la version écrite par Mme de Villeneuve, un beau papier aux couleurs vives et une carte magnifique (nous nous sommes rejointes sur le thème des étoiles) dans un enveloppe ornée d'un sceau que j'ai toujours scrupule à briser ! Je pense/ j'espère que nous affinons de mieux en mieux nos goûts respectifs et cela fait deux fois que nous réussissons à nous rencontrer dans la vraie vie, très rapidement cette fois, mais avec plaisir.

dimanche 17 juin 2018

Histoires d'assassins en BD


Antonio Altarriba et Keko
Enrique Rodríguez Ramírez est professeur d’Histoire de l’Art à l’université du Pays Basque (où Altarriba a enseigné la littérature française). À 53 ans, il est à l'apogée de sa carrière. Sur le point de devenir le chef de son champ de recherches, en proie aux rivalités académiques, il dirige un groupe d'étude intitulé : «Chair souffrante, la représentation du supplice dans la peinture occidentale.» Bruegel, Grünewald, Goya, Rops, Dix, Grosz, Ensor, Munch, Bacon sont ses compagnons de rêverie et la matière de son travail. Mais sa vraie passion, dans laquelle il s'investit à plein, est plus radicale : l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts.
Les planches tricolores en noir, blanc, rouge servent admirablement le sujet de l'esthétisme comme principe extrême de l'art.

Anne Laure Bondoux et
L'homme et la femme Poloverdo avait un enfant qui poussait comme le reste sur cette terre, c'est-à-dire pas très bien. Il passait ses journées à courir après les serpents. Il avait de la terre sous les ongles, les oreilles décollées à force d'être rabattues par les rafales de vent, et s'appelait Paolo. Paolo Poloverdo. C'est lui qui vit venir l'homme, là-bas, sur le chemin, par un jour chaud de Janvier. Cette fois-là, ce n'était ni un géologue, ni un marchand de voyage, et encore moins un poète. C'était Angel Allegria. Un truand, un escroc, un assassin.
Le roman, un réflexion sur l'innocence et le mal, à travers le destin de trois personnages en quête de leur vérité, est magnifiquement transcrit dans l'épure des dessins.

vendredi 15 juin 2018

Syncopes - Godplayer

Robin Cook tisse l'intrigue de si gros fils blancs que j'ai cru qu'elle cherchait à orienter les soupçons vers un innocent pour égarer le lecteur, mais il n'en est rien. Le polar est certes bien écrit, mais l'intrigue se révèle très décevante, même si on suit les relations des différents personnages avec intérêt.
Le début de Syncopes ne se distingue pas d'une romance de la série blanche : la jeune interne épouse le chirurgien le plus brillant de l'hôpital... La timide Cassandra Cassidy n'en revient pas que l'éminent docteur Thomas Kingsley du service de cardiologie de Boston l'ait distinguée ! Pourtant, le mariage de conte de fées vacille rapidement : Thomas se conduit bientôt comme un étranger, tandis que la situation à l'hôpital devient cauchemardesque pour Cassandra, qui se persuade que quelqu'un tue en provoquant des syncopes mortelles. Bravant les foudres de son mari, elle décide de se battre pour élucider les meurtres.

jeudi 14 juin 2018

Tempête d'une nuit d'été



J'ai sorti de mes étagères : Tempête d'une nuit d'été. Poul Anderson y abandonne ses sujets de prédilection pour s'aventurer en fantasy. Le thème est un salut à ses origines scandinaves. Je n'ai pas été très emballée par ma lecture et de manière générale, je trouve l'auteur assez inégal. Ce roman, très visiblement inspiré de Shakespeare (titre-valise formé de La tempête et Songe d'une nuit d'été) est une sorte d'uchronie-fantasy-steampunk au temps de la Première révolution anglaise. Le roi Charles 1er Stuart, aux prises avec les armées de Ollivier Cromwell, est fort mal en point. Il reçoit l'aide inattendue et inespérée du peuple de Faërie, inquiet de l'industrialisation à outrance encouragée par le parti puritain. Les Têtes rondes connaissent une avance technologique certaine par rapport la réalité historique, puisqu'ils maîtrisent notamment le chemin de fer. Une romance peu crédible se noue entre le prince Rupert, pièce maîtresse de la défense royaliste, emprisonné lors d'une bataille désastreuse et la nièce de son geôlier. Le pouvoir de Titania et Obéron, relayé par deux anneaux magiques, les rendent presque invincibles.

mardi 12 juin 2018

Message des hommes vrais au monde mutant

On les appelle le peuple sauvage. Lorsque Marlo Morgan, Américaine tranquille, rencontre cette tribu d'aborigènes australiens, elle ne sait pas que sa vie va être bouleversée. Dépouillée de ses vêtements, déconnectée de sa culture, la «mutante» est propulsée, pieds nus, dans le bush australien. Au contact de ses étranges compagnons, entre la peur et l'émerveillement, elle va apprendre à remplacer les médicaments par les plantes, les pièces de téléphone par la télépathie, le stress par la communion avec la nature et animaux. Recevoir les dons généreux du hasard, devenir réel, entendre les messages de la nature auxquels nous sommes devenus sourds : tel est l'enseignement de ce récit insolite qui nous ouvre les portes d'une sagesse vieille de cinquante mille ans. Écoutons battre, jaillies du désert, les pulsations d'une vie très ancienne : un monde de pureté nous est offert.
Reçu à l'occasion de l'escale australienne du swap Tour du monde, le récit à la première personne de Marlo Morgan est aussi émouvant que Le chant des pistes de Bruce Chatwin, bien que situé dans un registre littéraire totalement différent.
COUP DE COEUR
Parce que présenté comme le témoignage d'une expérience vécue, il a fait l'objet d'une très vive polémique lors de sa sortie, égale à son succès retentissant. Bien sûr, elle revisite le mythe du bon sauvage mais elle contribue par son récit à changer la vision du monde, de l'autre à travers l'exemplarité simple de ces "hommes vrais" proches de la nature, de leurs besoins, qui accueillent chaque jour avec reconnaissance et un émerveillement d'enfant. Elle nous les présente totalement à contrepied de la société occidentale (nous, les mutants) pour ce qui concerne la base de la pyramide de Maslow, mais au contraire infiniment riches des bienfaits appartenant aux étages les plus élevés.



Le Chant des Pistes (the Songlines, plus évocateur du " temps du rêve "). Bruce Chatwin est un écrivain-voyageur parti à la rencontre des aborigènes, de leur peinture et de leurs chants mythologiques scandés au rythme de la marche qui leur permettent de s'orienter dans le vaste continent australien. C'est un livre à la rencontre de plusieurs genres : un récit de voyage, une auto-fiction, une observation du réel, mêlé d'un essai sur le nomadisme, de la poésie. L'auteur nous entraîne dans son voyage physique et mental. ABANDON PROVISOIRE Pourtant, il est vraiment bien écrit, intéressant, mais ce n'était tout simplement pas le bon moment pour que la rencontre ait lieu. J'ai l'occasion de le reprendre en association avec la lecture de Message des hommes vrais au monde mutant - une initiation chez les aborigènes

mardi 5 juin 2018

Terra-Terre

Merci à l'auteur Jean-Michel Raoult et aux éditions Les plumes d'Ochris pour m'avoir finalement permis de découvrir Terra-Terre, un premier roman qui puise à différents genres de la science-fiction.
Le narrateur est un personnage ordinaire... que rien ne semble destiner à une expérience hors du commun. A 46 ans, divorcé et père d'un jeune garçon dont il partage la garde, Joachim Markus Reiner vit à Saint Maur des Fossés. De longs passages expliquent son intérêt pour cette ville historique de la proche banlieue parisienne et en particulier pour une célèbre librairie : La griffe noire (qui n'est pas citée mais néanmoins facile à identifier à certains détails).
Beaucoup de situations semblent tirées de souvenirs réels de l'auteur et d'opinions personnelles explicites, comme la part de l'écrivain qui est aussi abordée de manière réflexive. Chronique des jours qui se succèdent sans éclat, toute cette première partie quasi-autobiographique donne l'impression de s'appuyer sur un vécu.
[extrait] 
La personnalité et l'humanité du personnage, honnête, sincère, maladroit, rappelle que la vie est jalonnée de choix plus ou moins judicieux. Sociable, amoureux des femmes, à défaut d'en aimer une totalement, Joachim est aussi un solitaire qui se retranche chez lui le temps de certaines soirées passées à boire, utilisant l'alcool comme un médium vers un état que j'hésite à qualifier d'annihilation ou d'exacerbation des sensations. Amateur qui parle du whisky en connaisseur, il tombe cependant dans le travers de l'excès. Un soir, Joachim, buveur impénitent et récidiviste, est sujet à ce qu'il prend pour une hallucination décrite comme une expérience de mort imminente (EMI) après avoir absorbé une bouteille entière.
Ensuite le roman bascule dans le fantastique, les mondes parallèles, le voyage dans le passé, l'utopie mêlée d'uchronie, avant de se refermer sur une sorte de vie rêvée, où le narrateur vit dans un ménage à trois avec les deux enfants conçus lors de moments d'intensité exceptionnelle dus aux états de conscience "augmentée".
L'écriture, généreuse, spontanée, positive, présente des qualités et des défauts, une certaine dose de naïveté dans les réflexions d'ordre général sur la société, avec l'excuse d'avoir véritablement tenté de former l'image d'un monde meilleur. Ainsi, Terra offre une vision utopique qui donne l'avantage à cette jumelle plus parfaite de la Terre. N'ayant par exemple jamais connu aucune religion et donc vécu moins de sujets de confrontation, elle a développé un modèle de société différent dont la divergence uchronique majeure est La constitution des droits de la femme, ayant conduit à l'éradication de la guerre. Néanmoins, la violence n'est pas absente, certaines scènes montrent une vision cinématographique qui emprunte aux films d'action, d'aventure ou d'espionnage. Une faction dissidente, proche des idées totalitaires, impérialistes et suprématistes, rêve de coloniser et soumettre la Terre, grâce à l'avance technologique de Terra.
A cet égard, la seconde guerre mondiale et les connaissances de l'auteur occupent une place importante avec de nombreux détails intéressants, plus ou moins érudits : du bunker d'Adolf Hitler au fiasco de la bataille de Stalingrad, en passant par l'équipement des belligérants (tenues, armement, transports) ou l'histoire de Sophie Scholl, résistante allemande.
J'ai regretté seulement l'artificialité des nombreux dialogues assurant la fluidité du texte : la technique dialectique confrontant deux points de vue opposés, est beaucoup trop manichéenne pour servir le propos, que j'ai trouvé parfois trop peu retenu, même s'il faut veiller à exercer le devoir de mémoire.


Guide de survie pour le voyageur du temps amateur

Dans la famille des Guides de survie etc. dont il existe plusieurs variantes récentes, je me suis laissée prendre par le titre de Charles Yu. Reçu il y a peu, lors d'un swap, il n'a heureusement pas fait long feu dans ma PàL car l'y laisser plus longtemps aurait augmenté mon impression de pétard mouillé.
Le début laisse entendre qu'il s'agit de sciences fictionnelles et de déplacement temporel par concentration psychique... j'ai indument pensé que l'histoire reposerait sur un postulat de départ proche de Jasper Fforde dont les héros voyagent à leur corps défendant dans des oeuvres de fiction. Mais non.
Le roman aurait aussi pu s'intituler Le voyage dans le temps pour les nuls, sauf que dans le cas présent, il n'aide pas du tout à comprendre quoi que ce soit aux boucles et autres paradoxes temporels. Le propos est creux, confus, verbeux, le scénario inconsistant et pour une fois l'alternance de genres : extraits du fameux guide, narration, flash-back, etc ne fonctionne pas. Je me suis beaucoup ennuyée à la lecture. Seule Tammy, l'Intelligence artificielle défectueuse parce que dépressive (ou inversement) a réussi à me tirer quelques francs sourires.

dimanche 3 juin 2018

Cap Amiral

Avec en fond de décor, une petite calanque inscrite au coeur du futur Parc national, Frédérick d'Onaglia joue sur la corde roman de terroir et suspense, pour doper l'intérêt de cette romance. Ce n'est pas a priori mes genres de prédilection, mais je me suis laissée tentée par cette lecture agréable et légère, qui évoque superficiellement les débats politico-économiques autour de la question de la préservation des environnements naturels.
Deux énigmes perturbent la vie de Laura Abrigone installée avec ses deux enfants dans la maison de pêcheur de son père Gilbert : la première est la disparition corps et biens de celui ci avec son bateau le Lauramor, la seconde est l'héritage inattendu d'un vieillard misanthrope qui n'entretenait pourtant aucune relation de bon voisinage avec sa famille. Alors que sa meilleure amie d'enfance vient de quitter son travail parisien pour revenir dans la région, Laura rencontre un jeune restaurateur de talent qui vit sur son voilier.