lundi 10 janvier 2011

Challenge "réglons nos contes" chez Bloody Selena - thème : La Barbe Bleue

Voilà, en dépit de mes résolutions, je viens encore de craquer pour un challenge... ça ne m'oblige pas à lire plus, mais ça m'astreint à commenter ce que je lis (nuance de taille).
Toutes les explications ICI
Mon 1er/ Je suis en train de lire une étude sur Les fées dans l’occident médiéval
Mon 2ème/ Je me suis souvenue d’avoir croisé un billet sur ce challenge au hasard des blogues
Mon 3ème/ Je fais une association avec un commentaire trouvé ailleurs sur un livre illustré qui revisite le thème Barbe-bleue et m’a bien interpelée
Mon 4ème/ Mon challenge personnel Too ce bleu est un peu en panne…
Mon tout si tu l’acceptes/ Je m’inscris et vais chercher le plus de versions de contes où le mot bleu apparaît dans le titre (il y a aussi l’oiseau bleu, une thématique fort ancienne cf. mon 1er)
Le texte de Charles Perrault figure en intégralité au format pdf sur ebooks.
J'ai choisi une illustration commune qui repèrera tous les billets consacrés aux différentes versions de La Barbe Bleue dans le cadre de ce challenge.

Le texte de Charles Perrault
Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la ville et à la campagne, de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderies et des carrosses tout dorés. Mais, par malheur, cet homme avait la barbe bleue : cela le rendait si laid et si terrible, qu’il n’était ni femme ni fille qui ne s’enfuît de devant lui. Une de ses voisines, dame de qualité, avait deux filles parfaitement belles. Il lui en demanda une en mariage, et lui laissa le choix de celle qu’elle voudrait lui donner. Elles n’en voulaient point toutes deux, et se le renvoyaient l’une à l’autre, ne pouvant se résoudre à prendre un homme qui eût la barbe bleue. Ce qui les dégoûtait encore, c’est qu’il avait déjà épousé plusieurs femmes, et qu’on ne savait ce que ces femmes étaient devenues. La Barbe bleue, pour faire connaissance, les mena, avec leur mère et trois ou quatre de leurs meilleures amies et quelques jeunes gens du voisinage, à une de ses maisons de campagne, où on demeura huit jours entiers. Ce n’étaient que promenades, que parties de chasse et de pêche, que danses et festins, que collations : on ne dormait point et on passait toute la nuit à se faire des malices les uns aux autres ; enfin tout alla si bien que la cadette commença à trouver que le maître du logis n’avait plus la barbe si bleue, et que c’était un fort honnête homme. Dès qu’on fut de retour à la ville, le mariage se conclut. Au bout d’un mois, la Barbe bleue dit à sa femme qu’il était obligé de faire un voyage en province, de six semaines au moins, pour une affaire de conséquence ; qu’il la priait de se bien divertir pendant son absence ; qu’elle fit venir ses bonnes amies ; qu’elle les menât à la campagne, si elle voulait ; que partout elle fît bonne chère.

"Voilà, dit-il, les clefs des deux grands garde-meubles ; voilà celles de la vaisselle d’or et d’argent, qui ne sert pas tous les jours ; voilà celles de mes coffres-forts où est mon or et mon argent ; celles des cassettes où sont mes pierreries, et voilà le passe-partout de tous les appartements. Pour cette petite clef-ci, c’est la clef du cabinet au bout de la grande galerie de l’appartement bas : ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte que s’il vous arrive de l’ouvrir, il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère."

Elle promit d’observer exactement tout ce qui lui venait d’être ordonné, et lui, après l’avoir embrassée, il monte dans son carrosse, et part pour son voyage. Les voisines et les bonnes amies n’attendirent pas qu’on les envoyât quérir pour aller chez la jeune mariée, tant elles avaient d’impatience de voir toutes les richesses de sa maison, n’ayant osé y venir pendant que le mari y était, à cause de sa barbe bleue, qui leur faisait peur. Les voilà aussitôt à parcourir les chambres, les cabinets, les garde-robes, toutes plus belles et plus riches les unes que les autres. Elles montèrent ensuite aux garde-meubles, où elles ne pouvaient assez admirer le nombre et la beauté des tapisseries, des lits, des sofas, des cabinets, des guéridons, des tables et des miroirs où l’on se voyait depuis les pieds jusqu’à la tête, et dont les bordures, les unes de glace, les autres d’argent et de vermeil doré, étaient les plus belles et les plus magnifiques qu’on eût jamais vues. Elles ne cessaient d’exagérer et d’envier le bonheur de leur amie, qui cependant, ne se divertissait point à voir toutes ces richesses, à cause de l’impatience qu’elle avait d’aller ouvrir le cabinet de l’appartement bas. Elle fut si pressée de sa curiosité, que sans considérer qu’il était malhonnête de quitter sa compagnie, elle y descendit par un petit escalier dérobé, et avec tant de précipitation qu’elle pensa se rompre le cou deux ou trois fois. Etant arrivée à la porte du cabinet, elle s’y arrêta quelque temps, songeant à la défense que son mari lui avait faite, et considérant qu’il pourrait lui arriver malheur d’avoir été désobéissante ; mais la tentation était si forte qu’elle ne put la surmonter : elle prit donc la petite clef, et ouvrit en tremblant la porte du cabinet. D’abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées. Après quelques moments, elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que dans ce sang, se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs : c’était toutes les femmes que la Barbe bleue avait épousées, et qu’il avait égorgées l’une après l’autre. Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet, qu’elle venait de retirer de la serrure, lui tomba de la main. Après avoir un peu repris ses sens, elle ramassa la clef, referma la porte, et monta à sa chambre pour se remettre un peu ; mais elle n’en pouvait venir à bout, tant elle était émue. Ayant remarqué que la clef du cabinet était tachée de sang, elle l’essuya deux ou trois fois ; mais le sang ne s’en allait point : elle eut beau la laver, et même la frotter avec du sablon et avec du grès, il demeura toujours du sang, car la clef était fée, et il n’y avait pas moyen de la nettoyer tout à fait : quand on ôtait le sang d’un côté, il revenait de l’autre. La Barbe bleue revint de son voyage dès le soir-même, et dit qu’il avait reçu des lettres, dans le chemin, qui lui avaient appris que l’affaire pour laquelle il était parti venait d’être terminée à son avantage. Sa femme fit tout ce qu’elle put pour lui témoigner qu’elle était ravie de son prompt retour. Le lendemain, il lui redemanda les clefs ; et elle les lui donna, mais d’une main si tremblante, qu’il devina sans peine tout ce qui s’était passé.

" D’où vient, lui dit-il, que la clef du cabinet n’est point avec les autres ?
-Il faut, dit-elle, que je l’aie laissée là-haut sur ma table.
-Ne manquez pas, dit la Barbe bleue, de me la donner tantôt.

Après plusieurs remises, il fallut apporter la clef. La Barbe bleue, l’ayant considérée, dit à sa femme :

" Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clef ?
-Je n’en sais rien, répondit la pauvre femme, plus pâle que la mort.
-Vous n’en savez rien ! reprit la Barbe bleue ; je le sais bien, moi. Vous avez voulu entrer dans le cabinet ! Eh bien, madame, vous y entrerez et irez prendre votre place auprès des dames que vous y avez vues. "

Elle se jeta aux pieds de son mari en pleurant, et en lui demandant pardon, avec toutes les marques d’un vrai repentir, de n’avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, belle et affligée comme elle était mais la Barbe bleue avait le coeur plus dur qu’un rocher.

" Il faut mourir, madame, lui dit-il, et tout à l’heure.
-Puisqu’il faut mourir, répondit-elle en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu.
-Je vous donne un demi-quart d’heure, reprit la Barbe bleue ; mais pas un moment davantage. "

Lorsqu’elle fut seule, elle appela sa soeur, et lui dit :

" Ma soeur Anne, car elle s’appelait ainsi, monte, je te prie, sur le haut de la tour pour voir si mes frères ne viennent point : ils m’ont promis qu’ils me viendraient voir aujourd’hui ; et si tu les vois, fais-leur signe de se hâter. "

La soeur Anne monta sur le haut de la tour ; et la pauvre affligée lui criait de temps en temps :

" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? "

Et la soeur Anne, lui répondait :

" Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. "

Cependant, la Barbe bleue, tenant un grand coutelas à sa main, criait de toute sa force à sa femme :

" Descends vite ou je monterai là-haut."
-Encore un moment, s’il vous plaît ", lui répondait sa femme.

Et aussitôt elle criait tout bas :

" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? "

Et la soeur Anne répondait : " Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. "

" Descends donc vite, criait la Barbe bleue, ou je monterai là-haut.
-Je m’en vais ", répondait la femme et puis elle criait :

" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-Je vois, répondit la soeur Anne, une grosse poussière qui vient de ce côté-ci ...
-Sont-ce mes frères ?
-Hélas ! non, ma soeur : c’est un troupeau de moutons ...
-Ne veux-tu pas descendre ? criait la Barbe bleue.
-Encore un moment ", répondait sa femme, et puis elle criait :

" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-Je vois, répondit-elle, deux cavaliers qui viennent de ce côté, mais ils sont bien loin encore.
-Dieu soit loué ! s’écria-t-elle un moment après, ce sont mes frères. je leur fais signe tant que je puis de se hâter. "

La Barbe bleue se mit à crier si fort que toute la maison en trembla. La pauvre femme descendit, et alla se jeter à ses pieds tout épleurée et tout échevelée.

" Cela ne sert à rien, dit la Barbe bleue ; il faut mourir. "

Puis, la prenant d’une main par les cheveux, et de l’autre, levant le coutelas en l’air, il allait lui abattre la tête. La pauvre femme, se tournant vers lui, et le regardant avec des yeux mourants, le pria de lui donner un petit moment pour se recueillir.

" Non, non, dit-il, recommande-toi bien à Dieu " et, levant son bras ...

Dans ce moment, on heurta si fort à la porte que la Barbe bleue s’arrêta tout court. On l’ouvrit, et aussitôt on vit entrer deux cavaliers, qui mettant l’épée à la main, coururent droit à la Barbe bleue. Il reconnut que c’étaient les frères de sa femme, l’un dragon et l’autre mousquetaire, de sorte qu’il s’enfuit aussitôt pour se sauver ; mais les deux frères le poursuivirent de si près qu’ils l’attrapèrent avant qu’il pût gagner le perron. Ils lui passèrent leur épée au travers du corps, et le laissèrent mort. La pauvre femme était presque aussi morte que son mari, et n’avait pas la force de se lever pour embrasser ses frères. Il se trouva que la Barbe bleue n’avait point d’héritiers, et qu’ainsi sa femme demeura maîtresse de tous ses biens. Elle en employa une partie à marier sa soeur Anne avec un jeune gentilhomme dont elle était aimée depuis longtemps ; une autre partie à acheter des charges de capitaines à ses deux frères, et le reste à se marier elle-même à un fort honnête homme, qui lui fit oublier le mauvais temps qu’elle avait passé avec la Barbe bleue.

MORALITE

La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets ;
On en voit, tous les jours, mille exemples paraître.
C’est, n’en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ;
Dès qu’on le prend, il cesse d’être.
Et toujours il coûte trop cher.

AUTRE MORALITE

Pour peu qu’on ait l’esprit sensé
Et que du monde on sache le grimoire,
On voit bientôt que cette histoire
Est un conte du temps passé.
Il n’est plus d’époux si terrible,
Ni qui demande l’impossible,
Fût-il malcontent et jaloux.
Près de sa femme on le voit filer doux ;
Et, de quelque couleur que sa barbe puisse être,
On a peine à juger qui des deux est le maître.

dimanche 9 janvier 2011

L'homme des neiges - L'uomo delle nevi

J'adore les dessins de Milo Manara et je suis ravie de chaque occasion de vérifier que je ne connais pas encore toutes ses oeuvres et que je peux encore en découvrir. Dans cette histoire signée Alfredo Castelli, qui questionne le mythe du Yéti, le maître du dessin italien apparaît dans un registre un peu différent de ses habitudes : il y livre néanmoins une oeuvre puissante au graphisme toujours magnifique qui apporte une nouvelle pierre à son talent vertigineux...

Himalaya 1921. Une expédition menée par sir Bruce doit renoncer à vaincre la Reine des neiges car les porteurs sont effrayés par le "répugnant" homme des neiges. Un journaliste du Daily Telegraph soupçonne une mauvaise excuse pour masquer leur défaite et publie un article sarcastique sur l'abominable homme des neiges. Pourtant ses recherches à la bibliothèque l'amènent à réviser sa position, car de trop nombreux ouvrages scientifiques signalent d'étonnantes apparitions sur le toit du monde à Lhakpa-La. En quête de scoop, il prend part à une nouvelle expédition, mais piégé par une avalanche et séparés de ses compagnons, il se retrouve dans une étrange lamaserie.
Le récit glisse insidieusement dans le fantastique, mêlant mysticisme et philosophie bouddhiste. En parallèlle, le héros plonge dans les mystères de sa propre conscience et découvre, en un voyage initiatique, les magies et secrets des moines tibétains : tout comme le monde est illusion, le Yeti est le produit des fantasmes et n'existe que par la projection des angoisses de chacun.
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samedi 8 janvier 2011

Célébutantes

Par "célébutante", contraction de célébrité et débutante, il faut entendre jeune femme issue d’une famille riche et célèbre dont le style de vie et l’allure suscitent l’intérêt des médias.
Comment se faire un prénom dans la jungle d'Hollywood ? est le fruit d'une collaboration, la mise en commun d'expériences vécues par « deux princesses d’Hollywood, Amanda Goldberg [fille de producteur] et Ruthanna Hopper [fille d'acteur, qui] nous guident dans la folle semaine des Oscars, dont elles connaissent toute la magie et tous les secrets depuis leur enfance. (Vanity Fair) »

Lola Santisi est accablée de deux géniteurs d'exception : un réalisateur sur le point d'être double-oscarisé et une ancienne top model. Elle souffre de nullitude, sentiment fréquent chez les enfants de "pipole" ! Fleur bleue, elle est accro aux jeunes premiers qui de leur côté ne pensent qu'à leur carrière. Son frère Christopher essaie de se faire reconnaître comme réalisateur, ses amies Cricket, comme actrice et Kate comme agent et J. Tennant, son meilleur ami gay, comme styliste des stars. Justement, Julian lui demande d'utiliser son carnet d'adresses pour les convaincre de porter ses créations sur le tapis rouge lors de la soirée de remise des Oscars. Adrienne Hunt, sa concurrente et ennemie jurée, engagée par Prada pour la même mission, fait tout pour lui couper l'herbe sous les stylettos...
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En général, les romans du genre se passent à New York, mais ici, il s'agit d'une variante avec Los Angeles, plus précisément Hollywood. La vie des jeunes femmes riches : instituts, boutiques, réceptions, etc. n'y est pas plus facile qu'ailleurs... au contraire : elles ajoutent au problème de l'oisiveté celui de la notoriété. Pour le reste, ce n'est ni mieux écrit, ni plus divertissant, mais cela sonne juste et possède même un certain accent de vérité ; la plupart des noms cités appartiennent vraiment à des personnalités qui ont leur place dans le monde à grand spectacle.
Là où règnent en maîtres absolus, caprices, lubies et privilèges exhorbitants, engouements réversibles d'un jour, concurrence impitoyable et inimitiés farouches, le nom de Lola ne la suffit pas à la protéger de l'inconstance et de la méchanceté des stars, qui prennent les subalternes pour des paillassons et où chacun finit par trouver son inférieur avec lequel il se permet d'être odieux à la mesure de ce qu'il subit.

jeudi 6 janvier 2011

Le vieil homme qui m'a appris la vie

Mitch Albom est un auteur dont on peut dire qu'il poursuit une quête, celle des connaissances fondamentales, à moins que ce ne soient les fondements de la connaissance.
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Juif non pratiquant, bien qu'il se décrive comme un laïc spécialiste de la religion hébraïque, marié à une goy(a), devenu journaliste et écrivain, il  s'est éloigné de sa ville natale et de la synagogue où il a suivi son instruction religieuse, jusqu'à ce qu'Albert Lewis, le rabbin qui l'a vu grandir, lui fasse une curieuse demande : il le sollicite pour faire son éloge funèbre le jour de son enterrement. Commence alors une série d'interviews d'abord timides, puis de discussions à bâtons rompus qui vont durer huit années, aux termes desquelles, lors de l'issue fatale, Mitch Albom a suffisamment appris du vieil homme pour se sentir capable d'en parler du fond du coeur.
En parallèle, il vit le réveil de sa conscience fraternelle, sinon religieuse et s'intéresse au sort des sans-abris. Cela lui vaut une seconde rencontre extraordinaire, dont la narration fait également l'objet de ce récit, en alternance. Homme de Dieu, pasteur excentrique revenu de toutes les misères humaines, Henry Covington est aussi démuni que les pauvres au service desquels il s'est mis, suite à une promesse solennelle faite à Dieu, en expiation des méfaits commis durant la première partie de sa vie.
Le vieil homme qui m’a appris la vie est une réflexion sur la vie, la foi, la sagesse, l'humilité, l'espoir et la tolérance. Par la bouche du rabin, le livre révèle le secret du bonheur dans sa simplicité : satisfaction et reconnaissance.


Cela me fait penser au très beau film commandité par France2 et qui raconte l'engagement hors du commun du père Joseph Vrezinski auprès d'une communauté de sans-abris établie dans une banlieue parisienne plutôt aisée. A la façon d'un documentaire, il retrace ses démarches pour leur donner une voix et une dignité retrouvée, assurer éducation aux enfants, travail aux adultes et relogement aux familles, mobiliser les pouvoirs publics au plus haut niveau (préfet, nièce du général de Gaulle) et contrer les édiles de la commune qui veulent les expulser ; le rôle phare est porté par Jacques Perrin et la réalisatrice est une alliée d'ATD quart-monde qui perpétue l'oeuvre du prêtre.

mercredi 5 janvier 2011

Lune d'argent sur Providence


Lune d'Argent sur Providence est un western mi-historique, mi-fantastique en deux tomes, signé Eric Hérenguel et publié chez Vents d'Ouest en 2005 et 2008.
Tome 1 : Les enfants de l'abîme
Suite et fin, tome 2 : Dieu par la racine
L'histoire se déroule en 1880 à Providence (New Hampshire) : une bien jolie bourgade jusqu'alors paisible où une belle demoiselle assez peu en détresse, un shérif grand et fort, mais pas bête, une gamine espiègle, un indien maréchal-ferrant taciturne et un maire parfois importun, font face à un danger surnaturel.
Des dessins enchanteurs : des cadavres de vaches dont on renifle presque la puanteur... Une intrigue bien menée : le coeur de Miss Gatling penchera-t-il vers le maire ou le shérif ?? Rien que le titre sent le loup-garou !!! Bref, une BD comme je les aime.
PS pour les amateurs : l'auteur collabore aussi avec Arleston sur Lanfeust.

Le Noël de Fenouil

Fenouil est un lapereau au grand coeur... il a si bien retenu le discours de Noël de Papa Lapin, qu'il a distribué toutes les provisions d'hiver de la famille aux animaux de la forêt affamés ! Mais,  toc ! toc ! toc ! qui frappe donc à la porte le soir de réveillon ?
Une belle histoire pour les petits, dont la chute est très morale.
Les dessins sont mignons comme tout. Fenouil notamment, quand il se fait gronder, les oreilles basses, donne envie de lui pardonner tout de suite...
Je crois me souvenir d'avoir déjà croisé les illustrations d'Eve Tharlet dans des revues pour enfants.

lundi 3 janvier 2011

A nouvelle année, nouveau circle challenge ABC

Une liste de lecture que quelqu'un a pris le soin de composer exprès pour moi et qui va m'accompagner tout au long de l'année, c'est un peu comme le cadeau que j'attends de découvrir avec impatience.
Cela ne convient certes pas à tout le monde et il y eût des déconvenues et de nombreuses défections l'an dernier au cours du circle challenge ABC 2010.
Mais certains sont prêts à poursuivre l'aventure et de nouveaux participants l'ont rejointe : bienvenue à eux. Les listes ont été publiées et nous allons pouvoir commencer tous ensemble.

Voilà les lectures que Petite fleur a choisies pour moi avec ce commentaire (en bleu, les miens) :
" Sachant que je n'ai mis que des choses que j'ai moi-même lu et aimé, j'ai essayé de mettre un peu de tout, et j'ai fait un tour sur ton site pour vérifier que tu ne les avais pas chroniqués. Il reste encore quelques trous, que je comblerai le plus vite possible. N'hésite pas à me dire si certains titres te déplaisent...  "

AUSTEN Jane => Orgueil et préjugés (Classique) => je vais enfin lire un Jane AUSTEN, je dormirai moins bête et comme le film existe, j'en profiterai pour faire le challenge associant les deux !
BALZAC => Les chouans (Classique) => pas lu, vu le film et j'ai un bon souvenir de Balzac au collège
CAUVIN => Les tuniques bleues (BD, n'importe quel tome => Les bleus en noir et blanc, pour mon challenge Too ce bleu quitte à faire !)
DAMASIO Alain => La horde du contrevent (SF, gros pavé) => Grand prix de l'imaginaire, Utopiales 2006 (j'habitais encore Nantes) EN COURS Moyen
ELLORY R.J => Seul le silence (Policier) => L'encreuse vient d'en faire une très belle critique ; je sais à qui je vais l'emprunter !!
FOURNIER Jean-Louis => Où on va, Papa ? => LàL, prix Fémina 2008 TROUVE
GIEBEL Karine => Jusqu'à ce que la mort nous unisse (Policier) TROUVE Les morsures de l'ombre
HERENGUEL => Lune d'argent sur Providence BD 2 tomes (janvier) ♥♥
INOUE Yasushi => Shirobamba TROUVE Le loup bleu (Gengis Khan) qui est dans ma Làl depuis...
JHA Radhika => L'odeur => à découvrir en lecture commune peut être
KEYES Daniel => Des fleurs pour Algernon (SF) => prix Hugo (nouvelle) et Nebula (janvier) ♥♥♥♥
LAZAR Liliana => Terre des affranchis
MIZUKI Shigeru => NonNonBa (Manga/BD) => connais pas  TROUVE
NESBO Jo => Les cafards (ou le premier tome, L'homme chauve-souris) => policier, plutôt commencer par le tome 1 TROUVE
OGER Tiburce (avec Vincent Perez) => La forêt (BD) => connais pas la série mais de lui j'aime Damoiselle Gorge TROUVE tome 1
PEREZ-REVERTE Arturo =>Le tableau du maître flamand => policier AAL TROUVE
Q => ???
ROGER Marie-Sabine => La tête en friche
SHARPE Tom => Le bâtard récalcitrant, TROUVE La route sanglante du jardinier Blott
TAYLOR Kressman => Inconnu à cette adresse (janvier) ♥♥♥♥
UNGERER Tomi => Les trois brigands (album Jeunesse) TROUVE => + Le nuage bleu
VIAN Boris => J'irai cracher sur vos tombes => MULTI-MULTI-PàL celui-ci, mais où ???
WENINGER Brigitte => Fenouil, tu exagères (album Jeunesse) Le Noël de Fenouil (janvier) ♥♥
XINRAN => Baguettes chinoises => j'ai échappé à Xenakis, merci !!!
YSLAIRE => Sambre (BD en 5 tomes) => j'adore Yslaire mais j'ai pas encore lu Sambre, sauf des extraits dans les magazines spécialisés LU (février-mars) ♥♥
ZAFON Carlos Ruiz => Le jeu de l'ange => AAL LU (février) ♥

Joker : KENNEDY Douglas => Cul-de-sac TROUVE

Mes premières réactions :
super et merci ! Côté BD, tu en as mis pas mal, dont je connais certaines mais pas toutes : ça devrait aller.
Côté auteurs : il y en a même quelques uns que je voulais lire... et plein de titres qui seront de totales découvertes, soit au total un bon cru 2011.
Pour me garder le plaisir de la surprise, je n'irai voir ce que tu en as pensé qu'à lecture faite, mais j'ai déjà repéré que tu signales certains comme des coups de coeur.

dimanche 2 janvier 2011

Boulevard des crimes


J'ai apprécié dès le premier tome l'Agence Hardy et ses principaux personnages : Edith la belle patronne - qui me rappelle Cybill Shepherd dans la série Clair de lune - et son entregent, Victor le commis, apprenti détective débrouillard et son côté titi parisien, Rosa l'engagée, apprentie journaliste et son caractère bien trempé, Paris enfin, à l'ambiance surannée et ses quartiers populaires.
Ayant eu la chance de voir quelques planches originales et la couverture du tome 6 exposées à la bibliothèque de Concarneau en juillet 2010, je ne m'attendais pas à ma relative déception.
L'histoire, un polar sur fond de grande Histoire - ici le contexte algérien et un attentat manqué contre le président de Gaulle - est toujours intéressante. C'est un peu Lady S à la mode des années 50.
Mais le dessin me semble beaucoup moins assuré, imprécis, une mise en couleur rapide, presque désordonnée, alors que c'est justement cette valeur sûre - un trait léché, méticuleux, soigné - que j'aimais retrouver chez Annie Goetzinger  dont je suis la collaboration avec Pierre Christin depuis La demoiselle de la Légion d'honneur et La voyageuse de petite ceinture.


 
Je n'ai pas les premiers tomes de la série avec moi pour comparer mais je viens de relire la magnifique histoire de La sultane blanche et je confirme mon impression : les dessins ont beaucoup perdu en qualité et en définition depuis les premières BD !

vendredi 31 décembre 2010

jeudi 30 décembre 2010

Une année sous le signe de la BD

Depuis trop longtemps, je n'ai plus pris vraiment le temps de lire/feuilleter des bandes dessinées, pour le plaisir de la découverte. Bien sûr je continue à suivre l'actualité des sorties et en particulier mes séries fétiches (j'attends la suite de Moréa avec impatience), mais depuis que je me suis éloignée de mes fournisseurs attitrés, il est vrai que j'ai réduit mes achats et par conséquent mes lectures. Absurdement je dois l'avouer car je suis environnée de bibliothèques fort bien pourvues !!

Cela va changer et je place résolument cette année sous le signe de la BD, en grande partie grâce au challenge de Mo' la Fée du Bar à BD, qui m'a fait revenir sur la scène du crime... Le challenge a débuté en septembre et se poursuivra sur une année complète. Il y a plusieurs catégories d'inscription, selon l'ampleur de son ambition ! Pour ma part, je démarre à petite vitesse : 12 BD dans l’année en tant que promeneur du dimanche : 4 BD d’origines géographiques différentes.

Edit du 1er février 2011 :
Suite à un rythme de croisière soutenu au mois de janvier et à un rappel à l'ordre de la contrôleuse des consommations, je passe aux vitesses maximales autorisées : les cheveux dans le vent : plus de 36 BD dans l'année et grand aventurier : 10 BD d'origines géographiques différentes ! Par ailleurs, grâce au Loto BD, +7  fictions réalistes sont venues enrichir ma PàL.

Bilan de clôture du circle challenge 2010

Le circle challenge ABC finit en beauté, avec une belle répartition de "l'effort" tout au long de l'année 2010 !
Grâce à Talyate, qui a compris combien j'aime les voyages littéraires, j'ai pu partir à la découverte d'auteurs souvent féminins et de pays, dont je ne cite que les principaux, dans un tour du monde qui a cheminé à travers l'Europe, l'Afrique, l'Asie et les Amériques :

  • ANTILLES : Marie-Reine de JAHAM (janvier) => L’or des îles
  • BRESIL (Amazonie) : Eva IBBOTSON (novembre) => Reine du fleuve 
  • CANADA : Jane URQUHART (décembre) => La foudre et le sable
  • CHINE (et Hong-Kong) : Adeline YEN MAH (décembre) => Feuilles d'automne et J. M. ERRE => Made in China 
  • EGYPTE : Christian JACQ (mars) => Le pharaon noir, Violaine VANOYEKE (novembre) => Le trésor de la reine-cobra
  • ETATS-UNIS : Stephen KING (janvier) => Shining, Marc LEVY (octobre) => Sept jours pour une éternité
  • FRANCE : Danielle STEEL (février) => Joyaux, Juliette BENZONI (mars) => Les dames du Méditerranée-Express, tomes 1 et 2/3, Emile ZOLA (avril) => Thérèse Raquin, René GOSCINNY et Jean Jacques SEMPE  (août) => Les aventures du petit Nicolas, Charmaine CRAIG (novembre) => L'hérétique
  • IRLANDE : Ray BRADBURY (septembre) => La baleine de Dublin et les océans du monde : Herman MELVILLE => Moby Dick
  • ITALIE : Elisabeth ADLER (juillet) => Voyage à Capri
  • MAROC : Fouad LAROUI (janvier) => Les dents du topographe, Malika OUFKIR (août)=> L'étrangère
  • ROYAUME-UNI : Mary HIGGINS CLARK (janvier) => Dans la rue où vit celle que j’aime, Barbara TAYLOR BRADFORD (mai) => L'espace d'une vie, Ruth RENDEL (août) => En toute honnêteté et Rosamund PILCHER => Retour au pays, Amanda QUICK (septembre) => Le chant de la sirène
  • RUSSIE : Barbara TAYLOR BRADFORD (mai) => L'espace d'une vie
  • SENEGAL : Marie N'Daye (décembre) => Trois femmes puissantes
  • enfin un merveilleux Voyage à travers les continents et les siècles grâce à : Nathalie WOOD (mai) => La pierre sacrée

mercredi 29 décembre 2010

La foudre et le sable

Depuis qu'elle a recueilli le dernier souffle d'un marin naufragé sur la côte de Rathlin, son île irlandaise natale, la belle Mary aux yeux verts et aux cheveux roux ne se fait plus appeler par son nom de baptême mais par celui que lui a inspiré le noyé : Moïra. Les villageois la disent possédée par un esprit des eaux. Pourtant, Brian l'instituteur lui demande de l'épouser et plus tard, la naissance de leur fils Liam semble l'apaiser.
Mais avec la maladie des pommes de terre, la misère s'installe et ajoute à la douleur de l'occupation anglaise. De nombreuses familles émigrent au Canada où des concessions sont distribuées aux infortunés colons.
Brian s'enfonce avec sa famille dans la forêt à défricher, loin de la mer ; il s'acharne à cultiver un sol revêche, mais reste obstinément attaché à l'Irlande, à son histoire et au gaélique. A la naissance d'Eileen, Mary s'enfuit sans retour et abandonne du jour au lendemain, mari, enfants, maison, pour finir ses jours en ermite au bord du lac Moïra. Brian rêve toujours d'enseigner, mais c'est un homme brisé à plus d'un titre auquel les habitants de Madoc confient la classe du village.
Alors que Liam a les pieds ancrés dans la terre et aspire à la prospérité, Eileen semble avoir hérité des qualités ambigues de sa mère. Esther, sa petite fille, est maintenant une vieille femme et elle se souvient...

La foudre et le sable est une des dernières lectures du circle challenge ABC de l'année 2010 : elle fait partie de la sélection "historique" de Talyate, entre fiction romanesque et saga familiale basée sur des faits avérés.
Jane Urquhart puise au coeur de l'âme irlandaise pour tracer une grande fresque humaine, où se mêlent rudesse de l'existence, fierté des racines et magie des croyances ancestrales. A travers plusieurs générations de femmes, elle décrit la vie de ces courageux paysans irlandais, transplantés hors de leur sol, poussés par la misère et la famine. Mais elle montre aussi les freins à la construction d'un véritable nouveau monde, la persistance des communautarismes et la transposition parfois absurde, outre-atlantique, des vieilles querelles venues d'Europe, la poursuite du combat des "fenians" (nationalistes) contre le joug anglais ou des oppositions entre papistes (catholiques) et orangistes (protestants).

samedi 25 décembre 2010

Bilan et poursuite du défi " Crazy SF 2010 "

Comme beaucoup avant moi, j'avais dit stop aux challenges de lecture pour cette année... mais les sirènes enchanteresses de la science fiction restent les plus fortes et puis, je n'ai jamais su résister à un défi de ouf : c'est donc dans l'option maxi " Crazy SF " (3 livres à lire dans l'année) que je me suis inscrite le 29 janvier 2010 !
Si la liste nécessita un petit effort de classification : merci GeishaNellie, elle ne fut pas difficile à établir car déjà deux titres m'attendaient dans ma PAL (suite au swap Explorateurs du temps de Lhisbei) et en compilant mes LAL, je m'aperçus que j'avais beaucoup de titres SF derrière les fagots, sans oublier non plus mes BD SF préférées... Même s'il reste encore et toujours Stefan Wul, Nôo (catégorie space opera) dans ma PàL, j'ai réussi à lire en 2010 :
  • Uchronie : Christophe Lambert, La brèche - Robert Silverberg, Le nez de Cléopâtre
  • Dystopie : Suzanne Collins, The hunger games 1/3
  • Cyberpunk : Lolita Pille, Crépuscule ville
  • Steampunk : Tim Powers, Les voies d'Anubis
  • Recueil de nouvelles : Joëlle Wintrebert, La Créode et autres récits futurs - Poul Anderson, Le chant du barde
Comme j'ai gardé plein de titres que j'ai envie de lire en réserve, je poursuis tranquillement en 2011 :
  • Hard SF : Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon
  • Dystopie : Suzanne Collins, The hunger games 2/3 L'embrasement (reste le 3/3)
  • Uchronie (bis) : Phillip Dick, Le maître du Haut Château
  • Alain Damasio, La horde du contrevent
  • Post-apocalyptique : La route, Cormac McCarthy

    et si je les trouve, afin d'aborder tous les thèmes répertoriés par GeishaNellie :
  • Post-apocalyptique : Le mange-monde, Serge Brussolo - La route, Cormac McCarthy
  • Space Opera : Nôo, Stefan Wul (PàL) - Pontesprit, Joe Haldeman - Le guide du voyageur galactique H2G2 (intégrale), Douglas Adams
  • Hard SF : Les fontaines du paradis, Arthur C. Clarke
  • Steampunk : Les conjurés de Florence, Paul McAuley
  • Voyage temporel : Sans parler du chien, Connie Willis
  • Uchronie, Les portes du monde, Robert Silverberg
  • Un monde d'azur et Monstres sur orbite, Jack Vance

lundi 20 décembre 2010

J'aurais préféré vivre

Jérémy se suicide par amour et désespoir le jour de ses 20 ans, le 8 mai 2001 : Victoria, qu'il croit aimer à la folie, l'a rejeté après qu'il lui a fait une déclaration passionnée. Il sort du coma le 8 mai 2002. S'il constate avec bonheur que Victoria est à ses côtés, follement amoureuse, il n'a gardé aucun souvenir de l'année écoulée. Lorsqu'il ouvre les yeux de nouveau, le 8 mai 2004, il est père et étonné par un bébé qui lui est parfaitement inconnu...
D'année en année, Jérémy sent ainsi sa vie et sa raison lui échapper ; entre deux sommeils, il semble être un autre, qui a renoncé à ses rêves et prend plaisir à détruire l'amour et l'amitié autour de lui. Au cours de ses brefs réveils, Jérémy tente de percer le mystère de son amnésie et de tendre des pièges à l'autre, pour l'empêcher de nuire à sa famille.
J'ai choisi ce titre bonus dans Ma liste de Sandrine pour le circle challenge ABC 2010. Thierry Cohen y raconte une histoire d'amour étrange et belle, impossible à lâcher du début à la fin. C'est un livre construit sur un suspense totalement incroyable et cela fonctionne pourtant merveilleusement bien : contre toute logique, on attend du dénouement qu'il soit aussi ingénieux que le récit et qu'il donne satisfaction au lecteur en relevant le héros de la malédiction initiale qui l'anéantit peu à peu.
Mais dans les livres, comme dans la vie, on n'a pas toujours ce qu'on souhaite et tous les titres ne sont pas trompeurs, il faut parfois les croire !
J'aurais préféré vivre a valu à son auteur le grand prix Jean d'Ormesson pour sa capacité à défendre la langue française.

Le nez de Cléopâtre

Quelle meilleure illustration de l'uchronie que d'appliquer au monde la célèbre 162ème pensée de Blaise Pascal « Le nez de Cléopâtre s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ». Robert Silverberg s'est essayé avec talent aux curieux effets distants nés du battement d'ailes d'un papillon et d'imaginer, dans les six nouvelles de ce recueil intitulé Le nez de Cléopâtre, ce qui serait advenu si...
  • l'empire romain eût perduré jusqu'au troisième millénaire, avant de céder la place à une République (Légendes de la forêt de Veniane)
  • Gengis Khan, contemporain des croisades, eût été élevé à Constantinople dans la foi chrétienne (Le sommeil et l'oubli)
  • Le traité de Düsseldorf eût mis fin à la première guerre mondiale en 1916 (le traitement de cette nouvelle est particulièrement intéressant, à cause d'une double uchronie concurrente qui se déroule en parallèle)
  • la terrible peste noire de 1348 eût donné l'avantage à l'empire turc en Europe (Tombouctou à l'heure du lion, un court roman que l'auteur situe dans le même univers que La porte des mondes)
  • une application informatique eût permis à Socrate d'échanger des vues avec Pizarro (Entre un soldat, puis un autre)
  • en pleine guerre froide, un programmeur eût acquis le pouvoir de simuler une attaque nucléaire (Basileus).

vendredi 17 décembre 2010

Feuilles d'automne

Un proverbe chinois en forme d'épitaphe " Luo Ye Gui Gen " (les feuilles d'automne retournent à la terre) vient clore le récit autobiographique d'Adeline Yen Mah, écrit de manière très romancée. Son témoignage, sur fond de guerre sino-japonaise, de combat entre nationalistes et communistes et de révolution culturelle, est très enrichissant et éclaire le lecteur sur de nombreux aspects de la vie de la moyenne bourgeoisie durant ces périodes troublées de l'histoire chinoise.

Fuyant devant l'avancée des troupes japonaises, la famille Yen Mah s'établit dans les années 30 à Shanghai, qui est alors une cité coloniale prospère et cosmopolite, puis à Hong-Kong. Les aïeules d'Adeline, instruites et émancipées, sont des femmes hors du commun ; le grand-père, industrieux, puis le père, créatif et entreprenant, réussissent à faire fortune et à la maintenir en dépit d'un contexte économique et culturel inégalement favorable.
Dernière née d'une famille de quatre enfants, Adeline porte inconsciemment le lourd fardeau de la mort de sa mère peu après sa naissance. Elle ne sera jamais autorisée à la jeunesse insouciante de ses frères et soeur. Le remariage de son père avec la belle "Niang" (mère) d'origine eurasienne et de culture française aggrave la situation des enfants. Pour la petite Jun-Ling, bientôt rebaptisée Adeline, il signe le temps de son exil définitif au ban de la famille. Soutenue par son grand-père et sa tante paternelle, elle trouve néanmoins la force de caractère pour surmonter l'épreuve du rejet paternel et se réfugie dans les études et les livres. Mais elle ne réussit jamais, en dépit de ses efforts uniformes, à voir son amour filial et fraternel payé de retour. Le testament de sa belle-mère lui réserve une ultime déception.

mercredi 15 décembre 2010

Grand prix international du roman métis de la ville de Saint-Denis

Le premier grand prix international du roman métis de la ville de Saint-Denis a été décerné mardi 14 décembre 2010.
Destiné à récompenser un roman adulte de langue française qui met en lumière les valeurs de diversité, d’échanges et d’humanisme, symboles de l’île de La Réunion, il s'adresse à tous les romanciers francophones. Voir le dossier de presse.
Parmi les nombreux participants, six romans "des ouvrages qui représentent la diversité culturelle francophone, les auteurs étant réunionnais, malgache, mauricien, guadeloupéen, congolais et marocain" ont été sélectionnés pour cette première édition :
  • Joëlle Ecormier : "Le petit désordre de la mer"
  • Alain Gordon-Gentil : "Devina"
  • Johary Ravaloson : "Géotropiques"
  • Maryse Condé : "En attendant la montée des eaux"
  • Wilfried N'Sondé : "Le silence des esprits"
  • Fouad Laroui : "Une année chez les Français"

Le jury, composé de six journalistes ou professionnels du livre et de la lecture de La Réunion et de six écrivains francophones : Mohammed Aissaoui, Nathacha Appanah, Isabelle Hoarau, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf et Patrick Poivre d’Arvor, a désigné la lauréate : Maryse Condé. Fouad Laroui, qui avait ma préférence, a obtenu la mention spéciale du jury. Un programme de résidence d’écriture pendant l’année 2011 sera proposé aux deux lauréats.

lundi 13 décembre 2010

Brune, blonde ou rousse

Toutes les rousses ne sont pas des sorcières
Valérie Bonnier suggère que les rousses rêvent "sexe, mode et célébrité". Clarisse est dotée d'une chevelure flamboyante ; jeune et belle, sensuelle, sexy et passionnée, la jeune femme possède en outre un humour ravageur et d'un aplomb apparent à toute épreuve. Faisant preuve d'un goût immodéré pour la mode, elle se met en tête de devenir la styliste de ses rêves et montre alors une ambition capable de forcer le destin et de vaincre tous les obstacles. Edouard, le séduisant patron sexagénaire d'un petite entreprise de confection textile dont elle va bouleverser la vie et les méthodes de travail, s'en aperçoit pour son plus grand (malheur) bonheur. La réussite et la liberté sont au bout de l'aventure.

Rousse, blonde, brune, pas si sages… après Clarisse, Valérie Bonnier se propose de poursuivre son étude avec Sidonie et Graziella, des jeunes femmes au caractère bien déterminé qui se découvrent, s'admirent et s'entraident. Trois histoires modernes, drôles et émouvantes qui forment un triptyque.
Lu le 19 mai 2010

Toutes les brunes ne sont pas des tigresses
Graziella, une belle brune aux yeux verts d'origine brésilienne, féline et sensuelle, danse sur les places de Montmartre pour gagner sa vie : elle compense son absence de technique académique par un sens du rythme à fleur de peau. Repérée par un chorégraphe célèbre qui lui propose d'intégrer son école de danse, en vue d'auditionner pour le prochain ballet qu'il est en train de monter, elle doit choisir entre abdiquer une part de sa liberté ou accepter la discipline de fer que requiert une carrière de danseuse. Entre l'insoumission viscérale de la belle tigresse et la volonté de dompteur de Dimitri, le combat dépasse bientôt les aspects strictement professionnels pour s'engager sur le terrain des émotions.
On retrouve le personnage de Clarisse dont j'ai préféré l'histoire et de Sidonie qu'il me reste à découvrir.

dimanche 12 décembre 2010

Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti - Dee Gong An

Aussi fameux que Maigret ou Hercule Poirot, le perspicace juge Ti, ressuscité en 1948 par Robert H. Van Gulik, est bien connu des amateurs d'énigmes policières.
Personnage littéraire inspiré de Di Renjie, le juge Ti est une figure historique qui vécut en Chine sous la dynastie des T'ang au VIIème siècle, eut une influence importante en tant qu'homme d'État, fut ministre de l'impératrice Wu en fin de carrière et marqua par son intelligence et son courage cette période de l'histoire chinoise. L'extraordinaire capacité du juge Ti à débrouiller des affaires criminelles complexes le rendit célèbre de son vivant, si bien qu'il entra dans les annales judiciaires chinoises. Le personnage servit d'original au héros d'un roman policier chinois dans un récit anonyme du XVIIIème siècle. Le Dee Goong An raconte trois affaires criminelles résolues grâce aux investignations du magistrat à la coiffe noire, insigne de sa charge et de son intégrité.
Dans le roman policier chinois traditionnel, l'aspect psychologique, la description des différents protagonistes, l'imbrication de plusieurs affaires donnent un ton particulier au récit. Désireux d'en faire connaître le genre, Robert H. Van Gulik,  diplomate hollandais, érudit et polyglotte, écrivit une suite aux aventures du juge Ti Jen-tsie en 17 volumes. Ses romans, à la "mode" chinoise,  récits fictifs inspirés de textes anciens, alliant rigueur historique et qualité littéraire, font découvrir au lecteur occidental maints aspects de la vie sociale et du système judiciaire en Chine ancienne.

samedi 11 décembre 2010

Le chant du barde : les meilleurs récits de Poul Anderson

J'ai eu la chance de recevoir Le chant du barde : les meilleurs récits de Poul Anderson, dans le cadre de la spéciale "littératures de l'imaginaire" organisée par Babelio / Masse critique. Poul Anderson (1926-2001) a reçu 6 fois le prestigieux prix Hugo (H) et 3 Nebula (N). Considéré outre-Atlantique comme un maître incontestable, il est l'un des grands auteurs classiques de l'âge d'or américain le plus couronné de son vivant. Publiée aux éditions du Bélial, cette fresque hautement représentative du talent de l'auteur, regroupe par ordre chronologique neuf nouvelles d'anthologie parues entre 1953 et 1981, dans des traductions révisées et commentées par J.D Brèque.
Explorateurs, guerriers mais aussi poètes, détectives et joueurs, les héros de Poul Anderson redécouvrent les mythes fondateurs de l'humanité à mesure qu'ils peuplent le cosmos de leurs enfants et de leurs rêves :
  • A l'origine, Sam Hall est le personnage d'une chanson qui appartient au folklore, auquel un fonctionnaire de la sécurité donne peu à peu consistance en rentrant des données fictives dans l'ordinateur central qui contrôle toutes les activités humaines : son initiative, d'abord irréfléchie, bouscule involontairement les fondements du régime totalitaire en place.
  • Jupiter et les centaures n'est pas sans rappeler le scénario du film Avatar qu'il précède de plusieurs décennies. Un paralytique partage le corps d'une créature hybride, synthétisée en laboratoire pour supporter les conditions climatiques extrêmes de Jupiter, afin de coloniser la planète hostile. (Dans sa version personnelle d'Avatar, Poul Anderson imagine la vie d'un extraterrestre ayant investi le corps d'un humain.)
  • Long cours (prix H), où un vaisseau céleste échoué sur une planète de l'empire redevenue primitive fait l'objet de bien des convoitises, avant d'être finalement détruit pour permettre à l'évolution de suivre son cours naturel.
  • Pas de trève avec les rois ! rappelle la guerre civile entre nordistes et sudistes, conjuguée à l'intervention d'une troisième force, la communauté des Espers détentrice d'une technologie "psy" d'origine extraterrestre capable de bousculer l'équilibre historique des forces en présence.
  • Le partage de la chair (H), dont le scénario repose sur une énigme ethnologico-scientifique, délivre une leçon de tolérance et de dépassement des préjugés : alors que son mari Donli est victime d'un acte de cannibalisme sur une planète que son équipe scientifique est en train d'étudier, la responsable de la sécurité de l'expédition freine sa réaction primale de vengeance, pour chercher à en comprendre les raisons et en les expliquant, réussir à pardonner.
  • Le principe de Destins en chaîne, parue sous le titre Five Fates, est une nouvelle en forme de cadavre exquis à la construction subtile. Co-écrits par cinq auteurs dans le cadre d'un défi lancé par Poul Anderson sur une idée originale de son invention, les cinq fragments de l'histoire, qui ont tous en commun le même début et une fin identique, donnent ainsi l'impression de se mordre la queue et rebondissent en une cascade perpétuelle. Ma préférée
  • La reine de l'Air et des Ténèbres (H et N) pourtant considérée comme son chef d'oeuvre n'est pas ma préférée. Un enfant de trop a été enlevé sur la planète ; sa mère, loin de s'avouer vaincue par les embûches et le manque de coopération des autorités, fait appel à un archétype de Sherlock Holmes, lequel, grâce à ses petites cellules grises, réussit finalement à contrecarrer les plans insidieux des Audelants, la peuplade aborigène locale, qui mène une lutte masquée contre l'invasion coloniale.
  • Le chant du barde, qui donne son nom au volume (H et N), est librement inspiré du mythe d'Orphée, transposé dans un univers extra-terrestre dominé par une machine programmée pour réguler la population de la planète. Le barde réussit à convaincre la Mort de le laisser l'accompagner dans l'antre de la machine, en vue d'y négocier la résurrection de sa compagne. La suite relève du mythe... qui avait aussi su inspirer Jean Cocteau.
  • Le jeu de Saturne (H et N) est une mise en garde contre l'attrait facile des paradis artificiels. Ici, les candidats à l'évasion sont les participants d'une expédition à hauts risques sur une des lunes de Saturne. A force de vivre trop à fond le jeu de rôles virtuel qui leur permet d'affronter la monotonie des traversées galactiques, ils deviennent inconscients des dangers réels qui les guettent, au point d'y perdre la vie.
En dépit de la très grande diversité d'inspiration des neuf nouvelles, des thématiques récurrentes traversent les récits, comme la défense de la liberté et de l'autodétermination des peuples, le droit d'accès à la technologie et à la maîtrise de leur évolution collective ou la dénonciation des totalitarismes.
Je retiens comme emblématique de la profusion littéraire et de l'imagination débordante de Poul Anderson, le bel exemple de Jupiter et les centaures : à l'instar de chacun des récits du recueil, la nouvelle gardait en gestation la richesse d'un univers complet qui ne demandait qu'à être développé.
Lu le 14 novembre 2010

Repères :
à lire également un de ses romans World without Stars et de Philip K. Dick Waterspider.

vendredi 10 décembre 2010

Made in China

Made in China, par référence aux gadgets fabriqués en série, est le deuxième roman de J.M. Erre. Il y traite du mystère des origines et de la question que tout enfant adopté finit immanquablement par se poser sur sa famille biologique. La gravité du sujet aurait pu peser sur le lecteur sans l'humour bon enfant - parfois un peu too much - et les apartés de l'auteur au lecteur destinés à créer une connivence.
_
Toussaint Legoupil est le fils unique de Mado et Léon Legoupil, respectivement première dame et premier magistrat de Croquefigues-en-Provence, modeste village que rien ne prédestine à la renommée. Mais le maire est inventif pour faire fructifier les intérêts de la commune et ceux de quelques particuliers bien choisis. Il découvre un associé de choix en la personne de Jean-Marius Djemba, qui maîtrise l'art d'attirer les naïfs pour ensuite les convaincre de se délester de leur argent : le mentor hippie est le fondateur de la secte du MINOU, des adorateurs de Claude François ; les impécunieux sont impitoyablement refoulés du village.
Toussaint présente un particularité surprenante pour un chinois : il possède des caractères physiques indéniablement africains. Faisant une crise d'identité tardive, il se rend à Chengdu en Chine à la recherche de l'orphelinat où les époux Legoupil sont venus l'adopter.

jeudi 9 décembre 2010

Pied de mouche

D'après la définition de Wikipédia, le pied-de-mouche est un symbole typographique ancien qui avait pour fonction de signaler le début d'un chapitre ou d'un paragraphe, un point particulier, ou bien, dans un dictionnaire, de séparer les différentes acceptions d'une même entrée. Aujourd'hui c'est aussi un caractère non imprimable symbolisé par ¶ qui matérialise la fin d'un paragraphe.

John est un petit garçon comme les autres jusqu'à ce que des examens médicaux concluent à une terrible maladie dégénérative mal connue. La principale conséquence de ce diagnostic est non négociable : John est désormais contraint au lit et à une immobilité quasi totale à longueur de journée. Ancienne infirmière, sa mère va s'ingénier à lui inventer des activités sans risque, lui permettant d'économiser au maximum ses mouvements. Quant à John, il contourne les interdits de sa vie quotidienne en développant un appétit incroyable pour les mots et en s'inventant un royaume de liberté, dans l'espace infini de son imagination.

quatrième de couverture
Je ne suis pas certain de pouvoir prétendre avoir pris place dans l'alphabet humain, même en tant que vingt-septième lettre honoraire. Je suis plutôt comme un signe de ponctuation particulier, une cédille, un umlaut ou un pied-de-mouche, difficile à dénicher sur le clavier d'un ordinateur ou d'une machine à écrire.
Pied-de-mouche est le nom de plume de John Cromer. Cloué au lit à l'âge de trois ans à cause de la rare maladie des os de verre, ce petit garçon excentrique est un individu à part, à peine présent dans les interstices de la vie des autres. Passionné par les possibilités du langage et de l'imagination, il développe une intense réflexion ;  curieux de tout, il n'est jamais à court d'idées farfelues pour sortir de son carcan de reclus et se faire une place dans le monde. Pied-de-mouche est l'exploration d'une vie marginale, solitaire mais riche, une histoire passionnante, pleine d'humour, d'aventuriers et de personnages hauts en couleur.

à consulter :
http://scriptural.over-blog.com/article-adam-mars-jones-pied-de-mouche-58167637.html

lundi 6 décembre 2010

Daniel Tammet [2]

Je suis né un jour bleu
Le témoignage apporté par Daniel Tammet, autiste savant aux qualités synesthétiques exceptionnelles, est trop dense pour se résumer : " en écrivant ce qui a été mon expérience de l'autisme, j'espère aider d'autres jeunes gens, comme mon frère Steven, à vivre leur autisme de haut niveau, à se sentir moins isolés et à avoir confiance, en sachant qu'il est possible d'avoir finalement une vie riche et heureuse. J'en suis la preuve vivante. "
Il réussit le paradoxe de livrer une autobiographie pleine d'émotions, qui se lit comme un roman. Sous-titré " à l'intérieur du cerveau extraordinaire d'un savant autiste ", un livre à découvrir absolument pour la beauté féérique des mondes numériques qu'il décrit avec enthousiasme.
Lu le 25 février 2009
 
Embrasser le ciel immense
Sous-titré Le cerveau des génies, ce livre fait suite à Je suis né un jour bleu, dans lequel Daniel Tammet entraîne le lecteur à la découverte d'un monde où les nombres se distinguent par leur forme et leur couleur. Atteint du syndrôme d'Asperger, le jeune " autiste savant " est pourvu de capacités hors du commun : génie des langues et des nombres, il est capable d'apprendre l'islandais en une semaine ou de mémoriser, puis de réciter d'affilée les 22 514 premières décimales du nombre π.
Mais il peut également décrire ses processus de pensée et souhaite utiliser sa célébrité pour faire évoluer la perception de sa différence. Il entend démontrer que ses semblables - qui ne sont pas totalement coupés du monde et peuvent nouer des relations - ont un rôle important à jouer dans la société. Dans cet ouvrage, il revient sur les expériences auxquelles il se prête, avec les plus éminents neuroscientifiques qui s'intéressent à son cas, pour faire progresser la connaissance des mécanismes d'apprentissage du cerveau.
Moins fort que le précédent, ce second livre reste néanmoins un témoignage bouleversant sur la conquête de l'indépendance.
Lu le 6 décembre 2010